Les victimes de Hiroshima ont été pétrifiées instantanément par les radiations

Capture d’écran 2018-05-05 à 11.34.08.png

Le 6 août 1945 à huit heure 15 du matin les Américains larguèrent la première bombe atomique destinée à massacrer massivement les habitants innocents de la ville d’Hiroshima au Japon. La majeure partie des 350000 habitants (166000 selon les estimations) de cette ville moururent instantanément et beaucoup d’autres les années suivantes de divers cancers. Près de 30 ans plus tard un physicien brésilien travaillant à l’Université d’Harvard se rendit à Hiroshima et les autorités japonaises lui confièrent deux os (illustration) ayant appartenu à une victime qui se trouvait à un peu plus de 1 kilomètre du point zéro de l’explosion pour tenter de déterminer la dose de radiation reçue par cette personne. Les technologies existant dans les années 1970 ne permirent pas de déterminer avec précision cette dose de radiation et il fallut attendre l’année 2017 pour quantifier avec précision par résonance du spin électronique du radical carbonate, contenu dans des dents et des os de victimes de la bombe, généré par les radiations provoquées par l’explosion de la bombe. Ces victimes ont reçu une dose massive létale de 9,46 Grays (Gy). En effet, on ne survit pas, dans l’instant, au delà d’une dose de 5 Grays reçue par le corps entier. Pour situer ce que signifie cette unité qui s’exprime en joule/kg les traitements anti-tumoraux par radiothérapie sur des volumes très réduits du corps atteignent des doses de l’ordre de 2 à 3 Grays. Pour les curieux le Sievert dont on a beaucoup entendu parler après l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi est la dose de radiation équivalente reçue par le corps. Cette unité est exprimée en Grays multipliés par un facteur tenant compte des effets stochastiques des radiations sur le corps entier, c’est-à-dire en particulier de la sensibilité des différents organes internes du corps aux radiations alors que le Gray est la mesure de la dose effective de radiations reçue.

Le résultat obtenu par le Docteur Sérgio Mascarenhas( voir le lien) explique donc pourquoi le bombardement de Hiroshima fut instantanément aussi dévastateur en termes de vies humaines. Pour l’anecdote morbide il faut rappeler que la moindre bombe thermonucléaire actuellement détenue par les armées nucléarisées dans le monde est plus de 500 fois plus dévastatrice que celle qui fut larguée sur Hiroshima et qui n’était qu’une vulgaire bombe A plutôt « sale » de surcroit. Nous vivons dans un monde rassurant puisque nos politiciens s’occupent aussi de réchauffement climatique alors que ça risquerait de chauffer sérieusement si les va-t-en-guerre de tout poil décidaient d’appuyer sur le bouton rouge …

Source et illustration : https://doi.org/10.1371/journal.pone.0192444

Deux précautions ne valent pas mieux qu’une seule ! (Fukushima)

Presque ironiquement, les Japonais souffrent de la contamination radioactive au nord-ouest de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi alors que les seules études sérieuses sur le long terme et sur une large population en ce qui concerne l’effet des radiations ont été réalisées à la suite des bombardements des villes d’Hiroshima et de Nagazaki à la fin de la deuxième guerre mondiale par les Américains. De ces études extrèmement bien détaillées, il est ressorti que les incidences de cancers dits solides n’étaient pas liées de manière linéaire aux doses sans seuil, c’est-à-dire que l’apparition de cancers n’obéissait pas à une loi directement liée à la dose de radiations reçues.

Une illustration est plus parlante :

BombSurvivorFig

 

LNT : linear non-threshold dose hypothesis, background : bruit de fond ou radioactivité naturelle, ground zero : point d’impact au sol (source : Forbes.com)

Les valeurs de dose sont exprimées ici en rem, une unité de mesure qui n’est plus appliquée mais qui correspond à 10 mSv. L’hypothèse d’une relation directe entre l’apparition de cancers et la dose de radiations reçue n’a pas été vérifiée par les études réalisées sur les 79000 survivants des bombardements américains sur le Japon en 1945 car en deçà de 10 mSv l’incidence de cancers se confond avec ce qu’on appelle le « bruit de fond » en d’autres termes la radioactivité naturelle. Le même type d’étude a été réalisé depuis 1957 par un comité spécial des Nations Unies (UNSCEAR) dédié à l’effet des radiations atomiques. Il ressort de la dernière publication des travaux de ce comité (2012) qu’il s’est installé une sorte de peur irraisonnée des radiations depuis l’accident de Fukushima-Daiichi : les conseils au sujet des radiations clarifient ce qui doit et aussi ne doit pas être clamé à propos des faibles doses sur la santé des individus et des populations. Les radiations naturelles (ou induites par une contamination externe) comprises entre 2,5 et 3,5 mSv n’ont aucun effet détectable sur la santé publique et des doses inférieures à 2,5 mSv ne sont pas non plus corrélées à une diminution de cancers. Dans ce rapport, la durée d’exposition est prise en compte et une exposition à 10 rem (0,1 Sv) sur une année n’entraine pas d’effets observables alors que la même exposition sur une période plus courte peut avoir des effets.

