Les hallucinations auditives : le mystère est (presque) levé.

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Entendre des voix est un phénomène classé par le corps médical dans le registre des hallucinations et selon les spécialistes de la question ce n’est pas aussi rare qu’on pourrait le croire. Pour tenter de comprendre quelles sont les motivations inconscientes (ou conscientes) conduisant un sujet à avoir des hallucinations auditives un médecin et deux de ses étudiants de la faculté de médecine de Manchester (UK) ont organisé une sorte de recrutement de personnes entendant des voix dans la région et ont fini par rassembler avec peine 40 participants en utilisant tous les canaux d’information disponibles y compris en faisant appel aux congrégations religieuses et aux psychiatres. Toutes ces personnes d’un age moyen de 39 ans, majoritairement des blancs se répartissant presque à égalité entre femmes et hommes ont signé un document autorisant les chercheurs à poursuivre leurs travaux et dans ce cadre à leur fournir tous les renseignements utiles.

Vingt-deux participants relevaient de situations psychiatriques bien identifiées et furent analysés séparément. Il s’est agi de quantifier l’hallucination auditive en termes d’intensité des voix entendues, de degré de plaisir, de satisfaction ou au contraire de détresse provoqués par cette hallucination. Plus délicate fut l’appréciation de la relation entre les hallucinations et le but recherché par le sujet dans la mesure où pour le corps médical ces hallucinations répondent à un désir ou à un objectif bien précis et qu’elles ne sont pas provoquées par l’intervention d’une force surnaturelle. Les participants furent donc sollicités pour réaliser une introspection susceptible d’éclairer les médecins quant à leur motivations intimes provoquant ces hallucinations. Dans beaucoup de cas il s’est avéré que la situation que vivaient ces personnes était liée à une détresse émotionnelle, en particulier en ce qui concernait les sujets étudiés relevant d’une thérapie psychiatrique relative le plus souvent à une schizophrénie bien diagnostiquée. Mais ces hallucinations pouvaient également être provoquées par le désir d’ « entendre » une voix douce et rassurante uniquement par satisfaction sans qu’il existe par ailleurs une quelconque détresse émotionnelle.

Cette étude reste, certes, limitée en ce qui concerne le nombre de participants – des gens qui entendent des voix ça ne coure pas les rues – mais elle a eu le mérite de montrer qu’entendre des voix était un mécanisme lié à l’expérience personnelle actuelle de chaque individu. Un participant a déclaré entendre une voix le prier de travailler avec acharnement pour réussir ses examens à l’Université … Cette approche a démystifié ce symptôme tout aussi bénin que le somnambulisme en ce qui concerne les sujets dont la santé psychique n’est pas mise en cause. Quid des bergères de Fatima et de celle de Lourdes, quid de Jeanne la Pucelle, de Paul sur le chemin de Damas ou encore de Blaise Pascal ? Y a-t-il des médecins au Vatican ?

Source : Psychology and Psychotherapy, doi : 10.1111/papt.12135 en accès libre, illustration Bernadette Soubirou (Wikipedia)

Leonardus Lessius et les boyaux d’agneau !

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Qui connait aujourd’hui Leonardus Lessius (en flamand Lenaert Leys) ? On dirait aujourd’hui qu’il s’agissait d’un obscur théologien qui s’occupa, sa vie durant, de morale chrétienne en suivant les principes de l’ordre des jésuites dont il fit partie alors qu’il était encore très jeune, à l’âge de 18 ans. L’Université de Louvain, dont la faculté de théologie était intimement contrôlée par la Papauté recrutait effectivement des adolescents puisque notre Léonard entra dans cette prestigieuse université (à l’époque, vers 1567) à l’âge de 13 ans pour y sévir comme docte spécialiste de théologie durant les 50 années suivantes.

Lessius est connu pour une somme de commentaires complexes relatifs à l’oeuvre de Thomas d’Aquin. Je ne m’étendrai pas sur les détails car la religion et moi ça fait vraiment deux. Bref, pour Lessius la morale devait être la raison de vivre de chaque être humain. Comme Thomas d’Aquin, Lessius, dans son traité « De iusticia et iure » paru en 1605, prônait la chasteté masculine, une sorte de malthusianisme avant l’heure, mais arriva curieusement à convaincre le Vatican d’interdire l’usage du préservatif qui était fabriqué à l’époque avec un morceau d’intestin grêle d’agneau qui était réutilisable mais qu’il fallait réhydrater dans l’eau avant usage pour présenter une relative souplesse.

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Pour Lessius donc, bien que prêchant pour l’abstinence masculine, le préservatif ne devait pas être conseillé, selon les principes de l’Eglise. Curieuse conception des relations humaines intimes … car il y eut à peu près au même moment en Europe une grave épidémie de vérole que les Flamands appelèrent « le mal gaulois », épidémie qui rendit justement populaires les préservatifs !

