À la faveur des mouvements féministes les femmes font plus souvent des rêves érotiques

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Puisque les rêves ont depuis toujours été considérés comme une porte ouverte vers les désirs inconscients, quand une femme garde en mémoire un rêve érotique les spécialistes du sommeil et du rêve de l’Université de Freiburg en Allemagne, sous la direction du Docteur Michael Schredl, ont voulu en savoir plus. Ils ont donc interrogé 2900 femmes volontaires pour participer à leurs études. Elles devaient raconter leurs rêves, du moins ceux dont elles se souvenaient, et si possible décrire les motivations de ces derniers. La première surprise fut que près d’une femme sur cinq se souvient d’avoir fait un rêve érotique alors que cette fréquence était inférieure à une sur dix il y a 20 ans. La deuxième surprise que réserva cette étude est le fait que même les femmes satisfaites sexuellement avec leur partenaire se surprennent à faire des rêves concernant parfois un inconnu croisé dans la rue ou un homme qu’elles ont cotoyé la journée précédente dans un cadre neutre comme par exemple une réunion de travail. Interrogées dans le détail la plupart des participantes avouaient être incapables d’expliquer quelles pouvaient être les motivations profondes de tels rêves.

L’explication la plus simple que purent trouver ces spécialistes des rêves est que la femme se sent libérée pas seulement dans sa vie de tous les jours mais également dans ses pensées … et ses rêves. Enfin, un grand nombre de femmes ont déclaré que, conscientes de leurs rêves, ces derniers influaient sur leur comportement les jours suivants. Serait-ce cette fameuse porte ouverte vers l’inconscient ? Comme s’il pouvait s’agir d’un contrôle lorsqu’il fut demandé à ces femmes si elles rêvaient de politique, moins de 4 % ont répondu par l’affirmative, peut-être rêvaient-elles de se prendre pour Angela Merkel ou Christine Lagarde mais l’histoire ne le dit pas.

Source et illustration : The Telegraph

Mécanisme du souvenir des rêves

Chaque jour je cherche un nouveau sujet sur lequel disserter, ça occupe mes journées de retraité et de surcroit cette quête m’oblige parfois à me documenter si je ne maîtrise pas le sujet qui m’intéresse car il est hors de question d’écrire un papier sur mon blog qui ne soit pas étayé le mieux que faire se peut par diverses recherches exclusivement sur Internet car je n’ai aucun ouvrage à portée de la main. Mon bureau est un pièce vide avec une table, une chaise et mon petit MacBook Air, un point c’est tout. Aucun livre, aucune carte ou photographie sur les murs, presque une cellule monastique. Mais il m’arrive de rêver la nuit d’autant plus qu’avec l’âge avançant, le sommeil ne s’invite pas aussi vite qu’on le voudrait, et la semi-inconscience m’est parfois propice pour repenser à un article ou une dépêche d’agence de presse qui pourrait intéresser mes lecteurs. Le matin, je trouve facilement des solutions aux mots-croisés qui m’ont préoccupé durant la journée précédente, un peu comme un mathématicien arrive à résoudre un problème ardu qu’il avait abandonné avant d’aller se coucher et de toute évidence le cerveau continue à fonctionner exactement comme quand on laisse à un ordinateur la tâche de terminer un long calcul faisant appel à toutes les capacités de la machine.

Une question qui a toujours préoccupé l’humanité est l’utilité des rêves et cette question n’a pour le moment pas trouvé que réponse satisfaisante. On sait pourquoi on doit dormir au moins un tiers de notre temps car notre organisme a tout simplement besoin de repos mais pour le cerveau il n’en est pas tout à fait de même puisque justement on rêve et il arrive qu’on se souvienne de ces rêves. Cette capacité à se souvenir des rêves n’est pas, disons, donnée à tout le monde. Pour que le cerveau « imprime » ces souvenirs il faut être éveillé, et cette simple observation est contradictoire puisqu’on ne rêve pas les yeux ouverts, encore que beaucoup de politiciens souffrent de cette étrange maladie …

Pour en avoir le cœur net une équipe de neurobiologistes de l’Université de Lyon dirigée par le Docteur Perrine Ruby a trouvé une quarantaine de volontaires qui ont bien voulu se soumettre à une imagerie fonctionnelle par émission de positons. La technique consiste en général à perfuser au sujet un analogue du glucose marqué avec du fluor 18 radioactif alors qu’il est positionné dans le détecteur ressemblant à un scanner classique. Le fluor 18 émet un rayonnement beta + (positon) et en rencontrant un électron chargé négativement les deux s’annihilent pour produire deux photons gamma qui sont alors détectés à l’aide d’un appareillage comprenant un photomultiplicateur en forme d’anneau et l’informatique fait le reste en restituant une image de la zone du cortex cérébral active. Puisque les deux photons (rayons gamma) sont émis simultanément dans deux directions opposées, l’appareillage ne détecte que les paires de photons qui coïncident parfaitement sinon on ne pourrait rien voir en raison du rayonnement cosmique ou tout simplement des rayons gamma du béton du bâtiment qui contient du calcium émettant lui-même des rayons gamma sans parler du radium et de bien d’autres isotopes radioactifs dans lesquels on nage littéralement en permanence.

