Warren Buffett ? Un féministe !

-1x-1-3

Tous ceux qui s’intéressent au monde de la finance ont entendu parler de Warren Buffett, le fondateur et CEO de Berkshire Hathaway. Cet empire financier comme beaucoup d’autres entretient des « fondations » caritatives impliquées dans la santé et l’hygiène. Par exemple la fondation Bill & Melinda Gates, émanation de l’empire financier de Bill Gates, s’est largement investie dans l’amélioration de la vie de tous les jours dans les pays africains démunis d’infrastructures de santé. Cette fondation gère une multitude de dispensaires, procure et paie un personnel spécialement formé pour la lutte contre les maladies tropicales tout en fournissant à ces petits hôpitaux de brousse matériel et médicaments. La fondation Ford est également impliquée dans des activités caritatives du même genre. La troisième fondation de ce genre aux USA est la fondation Susan Thompson du nom de la première épouse de Warren Buffett.

-1x-1

La Fondation Susan Thompson est spécialisée dans la réduction des grossesses non désirées, non pas dans un pays d’Afrique mais aux Etats-Unis. Le projet central de cet organisme a été la mise au point et la promotion d’un stérilet bon marché et efficace. Les stérilets ont acquis une mauvaise réputation avec le temps car ils ne sont pas toujours efficaces, leur mise en place nécessite l’intervention d’un gynécologue et ils peuvent être la cause de douleurs, d’irritations et au pire d’infections. Cet ensemble de raisons a eu pour résultat une désaffection des femmes pour ce contraceptif dont les modèles les plus sophistiqués peuvent atteindre un prix non négligeable approchant les 800 dollars (750 euros) pour une efficacité garantie de dix ans. À peine plus de 10 % des femmes utilisent ce moyen contraceptif (IUD pour intra-uterine device) malgré son efficacité prouvée et l’absence d’effets secondaires – pour les modèles les plus récents – en comparaison de la pilule, déconseillée pour un grand nombre de femmes. Le graphique ci-dessous est éloquent car il indique un retour de l’usage de stérilets depuis le milieu des années 2000 et la fondation Susan Thompson n’est pas étrangère à cette situation. Qui aurait pu imaginer que Warren Buffett s’intéressait au planning familial et aux grossesses non désirées ?

1200x-1

C’est à coup de centaines de millions de dollars que les travaux entrepris par la société Allergan aboutirent en 2013 au stérilet Liletta dopé au levonorgestrel, un analogue semi-synthétique de la progestérone éventuellement utilisé à fortes doses (1,5 mg) comme « pilule du lendemain ». Le stérilet Liletta délivre des quantités infinitésimales de ce contraceptif sur une durée d’au moins trois années. Une étude détaillée sur 1751 femmes âgées de 16 à 46 ans à qui on avait posé ce stérilet de nouvelle génération a montré que son usage était sans danger et que son efficacité était de l’ordre de 99,45 %. Warren Buffett est avant tout un homme d’affaires qui s’est diversifié dans le planning familial de manière raisonnée et sa stratégie est assez exemplaire. Pour atteindre la clientèle potentielle des stérilets dont il finançait la mise au point, Berkshire Hathaway fit l’acquisition de Pampered Chef, un compagnie calquée sur le modèle marketing de Tupperware. Rien de plus simple que de proposer des boites en plastique à la maison lors de « réunions Pampered Chef » et de suggérer l’usage d’un autre petit bout de plastique. Les activistes anti-avortement tentèrent immédiatement d’organiser le boycott de Pampered Chef mais furent découragés par l’organisation irréprochable de cette société multinationale qui compte plus de 50000 vendeurs.

Avec une fortune évaluée à plus de 50 milliards de dollars, Buffett a décidé de léguer 80 % des actions de Berkshire à la fondation Susan Thompson qui sera censée consacrer 5 % de ce capital chaque année pour promouvoir l’accès à des méthodes contraceptives peu coûteuses et accessibles aux plus démunis. Le prix du stérilet Liletta est maintenant de 50 dollars, pose comprise. Quelles sont les premières conséquences déjà visibles de ce projet « humanitaire » d’un nouveau genre ? D’abord le gynécologue propose plusieurs approches contraceptives à ses clientes. Celles qui ne désirent pas de ligature des trompes se voient proposer plusieurs choix, diaphragme imprégné de contraceptif, stérilet de nouvelle génération ou pilule (ou patch) contraceptive. Dans tous les cas il y a des arguments en faveur du stérilet et cette approche, honnête si l’on peut dire, a favorisé le retour de ce dernier. Par voie de conséquence, chez les adolescentes, le nombre de grossesses non désirées a chuté de 40 % entre 2009 et 2013 et les avortements dans cette même tranche d’âge a baissé de plus de 30 % dans le seul Etat du Colorado choisi par la fondation Buffett (il ne faut pas le dire mais plutôt mentionner la fondation Susan Thompson) pour valider l’efficacité du stérilet Liletta. Ce stérilet concurrence le produit équivalent de Bayer appelé Mirena, protégé par des brevets et dont le coût, pose comprise, est de 800 dollars. Autant dire que sans le soutien financier de la Fondation Susan Thompson l’avenir de Liletta serait compromis. Cette fondation est donc engagée dans le soutien de cette campagne afin d’obtenir l’approbation par la FDA de l’efficacité du stérilet jusqu’à 7 ans et au-delà. Affaire à suivre mais Warren Buffett ne se découragera pas.