Source : The Daily Beast, illustrations Wikipedia

Où la religion se mêle des OGMs

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Quand un agresseur n’a plus d’ennemis il en invente un nouveau. Mes lecteurs pourraient croire que je vais me lancer dans une énième diatribe au fort relent d’anti-américanisme primaire à propos de la politique belliqueuse des USA qui n’a cessé depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Pas du tout mais il s’agit néanmoins des USA où la guerre pour l’étiquetage des produits alimentaires est finalement arrivée à son terme. Ce sont donc des ONGs et des groupuscules « représentatifs » des consommateurs qui ont gagné contre les grandes firmes de l’agrochimie et de l’alimentation. L’étiquetage des aliments est devenu obligatoire pour indiquer si oui (ou non, ou un peu tout de même) les aliments proposés aux consommateurs n’étaient pas pollués par des dérivés provenant de plantes transgéniques. Le débat a été initié par le minuscule Etat du Vermont qui a fait passer une proposition il y a déjà maintenant 2 ans obligeant les distributeurs à spécifier le plus clairement possible la présence de produits issus de cultures génétiquement modifiées dans les produits présents sur les linéaires des super- et micro-marchés comme on en trouve dans n’importe quelle petite ville américaine, on dirait en Europe l’épicerie du coin.

Cette décision qui a été reprise par plusieurs autres Etats américains et entérinée finalement par la Cour Suprême à la suite de démêlés judiciaires à rebondissements presque rocambolesques a conduit divers industriels de la bonne et de la moins bonne bouffe à se résigner à l’étiquetage des produits alimentaires. Des firmes comme Campbell, General Mills ou encore Mars Food et Kellogg se sont donc pliées au diktat organisé par des ONGs du genre « Paix verte » au risque de se voir trainer dans la boue, leur image de marque écornée et leur marché s’effondrer. La Cour Suprême, à n’en pas douter, a subi des pressions du même genre pour finalement rendre son verdict : il faut étiqueter les aliments.

Depuis que les plantes génétiquement modifiées existent et sont cultivées il n’y a jamais eu le moindre cas de nuisance pour la santé humaine ou animale qui ait pu être honnêtement lié à la présence de gènes étrangers dans ces dernières. Un maïs transgénique résistant au glyphosate ou exprimant la toxine Bt est biochimiquement indiscernable d’un maïs non modifié si on se penche sur la plante entière ou ses graines. Les produits dérivés comme l’amidon, les tourteaux ou les sucres sont également chimiquement identiques à ceux obtenus avec un maïs non modifié. Il en est de même pour toute autre plante transgénique à vocation alimentaire animale ou humaine. Seules échappent à cette règle les plantes destinées à produire une protéine spécifique à usage médical ou pharmaceutique, une approche infiniment plus économique que la même production à l’aide de bactéries ou de levures également génétiquement modifiées.

Le débat américain qui va apparaître en Europe à n’en point douter s’est focalisé sur la présence de gènes en provenance d’animaux hétérologues comme dans les cas des saumons AquaBounty qui surproduisent leur propre hormone de croissance contrôlée par un gène signal provenant d’anguilles. Là où le bât blesse est justement la présence de ce gène. Le saumon AquaBounty a été approuvé « bon pour le service » en novembre dernier par la toute puissante FDA qui n’est fort heureusement pas (pour combien de temps encore ?) inféodée aux ONGs genre « Paix verte ». Le cas de ce saumon est emblématique car il a fait l’objet d’une vigoureuse campagne de dénigrement orchestrée par les associations ultra-orthodoxes juives : l’anguille n’est pas un poisson kosher ! Comme si la présence d’un gène en provenance d’un poisson considéré comme impur par une religion et qui n’exprime même pas de protéine puisqu’il s’agit d’un « opérateur d’expression » pouvait être répréhensible en vertu de lois coutumières issues d’élucubrations de dignitaires théologiens ultra-religieux totalement déconnectés de la réalité scientifique moderne. Le combat contre les OGMs en général, et l’affaire du saumon AquaBounty en est un élément révélateur, est maintenant entré dans le plus total obscurantisme qui mêle la religion à la science.

L’argument des milieux religieux, et pas seulement des juifs, est que les organismes génétiquement modifiés violent les lois de la nature et donc abusent du grand dessein de la Création divine ! La nature est « sainte » et toute modification d’origine humaine est hasardeuse et dangereuse pour la santé de l’homme (et des animaux et des plantes) et il s’agit d’une sorte de sacrilège dont il faudra rendre compte un jour. Il est intéressant à ce niveau d’extravagance de remarquer que la définition même de « modification génétique » prête à confusion tant au niveau d’une plante entière que des produits qui en sont dérivés. Où se situe la manipulation contre nature ? Les revendications de l’Etat du Vermont n’ont jamais spécifié clairement que les produits issus des plantes transgéniques devaient être marqués comme « transgéniques » ni également que les produits alimentaires ayant subi des traitements à l’aide d’enzymes produits par des bactéries ou des levures génétiquement modifiés entraient dans cette catégorie. Il y a donc comme une faille dans cette démarche pseudo-scientifique … mais quand la religion s’en mêle, on ne peut que constater qu’inévitablement l’opinion publique suit aveuglément sans se poser d’autres questions. Puisque les théologiens en ont décidé ainsi c’est donc vrai, il faut les croire, les OGMs ne sont pas bons pour la santé et les horribles manipulations des apprentis sorciers sans foi ni loi qui ont abouti à ces monstres que jamais le Créateur n’avait envisagé dans son grand dessein harmonieux sont tout simplement nocives.