Le rapport insiste aussi sur le fait qu’aucun effet n’a été observé sur les populations exposées au Japon depuis l’accident de Fukushima-Daiichi et que ces dernières peuvent retourner vivre dans les zones d’exclusion qui présentent une radioactivité mesurable du même ordre que celle observée dans de nombreuses régions du globe comme au Brésil ou encore le Colorado. L’application aveugle du principe de non linéarité des doses sans seuil est, encore selon ce rapport, un désastre économique et psychologique pour les populations japonaises vivant dans les zones dites « dangereusement » contaminées en vertu de ce principe et qu’il est urgent de reconsidérer les décisions prises et basées sur cette assertion erronnée que toute radiation est dangereuse et qu’il n’y a pas de limite inférieure à la non dangerosité des dites radiations en dessous de 0,1 Sv/an. Le rapport cite l’exemple de la France où dans certaines régions, la radioactivité naturelle excède 10 rem/an soit plus de 0,1 Sv/an – les habitants du Limousin n’ont pas plus de cancers que ceux de la Picardie !

Le traumatisme national induit par l’accident de Fukushima-Daiichi a conduit le gouvernement japonais à réduire inconsidérément les limites supérieures de présence de radioactivité dans les aliments. Par exemple pour la nourriture en général, la radioactivité admise dans l’Union Européenne est de 1250 Becquerels/kg, alors qu’elle est de 1200 aux USA et maintenant seulement de 100 au Japon ! Cette régulation extrémiste basée sur le même principe erroné conduit à une phobie généralisée qui n’a pas lieu d’être puisque ces seuils admissibles (Europe et USA) ont été préconisés par l’UNSCEAR après des années d’études approfondies. Les conséquences psychologiques et économiques de cette décision sans fondement du gouvernement japonais sont immenses et la population japonaise ne devrait pas être punie sans raison objective.

Enfin, le rapport rappelle que seules les études réalisées sur les populations d’Hiroshima et Nagazaki, et c’est là l’aspect ironique du problème, ont clairement montré sur une large population que l’effet avait pu être prouvé de manière non équivoque pour des doses aigues (en une fois) comprises entre 0,1 et 1 Sv, voire plus (voir l’illustration plus haut).

 

Sources : Forbes.com, Hiroshimasyndrome.com, UN website

Kamakura, Tsuruga, radiations, tsunamis …

J’ai lu aujourd’hui dans le Japan Times que des habitants de Kamakura ont décidé d’aller s’installer à Okinawa parce qu’ils ont peur des radiations pour la santé de leur fille de six ans. D’après l’article, cette jeune femme se prénomme Joosten et son époux Maurice. Ce sont donc probablement des étrangers.
Ayant vécu sept ans à Kamakura, ces personnes semblent ignorer que le plus gros problème de Kamakura est sont exposition directe à un tsunami du genre de celui du 11 mars 2011 et qu’il y a déjà eu des tsunamis dévastateurs comme en 1495. Un temple abritant le grand bouddha fut détruit et on ne voit plus que les pierres légèrement arrondies qui soutenaient les piliers du temple. Le bouddha a résisté et est encore une attraction touristique.
Outre le risque de tsunami, on peut aussi se faire attaquer par des milans noirs sur la plage, si on n’y prend pas garde, quand on mange distraitement un sandwich.
Pour les radiations, je ne vois pas pour quelle raison il y aurait un risque particulier à Kamakura. Mais je comprend un peu la décision de cette jeune mère de famille qui travaille dans un magasin de produits bio et donne des leçons de yoga pour les femmes enceintes. Cette information situe donc cette personne comme faisant partie de la mouvance écologique qui est incapable d’une quelconque rationalisation à propos de l’énergie nucléaire, le plus souvent par ignorance.

Dans le même numéro du Japan Times, le Maire de Tsuruga (préfecture de Fukui) a envoyé un courrier au premier ministre pour obtenir l’autorisation de faire redémarrer les deux réacteurs, considérant, en accord avec la population, que la fermeture définitive de ces derniers serait gravement préjudiciable à l’emploi local, la ville de Tsuruga étant « nucléarisée » depuis plus de cinquante ans avec diverses installations appartenant à la Japan Atomic Power Company qui gère entre autres installations le surrégénérateur japonais qui a connu de nombreux déboires depuis sa construction.
Assisterions-nous à un infléchissement de l’opinion au sujet du nucléaire ?