La stérilité féminine est-elle une maladie ?

Le simple fait de poser cette question risque de soulever un débat sans fin car il est maintenant admis dans de nombreux pays de l’OCDE que la stérilité doit être prise en charge par les systèmes de protection sociale car il s’agit d’une maladie. Et c’est bien là que le bât blesse car en réalité il ne s’agit pas d’une maladie au sens strict du terme mais d’une malfonction dont souffre une femme sur 7. Le critère est qu’une femme engagée dans des relations sexuelles régulières et non protégées avec son époux ou son partenaire doit normalement se retrouver enceinte après au moins une année. Si tel n’est pas le cas et si naturellement son époux ou partenaire est lui-même fertile alors elle est considérée comme stérile. C’est une définition arrêtée par l’Organisation Mondiale de la Santé un peu à l’emporte-pièce mais pourtant admise par le corps médical.

Les causes de la stérilité féminine sont multiples et certaines d’entre elles peuvent être contournées par une opération chirurgicale bénigne dont le coût est tout aussi bénin pour la société. Toutes les autres approches dont la fécondation in vitro sont, elles, coûteuses pour la société dans la mesure où la stérilité est considérée comme une maladie. Or cette définition vient d’être remise en cause en Grande-Bretagne, et cela ne date pas d’hier puisqu’un rapport commandé par la sécurité sociale britannique en 1988 indiquait déjà que l’infertilité devait être, selon les règles d’éthique en vigueur, considérée comme une malfonction et non pas une maladie (voir le lien). Par conséquent le débat reste ouvert mais il serait opportun que les Etats en charge de la protection sociale des citoyens se penchent sur ce problème en ces périodes de vaches maigres financières. Pour éclairer mes lecteurs j’ai tenté en vain de trouver des évaluations du coût global d’un traitement de la stérilité. Les données sont très fragmentaires et oscillent entre 400 et 4000 livres sterling et l’explication est simple : la stérilité féminine touche la nature même de la femme et il s’agit plus d’un phénomène sociétal que strictement médical.

Source : BioEdge et Rapport Warnock (1984, 1988) ISBN : 0 10 193140 9