Source et illustrations : Bloomberg Magazine

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25934164

Le futur du contrôle des naissances

J’ai relaté une étude de la Banque Mondiale montrant l’influence du développement favorisé par l’abondance en énergie et le recul du taux de naissances concomitant. Ce recul n’est pas une conséquence de l’abstinence sexuelle mais l’usage répandu des techniques anticonceptionnelles qui ne cessent d’évoluer pour aboutir, entre autres progrès, vers une diminution de la pollution des rivières et des lacs par les produits anticonceptionnels qui ne se dégradent que très lentement dans le milieu naturel (voir le lien sur ce blog). La recherche s’oriente donc vers une diminution des doses d’anticonceptionnels et des alternatives non chimiques ou en tous les cas n’étant pas susceptibles de polluer massivement les milieux naturels. Et pour ce faire de nouvelles approches sont sur le point de supplanter la pilule ou les gels spermicides.

Les anneaux contraceptifs. Ce sont des anneaux en polymère souple contenant des quantité infinitésimales d’éthinyl estradiol et d’un analogue de ce dernier qui sont placés au fond du vagin à la fin des règles et qui restent en place durant les trois semaines suivantes. Normalement la femme ne ressent pas sa présence mais le site de Nuvaring ne précise pas si l’homme est affecté par la présence de ce corps étranger lors des rapports sexuels. Comme on peut l’apprécier sur l’illustration ( http://www.nuvaring.com/consumer/ ) il ne s’agit pas d’un tout petit objet anodin. Les doses relarguées sont très faibles de l’ordre du milliardième de gramme chaque jour et cette technologie respecte donc l’environnement. L’absorption directe par la muqueuse vaginale optimise l’effet des antiœstrogènes et de ce fait ces « nano » doses sont efficaces à plus de 98 % pour prévenir une grossesse selon les premiers résultats des essais cliniques en phase 3. Si le Nuvaring est autorisé ce sera le premier anticonceptionnel entièrement sous le contrôle de la femme, durant presque une année, à condition toutefois de l’ôter du vagin durant les règles, et totalement réversible avec des effets secondaires mineurs. Toutefois comme avec tous les antiœstrogènes, la cigarette est fortement déconseillée.

Capture d’écran 2015-03-26 à 13.57.29

Le bon vieux préservatif pour les hommes a encore une longue carrière devant lui mais la recherche notamment financée par la Fondation Bill & Melinda Gates s’oriente vers des préservatifs pour femmes plus simples d’emploi, munis d’un applicateur réutilisable et capables de s’adapter à la configuration anatomique du fond du vagin afin d’atteindre une efficacité de protection de 95 % sans que sa présence puisse perturber l’homme ni entraver le plaisir de la femme. Pour les hommes, en dehors du préservatif, les travaux de recherche s’orientent vers une pilule à usage oral ou des gels contenant des analogues de la testostérone inhibant la spermatogenèse. Les essais cliniques sont laborieux dans la mesure où il faut non seulement pouvoir apprécier les effets secondaires sur la libido de l’homme mais également tester la réversibilité de ces produits. Il en est de même pour les gels injectés dans les canaux déférents ( http://www.parsemusfoundation.org/learn-more-about-vasalgel/ ) et obstruant ces derniers et dont la présence est réversible avec l’injection sans intervention chirurgicale d’un autre gel dissolvant le premier. Les essais cliniques sont toujours en cours pour déterminer la réversibilité de ce traitement sur la spermatogenèse qui est considérée comme définitivement stoppée par la vasectomie.