On est devant la même attitude anti-scientifique adopté par les mêmes organisations non gouvernementales à propos de l’effet néfaste de l’activité humaine sur l’évolution du climat. On est foutu on mange trop d’OGMs, on est foutu on émet trop de CO2, on est foutu on ne respecte pas la nature … Les dieux vont se venger !

Billet inspiré d’un article paru dans Slate.com

Le Pape Francisco, un terroriste (sexuel) d’un nouveau genre …

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J’ai passé 6 années en pension « chez les curés » comme on disait à l’époque, un de ces pensionnats réputés pour leurs résultats au baccalauréat. La vie y était difficile et pour situer celle-ci, de mémoire, on nous servait pour le petit-déjeuner du gruau et le soir un potage de tapioca agrémenté de quelques filaments de viande. Il y avait les heures d’éducation religieuse (et les messes programmées ou de punition) mais pour les autres disciplines on ne pouvait pas se plaindre car les professeurs étaient conscients de leur mission non pas religieuse mais, contrairement à celle des enseignants des écoles d’aujourd’hui, de transmettre une certaine forme de connaissance et d’inciter les élèves à la curiosité, que ce soit pour les versions latines ou grecques ou encore en histoire et en géographie. L’internat, tel que je l’ai connu, était une usine à transmission du savoir et accessoirement un lieu d’éducation. Naturellement cet internat était réservé au garçons. On savait que dans la même ville il existait un internat également religieux réservé aux filles, de jeunes nymphettes de bonne famille que nous avions l’immense privilège de rencontrer deux fois par an lors de compétitions sportives, je n’insiste pas …

Si j’ai introduit dans ce récit la dichotomie entre les écoles pour filles et celles pour garçons, c’était tout simplement pour également introduire le fait qu’à l’adolescence chacun d’entre nous, les internes, car il existait aussi dans cette école des externes, une minorité, nous étions aussi confrontés avec notre sexualité naissante. Et dans cet univers clos et misogyne les seules femelles présentes étaient des nonnes bedonnantes d’origine polonaise, entre deux âges, si tant est qu’on pouvait leur donner un âge, qui nous servaient avec de grandes louches en fer blanc ces potages infects trois fois par jour. Nous spéculions au sujet de leurs vertus car elles arboraient d’opulentes poitrines et de larges hanches qui n’avaient certainement pas passé inaperçues aux yeux de tous les curés et autres vicaires qui sillonnaient la totalité du territoire de l’internat, y compris les dortoirs.

Comme j’étais un bon élève, en latin, en grec, en français et en physique-chimie mais aussi en histégé, je m’étais attiré les faveurs, sans aucune préméditation de ma part, du curé ou plutôt vicaire car il n’avait pas encore fait les voeux auprès de l’évêque consistant à abandonner toute initiative charnelle et délictuelle de quelque sorte que ce soit. Bref, il m’invitait (avec quelques autres élèves choisis selon ses goûts) à fumer une cigarette et boire un verre de vin dans sa chambrée d’où il était supposé surveiller tout le dortoir où nous dormions près d’une centaine d’entre nous, alignés, avec comme seul territoire privé un placard dans lequel nous gardions nos quelques effets personnels. Le « pion » en soutane était supposé faire respecter le silence après l’extinction des feux et les quelques privilégiés qu’il avait choisi selon son humeur pouvaient fumer une ou deux « gauloises » à condition que nous acceptions de nous asseoir à tour de rôle sur ses genoux, une sorte de geste d’amitié en écoutant des chansons de Brassens sur son petit tourne-disque Teppaz.

Je garde le souvenir très précis du sexe très dur de ce dégénéré tentant de s’insinuer au travers de sa soutane entre mes fesses d’adolescent à peine pubère, un dérisoire plaisir contre une cigarette gauloise. Voilà ce à quoi étaient confrontés ces hommes à qui la loi de l’église a interdit le plaisir de la chair, à se contenter misérablement avec des adolescents naïfs bien qu’ayant déjà découvert pour la plupart les délices de la masturbation. Quelques élèves internes avouaient avoir passé le cap des attouchements et consenti, contre quelques privilèges substantiels, à procéder à une fellation dans les règles de l’art du curé en charge de la discipline ou des cours de latin …

Tout cela se passait au début des années soixante. La situation a-t-elle fondamentalement changé depuis ? Pas vraiment, il faut l’avouer, et le Vatican aura beau tergiverser cette situation ne changera pas à moins que le pape décide que dorénavant les curés peuvent convoler en justes noces avec la femme de leur choix, y compris une nonne, et qu’ils cessent de se contenter avec des adolescents ignorants des choses du sexe comme je l’étais à 12-13 ans.

Le pape Francisco et son prédécesseur ont mis en place des sessions de formation des prélats de quelque grade que de soit pour atteindre la tolérance « zéro » au sujet des dérives sexuelles concernant les adolescents. Selon mes souvenirs j’appellerais ces dites dérives du harcèlement sexuel caractérisé pouvant éventuellement aboutir in fine au viol pur et simple contre un pot de confiture ou un quelconque privilège comme par exemple rester douillettement dans son lit et ne pas assister à la messe de 7 heures du matin, c’est vrai, je ne l’ai pas vécu personnellement, mais des potes de ma classe d’alors se sont laissés manipuler !

