Les effets secondaires du Monster, boisson énergisante.

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On pourrait classer cette histoire dans la rubrique « faits-divers » s’il n’y avait pas en cours une action en justice en Floride appelée Class-Action. Ça se passe aux Etats-Unis et ce fait-divers devrait inciter tous les pays à prendre des dispositions sanitaires et législatives pour prévenir chez eux ce type de problème. Il s’agit de l’usage abusif de la boisson énergisante appelée Monster. Elle porte bien son nom car c’est une boisson tueuse. Certes tout abus est néfaste pour la santé et c’est le seul argument qu’a trouvé la société Monster Beverage Corp pour défendre ses intérêts.

Le dénommé Robert Grim de l’Arizona a vécu un mauvais conte, sans jeu de mot. Habitué au Monster (jusqu’à 4 canettes par jour) il est maintenant en attente d’une greffe de rein. Selon Monster Corp cette personne souffrait déjà de déficience rénale et ce n’est pas cette boisson qui a précipité l’aggravation de son état de santé. De même pour un certain Jo Rine qui souffre de graves problèmes cardiaques, un habitué du Monster qui s’administrait aussi jusqu’à 4 canettes par jour, l’équivalent en caféine de 16 tasses de café. Pourtant Monster clame toujours qu’une canette de sa boisson contient seulement moitié moins de caféine qu’un café noir, long, de n’importe quel Starbuck.

Le cas d’Anais Fournier (Maryland) est encore plus évident. Cette jeune fille de 14 ans, après avoir bu trois canettes d’un demi-litre en 24 heures, soit l’équivalent de 32 tasses de café ou encore 4 grammes de caféine, est morte d’un arrêt cardiaque. L’autopsie a montré que le taux de caféine sanguin et tissulaire (plus de 100 mg par kg) expliquait parfaitement cette déficience soudaine car une telle teneur est considérée comme proche de la dose mortelle. La société Monster Beverage a naturellement contesté les conclusions du corps médical en prétendant que cette jeune fille souffrait « probablement » de problèmes cardiaques sans le savoir.

La FDA a pourtant par le passé lancé des alertes au sujet de ces boissons énergisantes qui sont un cocktail de caféine, de taurine, de L-carnitine, d’inositol et de sucre en préconisant de limiter à deux canettes quotidiennes leur consommation. Apparemment cette limite n’est pas satisfaisante mais Monster Beverage se retranche sur le fait qu’en dehors de la caféine, la plupart des ingrédients de cette boisson se retrouvent dans les aliments pour bébé. Inutile de détailler la composition de cette boisson plus ou moins détaillée sur le dos d’une canette. Je cite : saccharose, sirop de glucose, sucralose, gluconolactone, inositol, taurine, carnitine et « haut niveau » de caféine. Ce haut niveau serait de 32 mg pour 100 millilitres de boisson. Pour faire passer la pilule mortelle, on trouve aussi diverses vitamines du groupe B – c’est rassurant – et enfin des traces d’extrait de ginseng. Le fabricant met tout de même en garde contre une consommation d’alcool avec le Monster. Et c’est encore sur ce point que la société Monster Beverage s’appuie pour tenter de contrecarrer les actions en justice. Comme c’est écrit sur l’emballage elle se lave les mains de tout abus. La situation est sensiblement identique pour le Red Bull en ce qui concerne la teneur en caféine. Ces boissons énergisantes devraient être interdites à la vente aux mineurs comme le sont les cigarettes et les alcools … La FDA et l’EFSA n’ont pas encore statué sur ces boissons, le feront-elles un jour ?

