L’immense erreur des gouvernements socialistes, de Jospin à Hollande

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EDF vient d’être exclu du CAC40 et c’est bien normal car comme toute entreprise française ayant l’Etat pour actionnaire majoritaire, EDF est géré en dépit du bon sens managérial et les investisseurs fuient ce genre d’investissement. Il faut ajouter qu’EDF a du faire appel aux Chinois pour le projet d’Hinkley Point en Grande-Bretagne car il n’y avait plus un kopeck en poche. Areva qui a été contraint de se lancer dans l’industrie des moulins à vent par le gouvernement actuel a également été géré n’importe comment par l’Etat via son actionnaire majoritaire qu’est le CEA et comme EDF, Areva a accumulé une dette cosmique que naturellement les contribuables paieront jusqu’au dernier euro, soyez-en assurés chers lecteurs en observant l’évolution de vos factures d’électricité ! Et ce ne sera pas seulement pour sauver le climat !

Ne parlons même pas de la SNCF, c’est pire, ou encore d’Air France mais bon, il vaut mieux arrêter ici l’énumération pirandélienne des fiascos grossiers de l’administration française quand elle s’occupe de business.

Venons-en donc à l’objet de ce billet. Il faut reconnaître que les erreurs stratégiques des gouvernement successifs sont lamentables et aboutissent à la mise hors course inexorable du know-how français en matière d’énergie nucléaire. La première erreur fut l’arrêt de l’usine de Creys-Malville décrétée sans consultation du Parlement par Jospin sous la pression des écologistes, de droite comme de gauche puisque non seulement Dominique Voynet joua un rôle central dans cette prise de décision mais il ne faut pas oublier également le rôle toxique de Corinne Lepage dans cette sinistre affaire, une activiste verte qui veut réitérer ses prouesses de lamentable avocaillonne en appuyant le gouvernement socialo-écolo actuel pour la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Pour preuve que la France est définitivement hors course et qu’elle tire ses dernières cartouches mouillées avec l’EPR c’est la constance emblématique de la Russie dans ses projets de réacteurs de quatrième génération, les sur-régénérateurs. Le plus ancien réacteur fonctionnel de ce type dans le monde est le BN-600 d’une puissance électrique de 560 MW connecté au réseau électrique depuis 30 ans et qui n’a connu aucun incident majeur. Le récent couplage au réseau du BN-800 situé sur le même site de Beloyarsk marque une étape décisive dans le développement des réacteurs de quatrième génération en Russie. La conception de cette usine est totalement différente puisque quatre échangeurs de chaleur horizontaux primaires situés dans l’enceinte du réacteur permettent une modulation de la puissance disponible. Cette configuration est beaucoup plus satisfaisante en termes de sécurité. En effet, le fluide caloporteur, du sodium liquide, n’est que très peu contraignant pour les structures constituant l’installation par des différences de pression hydrostatique, si on peut utiliser ce terme pour du sodium liquide. Il en est de même de la boucle secondaire, également du sodium liquide. Chaque boucle fournit la vapeur à une turbine par l’intermédiaire d’un générateur de vapeur.

La France était leader mondial dans le domaine des sur-régénérateurs avec Phénix puis Super-Phénix. Aujourd’hui l’industrie électronucléaire française s’enfonce dans les oubliettes de l’histoire et c’est infiniment regrettable. Et comme s’il était encore utile d’enfoncer le clou et de dénoncer une nouvelle fois le manque total de vision à long terme du pouvoir politique français, les Russes, encore eux, sont sur le point de produire maintenant un combustible enrichi en trans-uranides (actinides) en lieu et place du plutonium et constitué d’oxydes d’américium et de neptunium récupérés lors du retraitement des combustibles usés sous forme de pastilles de céramique. Le projet n’en est qu’au stade expérimental mais il est déjà pleinement satisfaisant et il est clair que la Russie a d’ors et déjà acquis une vingtaine d’années d’avance dans le domaine de la maîtrise et de la gestion des trans-uranides qui posent un réel problème environnemental et cela devant tous les pays du monde quels qu’ils soient. Ces déchets à haute activité et dont on ne sait pas trop quoi faire vont tout simplement servir de combustibles. Pour mémoire, en 2015 la Chine a couplé au réseau électrique huit réacteurs de 1000 MWe et la Corée 1 réacteur de 960 MWe. On comprend aisément que la Chine soit intéressée pour mettre quelques sous dans le capital d’Areva ! Toujours pas de nouvelles des EPR made in France en construction en Finlande, en France et … en Chine.

Source : IAEA

Fessenheim et Superphénix : on prend les mêmes et on recommence !