Soixante années plus tard, la situation n’a pas changé, le pape, cette espèce exécrable de démagogue qui n’a rien à faire à la tête de la chrétienté, a décidé qu’il y aurait désormais une journée de prière mondiale pour toutes les personnes (entendez les adolescents naïfs comme je l’étais à 13 ans) qui ont été (et qui seront encore) sexuellement abusées par les curés, les diacres, les évêques et pourquoi pas les cardinaux.

C’est quoi cette religion catholique qui prétend incarner les valeurs morales universelles ? Les évêques ne sont dorénavant plus contraints de rapporter au Vatican les abus sexuels perpétrés par leurs administrés, ce sera l’affaire des diocèses, comme si la fornication entre ces représentants de l’Eglise et des ados plus ou moins consentants était devenue une pratique tolérée par Rome. De qui le pape se moque-t-il ? C’est un véritable scandale que j’ose ici dénoncer, fort de mon expérience passée d’adolescent et également fort de ma liberté d’expression de blogueur assujetti à nulle pression financière d’aucun de mes lecteurs !

Inspiré de mon expérience personnelle ravivée par un article paru dans le Guardian. Illustration : The Guardian

Les nouveaux dogmes et les nouvelles croyances

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Il y a quelques jours, comme à mon habitude vers midi, je me trouvais devant un bar à tapas que j’affectionne particulièrement car ces tapas sont préparées avec application par un jeune chef français qui a su introduire une note de fantaisie culinaire dans ses œuvres. Je buvais un verre d’un excellent vin rouge local et deux Espagnols, également friands des délices gastronomiques de cet endroit, m’offrirent un autre verre de vin parce que j’étais Français et que je méritais bien ça après les attentats de Paris. Je fus ému, l’un de mes fils a perdu une collègue de travail lors de cette sombre soirée du 13 novembre …

Nous partîmes dans une discussion (en français) sur la politique en général qui fut rapidement teintée de philosophie. Je rappelais de mémoire à ces deux personnes, probablement au fait de l’histoire et de la politique française, qu’André Malraux avait déclaré (de mémoire) que « le XXIe siècle serait religieux ou ne serait pas ».

À quoi assistons-nous aujourd’hui, témoins abasourdis par une propagande incessante, sinon à une sorte de conspiration qui répand en nous tous des dogmes, simplement que nous devons admettre comme telles les idées, rumeurs et fausses informations colportées par des médias parfaitement bien organisés dans le seul but de nous faire perdre tout sens critique !

Ces deux Espagnols furent éberlués quand je tentais de leur faire admettre que la Vierge Marie avait eu des relations sexuelles comme n’importe quelle autre femme pour se retrouver embarrassée (enceinte en français) et que sa virginité avait été décrétée comme un dogme lors de je ne sais plus quel concile vaticanesque, virginité à laquelle tout chrétien et encore plus tout catholique doit croire comme une vérité première fondatrice de l’Eglise sainte, apostolique et romaine.

Nous partîmes alors dans une discussion très intéressante sur la recrudescence des dogmes – les dogmes sont les piliers de toute croyance religieuse – dans ce monde moderne où tout est devenu informatisé, un monde dans lequel chaque personne dispose en permanence d’une sorte d’alter ego, son téléphone portable et à la maison son ordinateur pour y puiser toutes les informations dont il a besoin. Pourtant les progrès techniques et pas seulement dans l’informatique et l’information auraient pu faire croire que cette obsession pour les croyances dogmatiques auraient eu tendance à s’estomper voire à disparaître, pas du tout ! La virginité de Marie est profondément ancrée dans l’esprit des croyants comme le paradis éternel promis à tout musulman entouré de soixante-douze vierges lui offrant du vin pour son plus grand plaisir.

Le dogme de l’existence de l’âme est l’un des plus difficiles à démonter. En effet, la peur de la mort a créé ce dogme d’une âme immortelle et on en a rajouté une couche de ridicule, la résurrection des corps, encore un autre dogme totalement absurde. Même Marc-Aurèle il y a près de 2000 ans considérait déjà cette croyance en la résurrection comme ridicule.

Bref, toute religion quelle qu’elle soit est assise sur un ensemble de dogmes qui sont par définition des affirmations improbables et impossibles à prouver, c’est la même chose. Toucher à la virginité de la Vierge Marie pour un Espagnol relève presque du blasphème mais je ne me suis pas avoué vaincu.

Mes deux interlocuteurs semblaient stupéfaits et je continuais ma démonstration, il y a en effet matière presque infinie à argumenter dans le registre des dogmes car il semblerait que répandre des dogmes avec les outils modernes de communication que sont les télévisions, les radios et internet soit un jeu d’enfant pour les politiciens et une multitude d’organisations non gouvernementales toutes aussi opaques les unes que les autres.

L’objet de ce billet est donc de confirmer ce qu’avait déclaré Malraux (je n’ai pas pu retrouver la source de sa citation) le XXIe siècle sera envahi par des dogmes, des croyances pseudo-religieuses, des peurs et des philosophies extrémistes par voie de conséquence des régimes politiques totalitaires.

« Si l’on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi » (Malraux).

