Alimentation et santé (6 et fin)

Alimentation et santé (6 et fin)

Il s’agira dans le dernier billet de cette série de café, de lait, d’oeufs et de gras. Encore une fois, exception faite de certains petits articles de politique, il m’arrive très rarement d’émettre une opinion personnelle. Je mets un point d’honneur à relater des faits scientifiques ou de société tels qu’ils ont été abordés par des journalistes, des chroniqueurs ou des bloguers comme votre serviteur mais j’essaie de privilégier les sources scientifiques initiales le plus souvent possible. De par ma carrière professionnelle passée, ayant acquis une certaine expérience en biologie et en chimie, ayant musardé quelques années dans le domaine de l’énergie nucléaire, je me permets d’aborder quelques sujets dérangeants et déformés par les médias que le public accepte tels qu’ils lui sont servis sur un plateau les yeux fermés sans exercer un instant un quelconque sens critique. Le climat, les vaccins, les plantes transgéniques, l’énergie nucléaire, la malbouffe, les mensonges, menu quotidien des politiciens, me donnent l’occasion d’affirmer ma position en la saupoudrant d’ironie quand il le faut. L’esprit humain ne peut pas filtrer toutes les informations qui lui parviennent en flux continu à chaque seconde de la journée, c’est impossible, et je tente d’effectuer chaque jour – quand je cherche un sujet d’inspiration pour mon blog – ce tri afin d’éviter de faire des erreurs. Comme, dit-on, l’erreur est humaine il m’est arrivé parfois de m’être trouvé abusé par une information littéralement gobée sans l’avoir pré-digérée et de me rendre compte de mon erreur. Dans ce billet, toutes les informations ont été vérifiées et recoupées. Il ne s’agit nullement d’inventions de ma part.

21. Le café et la bière sont des diurétiques

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Consommés modérément, en d’autres termes normalement, le café (caféine) et la bière, sous-entendu l’alcool, ne présentent aucun effet diurétique et ne risquent donc pas de provoquer une déshydratation de l’organisme. Une étude détaillée parue en 2016 dans la revue Clinical Nutrition (doi : 10.3945/ajcn.115.114769) est très claire : ce qui importe dans les boissons est surtout l’apport en eau à l’organisme. La balance hydrique de notre corps varie au cours de la journée. En effet, nous éliminons presque en continu de l’eau alors que nous ne buvons pas de manière continue. L’organisme dispose de moyens efficaces pour réguler cet état de choses en particulier avec les reins. Dans cette étude un indice d’hydratation des boissons (BHI ou beverage hydration index) a été défini de manière très simple en étudiant 72 sujets adultes et en bonne santé. Il leur a été demandé de boire en 30 minutes un litre de boissons comme ci-après. L’indice d’hydratation de la boisson considérée a été défini comme la quantité totale d’urine éliminée après 4 heures en comparaison de la même quantité d’urine éliminée en absorbant un litre d’eau. Le BHI est défini comme étant de 1 pour l’eau et le volume d’urine après 2 heures (ligne pointillée) éliminée après avoir bu 1 litre d’eau est divisé par le volume éliminé par ingestion des autres boissons. Les résultats sont tout à fait parlants. Les boissons suivantes ont le même effet que l’eau sur l’hydratation de l’organisme : coca-cola, coca-cola pauvre en calories (light), thé chaud, thé froid, café, bière, jus d’orange, eau gazeuse et boisson énergisante pour sportifs. Aucune différence avec l’eau ! Seuls les solutions salines de réhydratation par voie orale, le lait entier, le lait écrémé et dans une moindre mesure le jus d’orange permettent une réhydratation relative du corps puisque la quantité d’urine éliminée est inférieure après 4 heures de délai. Ceci s’explique très bien car le lait et la solution saline de réhydratation contiennent des sels minéraux, sodium, potassium, magnésium ou encore calcium. L’alcool et la caféine n’ont donc rien à voir avec l’hydratation du corps ou le maintien de cette dernière en équilibre. Une idée préconçue à mettre aux oubliettes.