Capture d’écran 2015-03-26 à 14.59.15

Reste le stérilet adopté par de nombreuses femmes. L’efficacité des stérilets n’est plus à démontrer et ils ont été miniaturisés. La forme la plus courante est celle d’un T en matière plastique partiellement recouvert de cuivre, un métal toxique pour les spermatozoïdes. Les cas d’expulsion à la suite de contractions de l’utérus durant les règles restent rarissimes mais il faut encore un suivi médical dans la mesure où ces « accessoires » peuvent être à la longue douloureux, favoriser des règles anormalement abondantes ou encore occasionner des infections de l’utérus. Enfin, la pilule du lendemain peut être évitée en cas de doute par la pose d’un stérilet genre ParaGuard dans les 5 jours suivant un rapport sexuel. Pour conclure les stratégies anticonceptionnelles ont peu évolué sinon dans le sens de la diminution considérable des doses d’anticonceptionnels depuis que cette approche a été développée au cours des années 1970.

Source : U.S.News

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/27/les-anticonceptionnels-un-autre-gigantesque-scandale-sanitaire-a-lhorizon/

Comment je me suis fait stériliser !

Je suis tombé, plutôt mes yeux sont tombés, en regardant l’écran de mon Mac Book, sur cet article :

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/comment-je-me-suis-fait-steriliser_1220728.html

Et ce qui m’a surpris est que la contraception doit être le fait des femmes et non des hommes, mais pourquoi cette position sexiste et sans fondements ? La contraception masculine définitive, la vasectomie, consiste en une intervention bénigne sous anésthésie locale et sédation légère. La contraception féminine définitive requiert une intervention plus lourde à moins d’opter pour la méthode Essure pourtant déconseillée par le corps médical alors que cette technique sans anesthésie ni coup de scalpel a fait ses preuves depuis plus de dix ans. Certes, c’est une avancée, mais alors que 2 % des femmes décident d’une contraception définitive, seules 0,05 % des hommes font le même choix, probablement convaincus que tout geste chirurgical altérant leur intégrité génitale pourrait aussi altérer leur intégrité fonctionnelle. Or c’est tout le contraire ! La vasectomie ne présente qu’un seul inconvénient, la barbe pousse légèrement plus vite ! Pour le reste, ce n’est que du bonheur, à commencer par ses partenaires. Et je vais expliciter en commentaire de cet article de l’Express en ligne ma propre expérience. Il y a 20 ans, j’élevais seul mes trois enfants après un divorce et une de mes amies, qui fréquentait ma chambre à coucher devenue vacante, se retrouva enceinte de mes œuvres. Je n’avais pas l’intention de repartir de la case départ, déjà très occupé par mes trois enfants et je décidais d’une sorte de transaction qui me parut tout à fait équilibrée : ma stérilisation contre un avortement. Ce qui fut fait, c’est-à-dire que je respectais mes engagements mais pour la partie adverse, si l’on peut dire, l’avortement fut nécessaire compte tenu de la présence d’un fibrome qui aurait pu, sans intervention chirurgicale, conduire à un désastre tant pour la future mère que naturellement pour le fœtus. Bref, je survécus plutôt bien à la vasectomie qui présente beaucoup de bons côtés pour un homme décidé dans une situation particulière à ne plus être en état de procréer. Outre le fait que la barbe pousse plus vite, je me suis d’ailleurs laissé aller à ne plus me raser qu’épisodiquement, la virilité est sensiblement exacerbée, ce qui fait le bonheur non dissimulé de ses partenaires et cela s’explique très aisément quand on considère que le plaisir masculin n’est qu’une affaire de plomberie, du genre baignoire qui se vide ou lavabo qui perd. Je m’explique : les testicules produisent en permanence un fluide qui doit être mélangé au cours de l’acte sexuel à une sécrétion provenant de la prostate. Le mélange se fait dans les vésicules séminales qui une fois pleines à rabord vont vouloir se vider, provoquant l’orgasme suivi immédiatement d’éjaculation. Pour un homme lambda, ce processus peut prendre quelques secondes ou quelques minutes, au mieux une dizaine de minutes, pour le plus expérimenté d’entre nous. Mais pour celui qui s’est lui-même contraint à une vasectomie, après une tentative de dissuasion du médecin, le même processus peut demander plusieurs dizaines de minutes d’une sorte de préparation, on pourrait dire de maturation, pour la plus grande satisfaction de sa partenaire. Je suppose que mes lecteurs se feront une idée de la situation que j’évoque par mes présents propos puisqu’une évocation plus détaillée de celle-ci est hors de mon propos.

Toute cette prose pour encourager les hommes plutot que les femmes à procéder à une stérilisation définitive qui ne présente pour eux que des avantages (et aussi des avantages par voie de conséquence pour leurs partenaires, comme je viens de le suggérer). En conclusion, pourquoi toujours les femmes ? Les hommes peuvent aussi s’assumer !!!