Billet d’humeur politique : les Rohingya et les médias occidentaux

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Après la démocratisation du Myanmar et l’accession de Madame Aung San Suu Kyi à la direction du pays, toute nobélisée pour la paix qu’elle était, celle-ci a libéralisé son pays. Il s’en est immédiatement suivi des exactions répétées de la minorité Rohingya musulmane à l’encontre des villages bouddhistes avec massacres, incendies, viols et autres horreurs. Cette région limitrophe du Bangladesh, à l’ouest du Myanmar, était auparavant étroitement surveillée et contrôlée par l’armée afin de prévenir ce genre d’incidents rampants et récurrents entre la minorité musulmane et le reste de la population essentiellement bouddhiste. Comme ses prédécesseurs Madame Suu Kyi a donc envoyé l’armée afin de réprimer la recrudescence de ces incidents inter-religionnels, un genre de guerre de religion qu’un pays comme la France a bien connu en son temps …

Les médias occidentaux se sont emparé de cet évènement en dénonçant la brutalité de Madame Suu Kyi : elle n’est plus digne de son Prix Nobel de la Paix ! La désinformation bat son plein, relayée et alimentée par des ONGs financées par les pays arabes au Bangladesh, reprise par les grandes chaines de télévision de l’Europe entière et les grands médias papier car il faut aussi ménager les minorités musulmanes d’Europe, ben voyons !

Et Obama, qui a financé ISIS en Syrie partant du principe tout aussi fallacieux que les fausses informations émanant en ce moment du Myanmar et du Bangladesh que Assad était un dictateur mangeur d’enfants qui gazait son propre peuple et qu’il fallait donc l’annihiler comme il l’a fait pour Khadaffi et comme son prédécesseur a assassiné proprement et sans état d’âme également Saddam Hussein, faut-il aussi le déchoir de son prix Nobel de la paix ? Il y a deux poids et deux mesures, c’est évident : les Bangladeshis sont sunnites, il faut donc les ménager comme l’Arabie Saoudite, le pays où on coupe les mains des voleurs et lapide les femmes adultères, et tant pis pour les bouddhistes qui sont fondamentalement pacifistes mais ont tout de même le droit de protester quand on les massacre, mais se doivent d’être des « amis » de l’Oncle Sam ». Peut-être bien que dans l’esprit obtus des Américains Madame Suu Kyi, libérale déclarée, est peut-être une crypto-communiste dont il faut ternir la réputation …

La presse occidentale a atteint un tel degré d’ignominie mensongère que c’est tout simplement écoeurant. Et les politiciens ont suivi le mouvement sans sourciller ni se poser la moindre question sur la cause originelle de ces évènements : des attaques systématiques des forces de sécurité, dont la police, par les musulmans dans le district de Rakhine après s’en être pris aux villageois. Les médias européens mentionnent-ils dans leurs colonnes ou sur les plateaux de télévision le fait qu’il existe également, comme dans ce district du Myanmar, des zones de non-droit dans un certain nombre de grandes villes d’Europe contrôlées par des salafistes qui ne tolèrent pas la présence de la police, des pompiers et encore moins des ambulances ? Encore un véritable scandale, faites votre travail correctement mesdames et messieurs les journalistes ! Je soutiens personnellement Madame Suu Kyi !

Billet d’humeur géopolitique

 

On s’achemine donc allègrement vers un nouveau conflit mondial, tranquillement, non pas la fleur au fusil comme au début de la der-des-der, mais avec des drones, des fusées, des armes de destruction massive, des mercenaires avides de profits (y compris les casques bleus de l’ONU) et des conglomérats industriels intéressés en premier lieu par ces conflits. Par exemple, les casques bleus de l’ONU qui ont participé aux opérations de nettoyage de la « vermine » sunnite financée par l’Arabie Saoudite au Mali ont reçu une prime de 50000 euros outre leur salaire de soldats professionnels pour six mois d’opération sur le terrain. Certes ils risquaient leur vie mais combien sont-ils morts au champ du déshonneur ? Ces soldats de l’ONU ne sont-ils pas des mercenaires au service des grandes puissances occidentales et payés par les contribuables ?

Pourquoi s’achemine-t-on vers un conflit de grande ampleur au Moyen-Orient, tout simplement parce que le Royaume Saoudien sunnite, embourbé dans un conflit coûteux et sanglant au Yémen, veut redorer son image en envoyant des troupes au sol en Syrie pour combattre ceux-là même qu’il a financé depuis plusieurs années pour mettre à genoux le régime chiite syrien. De même la Turquie, qui veut redorer son image auprès des chancelleries occidentales, vient également de déclarer son intention d’envoyer des troupes au sol (et en profitera au passage pour massacrer des Kurdes qui n’ont rien à voir avec le conflit syrien) et Erdogan est favorable au déploiement d’avions chasseurs saoudiens à Incirlik sur son territoire.

Si tel était le cas, tout le Moyen-Orient s’embraserait dans une guerre de religion, la rivalité séculaire entre les sunnites et les chiites.

L’Occident s’en lavera les mains en armant les deux camps et en attendant les bras croisés qu’ils s’exterminent mutuellement, aussi simple que ça. C’est l’hypothèse basse mais ni les Américains, ni les Russes et naturellement ni les Européens qui n’ont jamais fait preuve de cohérence en matière de politique étrangère – je parle surtout des Européens – ne pourront résister à donner un petit coup de main à l’un ou à l’autre camp. Et puis ce sera bon pour l’économie occidentale moribonde que de faire fonctionner à plein régime l’industrie de l’armement, cela va sans dire.