22. Boire du lait c’est bon pour les os

Une étude réalisée à l’Université de Zürich englobant 195000 femmes de 60 ans et plus buvant ou non au moins un verre de lait chaque jour n’a pas pu mettre en évidence de différence quant à la fréquence de fractures du col du fémur. Cette étude est certes limitée aux seules femmes mais elle montre néanmoins que la disponibilité biologique du calcium présent dans le lait n’est pas celle que l’on croit. Cependant le lait constitue en lui-même un aliment à part entière car il apporte des sucres, des graisses, des protéines, des vitamines et des sels minéraux et il permet à l’organisme de maintenir l’homéostase hydrique (voir ci-dessus). Boire du lait n’est pas néfaste pour la santé, au contraire, mais pour la solidité des os il y a un gros doute.

23. Ne pas manger trop d’oeufs, c’est mauvais pour le cholestérol

Lorsque la doyenne italienne de l’humanité est décédée (voir le lien), l’information qui fit le tour du monde fut qu’elle mangeait depuis l’âge de 20 ans trois oeufs par jour dont deux crus. Après tout deux oeufs crus battus, agrémentés de sel, poivre, quelques fines herbes et saupoudrés de parmesan rapé pourquoi pas ? Toujours est-il que la croyance populaire dit que les oeufs augmentent catastrophiquement le taux de cholestérol sanguin. C’est du moins ce que vous dira votre médecin en vous regardant dans les yeux et si votre taux de cholestérol ne « lui convient pas » il vous prescrira des statines. Ben voyons !

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Et pourtant une étude réalisée par l’école de médecine de l’Université d’Harvard portant sur plus de 37000 personnes pendant 8 ans n’a pas pu vérifier toutes les études réalisées sur des modèles animaux en laboratoire ! En effet c’est à partir d’études sur les animaux de laboratoire, en particulier les rongeurs, que le corps médical s’est forgé une opinion au sujet des oeufs et du cholestérol. Un telle investigation remet radicalement en question la transposition à l’homme de tous les travaux réalisés avec des animaux et pas seulement en ce qui concerne la nutrition. Il faut aussi prendre en considération les nombreux essais cliniques décidés sur des êtres humains après des résultats de laboratoire sur des animaux, surtout des souris et des rats, compte tenu de la différence incontournable entre les rongeurs et nous-mêmes.

L’étude réalisée à l’Université d’Harvard a aussi indiqué que l’abus d’acides gras saturés et « trans-« , ceux qui sont produits par hydrogénation partielle des huiles végétales, était au contraire propice à l’élévation du taux de mauvais cholestérol dans le sang, nommément les LDLs. Rien à voir avec les oeufs ! Encore une idée totalement fausse (source JAMA, doi : 10.1001/jama.281.15.1387).

24. Manger « gras » fait grossir

L’affaire des graisses qui font grossir, car il s’agit bien d’une histoire montée de toutes pièces, remonte à la fin des années 1970 quand une étude financée par la Fondation Américaine de la Recherche sur le Sucre affirma que les graisses faisaient grossir. Cette étude réalisée également à l’Université d’Harvard parut dans le JAMA et fit à l’époque grand bruit pas seulement aux USA. Progressivement, sous la pression constante du lobby des producteurs de sucre et avec la complaisance du corps médical, la population se reconvertit aux carbohydrates. On connait aujourd’hui les immenses dégats de l’abus de sucres sur les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète.

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Soixante pour cent de la population américaine est en surpoids ou franchement obèse et l’Europe n’a pas attendu pour rattraper les habitudes alimentaires riches en sucres de la malbouffe industrielle et de la restauration rapide. Une récente étude parue dans le British Medical Journal a clairement montré que l’abandon ou la réduction des graisses dans l’alimentation ne reposait sur aucune évidence scientifique sérieuse. Le beurre, les oeufs, les graisses animales furent diabolisés et il est encore difficile aujourd’hui de s’affranchir même au niveau personnel de cette propagande du lobby des producteurs de sucre. En ajoutant à ce désastre nutritionnel l’utilisation de sirops enrichis en fructose et d’huiles végétales partiellement hydrogénées on obtient un cocktail alimentaire parfait pour se ruiner la santé (lien, doi : 10.1136/openhrt-2014-000196)

Source : Business Insider. Fin de cette série

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/04/19/la-doyenne-de-lhumanite-est-decedee/

Gluten, lactose, oligosaccharides ? Une nouvelle grosse arnaque !

