Bref passage en France (transit) : triste impression

D’abord, arriver à trois heures et demi du matin à Roissy, ça décoiffe, il faisait froid, carrément froid (8 degrés) en se souvenant de la température à Narita (26 degrés) onze heures de vol plus tard. Puis la négociation avec un taxi cherchant désespérément un client pour m’acheminer à Antony, non pas pour aller directement à Orly mais aussi pour voir mes petits-enfants et leur apporter quelques cadeaux made in Japan, ça change des bricoles à deux balles de médiocre qualité made in PRC. Quatre vingt euros de taxi, et encore il a consenti un rabais de 18 euros sans même me laisser près de la maison de ma fille car il ne connaissait pas trop le quartier après m’avoir largué devant la station du RER. Heureusement d’ailleurs que j’ai pris un taxi car « en raison de mouvements sociaux, l’interconnexion à la gare du Nord n’est pas assurée« , c’est-à-dire pas de RER. Je reviens au taxi, Pour parvenir à la maison de ma fille j’ai été obligé naturellement de ruser sur les trottoirs pour éviter les déjections canines à croire que les chiens déposent leurs cadeaux même la nuit tout en constatant également que les feuilles mortes s’amoncellent sur les trottoirs. La mairie d’Antony n’a peut-être plus un euro sonnant pour payer des employés et mon énervement m’a conduit à imaginer que les chômeurs rétribués par les contribuables qui ne sont pas au chômage pourraient être contraints comme en Grande-Bretagne d’effectuer des travaux du genre nettoyer les merdes de chiens et ramasser les feuilles mortes car on n’a pas besoin de diplôme sophistiqué pour cette activité. Mais bon, les assistés votent pour les socialistes et c’est tant mieux pour eux – les socialistes, pas les chômeurs.

Je suis allé faire quelques menus achats après avoir accompagné mes petits-enfants à l’école et j’ai remarqué que les gens ont l’air triste mais pas à cause de la météo – il pleuvinait – non, une tristesse viscérale qui paraît communicative tant elle est généralisée. En passant devant la poissonnerie de la rue commerçante d’Antony, j’ai eu un haut-le-coeur irrépressible un peu comme si j’avais mis le nez dans une poubelle de restaurant bon marché et la rôtisserie quelques mètres plus loin dégageait une odeur bizarre, à croire que les poulets avaient été nourris avec des aliments de synthèse arrivant directement d’une usine proche d’une raffinerie de pétrole. Comme j’étais resté sur ma faim avec le dîner et le petit déjeuner servis dans l’avion auxquels je n’ai pas touché, cette faim a disparu jusqu’à ce soir quand j’irai déguster deux ou trois tapas à Tenerife. Contact épidermique, visuel et olfactif complètement défavorable. Seul point positif, une jeune employée de la RATP tout sourire m’a aidé à acheter le billet de train pour l’aéroport d’Orly. Je quitterai dans quelques heures ce pays peuplé de gens tristes, de trottoirs sales, de nuages gris dans le ciel et de commerçants odorants comme les autobus sans regret … (posté avec retard en raison d’un accès à internet déficient)

Triste France …

Retour momentané en France, le stress dès l’arrivée à Roissy.

D’abord, après 12 heures de vol, on ne sait pas où arrivent les bagages, il n’y a aucune indication claire, personne pour renseigner les passagers du vol en provenance de Séoul qui ne sont pas tous, loin de là, des Français.

Ensuite c’est la queue pour acheter un billet de RER (ma carte de crédit n’est pas acceptée dans les machines à usage ésotérique) et quand on a finalement en main le précieux sésame, il faut attendre l’arrivée d’un train de 40 ans d’age, tagué, sale, avec des immondices qui trainent de partout, des sièges tachés, déjà une vision d’horreur.

Départ en direction d’Antony dans un train qui semble peiner pour dépasser les 20 kilomètres à l’heure. Arrêt prolongé à la station Plaine de je ne sais plus quoi pour s’entendre dire que le trafic est interrompu et que pour rejoindre Paris il faut prendre un tramway jusqu’à Bondy puis un autre RER jusqu’à Magenta.

Des noms de stations inconnus pour moi. Je ne sais pas du tout où se trouve Bondy et encore moins Magenta, le nom d’un général ou d’un maréchal si je ne m’égare pas.

Mais il y a tout lieu de s’égarer. Pour accéder au tramway pas d’ascenseur ni d’escalator et avec une valise de plus de 20 kilos et près de 20 heures de voyage avec escale à Séoul comprise ça relève presque du supplice de descendre des escaliers puis en remonter d’autres et trainer sa valise sur une plate-forme défoncée. Tramway bondé de voyageurs et de valises et d’autres voyageurs du quartier qui n’avaient pas demandé à être dérangés dans leur périple vespéral avec tous ces intrus venus d’ailleurs. Il faut dire que ces voyageurs du coin semblent, aux yeux de la plupart des passagers des avions de Roissy, être des intrus venus tout droit de pays situés approximativement au sud du 15e parallèle nord africain.

A Bondy, même chose, pas d’ascenseur ni d’escalator. Attente d’un train à supposer qu’il ira dans la bonne direction car les indications sont absentes, l’organisation est des plus basiques en comparaison de Tokyo. Arrivée à Magenta. Magenta c’est en fait une extension souterraine de la gare du Nord.

Mais ce n’est pas terminé car tous les trains accusent entre dix et vingt minutes de retard.

Finalement il m’aura fallu deux heures et demi pour atteindre Antony.

Car c’est cet accueil que réserve la France aux touristes qui un jour ou l’autre iront dans d’autres pays plutôt que de se faire prendre en otage par des employés de la SNCF au statut de fonctionnaires qui préfèrent boire des coups au lieu de s’occuper de la bonne circulation des trains.

J’oubliais un détail, les toilettes, à l’arrivée des bagages du terminal 2E, sont particulièrement odorants, à éviter !

 

Triste France …