Les Sénateurs ont pété un gros plomb !

Je livre brute cette dépêche d’agence qui vaut son pesant d’étincelles en 24 volts à mes lecteurs fidèles. Cette dépêche appelle deux remarques et je laisse mes lecteurs se reporter à un précédent billet de ce blog sur la directive 20-20-20 de Bruxelles pour plus de précisions. Dire que 25000 véhicules électriques représentent déjà 0,5 % du parc automobile français est une première grossière erreur, il faut lire 0,07 % et affirmer que la France est leader dans le domaine est un gros foutage de gueule ! Pour les bornes de rechargement, il faudrait en installer près de 22000 selon les souhaits des sénateurs (une borne pour 3000 habitants dans un premier temps) juste assez pour recharger simultanément les 25000 véhicules électriques déjà existants, y compris celui du Ministre ! Deuxième foutage de gueule … Espérons que ce n’est pas l’AFP qui répand de fausses informations …

Le Sénat vote une proposition de loi en faveur des véhicules électriques

Paris – Le Sénat a voté mardi à l’unanimité une proposition de loi socialiste destinée à favoriser les véhicules électriques en accélérant le déploiement de bornes de recharges. Le texte déjà adopté à l’Assemblée nationale doit à présent faire l’objet d’une commission paritaire mixte (CMP, 7 députés et 7 sénateurs) qui sera chargée de trouver une version commune aux deux chambres.

Pour favoriser l’usage des véhicules électriques afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et consolider le développement de cette industrie, il faut que les utilisateurs soient assurés de pouvoir facilement recharger leurs véhicules, ce qui nécessite le déploiement d’un réseau d’infrastructures de bornes, ont convenu les intervenants. Aujourd’hui, cette mission est confiée aux seules communes.

La proposition de loi prévoit d’exonérer de redevance l’opérateur de l’État qui implante, dans le cadre d’un projet national, des bornes de recharge de véhicules électriques sur le domaine public. Elle a pour objectif de doubler le nombre de points de recharge d’ici à la fin de l’année.

En demandant au gouvernement d’aller encore plus loin, l’UMP soutient cette proposition de loi pour soutenir cette filière où la France se distingue, a déclaré Louis Nègre (UMP).

L’UDI soutient les objectifs de ce texte, a souligné pour sa part Jean-Claude Merceron (UDI-UC).

Quant à Evelyne Didier (CRC, Communiste, républicain et citoyen), elle a annoncé le soutien de son groupe au regard des enjeux environnementaux.

Ce petit texte d’un seul article aura de grands effets, a souligné de son côté le rapporteur de la commission du développement durable Jean-Jacques Filleul (PS). La mesure proposée est simple, technique et politique; elle sera lourde de conséquences, a-t-il ajouté en rappelant que la France est leader en matière d’électro-mobilité et de transition énergétique.

Selon M. Filleul, avec 25.000 véhicules, les véhicules électriques représentent 0,5% du parc automobile français, en hausse de 50% depuis 2012, mais les premiers chiffres de 2014 témoignent d’une fragilité due au prix des batteries, qui devrait toutefois baisser avec l’effet de série.

Pour Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie qui a lui-même une voiture électrique de fonction, le véhicule électrique, c’est aussi le plein à 2 euros, et le prix des batteries est destiné à baisser sensiblement.

Au cours du débat, M. Montebourg a annoncé que le dispositif du programme d’investissements d’avenir en faveur des projets d’infrastructures de recharge des collectivités serait prolongé jusqu’à la fin de l’année 2015. Les seuils d’éligibilité vont être abaissés d’ici la fin juin pour élargir le cercle des territoires, notamment les plus ruraux, pouvant bénéficier des 50 millions alloués à cette action, a-t-il précisé.

Concrètement, le seuil relatif au coût total des projets va être divisé par 2, passant de 400.000 euros à 200.000 euros, et le seuil de population fixé à 200.000 habitants jusqu’à présent va être remplacé par un seuil de densité du maillage d’une borne pour 3.000 habitants.

Le ministre a aussi annoncé une révision du décret qui avait revu à la baisse le bonus écologiste pour l’achat de véhicules électriques.

(©AFP / 03 juin 2014 18h55)

Billet d’humeur vineuse

 

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On nage dans le surréalisme au Sénat, cette institution inutile, coûteuse et surannée. Puisque ces brontosaures plus ou moins fossilisés de la politique n’ont pas grand chose à faire, il leur faut faire preuve de beaucoup d’imagination pour justifier leurs mirobolantes rentes de situation. Leur dernière idée en date, ce samedi 12 avril, après s’être gavés aux frais de la princesse avec force bons vins pour diluer les délices gustatifs servis par les cuisines de l’honorable institution qui comptent parmi les meilleures de France, la trogne rougie par des vins de haut terroir, les sénateurs ont décrété que les vignobles, les vignes, les pressoirs, les cépages et les crus, les châteaux et autres appellations d’origine faisaient partie du patrimoine hexagonal. C’est décidé, c’est entériné, et si par hasard les vignerons ont besoin d’un petit coup de pouce financier, comme leurs tracteurs, leurs épandeurs de pesticides, leurs sécateurs et les casseroles de leur cuisine font aussi partie du patrimoine national, les contribuables buveurs de vin ou non se feront un plaisir de contribuer financièrement et généreusement à cette industrie aussi considérable que l’industrie fromagère qui toutes deux font honneur à la France dans le monde entier. Pourquoi pas immédiatement classer tous les vignobles de France dans la catégorie hautement honorifique des monuments historiques ? Ils devaient avoir franchement picolé pour accoucher d’une décision aussi ridicule.

En être arrivé à un tel point de délitement intellectuel est proprement affligeant et cette énième pitrerie ne va certainement pas faire honneur à l’image de la France mais rendre au contraire les étrangers hilares. Comme le répète H16 à longueur de billets dans son blog, ce pays est complètement foutu et ses politiciens donnent l’impression d’être en coma éthylique permanent. Abus de pinard, peut-être …

Source : AFP

Antidépresseurs : addendum

La méta-analyse dont j’ai relaté les résultats a pu être réalisée à la suite du Freedom of Information Act (FOIA) voté par le Congrès américain en 1996 qui rend accessible tous les résultats d’essais cliniques auprès de l’administration américaine en charge de délivrer les autorisations de mise sur le marché (FDA). Les quatre antidépresseurs mentionnés ont été autorisés entre 1987 et 1999 de la classe des inhibiteurs de la réabsorption de la sérotonine. Le Prozac par exemple a été présenté à la FDA en 1977, sa commercialisation débuta en 1987 et le brevet de la matière active (Fluoxetine) est dans le domaine public depuis 2001. La totalité des documents issus des études cliniques du Prozac sont disponibles depuis 2007 que ces études aient été favorables ou non aux effets attendus du produit. Il faut rappeler que le Prozac est l’un des antidépresseurs les plus populaires dans le monde malgré l’effet clinique peu différent du placebo dans le cas du traitement des dépressions dites légères, ce qui justement représente la majorité des prescriptions. L’open data, dont j’ai déjà parlé dans ce blog, est également de règle aujourd’hui en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves ainsi qu’au Japon, mais quid de la France ? Apparemment il y a un blocage au niveau du Parlement et du Sénat. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi il y a blocage politique en France car on touche là le vrai problème des conflits d’intérêt, bon nombre de députés et de sénateurs étant par ailleurs médecins ou pharmaciens, quelle que soit leur couleur politique. On comprend dès lors facilement que l’information du public et en premier lieu des scientifiques soit bridée à dessein.