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Depuis qu’on a « cartographié » le microbiome intestinal, la nouvelle mode des diététiciens est de faire en sorte que nous prenions soin de nos gentilles petites bactéries et toutes les extravagances sont autorisées. Le filon est en effet juteux pour ne pas dire appétissant car il y a des profits à portée de main. Tout a débuté avec la controverse sur l’intolérance au gluten à la suite d’essais en aveugle réalisés à l’Université Monash en Australie (voir le lien sur ce blog) qui montrèrent, mais il ne fallait pas trop en parler, qu’après tout la maladie coeliaque n’était pas vraiment liée au gluten ni à une intolérance à cette protéine particulière mais plutôt à un dérèglement de la flore bactérienne intestinale. Il est vrai qu’à force de s’assommer d’antibiotiques pour un pet coincé on finit par détériorer la qualité de cette flore sans laquelle on ne pourrait pas vivre. Naturellement il va sans dire que cette histoire de pseudo-intolérance au gluten a rapporté des milliards de dollars aux petits malins qui se sont engouffré dans ce créneau. J’ai acheté il y a quelques jours du café moulu de la marque Mellita (je ne fais pas de publicité et il n’y a aucun conflit d’intérêt dans ce blog) en provenance du Brésil certifié ne contenant pas de gluten !!! J’ai ainsi découvert que le café, par voie de conséquence, contenait du gluten ou pouvait éventuellement en contenir. Cet exemple illustre à quel point des centaines de millions de personnes sont systématiquement considérées comme des imbéciles qu’on peut rançonner sans état d’âme en leur vendant toutes sortes de denrées alimentaires à des prix astronomiques sous prétexte qu’elles ne contiennent pas de gluten, ou pas de lactose ou encore pas de pesticides mais c’est une autre histoire …

Bref, revenons au microbiome intestinal. La Nouvelle Eglise de Scientologie Digestive préconise de se pencher très sérieusement sur les FODMAPs, j’ignore s’il existe un acronyme équivalent en français mais pas de souci j’ai inventé celui-ci : PDMOF, ça sonne bien et ça veut dire Polysaccharides, Disaccharides, Monosaccharides et Oligosaccharides Fermentescibles. Sans être allé au delà du certificat d’études tout le monde a compris qu’il s’agit de sucres en folie sous toutes leurs formes, depuis le glucose du miel jusqu’au xylitol, l’agent sucrant des chewing-gums zéro calories ou encore additif des pâtes dentifrices qui donnent un léger goût de sucré sans être du vrai sucre mais prévient aussi le séchage du dentifrice à la sortie du tube. Les nouveaux gourous de la diététique, forts des avancées récentes de la biologie moléculaire qui a identifié près de 2000 bactéries différentes dans l’intestin, préconisent de prêter une attention toute particulière aux PDMOFs parce que, pour eux, c’est là que se situe tout le problème des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Ces PDMOFs modifient la flore intestinale et il est donc nécessaire, selon les nouveaux charlatans qui sévissent dans ce domaine de la nutrition préventive (voir le lien), de modifier son régime alimentaire afin de réduire l’apport quotidien en PDMOFs et surtout d’éviter le gluten … comme si le gluten était aussi un PDMOF ! Il est vrai que glu fait penser à glucose alors qu’à cela ne tienne c’est aussi un PDMOF. Dans la liste exhaustive des PDMOFs (voir le lien cdhf.ca …) on trouve parmi les produits lactés la margarine, c’est nouveau, ça vient de sortir du cerveau des diététiciens dûment enregistrés, et je découvre comme vous que la margarine est fabriquée à partir de lait ou encore que le rhum contient du sucre et pas n’importe lequel, un PDMOF, mais c’est bien sûr ! Très bizarre parce que dans les PDMOFs préconisés pour améliorer le syndrome inflammatoire intestinal le sucre de table est autorisé. On peu continuer dans ce délire et aller de surprise en surprise pour prouver tout simplement que les diététiciens, ces membres de la toute nouvelle Eglise de Scientologie Digestive ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent. Ils se soucient surtout de leur porte-monnaie.