On est donc au bord du gouffre. Sans l’avouer ouvertement tous les pays occidentaux concernés se préparent à une guerre meurtrière, coûteuse pour les contribuables, et indéterminée en ce qui concerne les résultats finaux. C’est la seule solution trouvée pour remédier à la crise économique globale qui se profile également à l’horizon. Deux indicateurs doivent être pris en considération pour étayer l’évolution de la situation au Moyen-Orient : la violente remontée des cours du pétrole ce vendredi 12 février (plus de 10 % pour le WTI) et le renchérissement concomitant du prix de l’once d’or qui a augmenté de plus de 135 dollars en trois jours …

Aux dernières nouvelles, Erdogan, ce dictateur impulsif beaucoup plus dangereux qu’Assad, a ordonné le bombardement des positions kurdes près de Minnigh, une importante position stratégique reprise par les Kurdes aux djihadistes, près d’Alep à quelques kilomètres de la frontière turque, avec l’appui de l’aviation russe. Erdogan est soutenu par le Pentagone … Ceci explique cela.

Conseil de lecture : http://iconoclaste/2016/01/pétrole-moyen-orient-le-dessous-des-cartes-a-travers-le-prisme-petrolier/

Le printemps turc ?

Après « les Printemps Arabes », qualificatif pour le moins douteux, partout les « Frères Musulmans » ont pris le pouvoir en imposant la charia en lieu et place d’une vraie démocratie à l’occidentale et si ce ne sont pas franchement les Frères Musulmans, ce sont d’autres extrémistes ultra-religieux, ultra-surarmés et ultra-décidés à en découdre avec l’occidentalisation des pays qui ont vécu cet épisode controversé de libération du peuple « asservi » par des dictateurs cupides pour imposer la loi religieuse, supportés par l’Arabie Saoudite, un modèle de démocratie comme chacun sait, ou par l’Iran, un autre modèle de démocratie tout aussi notoire. Ce qu’il y a de presque hilarant (rire jaune) c’est le soutien inconditionnel des Européens dans ces processus de soit-disant démocratisation. En Turquie, le premier ministre Erdogan, assoiffé de pouvoir lui aussi, a voulu mettre son pays au pas en réduisant les libertés individuelles pourtant inscrites dans la Constitution du pays, un des rares pays au monde qui ne confondait pas la religion et les affaires de l’Etat, l’autre étant la France, depuis Kemal Ataturk. Le printemps turc était prévisible, et dans ce pays riche et aussi peuplé que l’Allemagne ça risque de faire très mal. Le contexte géopolitique régional se prête à une explosion de grande ampleur. Le pouvoir syrien, dont on voudra bien dire ce qu’on veut pour être politiquement correct, se bat contre ces mêmes illuminés du Coran qui ont pris le pouvoir en Tunisie, en Egypte et en Libye. Des sunnites soutenus par l’Arabie Saoudite et des chiites, dont Assad, soutenus par l’Iran s’entretuent en démolissant au passage le pays. Pour faire bonne figure, mais avec des arrières pensées à peine voilées, les fous de dieu libanais se sont invité à la partie de poker menteur pour aller massacrer du sunnite bien comme il faut. C’est le camp d’entrainement idéal pour ensuite s’en prendre à Israël. La Turquie fait partie de l’OTAN et si le pays plonge dans l’obscurantisme religieux, les répercussions jusqu’en Europe sont inimaginables. Il y a une forte minorité d’origine maghrébine en France mais il y a aussi une forte minorité d’origine turque en Allemagne, suivez mon regard. Les Allemands, par prudence, ont adopté le profil a minima lors de l’intervention franco-anglaise en Libye pour débouter le Colonel et laisser le champ libre aux extrémistes, belle illustration de l’ineptie à court terme de la politique européenne. Et ces mêmes Européens veulent maintenant armer les sunnites, encadrés par Al-Qaïda et le Hezbollah sous prétexte de faire dans l’humanitaire un peu à la Kouchner. C’est n’importe quoi. Décidément ce « printemps turc » est très inquiétant, surtout si on se trouve à Jérusalem …

 

 

L’allumette inattendue ? (inflation en Iran)

A quelques semaines des élections présidentielles iraniennes, une information passée inaperçue dans la quotidienneté des bombardements de civils en Syrie, un pays allié de l’Iran, est lourde de conséquences pour la stabilité de l’ensemble du Moyen-Orient, alors que le Président Hollande est en déplacement dans la région aujourd’hui.

L’Iran a retiré le dollar et l’euro de la circulation pour tenter de masquer l’inflation qui détruit la valeur du riall : 75 % pour les 12 derniers mois, 57 % pour le dernier mois et 33 % seulement pour la semaine dernière suite à la décision du gouvernement ! Ca fait beaucoup mais ce n’est pas ce pourcentage astronomique de l’inflation quotidienne (près de 5 % par jour) qui fait frémir mais les conséquences sociales que cette situation devenue soudainement incontrôlable va entrainer. La question est donc la suivante et elle est de taille : comment la République islamiste d’Iran va endiguer la situation sociale explosive ? La seule réponse plausible pour maintenir l’intégrité de la nation est de faire la guerre à ses ennemis héréditaires, les Sunnites (comme le fait ouvertement El-Assad, chiite, en ce moment dans son pays, on ne peut pas le nier) et il y en a beaucoup de Sunnites de l’autre côté des rives du Golfe Persique !!!

On ne peut pas être vraiment optimiste quant à la stabilité à court terme du Moyen-Orient. Cette inflation iranienne est peut-être l’allumette de trop qui va embraser la région.