Quelques mémoires de ma carrière de chercheur en biologie (3)

 Le cas d’un fongicide (première partie).

Un peu las de tenter de trouver une nouvelle cible pour un nouvel herbicide et après une multitude de tentatives pour caractériser l’ultime étape de la voie de biosynthèse de la vitamine B6, toutes conduisant à des échecs, à croire qu’il n’existait pas d’enzyme précisément dédié à ce travail spécifique, je me décidais un jour à aller frapper à la porte du directeur des recherches du centre, un homme d’environ 10 ans mon cadet qui avait fait carrière en tant que chimiste dans la compagnie dont il dirigeait l’un de ses centres, qui de plus habitait sur le territoire de ma commune natale, mais cela n’a rien à voir avec mon propos.

Il me reçut très amicalement (nous nous connaissions déjà) et il m’entretint de toutes sortes de sujets qui n’avaient apparemment rien à voir avec la requête que j’avais décidé de lui présenter. Par exemple il mentionna sans entrer dans les détails les manoeuvres des actionnaires du groupe Rhône-Poulenc qui voulaient le vendre « par appartements » afin de recentrer les activités dans la santé humaine. Ceci signifiait qu’à terme le secteur agro-chimie serait démantelé. Plus inquiétant celui de la chimie fine, c’est-à-dire entre autres domaines celui de la purification des terres rares qui était à l’époque – il y a plus de 25 ans – le quasi-monopole mondial de la France (on sait ce qui s’est passé par la suite) allait être mis en veilleuse pour des raisons strictement financières. Rétrospectivement les manoeuvres du sieur Jean-René Fourtoux (avec ou sans x, je ne sais plus) aboutirent à un désastre industriel français irréparable. Aujourd’hui encore le « reste » de ce que fut Rhône-Poulenc du temps de sa splendeur, je veux parler de Sanofi, pourrait bien devenir la proie de fonds « vautours » américains ou apatrides et c’est très inquiétant. Force est de constater que la désindustrialisation de la France ne semble pas préoccuper le gouvernement et c’est tout aussi inquiétant. Bref, cet aparté n’avait pas vraiment de lien avec le propos de ce billet.

En vérité la suite des évènements me poussa vers la sortie comme je vais l’exposer en deux parties, dans ce présent billet puis dans le suivant de cette petite série. Le Directeur des recherches du centre me suggéra de me pencher sur le mode d’action d’un fongicide appelé iprodione largement utilisé pour combattre la pourriture des légumes et des fruits par le champignon Botrytis cinerea. J’ai déjà mentionné dans ce blog les quelques travaux que je fis à ce sujet mais je voudrais revenir ici sur la stratégie qu’adopte un chercheur quand il aborde un sujet entièrement nouveau pour lui. Identifier la cible primaire d’une molécule chimique dont j’étais totalement ignorant allait être une tâche ardue. Le Directeur appela en ma présence la secrétaire du chef-produit de ce pesticide et la pria de m’accueillir tout de suite. Quand c’est le grand chef qui contacte directement une personne très subalterne ça marche très bien. Je quittais le bureau de ce monsieur pour lequel j’avais beaucoup d’estime et me rendis dans le bureau de cette secrétaire. En quelques mots elle avait été informée de l’objet de ma visite inopinée et elle avait déjà préparé deux cartons d’articles scientifiques relatifs au fongicide en question. Il y avait 1000 « papiers » émanant d’une multitudes de laboratoires disséminés dans le monde entier, très peu d’entre eux ayant un lien direct avec la société. Ce produit avait été découvert (de mémoire) en 1984 et très rapidement autorisé car il n’était que très peu toxique pour les animaux excepté certains poissons et il constituait une avancée considérable pour combattre les attaques fongiques par le Botrytis et Sclerotinia qui provoquent des phénomènes de pourriture préjudiciables aux cultures, en particulier la vigne. Pour les viticulteurs il avait tout de suite été considéré comme magique !

Je décidais de lire tous les articles à tête reposé et je fis deux aller-retour entre le bâtiment administratif et le laboratoire pour transporter ces cartons. Les articles étaient classés par année de parution, un curieux système, mais ils étaient également numérotés dans l’ordre de leur arrivée sur le bureau du chef-produit, encore plus curieux. En lisant les résumés je fis un classement sommaire : 1. les observations macroscopiques, 2. les observations microscopiques et 3. les investigations aux niveaux chimique et métabolique. Les observations macroscopiques concernaient surtout l’évolution de l’attaque fongique et ses effets sur la plante. Le résultat de l’intervention du fongicide était montré à l’aide de photos et ces publications ne présentaient pas d’intérêt car on peut faire dire ce que l’on veut avec des photos. Au niveau microscopique c’était évident, le fongicide provoquait un éclatement des cellules du champignon provoqué par une fragilisation des membranes cellulaires. Les spores semblaient aussi curieusement altérés comme s’ils avaient perdu leur substance. Ils ressemblaient à des petits pois séchés, au microscope naturellement. Il me parut tout de suite évident que l’architecture des membranes cellulaires était perturbée lors de la multiplication cellulaire. Il me fallait trouver parmi ces 1000 publications d’autres pistes pour affiner ce « diagnostic ».