Dans un article paru dans Gastroenterology dont le titre est non ambigu puisqu’il nie toute relation entre le gluten, les sucres à chaine courte (oligosaccharides) et le syndrome intestinal inflammatoire, il était question d’un échantillon de 37 personnes, pas suffisamment pour prouver que la relation entre ces paramètres, gluten et PDMOFs, et ce syndrome ne pouvait être établie de manière incontestable, un détail qui n’a pas échappé aux diététiciens ! L’anecdote du necator (voir le lien sur ce blog) tendrait à prouver que l’inflammation de l’épithélium intestinal est bien un des éléments, certes, de ce syndrome mais il n’en a pas fallu plus que cet article pour déchainer les passions sur les PDMOFs. Le souci dans cette histoire c’est aussi la présence de fructanes dans la farine de céréales panifiables contenant du gluten. Or ces fructanes sont des candidats montrés du doigt pour initier le syndrome inflammatoire intestinal. On est donc en droit de supposer que si l’ingestion modérée de PDMOFs est réellement bénéfique pour diminuer le syndrome inflammatoire intestinal, dans le doute on peut se poser la question de savoir qui du gluten ou de ces sucres est vraiment en cause.

Il faut plutôt se pencher sur la flore intestinale et l’intégrité de son harmonie. Les polysaccharides et les fibres (encore une autre lubie des diététiciens, mangez du carton c’est bon pour la santé !) ne sont digérés que dans le gros intestin car la flore intestinale y est légèrement différente de celle de l’intestin grêle. Cette digestion tardive provoque des flatulences et des douleurs parfois attribuées au syndrome inflammatoire y compris l’intolérance au lactose pouvant également être imputée à l’absence de bactéries exprimant la beta-galactosidase.

Pour en finir avec cette controverse qui n’en est pas une sinon pour le plus grand bien des finances de charlatans auto-promus diététiciens il existe des tests mis au point à la Johns Hopkins University pour détecter dans l’haleine (pas nécessairement fétide) l’intolérance au lactose, la présence d’helicobacter, l’intolérance au fructose et enfin le syndrome de la sur-croissance bactérienne dans l’intestin grêle (voir le lien) et plutôt que de s’imposer des régimes délirants il est préférable de savoir dans un premier temps si on est vraiment malade ou si ce n’est que de l’imagination. Difficile d’évaluer combien coûte une « cartographie » de la flore intestinale (quelques milliers de dollars) mais ce diagnostic pourrait très bientôt être proposé parallèlement à une inoculation par voie orale de bactéries permettant de reconstituer cette flore intestinale avec laquelle il veut mieux, à l’évidence, vivre en bonne harmonie. Peut-être que Molière se serait délecté en écrivant une pièce du genre : « Le Malade aux Bactéries Imaginaires » …

Sources :

http://cdhf.ca/bank/document_en/32-fodmaps.pdf

http://blog.katescarlata.com/fodmaps-basics/fodmaps-checklist/

http://www.gastrojournal.org/article/S0016-5085%2813%2900702-6/abstract?cc=y?cc=y ( DOI: http://dx.doi.org/10.1053/j.gastro.2013.04.051 )

http://www.hopkinsmedicine.org/gastroenterology_hepatology/clinical_services/specialty_services/breath_testing.html

Et sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/10/03/on-a-parfois-besoin-dun-plus-petit-que-soi-par-exemple-de-necator-il-fallait-y-penser/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/13/ou-le-gluten-fait-reparler-de-lui/

L’épidémie d’obésité. Tentative d’explication

L’obésité, la maladie de ce nouveau siècle qui a commencé bien avant le premier janvier 2000 coûte au système de protection social américain la bagatelle de 120 milliards d’euros par an. Il n’y a pas de données précises pour le coût de l’obésité en France puisqu’il ne s’agit pas encore d’un mal national comme cela le devient en Espagne. L’ »épidémie » d’obésité est alarmante également en Grande-Bretagne et au Moyen-Orient. La recherche médicale est donc très active dans ce domaine pour les raisons financières évoquées plus haut.