Le souci présent est que la dissémination des dogmes dans le monde moderne n’est plus le fait d’anarchistes mais d’institutions nationales et internationales soumises au pouvoir de lobbys économiques, financiers ou tout simplement idéologiques. Il y a une très grande différence entre l’expansion du christianisme (essentiellement basé sur des dogmes invérifiables par définition) et la situation géopolitique et économique actuelle. Toutes les idées reçues sont devenues imperceptiblement des dogmes qu’il faut gober toutes crues en raison de la puissance omniprésente des médias contrôlés par des puissances financières qui ne veulent pas révéler leur identité. Les chrétiens de la première heure n’avaient pas beaucoup d’arguments pour prouver que Lazare avait bel et bien ressuscité, il fallait les croire sur parole …

Aujourd’hui, on est tous soumis à un matraquage idéologique incessant et à la longue chacun d’entre nous finit par admettre, par une espèce de lassitude lobotomisante, que ce qu’on raconte est la réalité et qu’il faut y croire comme les premiers chrétiens ont fini par faire croire aux païens qu’il n’existait qu’un seul dieu divisé en trois personnes, c’était vraiment n’importe quoi ! Et pourtant en 2000 ans la bêtise humaine n’a pas régressé, elle a au contraire amplifié … Vous voulez une petite énumération des dogmes modernes qui constituent la base du fonctionnement de la politique au jour le jour dans le monde ? Alors allons-y au risque de vous choquer.

La théorie des genres est devenue un dogme. Il n’y a plus d’inégalité entre les femmes et les hommes ni d’ailleurs avec les LGBT. Le « genre » est devenu un dogme qui est même inscrit dans les lois. C’est nouveau, c’est tendance et il faut donc le croire.

Le climat se réchauffe car c’est ce qu’affirment 99,5 % de pseudo-scientifiques appointés par les Nations-Unies pour répandre la peur dans le monde afin que les politiques prennent des mesures contraignantes qui mettront à genoux toutes les économies du monde. Tout hérétique qui ne reconnaît pas ses fautes risque d’être écartelé en public.

Les plantes transgéniques sont mauvaises pour la santé, il faut le croire alors que cette affirmation n’a jamais pu être prouvée.

La vaccination est mauvaise pour la santé et cette affirmation sans fondement a abouti à des épidémies de rougeole, aux USA en particulier, où près du tiers des enfants scolarisés ne sont plus vaccinés pour des raisons dogmatiques ridicules.

Les ondes électro-magnétiques sont mauvaises pour la santé, on ne sait pas qui a inventé cette histoire mais c’est maintenant un dogme auquel il faut croire. Il y a même eu une jurisprudence en France, le pays des lumières (les « lumières » c’était il y a bien longtemps) …

L’énergie nucléaire dégage du CO2, je ne me souviens plus où j’ai lu cette information illustrée par des tours réfrigérantes …

L’aluminium provoque la maladie d’Alzheimer (voir la phobie des vaccins) … etc, etc

En politique c’est pire encore car les affirmations deviennent des croyances scandaleuses et dangereuses. Je n’en citerai que quelques-unes qui sont d’actualité en ces temps troublés.

Saddam Hussein possédait des quantités massives d’armes de destruction massive et en plus c’était un méchant. Ah bon ? Il faisait pourtant régner l’ordre dans son pays et était respecté par les Irakiens. Khadaffi était un dictateur sanguinaire sans foi ni loi qu’il fallait à tout prix assassiner. Ah bon ? Il était aussi respecté dans son pays et faisait régner l’ordre … Bachar El Assad est l’incarnation du diable ! Ah bon ? Lui aussi faisait régner l’ordre dans son pays. Le Général Sisi est un gentil, il achète des armes aux Américains mais il a passé par les armes des dizaines sinon des centaines de milliers d’opposants, c’est un gentil puisqu’on vous le dit, il faut le croire, point barre. Poutine est un méchant ! Ah bon ? Oui, c’est un méchant car il a annexé la Crimée au mépris du suffrage populaire des habitants de cette péninsule qu’ils avaient pourtant eux-mêmes organisé.

L’humanité n’a à l’évidence pas évolué dans le bon sens. Les hommes ont toujours et de plus en plus besoin de croyances et de dogmes pour se rassurer. On a inventé de nouvelles religions, le XXIe siècle est déjà et sera encore plus une période baignant dans des mensonges et des croyances irraisonnées organisés par des groupes de pression financiers, politiques et idéologiques et même religieux (il n’y a qu’à constater l’attitude équivoque du pape à propos du climat) qui au final manipuleront les populations pour leur plus grand malheur. Triste avenir, Malraux ne s’était pas trompé !

Perturbation climatique globale, épisode 5 : l’origine philosophique de la supercherie et ses retombées politiques planétaires

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Dans cette série « climatique » il ne faut pas oublier l’influence de Rousseau ou encore de Charles Fourier sur l’idéologie qui se répand depuis une trentaine d’années sur la totalité de la planète, de gré ou de force, et qui tourne autour de cette imposture scientifique du réchauffement dont la pierre angulaire est le prétendu « effet de serre » des gaz « d’échappement » de la civilisation technologique moderne, il faut appeler les choses par leur nom. Tous les déchets gazeux de la civilisation moderne sont incriminés, pétulance des bêtes à cornes ou méthane des rizières car il y a trop de monde à nourrir et trop de mangeurs de viande, fumées des centrales électriques et gaz d’échappement des milliards de véhicules automobiles qui circulent sur la planète entière sans oublier les émissions hautement délétères des centaines de milliers de bateaux sur les océans et d’autant d’avions qui polluent les hautes couches de la troposphère, sans oublier non plus les cimenteries qui pour produire un kilo de ciment émettent environ un kilo de gaz carbonique (500 litres) dans l’atmosphère, ça fait beaucoup !