Note : Le Monster et le Red Bull sont en vente libre en Espagne. Le chiffre d’affaire annuel et mondial des boissons énergisantes est de près de 40 milliards de dollars

Source partielle : The Daily Beast

L’obésité est « officiellement » une maladie (aux USA)

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L’AMA (American Medical Association) tient en ce moment son congrès annuel à Chicago et sans surprise, les sujets abordés tournent majoritairement autour de l’obésité et des maladies neuro-dégénératives, deux affections dont la morbidité est coûteuse pour la société, en ces temps de vaches maigres. L’ Obamacare a en effet eu pour résultat direct une augmentation considérable des cotisations auprès des compagnies d’assurance santé pour presque chaque citoyen américain (jusqu’à 150 % d’augmentation) et la préoccupation majeure des Américains, l’obésité, a conduit les médecins, fortement appuyés par les grands groupes pharmaceutiques, à passer au vote en plein congrès et à décider que l’obésité n’était plus une pathologie sociétale mais une maladie, comme la grippe, la blennorragie ou le choléra. Quand on sait que, tous ages confondus, un tiers des Américains est en sur-poids et un autre tiers obèse, le simple fait pouvant paraître anodin de considérer officiellement l’obésité comme une maladie est la porte ouverte pour les laboratoires pharmaceutiques vers de juteux profits, tout aussi juteux que les hamburgers bien dégoulinant de sauces immondes et de fromages qui n’en sont pas, le tout financé par les cotisations des tous les citoyens. On pourrait se dire qu’ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, eux les champions toutes catégories de la mal-bouffe, mais la manœuvre des laboratoires pharmaceutiques est pour le moins suspecte car l’AMA, toute puissante va maintenant pouvoir faire pression ouvertement sur la FDA (Food and Drug Administration) pour obtenir l’agrément de la moindre molécule chimique susceptible de combattre ce fléau social qu’est l’obésité. Il n’y a pas que les USA qui sont ravagés par cette « épidémie ». En Europe également les statistiques deviennent alarmantes en Grande-Bretagne, en Allemagne, Belgique, Turquie, Espagne, pour ne citer que quelques pays où la situation est préoccupante. Dès le résultat du vote des 524 délégués de l’AMA, les actions de diverses sociétés impliquées dans la commercialisation de drogues anti-obésité ont vu leur cours enfler (sans jeu de mot) puisque le communiqué de l’AMA stipule clairement que « les désordres métaboliques et hormonaux qui ne peuvent pas trouver d’amélioration par un changement drastique de mode de vie seront considérés comme des maladies nécessitant des interventions médicamenteuses appropriées ». Comme ces choses-là sont dites avec une pudeur angélique… Pour se donner bonne conscience, l’AMA a aussi banni la discrimination chez les donneurs de sang. Traduisez « les Gays peuvent donner leur sang à condition qu’il soit sain ». Dans un autre domaine, l’AMA a décidé de faire interdire les boissons énergisantes, type Red Bull, la plus connue puisqu’elle vent de l’eau avec de la caféine, de la taurine et du sucralose et gagne tellement d’argent qu’elle sponsorise une écurie de course de formule 1, boissons interdites, donc au moins de 18 ans, vœu pieux ! Enfin, pour l’anecdote, l’AMA a considéré que les écoliers pouvaient mettre dans leur cartable des crèmes solaires pour se protéger contre les coups de soleil en récréation. Ce dernier point mérite un petit éclaircissement. Les crèmes solaires en vente dans le commerce aux USA ont obtenu une autorisation de mise sur le marché par la FDA et sont donc classées dans la catégories des médicaments (sourire de ma part) or les écoliers ne peuvent avoir sur eux à l’école des médicaments sans certificat médical dûment visé par l’autorité de l’école, chez nous le proviseur. Ils pourront donc dès demain matin se tartiner la peau avec de la crème écran UV force 5 qui comme chacun sait n’a qu’un effet limité sur l’impact des ultra-violets sur la peau. Mais l’AMA vaut préserver le capital soleil des chères petites têtes blondes guettées par ailleurs par l’obésité, le diabète de type 2 et bien d’autres maladies qui font les veaux gras des grandes firmes pharmaceutiques.

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Source : bulletin de l’AMA, crédit photos : Forbes