Suite dans les prochains billets. Mon blog restera inactif jusqu’à mardi 6 novembre 2018.

CGT et réchauffement climatique, ça va chauffer !

 

J’adore ce genre d’information que je communique brute d’agence à mes lecteurs, l’AFP est pourtant carrément orientée écolo !

Un meeting avec Valls retardé par une panne de secteur revendiquée par la CGT mines-énergie

AUDINCOURT – Un meeting de soutien au candidat socialiste Frédéric Barbier à la législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, en présence du Premier ministre Manuel Valls, a été retardé mardi soir à Audincourt, près de Montbéliard, par une panne de secteur revendiquée par la CGT-Mines-énergie, a constaté l’AFP.

Arrivé sur place peu après 19H00, Manuel Valls venait d’engager un point de presse en compagnie de Frédéric Barbier, lorsque la salle a été plongée dans la pénombre et le son coupé.

Plusieurs centaines de personnes, bientôt un millier de militants PS et de citoyens déclarant être venus par curiosité, attendaient entretemps dans une vaste salle à proximité que le courant soit rétabli, ce qui s’est produit au bout d’une heure environ.

Le Premier ministre avait pour sa part pris son mal en patience, échangeant avec Frédéric Barbier et le sénateur-maire PS de Montbéliard, Martial Bourquin.

Dans un communiqué, la CGT a indiqué que la Fédération Nationale des Mines Energie (FNME) CGT et ses syndicats (présents à Audincourt) soutiennent la coupure d’électricité réalisée par les électriciens et gaziers.

Cette action vise à rappeler que cette loi de transition énergétique est une bonne idée, mais avec de très mauvaises solutions, ajoute le communiqué.

Cette loi, poursuit notamment le document, achèverait le processus de casse du service public de l’électricité.

La FNME CGT considère que l’on est face à une loi de +transaction énergétique+ visant à remercier les écologistes pour leur apport de voix aux dernières élections présidentielles, au détriment de l’avenir de la planète et de l’intérêt collectif, souligne encore le communiqué.

(©AFP / 27 janvier 2015 22h24)

Ça promet ! La CGT va mettre la pression sur Mademoiselle Ségolène Royal au sujet de la fermeture des centrales nucléaires, et je m’en réjouis ! La CGT n’acceptera jamais le démantèlement programmé et exigé par les écologistes du parc électronucléaire français. Non seulement ce serait une monumentale erreur qui précipiterait le pays dans une crise dont il ne pourrait pas se relever, mais ce serait l’arrêt de mort de la filière nucléaire française qui est encore (mais pour combien de temps) le seul fleuron industriel du pays. Areva, censé investir dans des moulins à vent pour satisfaire les rêves insensés des écologistes, perd de l’argent et va écrémer dans ses effectifs, en particulier ceux qui maîtrisent les technologies du nucléaire, on hallucine … Tout ça pour des moulins à vent ! EDF est contraint de surtaxer ses clients, particuliers et industriels, pour financer ces mêmes moulins à vent parce que des écologistes totalement déconnectés des réalités économiques prétendent que le climat va se réchauffer. On patauge dans une politique de mauvaise facture et de connivences qui va aboutir à la ruine pure et simple du pays tout entier. La France est peut-être le pays de l’OCDE le plus « propre » en termes d’émission de CO2 et les écologistes veulent réduire la contribution de l’électronucléaire dans la fourniture d’électricité pour le remplacer par de la tourbe importée d’Allemagne, quel bel avenir. Il est difficile de comprendre leur démarche qui n’est guidée que par des théories politiques opportunistes à la Nicolas Hulot, un imposteur du genre Al Gore en pire. Ce triste individu donne de la voix pour appuyer les thèses de Mademoiselle Royal dans sa démarche climato-compatible consistant à privilégier les moulins à vent à l’uranium.