Au beau milieu du siècle dit des lumières Rousseau écrit l’Emile, le Discours sur les Sciences et les Arts, Les Confessions et le Contrat Social. Ces quatre ouvrages ont inspiré les régimes totalitaires mais aussi très largement les mouvements écologistes politiques modernes : ces textes présentent un éloge de l’autoritarisme, des vertus guerrières, d’une aristocratie détentrice du savoir tout en reléguant la majorité des citoyens, le peuple, le bas peuple, dans l’ignorance et ces mêmes textes répandent aussi un mépris du machinisme et un éloge inconditionnel de la nature tout comme Charles Fourier le fera au cours de ses délires ahurissants au XIXe siècle avec ses phalanstères.

Mais pourquoi un éloge de l’ignorance selon Rousseau ? Cette idée complètement paranoïaque – Rousseau était totalement paranoïaque lui-même – sous-entend en effet que l’ignorant, le paysan, par extension, selon Rousseau, « le bon sauvage », est plus heureux quand il est ignorant car il ne dispose pas des éléments nécessaires pour se faire une opinion politique ou tout simplement une opinion de lui-même, en d’autres termes il ne dispose d’aucun sens critique, et aussi et surtout parce qu’il vit en accord avec la nature. Rousseau, de surcroit misanthrope et misogyne déclaré, disserte alors sur la haine de tout ce qui n’est pas « La Nature » à commencer par l’homme qu’il considère comme fondamentalement mauvais pour cette nature, on dit aujourd’hui pour la Terre, ses animaux, ses végétaux et son climat.

Ce concept du « bon sauvage », du prolétaire travaillant la terre, a été l’une des principales sources d’inspiration des régimes totalitaires qui ont fleuri au XXe siècle. Ces régimes dictatoriaux se sont appuyé sur ces textes de Rousseau car il y est écrit qu’il existe deux sortes d’hommes, les faibles, les ignorants, les « bons sauvages », et une élite restreinte qui impose sa politique, ses idées et ses lois, appuyée par des milices coercitives veillant au respect de la politique du régime élitiste en place. Toute volonté individuelle doit disparaître au profit de la volonté générale imposée par les idéologues ayant favorisé l’instauration du régime totalitaire ou dictatorial. Cette démarche est clairement exposée dans Le Contrat Social et les principes d’une éducation idéologiquement orientée et même le lavage de cerveau et à la limite la justification du châtiment corporel (et pourquoi pas la torture) sont exposés scrupuleusement et en détail dans l’Emile.

C’est exactement ce à quoi on assiste aujourd’hui avec ce montage pour la justification de la peur du changement climatique et du non respect de la planète. Les idéologues mandatés par les Nations-Unies répètent sans cesse que ce qui est bon pour le climat, donc pour la nature, est aussi bon par voie de conséquence pour l’humanité alors qu’à l’évidence ce n’est pas le cas. Est-il bon pour l’humanité tout entière de se restreindre, de se priver de confort et de croissance économique et technologique, de réduire sa consommation d’énergie et, pire encore, d’obliger les pauvres d’aujourd’hui à rester les pauvres de demain ? Ce que ces idéologues prétendent est basé sur un paradoxe inacceptable tel qu’il est formulé. Sous prétexte de sauver le climat dont l’évolution est supposée, selon des modèles mathématiques contestables, aller vers un réchauffement qui reste encore entièrement hypothétique, il faut paupériser l’ensemble de l’humanité, la faire régresser dans la plus pure philosophie rousseauiste et lui ôter tout pouvoir de contestation. On doit tous admettre la véracité de faits non prouvés qui nous sont imposés et qui ne sont que des projections hasardeuses dans le futur. Nous n’avons plus le droit de penser librement au niveau individuel et nous sommes contraints d’accepter les affirmations d’une mauvaise science déformée par l’idéologie ambiante !

Il s’agit d’un effrayant retour non pas seulement vers le passé du « bon sauvage » tel qu’en rêvait Rousseau dans ses délires, mais vers la ré-émergence des pires totalitarismes qu’a connu l’humanité au XXe siècle. C’est ce vers quoi nous conduit l’idéologie climatique quelles que puissent être les évidences scientifiques récentes plaidant plutôt en faveur d’un changement climatique allant vers un refroidissement généralisé. Comme je prendrai le soin de le souligner dans un prochain billet, les scientifiques qui se hasardent à présenter des résultats incontestables allant à l’encontre de la doxa climatique, preuves incontournables à l’appui, se gardent bien d’en tirer une quelconque conclusion « climatique » évidente si on lit leurs publications scientifiques dans le détail car ils risquent, comme en son temps Giordano Bruno, le bûcher, c’est-à-dire une exclusion définitive et sans appel des cercles universitaires impliqués dans une science véritable et non biaisée ou truquée à des fins idéologiques, cf l’affaire Lysenko pour mémoire ou encore le procès totalement parodique de Galilée à une époque où l’Eglise incarnait le totalitarisme, car ne nous masquons pas la face, l’Eglise catholique est un système totalitaire qui impose ses idées mais n’a fort heureusement plus de pouvoir temporel …

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Rousseau soutenait dans ses thèses pseudo-philosophiques la sagesse de l’ignorant, le « bon sauvage » heureux dans sa béatitude de sous-homme. Ce même Rousseau introduit dans Les Confessions « la Religion Naturelle », concept idéologique qui sera repris par le régime de Vichy pour promouvoir en 1941 le « retour à la terre », repris aujourd’hui par l’Eglise de Scientologie Climatique.

