Après la fin du monde … (lamine, SIRT 1, Hutchinson-Gilford, vieillissement)

 

Des biologistes de l’Université de Hong-Kong viennent de montrer que le vieillissement prématuré ou syndrome de Hutchinson-Gilford qui touche un enfant sur quatre millions était le résultat d’une interaction défectueuse entre la lamine A et le gène codant pour la sirtuine. Je sens que mes lecteurs ont déjà mal à la tête et ne comprennent pas le sens de mon billet intitulé « Après la fin du monde » mais ils vont comprendre. Le gène SIRT 1 code pour une activité enzymatique qui désacétyle (encore un mot savant) des protéines impliquées dans l’intégrité du noyau cellulaire et donc de la bonne réplication des chromosomes c’est-à-dire de la multiplication cellulaire. Pour faire simple quand une cellule doit se multiplier pour satisfaire un besoin métabolique comme par exemple la croissance la lamine, une protéine filamenteuse située à l’intérieur de la membrane du noyau cellulaire interagit avec le gène codant pour la sirtuine (SIRT 1) et le processus de multiplication cellulaire est alors initié après acétylation de la lamine. La désacétylation inhibe en quelque sorte cette activité de la lamine sur le gène SIRT 1, ce que les biologistes appellent une boucle rétroactive de régulation.

Les biologistes de Hong-Kong se sont intéressés aux enfants qui vieillissent prématurément ( syndrome de Hutchinson-Gilford) et ont montré que la lamine de ces derniers était modifiée par une mutation qui amenuisait l’interaction de cette protéine constituante de la partie interne de la membrane du noyau avec le gène SIRT 1 (ou en tous les cas son ARN messager) rendant toute multiplication cellulaire difficile ou au moins fortement ralentie conduisant au vieillissement prématuré. Or, on sait également que ce type de régulation a été observé dans des situations pathologiques diverses comme le diabète de type II en relation avec l’obésité, c’est dire l’importance de cette découverte quand on sait que près des deux tiers des Américains, des Mexicains et des Espagnols sont obèses ou en sur-poids.

Mais plus intéressant, en dehors du diabète de type II et de l’obésité car après tout l’obésité est avant tout une question d’hygiène alimentaire personnelle, le gène SIRT 1 est aussi associé à la longévité en contrôlant le vieillissement cellulaire (apoptose) et ce dernier rôle a été clairement mis en évidence chez la levure et confirmé par les chercheurs d’Hong-Kong.

 

Rien à voir avec la fin du monde, me direz-vous, et pourtant … si on peut trouver un moyen d’agir directement sur l’expression du gène SIRT 1, alors on aura trouvé un moyen de prolonger la vie peut-être jusqu’à la fin du monde !

 

Source: Reuters