Nicotine et maladie de Parkinson

Les solanacées contiennent toutes peu ou prou de la nicotine. Le représentant le plus connu de cette famille est le tabac, mais peu de gens savent qu’il y a aussi de la nicotine dans les tomates ou les poivrons, deux autres représentants de cette famille qui comprend aussi la pomme de terre, le pétunia et la mandragore bien connue des lecteurs de Spirou dont je fus un lecteur assidu dans ma jeunesse. Mais je m’égare …

La nicotine agit sur les centres de récompense du cerveau en augmentant la teneur cérébrale d’une série de neurotransmetteurs dont la dopamine et aussi la beta-endorphine, l’anti-douleur naturel sécrété par le cerveau, l’acétylcholine et bien d’autres substances conduisant à la stimulation psychique recherchée par les fumeurs. D’autres composés sont présents dans les solanacées (et donc le tabac) dont un inhibiteur de la mono-amine oxydase, un enzyme dont la fonction est de réguler la teneur cérébrale en sérotonine et en dopamine. La nicotine active la sécrétion de la dopamine et un autre composé, l’harmaline, présent dans le tabac, inhibe en partie la mono-amine oxydase.

Or la maladie de Parkinson se caractérise d’abord par un déficit en dopamine, le neurotransmetteur clé pour la transmission de signaux entre neurones moteurs ce qui a pour résultat les tremblements caractéristiques de cette maladie. On avait déjà observé que la cigarette protégeait significativement contre l’apparition de la maladie de Parkinson dont plus de dix millions de personnes souffrent dans le monde et pour laquelle il n’y a pas de traitement satisfaisant sinon la 3,4-dihydroxyphénylalanine (L-DOPA) transformée en dopamine dans l’organisme. Une équipe de biologistes de l’Université de Washington à Seattle a montré que le poivron était bénéfique pour prévenir l’apparition de cette maladie qui conduit finalement à la démence et à la mort lorsque le « système nerveux » indépendant du cœur est atteint. Les études ont montré que les effets bénéfiques des poivrons étaient naturellement masqués chez les fumeurs puisque les teneurs respectives en nicotine ne sont pas comparables.

Je suggère donc de se préparer des salades de pétales de pétunia (pour la nicotine) et de passiflore (pour l’harmaline), de manger des ratatouilles de poivrons et de tomates, deux solanacées contenant aussi de la nicotine mais si je décide d’arrêter la cigarette, combien de kilos de poivrons faudra-t-il ingérer pour ne pas ressentir de manque ?

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Source : Annals of Neurology press release