C’est très exactement ce que cette organisation politique évoluant autour du changement climatique cherche à atteindre : après avoir organisé une confiscation de la science au profit de son idéologie, il faut maintenant assujettir l’ensemble de l’humanité – disons 99 % de la population mondiale – dans l’ignorance de la vérité en la précipitant dans une sorte d’obscurantisme rural idéal, le retour en quelque sorte au XVIIIe siècle en l’assénant de propagande réchauffiste à longueur de bulletins d’informations, de publications d’une valeur scientifique plus que contestable ou de journaux télévisés et de livres scolaires de SVT à l’usage des enfants des écoles pour bien asseoir dès le plus jeune âge cette nouvelle religion climatique.

Le 1 % restant sera constitué des leaders politiques et des puissances financières qui, main dans la main, domineront le monde. Et puisque cette intoxication de tous les instants s’appuyant avant tout sur la peur, ce qui a toujours été et est encore d’une rare efficacité – l’exploitation de la peur a toujours été profitable, l’Eglise catholique ne peut pas dire le contraire – la porte est donc ouverte pour un totalitarisme mondial emmené par le monde globalisé de la finance largement contrôlé pour l’instant par les USA et ses pays occidentaux vassaux.

Pour la mise en place comme par le passé de tout régime totalitaire, l’espionnage organisé globalement (cf la NSA dénoncée par Snowden et la loi sur l’espionnage des individus récemment adoptée en France, pourtant le pays de la liberté), la répression, la propagande et l’endoctrinement, la police et l’armée sont de facto les instruments obligés et déjà largement mis en place par cette élite afin qu’elle accède définitivement au pouvoir planétaire et totalitaire. Le marxisme et le fascisme se sont inspirés des idées de Rousseau, la nature humaine n’a pas changé en quelques siècles, l’humanité est mûre pour être de nouveau asservie comme aux heures les plus sombres de l’histoire récente …

Un exemple de la globalisation planétaire rampante de cette affaire de climat peut être illustrée par les quotas de carbone ou droits à polluer qui sont en théorie gérés par la Banque Mondiale. Chaque pays, chaque industriel, chaque avion (voir la taxe Chirac) peut polluer mais doit payer. Et quand il outrepasse les quotas, il peut acheter à un pays peu pollueur des quotas supplémentaires. Une partie de la transaction est prélevée et reversée à la Banque Mondiale. On assiste donc sous l’égide des Nations-Unies à une globalisation totalitaire du commerce du carbone ! C’est tout de même invraisemblable qu’on en soit arrivé à ce point de démagogie mais cette démarche est parfaitement cohérente avec les desseins hégémoniques des puissances financières mondiales qui dominent depuis bien longtemps le monde politique, monde qui n’a de fait même plus droit à la parole.

Et puisque comme le démontra majestueusement Estienne de la Boétie dans Le Discours de la Servitude Volontaire (à réécouter en français moderne, voir le lien), nous sommes tous consentants, nous sommes donc également tous prêts à faire des sacrifices, comme autrefois avec les curés pour le salut de notre âme pour les indulgences achetées à prix d’or car nous devions avoir peur de l’au-delà, mais cette fois il s’agit de la peur climatique pour sauver la planète : une nouvelle religion dans ce monde déshumanisé et miné par le terrorisme sur le terrain comme au Moyen-Orient mais surtout par le terrorisme climatique idéologique organisé par les Nations-Unies et ses organisations satellites officielles comme la Banque Mondiale et l’IPCC ou non gouvernementales et tentaculaires comme Greenpeace pour asservir l’ensemble de l’humanité, mener le peuple crédule par le bout du nez, perdant progressivement tout libre arbitre, comme le firent pendant des siècles et le font toujours les religions. Et c’est particulièrement significatif que le pape actuel n’ait pas manqué l’occasion de prendre position en faveur de la perturbation climatique et récupérer au profit de l’Eglise catholique cette rocambolesque histoire, peut-être bien pour engranger aussi des profits, allez savoir … Le peuple, le bas-peuple, les « sans-dents », sont déjà rançonnés par des impôts et des taxes totalement injustifiées destinées à financer les énergies alternatives dites renouvelables et tout cet argent prélevé sur leur pouvoir d’achat sert à enrichir une minorité de financiers et de politiciens tout aussi mafieux les uns que les autres. La marche vers un totalitarisme mondial a déjà commencé et il n’y a plus aucun moyen pour en stopper l’emprise. Puisque 99 % des (pseudo)scientifiques affirment que les activités humaines perturbent le climat alors 99 % de la population doit oeuvrer dans le sens du sauvetage de la planète.

