Le saumon transgénique de nouveau à la une de l’actualité

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Le saumon de l’Atlantique est l’espèce la plus abondamment produite par aquaculture dans le monde : environ 2 millions de tonnes pour une valeur de 10 milliards de dollars. Les enjeux économiques sont donc à l’évidence considérables. La société canadienne AquaBounty a mis au point avec l’aide de l’Université du Newfoundland il y a plus de 20 ans un saumon génétiquement modifié qui produit continuellement l’hormone de croissance du saumon Chinook dont le gène est sous le contrôle du promoteur de la protéine « anti-gel » d’anguille. Il est intéressant de mentionner pour quelle raison ce montage fut choisi à l’origine. Le saumon ne produit pas d’hormone de croissance durant les longues nuits d’hiver de l’Atlantique Nord ni dans l’obscurité. Le saumon génétiquement modifié présente la particularité de produire cette hormone 24 heures sur 24 et le résultat est spectaculaire, il grossit deux fois plus vite que le saumon non génétiquement modifié en engloutissant 10 % de nourriture en moins.

Il aura fallu plus de 20 ans pour que la FDA américaine autorise la commercialisation de ce saumon et les autorités sanitaires canadiennes viennent de suivre leur homologue américain. La FDA, sous la pression des écologistes, en particulier le WWF, a fini par exiger un étiquetage évident pour ces saumons afin que le consommateur ne les confonde pas avec les saumons « normaux ». Si j’ai utilisé des guillemets c’est pour insister sur le fait que toutes les études et analyses réalisées ce dix dernières années sur le saumon AquaBounty n’ont jamais pu montrer une quelconque différence avec le saumon de l’Atlantique élevé dans des fermes marines, que ce soit en Norvège, en Islande ou en Ecosse.

Les écologistes, un peu dépités par les décisions américaine et canadienne, ont alors mis en avant le fait que AquaBounty avait choisi les montagnes du Panama pour y installer une grande ferme d’élevage de saumons à 1500 mètres d’altitude. Ce choix a paru suspect pour les écolos qui semblent ignorer que le saumon vit aussi bien en mer qu’en rivière …

Le gouvernement canadien considère que la nourriture issue de plantes transgéniques est saine et non détrimentale pour la santé humaine. Elle est consommée depuis de nombreuses années sans qu’un quelconque effet adverse ait pu être détecté. D’autre part les modifications génétiques apportées améliorent les qualités nutritionnelles des aliments. Les autorités canadiennes ont déclaré qu’un étiquetage spécifique des saumons d’AquaBounty n’était pas nécessaire (voir le lien). Les écolos canadiens réfutent tout en bloc et considèrent comme déplorable et dangereux que le peuple soit pris en otage pour être le premier au monde à expérimenter un animal génétiquement modifié. Comme je le mentionnais dans un précédent article de ce blog (voir les liens au sujet du saumon AquaBounty) l’écologie est devenue une véritable religion qui s’appuie sur de la fausse science, une résurgence détestable du Lysenkoisme …

Illustration : Deux saumons de l’Atlantique du même âge, élevés dans les mêmes conditions. En arrière plan le saumon AquaBounty

Source : news.gc.ca/article-en.do?nid=1068309 et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/10/20/saumon-transgenique-belle-bataille-en-perspective/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/03/30/ou-la-religion-se-mele-des-ogms/

La malbouffe des saumons d’élevage se répercute sur la santé !!!

 

Une étude exhaustive réalisée en Norvège, comme il se doit puisque ce pays est le premier producteur de saumon du monde, a montré que le remplacement partiel des aliments à base de poisson donnés aux saumons par des produits d’origine végétale avait un effet catastrophique sur la santé des souris nourries avec la chair des dits saumons.

La différence la plus notoire réside dans la composition en acides gras qui perturbe le métabolisme des souris au point de les rendre obèses et diabétiques car la teneur en acides gras insaturés, les fameux oméga-3 (acide alpha-linoléique, acide éicopentaénoïque et acide docosahexanoïque) chute de manière spectaculaire quand les saumons sont nourris avec ces tourteaux et graisses végétales provenant soit de colza, de soja ou d’olives à concurrence de 70 % dans la nourriture des saumons.

Même si cette nourriture modifiée que les saumons finissent par manger faute de mieux présente l’intérêt de moins déceler de polluants persistants tels que les PCB ou les poly-chlorés genre DDT qui s’accumulent dans les graisses, justement des poissons, ce bénéfice est largement annihilé par cette modification de la composition en acides gras de la chair du saumon.

Comme on sait que les ressources halieutiques s’épuisent inexorablement surtout quand on sait que la sur-pêche alimente aussi les élevages de poissons, ce remplacement par des produits végétaux ou d’origine animale (résidus des abattoirs, farine animale) fera alors que le bénéfice tant clamé des poissons gras pour la santé humaine ne sera bientôt plus qu’un vieux souvenir. On verra peut-être un jour sur les rayons des poissonneries « saumon pauvre en oméga-3 ».Pour ma part, il m’arrive rarement de consentir à manger un morceau de saumon depuis que je me suis promené près du hangar de stockage de la nourriture d’un élevage en Islande tant l’odeur pestilentielle était repoussante.

Triste monde où la malbouffe envahit tout …

 

Source : PlosOne