Il faut tout de même se souvenir que ce triste sire, je parle de Hulot, un pote de Bové, a fait fortune en réalisant des émissions télévisuelles financées par Rhône-Poulenc, l’un des principaux pollueurs français de l’époque qui n’en avait rien à foutre des rejets de produits polluants dans les rivières et dans l’atmosphère. Hulot était la vitrine de RP, la belle entreprise capitalistique respectueuse de l’environnement ! Je sais exactement de quoi je parle puisque j’ai travaillé pendant 13 ans dans cette entreprise et on ne cessait de vanter les reportages de cette marionnette qui permettait de vendre plus de pesticides et plus de médicaments. N’importe quoi !

En conclusion, il faut que la CGT-MINES-ÉNERGIE continue son combat contre les décisions insensées du gouvernement de démantèlement du patrimoine industriel français et j’espère qu’elle réussira à faire plier Mademoiselle Royal et le Premier Ministre.

Fourtou (JR) continue sur sa lancée !

Je n’ai jamais vraiment digéré la liquidation de Rhône-Poulenc par JR Fourtou prétextant que les actionnaires ne devaient pas perdre d’argent ou plutôt devaient en gagner plus qu’ils n’en gagnaient déjà. L’activité strictement financière de Fourtou entièrement orientée vers la rentabilité à tout prix de Rhône-Poulenc a résulté en une disparition totale de la chimie française qui était leader mondial dans des domaines comme la purification des lanthanides qu’on appelle communément « terres rares », puis la braderie insensée du secteur agro-chimique vendu par appartements à Bayer et Hoechst pour des poignées de cacahuètes. Il s’en est fallu de peu que le secteur santé et pharmacie de Rhône-Poulenc ne disparaisse pas car le groupe Total a finalement repris ce secteur avec Sanofi, originellement Synthélabo ayant également repris Roussel-Uclaf. Fourtou a tout mis à plat pour satisfaire les banques et les actionnaires. Que fait-il aujourd’hui, il veut tout simplement démanteler Vivendi encore une fois par appartements, une pratique dans laquelle il a tristement fait ses preuves. Pour ce pseudo-industriel qui ne s’est jamais montré sur les sites industriels autrement qu’en complet veston et cravate de soie, l’industrie c’est avant tout le profit des actionnaires quels qu’ils soient, des fonds de retraite, des banques et même de l’Etat, c’est-à-dire l’ensemble de la nation. Fourtou a spolié la France et il continue sur sa lancée. Ce parasite devrait être pendu haut et court et sa tête plantée sur une pique et exposée à la vindicte populaire. Il y a d’autres parasites dans le même genre et qui sévissent pareillement et je n’en citerai qu’un autre Alain Minc … 

Réponse à Irène Pereira (LePlus du NouvelObs), toujours à propos de l’imposture Séralini

Réponse à Irène Pereira (LePlus du NouvelObs)

Toujours à propos de l’étude de Séralini, qui à mon humble avis d’ancien chercheur scientifique, est une imposture, je voudrais répondre à Madame Pereira, docteur en sociologie (science que je ne considère pas, toujours à mon humble avis, comme exacte) en lui narrant une expérience personnelle relative à la découverte du mode d’action d’un fongicide connu entre autres noms commerciaux sous le nom de Rovral depuis le milieu des années 70 et contenant comme principe actif l’iprodione.
Au début des années 90, je poursuivais mes travaux de recherche dans l’un des rares laboratoires français de l’époque réalisant des études sur les plantes transgéniques. Il s’agissait du Centre de Recherche de Rhône-Poulenc Agrochimie où j’ai passé treize années de ma carrière de chercheur en biologie, non pas sur les plantes transgéniques qu’on appelle depuis des OGM, terme fourre-tout qui ne veut pas dire grand chose, mais sur diverses voies métaboliques chez les plantes pouvant constituer des cibles potentielles pour de nouveaux herbicides (entre autres travaux).
Je rappelle au passage que Jean-René Fourtoux (sans faire de jeu de môts) liquida purement et simplement ce fleuron de l’industrie française qu’était Rhône-Poulenc Agro pour la plus grande satisfaction des actionnaires du groupe mais c’est une autre histoire.