19 juin 1997

Jospin annonce la fermeture de Superphénix

Lionel Jospin, répondant aux exigences des Verts de la Gauche plurielle, annonce la fermeture du surgénérateur Superphénix de Creys-Malville, dans l’Isère. Projet international commencé en 1977 financé essentiellement par EDF et ENEL, Superphénix fut l’objet de tensions et de scandales avant même que sa construction ne soit commencée. Débutant sa production en 1985, il n’atteindra que rarement sa pleine puissance et subira de nombreux disfonctionnements autant techniques qu’administratifs. Après seulement 12 années de fonctionnement laborieux, le surgénérateur n’aura pas été rentabilisé.

 

Source : linternaute.com (dépêche d’agence)

 

On est en 2013 et le gouvernement actuel, allié contre nature avec les écologistes, encore une fois, a décidé pour des raisons purement électoralistes de fermer en 2016 au plus tard le site électronucléaire de Fesseinheim car il serait soit-disant obsolète alors que l’ASN, une administration indépendante tant du gouvernement que de l’exploitant (EDF), a conclu après une expertise minutieuse qui ne peut être mise en doute que cette usine pouvait encore fonctionner une dizaine d’années sans encombre.

L’histoire se répète donc et les socialistes sous la pression des Verts (Voynet avec Jospin, Duflot avec Hollande) prennent des décisions absurdes qui vont encore aggraver le déficit commercial du pays et doper le chômage. Il faudra importer du gaz ou du pétrole pour produire l’équivalent d’environ 1500 MW électriques, la puissance en charge moyenne de Fessenheim. Et, contrairement à ce que prétendent les écologistes qui n’y connaissent décidément rien, la fermeture du site de Fesseinheim ne crééra aucuns emplois immédiats comme ils le prétendent, car avant d’intervenir sur le site, après son arrêt définitif, il faudra attendre au moins trois ans pour que le combustible soit désactivé, puis encore au moins cinq années avant d’envisager le début du démantèlement des organes situés dans le bâtiment réacteur, dont en particulier les auxiliaires de contrôle. Les écologistes se trompent donc deux fois et le gouvernement a mis le rapport de l’ASN dans la déchiqueteuse. C’est complètement ubuesque. Je comprend que la CGT réagisse et je laisse une copie du commentaire laissé sur l’article du figaro.fr ce jour à propos de l’article intitulé « La CGT conteste en justice la fermeture de Fessenheim » :

 

« Je voudrais rappeler que c’est la CGT qui a exigé une amélioration de la sécurité des sites électronucléaires au milieu des années 80 et a par exemple obtenu la robotisation de certaines interventions lors des arrêts de tranche, la redondance des équipements de secours et l’installation de nombreux capteurs en divers points du bâtiment réacteur. Toutes ces améliorations ont débuté justement sur le site de Fessenheim qui fut le précurseur de la série de PWR 900 MWe puisque le premier à être construit sous licence Westinghouse par EDF, la COGEMA et Framatome et les améliorations exigées à Fessenheim par la CGT au niveau de la sécurité mais aussi de bien d’autres aspects ont été répercutées sur tous les autres sites électronucléaires français . Il est donc légitime pour la CGT de mettre en avant la décision de l’ASN qui a autorisé la prolongation en connaissance de cause l’exploitation de ce site. Il est évident que pour des raisons idéologiques techniquement infondées le gouvernement et le chef de l’Etat méprisent la décision indépendante et objective de l’ASN. On croit rêver en apprenant que ce site sera fermé en 2016. Le Japon, durement échaudé par le tsunami du 11 mars 2011 vient de décider le redémarrage des réacteurs jugés sûrs par l’autorité indépendante mise en place récemment. Pourquoi les dirigeants français s’obstinent-ils dans le déni de la réalité sinon pour plaire à une poignée d’écologistes opportunistes ignorants des réalités économiques. »

 

A propos de la fermeture de Superphénix, selon le rapport d’une commission du Sénat qu’on peut lire (voir le lien) il est dit en résumé que la fermeture de Superphénix fut une décision grave car elle fut prise sans concertation (Hollande n’a demandé leur avis qu’aux Verts?) ni avec le Parlement, ni avec l’exploitant, ni les partenaires étrangers, ni les collectivités locales, (au mépris des principes de base de la démocratie, c’est moi qui ajoute ce commentaire). Cette décision fut prise sans fondement autre qu’électoraliste suite à un accord entre le parti politique « Les Verts » et le gouvernement socialiste. La sureté de Superphénix n’ayant jamais été remise en cause et l’argument financier ne pouvant en aucun cas justifier un arrêt prématuré.

Cette désinvolture du gouvernement de l’époque aura coûté près de 10 milliards d’euros à la France en incluant l’électricité fournie gratuitement à ENEL, partenaire de NERSA, pendant quatre années.

Voilà en gros ce que prépare Hollande, pris au piège de ses alliances électoralistes contre nature avec EELV. Hollande, sur les traces de Jospin, refait l’histoire en pire.

C’est de plus en plus désespérant de voir le chef de l’Etat piloter à vue le pays comme un simple capitaine de pédalo qu’il est, en définitive…

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