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Après un questionnaire précis selon un protocole défini, les volontaires ont été classés en deux groupes, ceux qui se souviennent d’au moins 5 de leurs rêves par semaine et ceux qui arrivent péniblement à se souvenir de deux rêves par mois tout au plus. L’étude a ainsi permis de localiser les zones du cerveau impliquées dans ce souvenir des rêves qui sont également connues pour être aussi impliquées dans l’orientation de l’attention à des stimuli externes. Il s’agit de deux zones discrètes du cortex préfrontal médian, en gros au milieu du front, et de la jonction temporo-pariétale située au bout de la fissure de Sylvian telle que le montre l’illustration (source INSERM). Cette dernière zone particulière du cortex prend en charge les stimuli externes comme les bruits et l’ « impression » des rêves dans la mémoire est probablement liée à un bref état de semi-inconscience induit par un stimulus externe. Sur l’image, la fissure de Sylvian part du cortex frontal et se termine vers cette zone active matérialisée en jaune-orange. Quant au cortex préfrontal médian qui est « allumé » chez les sujets ayant tendance à se souvenir de leurs rêves il est impliqué dans la consolidation de la mémoire. Tout se tient donc et comme le dit Perrine Ruby à peu près en ces termes « ça explique pourquoi les sujets qui se souviennent bien de leurs rêves sont aussi plus réactifs aux stimuli externes, se réveillent souvent durant leur sommeil, et « impriment » mieux leurs rêves que les autres. Le cerveau endormi est incapable de mémoriser de nouvelles informations et on a besoin d’être éveillé pour ce faire ». L’étude ne dit cependant pas combien de rêves différents on est capable de produire pendant une nuit de sommeil, c’est encore une grande inconnue.

Weekend magazine cover 29 June 2013 Tom Shone article

Source : INSERM press room, illustrations INSERM et The Guardian 

Une machine à détecter les rêves ?

Tous ceux qui ont vu « Jusqu’au bout du Monde » de Wim Wenders avec Solveig Dommartin, William Hurt et Max Von Sidow, cette quète de la visualisation des rêves à l’aide d’appareils électroniques qui paraissaient complexes pour l’époque (1991) alors que l’ingénieur travaillant au fin fond de l’out-back australien dans une sorte de grotte avait au départ de son invention voulu redonner une sorte de vision à son épouse aveugle se souviendront de la fin de l’histoire quand les deux principaux protagonistes deviennent fous de leurs rêves, une fiction qui illustre qu’il ne faut pas mélager les rêves et la réalité, ce qu’ont tendance à faire certains politiciens mais c’est une toute autre histoire. Et à ce propos, des physiologistes de l’Advance Telecommunications Research Institute de Kyoto ont pu récemment montrer quelles régions du cortex cérébral sont activées au cours des rêves par résonance magnétique fonctionnelle. Certes la « machine à lire les rêves » n’est pas encore pour demain, mais un grand pas a été franchi dans la mesure où l’identification du sujet du rêve a pu être controlée avec un groupe de volontaires qui avaient visionné soit des images soit des films courts avant de s’endormir, confiants, dans l’électro-aimant du détecteur qui perçoit les variations d’oxygénation du sang, base de l’imagerie fonctionnelle. Inutile d’entrer dans les détails de cette technique et les curieux n’ont qu’à lire l’article de Wikipedia en entrant fMRI. Quand le détecteur par résonance magnétique décelait une activité inhabituelle, c’est-à-dire, selon toute vraisemblance, un rêve, on réveillait le sujet et lui demandait s’il se souvenait précisément de son rêve. L’image du cortex obtenue a permis d’être corrélée à la nature du rêve, des sons ou images montrés ou entendus plusieurs dizaines de fois au cours de la période de test. Ainsi, malgré le fait que les sujets s’endormaient dans le tunnel assez imposant de la grosse machine de résonance magnétique, ces chercheurs ont pu parfaitement corréler le rêve et les images obtenues. Les rêves ont toujours préoccupé les humains, depuis les Egyptiens jusqu’à Carl Jung sans oublier les psychanalystes qui parfois mélangent les rêves proprement dits, les cauchemars, les visions religieuses ou non, les prémonitions et tentent de façon souvent hasardeuse de les interpréter pour en retirer une explication, en un mot les rêves ont toujours excité la curiosité et ces études de l’ATR sont prometteuses, mais on est encore loin de la technologie imaginée par Wim Wenders et les rêves continueront encore longtemps à nous fasciner …

Source : http://www.atr.jp