Bref, en ma qualité d’enzymologiste, je me suis intéressé au mode d’action de l’iprodione, les données de la littérature scientifique d’alors étant contradictoires et ne permettant pas d’expliquer clairement quelle était la cible primaire de ce fongicide. Seul un faisceau d’observations macro- et microscopiques pouvait éventuellement laisser penser que ce fongicide avait un effet sur la paroi cellulaire du champignon, mais seulement quand les cellules se divisaient.
Pour mes lecteurs, je précise que les champignons phytopathogènes sont des organismes microscopiques qui se mutiplient un peu comme les bactéries et se nourrissent en perçant la paroi cellulaire des plantes à l’aide d’excroissances spécialisées.
Quand j’ai initié cete recherche non seulement je savais que j’allais entreprendre un travail complexe et de longue haleine mais que je devrais en cas de succès affronter les commerciaux de la société qui seraient automatiquement contraints de faire une nouvelle demande d’autorisation de mise sur le marché au cas où mes recherches constituent un élément scientifique nouveau pouvant éventuellement conduire à une remise en cause de l’inocuité du produit. Enfin, les résultats de la littérature de l’époque étaient pour le moins troublants et non concluants. Cependant, quelques éléments me permirent d’échafauder une hypothèse de travail intellectuellement satisfaisante comme par exemple l’éclatement de la paroi du champignon en cours de division et un déficit en acide ascorbique (vitamine C) induit par le fongicide. Sachant que les parois cellulaires sont constituées d’éléments contenant des sucres et que l’acide ascorbique est synthétisée à partir de glucose, une cible potentielle devait se trouver dans la voie d’assimilation du glucose vers des métabolismes tels que ceux permettant la constitution des parois cellulaires et de l’acide ascorbique.
Sachant que les organismes vivants y compris l’homme, sont incapables d’ajouter un phosphate en position 1 du glucose (je suis désolé pour mes lecteurs mais je dois entrer dans les détails) un candidat possible était l’enzyme qui transfert le phosphate de la position 6 à la position 1 du glucose et qui commande l’ensemble des voies métaboliques en amont du glucose, pour la synthèse de polyosides dont le glycogène et … de l’acide ascorbique. Pour prouver que l’enzyme en question était bien la cible il fallait le purifier à l’homogénéité pour vérifier si l’iprodione avait un effet sur son activité. Tel ne fut pas le cas, l’iprodione en tant que telle n’avait aucun effet sur l’activité de cet enzyme, ce qui compliquait sérieusement la validation éventuelle de l’hypothèse envisagée, mais heureusement que des souches résistantes de champignon existaient et étaient accessibles au laboratoire. Les champignons résistants permirent de valider l’hypothèse émise mais aussi de mettre en évidence une dégradation de la matière active en divers composés dont l’un se révéla être un inhibiteur extrèmement puissant de l’enzyme suspecté pouvoir être la cible primaire du fongicide en question.
Non seulement les purifications de l’enzyme d’une souche sauvage et d’une souche résistante permirent au final de bien prouver que l’enzyme en question était bien la cible primaire, mais la purification et la caractérisation du produit de métabolisation de la matière active initiale inactive était bien l’inhibiteur de l’enzyme en utilisant un marquage radioactif pour pouvoir quantifier par rapport au produit initial le pouvoir inhibiteur de ce produit de dégradation qui fut synthétisé et étudié en détail après élucidation de sa structure par spectrographie de masse.
Je passe sur les détails qui ne relèvent pas du propos de mon billet, mais la démarche scientifique que j’adoptai alors fut la plus scrupuleuse possible et aurait tout aussi bien pu aboutir à une infirmation de l’hypothèse de départ.
Ce travail n’a jamais pu être publié malgré l’exemplarité de son exécution pour deux raisons : Rhône-Poulenc s’est opposé à la publication car le produit découvert est un diabétogène potentiellement puissant, et après avoir démissionné du CNRS en partie à cause de ce fiasco, j’ai tenté de publier ce travail directement alors que je n’étais plus localisé dans un environnement universitaire. Il a été refusé car les référés, à la lecture de leurs commentaires, étaient de toute évidence liés à l’industrie phytosanitaire, car qui connait mieux les fongicides que les industriels et les quelques universitaires courageux qui tentent de développer dans un coin de leur laboratoire des recherches souvent parcellaires par manque de capitaux.
Je travaillais au sein d’une entreprise d’agrochimie et j’ai eu la malencontreuse idée d’oeuvrer contre les intérêts de cette entreprise.

Dans le cas des travaux de Séralini, l’hypothèse de travail était la toxicité du maïs de Monsanto et tous les moyens ont été bons pour le prouver quitte à la limite à truquer les résultats. Ce n’est pas une philosophie acceptable et même un étudiant en sociologie le reconnaîtrait. J’espère qu’un laboratoire indépendant, dirigé par un vrai scientifique et non un idéologue borné, infirmera rapidement ces résultats et obligera cet individu à se rétracter publiquement pour lui éviter d’être tout simplement radié de l’université car une telle attitude nuit à l’ensemble de la communauté scientifique française. Que Madame Pereira fasse donc de la sociologie du milieu scientifique et comprenne finalement que le militantisme n’est pas compatible avec une recherche scientifique honnête et sans parti pris !!!

Lien de l’article de Madame Pereira :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/630291-etude-de-seralini-sur-les-ogm-science-et-militantisme-ne-sont-pas-incompatibles.html#reaction