Par extension et découlant également directement des idées de Rousseau ce sauvetage de la planète englobe également toute une série d’autres problématiques similaires dans leurs attendus. La lutte incessante contre les plantes génétiquement modifiées anti-naturelles, contre l’utilisation de pesticides artificiels, contre la vaccination également contre nature ou encore contre l’énergie nucléaire – il fallait laisser l’uranium là où il se trouvait comme le gaz de schiste – font partie de ce sauvetage global de la nature et de la planète Terre et toutes ces approches sont présentées de telle manière qu’elles suscitent la peur tout en développant un sentiment de culpabilité au plus profond de chaque individu, ce qui est le but recherché, une sorte de résurgence de la notion religieuse chrétienne et totalement abjecte du péché originel. Stupéfiant et tout simplement et très justement terrifiant !

https://audiolivres.wordpress.com/2009/03/21/la-boetie-discours-de-la-servitude-volontaire/

Illustrations : Rousseau (Wikipedia) et Claude Rich jouant le rôle de Galilée dans le film « Galilée ou l’amour de Dieu » de Jean-Daniel Verhaeghe (2006). Il faut préciser que Claude Allègre, astrophysicien de son état et ancien ministre de la recherche, fut l’auteur du scénario de ce film avec Jean-Claude Carrière …

Les anglophones peuvent aussi visionner ce documentaire : https://www.youtube.com/watch?v=52Mx0_8YEtg

L’origine des religions ( 2 ) Les évènements climatiques ?

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L’apparition des croyances en une entité supérieure à l’homme, un facteur contribuant à l’organisation sociétale des groupes humains, reste obscure. Le mystère des grottes profondes a certainement contribué à la conceptualisation d’un être suprême à qui on doit le respect ou au moins une dévotion et une reconnaissance. À la surface de la Terre, pour rester plus matérialiste, ce fut d’abord et avant tout autre paramètre la disponibilité en nourriture qui induisit l’apparition de rites célébrant le Soleil, puis la pluie avec la manifestation terrifiante des orages. Dès la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs avec l’apparition de l’élevage et de l’agriculture, ces deux facteurs essentiels à la vie, Soleil et pluie, permit la structuration de la notion d’êtres supérieurs et de divinités appropriées à l’organisation des groupes humains en les moralisant. Il y eut en effet très tôt dans l’évolution des sociétés humaines des dieux bons et des dieux mauvais reflétant le bien et le mal existant dans ces groupes humains.

Pour tenter d’établir une corrélation entre les paramètres climatiques favorables à la culture et l’élevage et la nature des êtres supérieurs vénérés ou invoqués dans des rites « religieux » 389 groupes humains ont été étudiés. Bien que l’on ait tendance à ne considérer que quatre ou cinq grandes religions dans le monde, il existe une multitude de pratiques relevant parfois de la magie mais toutes faisant référence à l’existence d’un être transcendantal le plus souvent lié à l’agriculture et/ou l’élevage et donc aux conditions climatiques. Ces « dieux » remplissent une fonction moralisatrice car ils sont considérés par les « anciens » ou les chefs ou encore les sorciers comme des exemples que les sociétés doivent suivre.

L’étude réalisée par une collaboration internationale entre USA, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande et parue dans les PNAS en open access ( http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1408701111 ) et schématisée par l’illustration ci-dessus indique clairement une répartition régionale sans interpénétration entre dieux moralisateurs (points bleus) et déités ou esprits sans influence moralisatrice (points rouges) sur les sociétés humaines étudiées. La liste de ces sociétés est intéressante à parcourir et disponible en suivant le lien ici : http://www.pnas.org/content/suppl/2014/11/05/1408701111.DCSupplemental/pnas.1408701111.sd01.csv . L’illustration indique en grisé foncé les zones de pluviosité élevée et donc de production végétale satisfaisante pour soutenir la vie. On a en effet coutume de dire dans les pays tropicaux et équatoriaux qu’il suffit de se baisser pour se nourrir. L’Amérique du Nord constitue un exemple particulier d’animisme lié à l’abondance de nourriture dans les grandes plaines et de la même abondance sur la côte ouest en raison de la richesse de la mer et des forêts. Les zones intertropicales sont également largement dominées par des pratiques religieuses ne faisant pas intervenir d’être suprême moralisateur car la pluviométrie et l’abondance de nourriture atténuent les éventuels désordres sociétaux.

La partie nord de l’Afrique, depuis le Sahel, et l’Europe sont dominées par des pratiques religieuses impliquant des divinités supérieures moralisatrices. Elles correspondent à des sociétés pratiquant pour la plupart l’élevage en parallèle à une agriculture dont une grande partie est destinée à l’élevage. La propriété individuelle étant considérée comme une valeur sociétale la base de l’organisation de ces groupes humains reposait sur des valeurs morales devant être respectées à l’image du (des) dieu(x) moralisateur(s). Cette étude a montré une parfaite cohérence entre la pratique de l’élevage et de l’agriculture organisée avec une notion de propriété individuelle et cette vénération d’un être suprême ayant pu prendre toutes les identités possibles.

Cette étude montre donc que la notion de divin était originellement conceptuelle et a contribué, au cours de l’évolution des sociétés humaines, à établir des règles de vie en communauté à l’inverse de la magie et du chamanisme qui n’ont que très peu contribué à l’organisation de ces sociétés.

Source : PNAS