Il y a deux explications à l’obésité : trop manger et un dérèglement hormonal. Trop manger peut provenir d’un mauvais signal du cerveau qui ne détecte pas ou mal la sensation de satiété, de faim ou d’appétit et dans ce cas on mange trop mais pourquoi le tissu adipeux, un des rares tissus du corps humain a posséder la faculté de grossir, met en réserve des graisses, deux questions apparemment liées mais qui en fait ne le sont pas. On a cru au début des années 60 avec la découverte de l’insuline que l’on pourrait expliquer aisément l’apparition de l’obésité chez un individu quelconque puisque l’insuline, outre le fait qu’elle régule le métabolisme du sucre, régule également le processus d’accumulation des graisses dans les cellules adipeuses. Le taux d’insuline sanguin croit quand on ingère des sucres sous quelque forme que ce soit et l’énergie en surplus que représentent ces sucres est alors stockée sous forme de graisses si la réserve de glycogène a atteint son maximum. C’est un peu compliqué mais le foie stocke le glucose sous forme d’un polymère, le glycogène, pour une utilisation ultérieure et la partition entre sucres sous forme de glycogène et graisses stockées dans les adipocytes est commandée par l’insuline. Je rappèle à mes lecteurs assidus que les graisses sont en grande partie synthétisées à partir de sucres et les graisses ingérées dans notre nourriture sont pour la plupart brûlées pour produire de l’énergie sous forme de sucre. C’est paradoxal mais c’est ainsi pour de simples raisons de régulation métabolique.

Enfin, une autre hypothèse plus simpliste est un dérèglement de la balance calorique auto-induite. Je m’explique pour mes lecteurs en surpoids qui refuseraient de comprendre. Quand on est en surpoids, on dépense plus d’énergie pour se déplacer, pour respirer, pour lacer ses chaussures, que sais-je encore. Essayez de vous déplacer pendant une journée entière avec un pack de 9 litres d’eau minérale dans chaque main, vous aurez vite faim ! Cette dépense d’énergie conduit donc à la sensation de faim et on mange plus qu’il ne faudrait, d’où cette conclusion (simpliste mais bien réelle) qui prétend que le surpoids induit automatiquement l’apparition de l’obésité.

En réalité, toutes les études réalisées sur les régimes à faibles calories, peu de sucres, ou peu de graisses – ou plutôt peu de sucres et des bonnes graisses comme l’huile d’olive vierge – et la combinaison d’exercices physiques ne sont pas concluantes en elles-mêmes probablement parce que l’apparition de l’obésité est multifactorielle et ses conséquences les plus connues, le diabète de type II et les maladies cardiovasculaires n’en sont qu’une manifestation secondaire. Parmi les facteurs strictement nutritionnels qui peuvent être évoqués il y a l’abus de sucres et en particulier de fructose, l’abus de graisses hydrogénées ou partiellement hydrogénées, deux constituants entrant communément dans la composition des plats industriels, des confiseries et de diverses boissons pétillantes ou non que je ne nommerai pas ici. Les facteurs psychologiques jouent également un rôle, le mal-être ou la dépression, le stress peuvent conduire à être rattrapés par un abus de nourriture, souvent de mauvaise qualité et contenant les ingrédients cités plus haut. Enfin, la sédentarisation et le manque d’exercice physique sont des facteurs favorisant la prise de poids. Mais pour chaque individu le tableau est différent et en dehors d’une prédisposition avérée, familiale ou hormonale (thyroïde notamment), le surpoids et l’obésité sont le résultat de plusieurs facteurs défavorables qui, combinés, aboutissent à cette pathologie. J’ai parlé de cette étude faite à Cuba il y a quelques jours sur mon blog, trop manger est une des premières causes d’apparition du surpoids, mais manger mieux est une des premières précautions à prendre.

Bon appétit.

 

Source : British Medical Journal 

 

Malbouffe … encore !

