Le féminisme : un tue-l’amour ?

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Je ne sais pas du tout si le titre de ce billet entre dans les normes de la complexe syntaxe de la langue française mais il décrit bien l’objet de ce billet. Tout d’abord je me permettrai de faire une remarque préliminaire sur la définition du féminisme. Les mouvements féministes émergèrent avec les suffragettes aux USA après la deuxième guerre mondiale puis ils ont atteint une sorte de paroxysme peu reluisant pour les femmes elles-mêmes avec le mouvement « Femen » tandis que certaines d’entre elles étaient fières de militer pour les LGBTs. Le féminisme est donc perçu par l’opinion comme un mouvement de revendications disparates. Or il n’en est rien.

Les relations hétérosexuelles entre une femme et un homme ont été pendant des millénaires considérées comme la normalité. Une femme se devait d’être « à la maison », procréer et élever sa progéniture tout en satisfaisant les désirs du père de ses enfants et être accessoirement satisfaite de cette relation elle-même. C’était la norme et elle reste toujours respectée dans de nombreux pays quelles que soient les cultures et les religions. Le concept d’égalité des genres est enfin apparu il y a quelques années dans les pays occidentaux et il a conduit alors à une nouvelle approche du féminisme que je considère pour ma part comme bénéfique bien que n’adhérant pas pour des raisons scientifiques à la théorie de l’égalité des genres.

Le féminisme, au moins dans les pays développés, est la résultante d’une modification des modes de vie. Prenons quelques exemples triviaux illustrant cette modification. Les progrès techniques ont permis par exemple la création de l’aspirateur pour faire le ménage, de la machine à laver pour laver le linge, puis du four électrique pour la cuisine et enfin du four à micro-ondes encore plus facile d’emploi. Ces nouveautés technologiques ont libéré un temps précieux aux « femmes à la maison ». Puis vint le « plateau télé » qui finit par totalement affranchir la femme (à la maison) de taches ménagères quotidiennement monotones. La femme a découvert qu’elle pouvait faire autre chose que se consacrer uniquement à ses enfants, sa maison et son époux.

Cette évolution qui remonte au milieu du XXe siècle a révolutionné le statut de la femme dans la société et de plus en plus d’entre elles travaillent d’égal à égal avec les hommes. J’ai connu des femmes conductrices de gros engins de travaux publics et des camionneuses au volant de semi-remorques de 40 tonnes … Sont-elles pour autant devenues des « hommasses », des êtres asexués ? Pas vraiment. Il y a cependant un côté très positif dans cet environnement où la femme joue un rôle de plus en plus concret dans la société : la femme prend maintenant volontiers l’initiative dans les relations amoureuses et sexuelles. C’est une conséquence directe de cette prise de conscience d’une sorte d’égalité entre femmes et hommes et c’est, de mon point de vue, tout à fait bénéfique. Le féminisme tel qu’on le perçoit est donc la conséquence d’une évolution civilisationnelle et non pas une création idéologique. La femme et l’homme sont devenus égaux pour une plus grande satisfaction de la vie de couple et une plus profonde stabilité de cette relation. La romance amoureuse n’a donc pas disparu et c’est maintenant à l’homme de maîtriser ses instincts de domination …

Billet inspiré d’un article paru dans The Conversation