Nouvelles du Japon : à propos de sushi et de sashimi

Dans la ville de Chuo-ku à Tokyo qui englobe le fameux quartier de Ginza et la gare ferroviaire de Tokyo Central il y a une multitude de restaurants de sushi et de sashimi. Déguster ces délicatesses typiquement japonaises n’est pas sans risque et l’expérience d’une jeune Japonaise de 25 ans vient le prouver. Avoir dégusté divers poissons crus dans un des restaurants spécialisés du quartier Tsukiji où se trouvait le grand marché au poisson de Tokyo qui vient d’être relocalisé mais où il reste encore une multitude de restaurants fameux cette personne commença à souffrir de douleurs au niveau de la gorge dès le lendemain de son festin. Après 5 jours, constatant que son état empirait elle alla consulter à l’hôpital international Saint-Luke toujours dans le même quartier.

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Un examen visuel diagnostiqua la présence d’un nématode noir de près de 4 centimètres de long qui avait élu domicile dans les replis de l’amygdale gauche de la souffrante. Le médecin put extraire sans difficulté le parasite et la jeune femme fut totalement guérie en quelques jours. Si ce ver Anisakis simplex de la famille des nématodes Pseudoterranova (ne pas confondre avec le think-tank écolo) avait atteint l’estomac il aurait été beaucoup plus difficile de traiter la patiente qui aurait alors été à la merci de toutes sortes de symptômes allergiques provoqués par la présence de ce parasite. Si le séjour de ce ver est rare au niveau du pharynx le nombre de cas ne cesse d’augmenter dans le monde ainsi que, naturellement, au Japon. Moralité de ce cours récit : dégustez des sushi et des sashimi avec précaution et à vos risques et périls car la larve du nématode est presque invisible.

Source et illustration : 10.4269/ajtmh.20-0175

D’autres nouvelles du Japon

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Depuis le décès d’Alexander Imich né en 1903 à New-York dimanche dernier, officiellement le plus vieil homme de la planète se trouve être Sakari Momori. Il est Japonais, il est âgé de 111 ans et il se porte bien, merci. Et ce n’est pas étonnant puisque le Japon est le pays développé qui compte le plus de centenaires au monde. Le Japon est en effet le pays du monde où l’espérance de vie est la plus longue. Les statistiques le prouvent et les statistiques japonaises n’ont rien à voir avec celles de leurs contreparties chinoises (ou françaises) qui sont pour le moins entachées de grossiers arrangements surtout quand elles concernent l’économie, mais ce n’est pas le sujet du présent billet …

L’espérance de vie des femmes japonaises est de 87 ans, c’est une moyenne statistique et celle des hommes de 80 ans, en gros 6 années de plus que pour l’ensemble des autres pays de l’OCDE ! Mais ce n’est pas tout, les Japonais peuvent vivre jusqu’à l’âge de 75 ans en exerçant encore des tâches difficiles physiquement comme par exemple ouvriers dans le bâtiment. J’ai moi-même vu partir à la retraite un fabricant traditionnel de tofu qui avait au bas mot près de 90 ans et son épouse du même âge ou presque livrait encore le tofu à ses clients en vélo et ces deux « vieux » vivaient en plein de Tokyo ! C’est vrai, je n’invente rien.

La question est donc la suivante, pourquoi les Japonais vivent plus longtemps que tous les autres ? Et la réponse est d’une évidence triviale, c’est l’alimentation, Madame Michu ! Par expérience personnelle, lorsque je séjourne à Tokyo, les mets que prépare la belle-mère de mon fils sont légers, variés et le plus souvent agréables au regard, ce qui est beaucoup plus important qu’on a tendance à le croire. Il y a le bol de riz collant à portée de baguettes et des condiments dont on n’a pas du tout besoin d’abuser, des préparations délicates qui ne nagent pas dans l’huile ou une autre quelconque matière grasse d’origine inconnue, un mélange subtil de légumes et de viandes ou de poissons équilibré naturellement par la cuisinière. Le choix est simple, si mon petit-fils n’aime pas ce qu’on lui propose autant s’abstenir et je peux assurer mes lecteurs qu’il se régale de choses que je refuse toujours d’ingérer, peut-être à tort … Bien que je ne me plierai pas à la consommation de poisson séché au petit-déjeuner ou d’algues et de champignons bizarres ou encore de légumes inconnus au goût et à la texture vraiment déroutants, j’ai quelques hésitations à manger du tofu qui n’est ni meilleur ni pire que la levure fraîche que je m’administre volontairement tous les jours. Bref, le régime alimentaire des Japonais est sain et équilibré, constitué de portions congrues, d’un faible apport calorique mais tout de même agréable à contempler et c’est peut-être là le secret de la longévité des Japonais. Plutôt que de se goinfrer il est préférable de savourer des mets délicats, parfois surprenants, après tout un sushi qui représente un concentré du style culinaire japonaise, ce qui est la réalité quotidienne, n’est rien d’autre qu’une petite boulette de riz collant sur laquelle on a entreposé une infime portion de chair de poisson crue. Le régime alimentaire japonais quotidien et communément respecté est un régime équilibré, peu enrichi en calories inutiles et c’est très certainement le point le plus important de la longévité des Japonais ! On prétend que ce sont les algues, le poisson et des légumes variés qui font que les Japonais vivent plus longtemps et en bonne santé, c’est en réalité le style de vie général des Japonais qui explique leur longévité.

Illustration : Misao Okawa goutant son gâteau d’anniversaire à Osaka.

Sources : Kyodo et Reuters