Dans l’avion il y a deux jours, je crois que c’était entre Madrid et Tenerife, je me suis risqué à grignoter des « Pringles » un genre de chips artificielles bien rondes, incurvées pour pouvoir être entassées dans un cylindre de carton aluminisé (merci pour ceux qui ont peur de l’aluminium qui risquerait de provoquer des dégénérescences cérébrales d’après certaines études de caniveau) avec un couvercle en plastique plein de bisphénol A (merci à ceux et celles qui se soucient de la fonctionnalité de leurs gonades) pour être mieux appréhendés et éventuellement engrangés par deux ou par trois, puisque le goût est assez surprenant. J’ai gardé l’emballage qui sent toujours l’onion pourrissant, à en avoir la nausée pour en faire l’objet du présent billet. Heureusement que l’atmosphère des avions permet aux narines de supporter n’importe quoi, depuis l’odeur des onions pourris, les pêts de son voisin et les dents infectées du passager de la rangée suivante qui a tendance à exhaler l’odeur fétide de son arrière gorge entre les deux sièges qui le précèdent avec en prime de fortes odeurs de kérosène au décollage et à l’atterrissage  Dans un avion, le nez est devenu incapable de remplir correctement ses fonctions primaires. J’en reviens donc aux « Pringles ». Ingrédients : pommes de terre déshydratées, huile végétale, farine de riz, « sour cream » (crème aigre selon Google traductor), je traduis crème fermentée, et saveur onion et entre parenthèses la composition détaillée de la saveur « onion-crème aigre, c’est important ! Poudre d’onion, poudre de crème aigre, dextrose, arômes, sucre, poudre de petit lait, lactose de lait, protéine de lait, amidon de pomme de terre, acide citrique, acide lactique, acide malique – fermez la parenthèse ! Ces douze ingrédients bien précisés entre parenthèses, ce qui pourrait vouloir dire que ce n’est pas important, sont censés reconstituer la saveur d’un mélange admirablement bien dosé d’onion et de crème fermentée. Je continue : émulsifiant E471. Je traduis mono- et di-ester de glycérol, c’est-à-dire un triglycéride partiellement hydrolysé bien connu pour perturber le métabolisme des acides gras essentiels, contribuer à augmenter le volume du foie et des reins, réduire la taille des testicules et affecter l’utérus. Nous voilà rassurés ! Je termine pour la composition de ces fausses chips : maltodextrine, sel, amidon de riz modifié. Tout ça pour arriver à un truc difficilement ingérable sans ressentir une forte sensation de dégout voire de nausée. Dans 40 grammes de fausses chips, il y a 20 grammes d’hydrates de carbone (sucres rapides et lents) et 13 grammes de graisses en tout genre (hydrolysées, partiellement hydrolysées, partiellement hydrogénées et j’en oublie) et le reste se répartit entre fibres (j’aimerais savoir lesquelles), protéines et sel. Après avoir relu la « notice d’utilisation » je n’ai pas pu trouver la provenance des dites fibres ni la composition des « arômes » comme si la poudre d’onion ne suffisait pas. Bref, un truc dangereux pour la santé et j’en ai fait l’expérience après avoir ingurgité contre mon gré une dizaine de grammes de ces chips : une bonne et persistante diarrhée à l’odeur prononcée d’onion. Pour ceux qui ont le goût du risque confessionnel, les mono- et di-glycérides peuvent tout aussi bien être d’origine végétale qu’animale, du genre cheval (c’est à la mode), lapin, kangourou, cochon, bœuf ou pourquoi pas chauve-souris ou encore larve de termite puisque ce n’est pas précisé mais il y a fort à parier que l’origine de ces ingrédients est certainement la plus économique.

Pour la petite histoire la marque Pringles était la propriété de Procter & Gamble, un fabricant bien connu de lessives, et rachetée par Kellogg’s depuis peu. Il est probable qu’avaler une cuillerée de lessive aurait eu le même effet fulgurant sur mon transit intestinal …

Et quand on sait que 60 % des Américains sont en surpoids ou obèses, c’est à se demander s’ils ont aussi des diarrhées à l’onion pour bien se purger de toutes les saloperies dont ils se goinfrent en regardant les matchs de base-ball à la télévision.