Epidémie locale de purpura néphritique à Santa Cruz de Tenerife

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En quelques semaines, trois enfants ont été hospitalisés dans un état grave dans le centre de santé d’Anaza à Santa Cruz de Tenerife. Le corps médical, un peu désorienté, a finalement diagnostiqué le mal dont souffraient ces enfants. Il s’agit d’une maladie dont les causes sont encore inconnues appelée purpura rhumatoïde ou encore maladie de Henoch-Schönlein. Ce qui est troublant dans cette histoire est que la fréquence de cette maladie est très faible, de l’ordre de un cas par an pour 10000 personnes, surtout des enfants, et on se trouve en présence ici d’une anomalie sanitaire statistique évidente. L’un des enfants a souffert d’une réaction immunitaire critique qui a nécessité son hospitalisation dans un service de soins intensifs sous une lourde administration d’anti-inflammatoires. Je n’ai pas de nouvelles récentes de cet enfant mais il est probable sinon certain que cette fillette a souffert d’une atteinte rénale irréversible, une séquelle redoutable de cette maladie.

J’ai également compris que la mère de cet enfant avait un chien. Or si l’on se réfère à la littérature relative à cette maladie, un nombre impressionnant de bactéries et de virus sont suspectés d’être la cause de ce purpura y compris un nématode parasite du chien provoquant une toxocariose malgré le fait que les larves de ce parasite ne peuvent pas évoluer chez l’homme vers un parasite fonctionnel. Cette maladie peut être également provoquée par un coxsackie virus, proche de celui de la poliomyélite et également des clostridium ou des streptocoques. Il est donc impossible de déterminer la cause initiale de cette maladie qui se traduit par une réponse immunitaire anormale avec accumulation d’immunoglobuline A qui se polymérise dans les artérioles provoquant des hémorragies cutanées mais surtout une glomérulonéphrite fort heureusement passagère dans la plupart des cas.

Alarmé par cette information, je suis allé voir un journaliste pour lui signifier qu’il était de son devoir de procéder à une enquête et ensuite alerter la population. Je me suis fait jeter dehors proprement et j’ai fini par comprendre pourquoi. Il ne faut surtout pas affoler la population et encore moins les propriétaires de chiens même s’il y a un réel danger sanitaire concernant en particulier les enfants. De plus les médecins ne sont pas censés transgresser le secret professionnel et ne communiqueront pas leurs dossiers à n’importe qui, y compris un journaliste et encore moins à un ancien biologiste de surcroît étranger que je suis. Alors que faire ? Alerter la police qui transmettra l’information au Ministère de la Santé. Les délais peuvent être très longs dans un pays où les associations de protection des animaux sont toutes puissantes (sauf pour les taureaux de corrida). Euthanasier tous les chiens de compagnie, inutile d’y songer, ce serait la révolution. Procéder à des examens minutieux de tous ces chiens de compagnie ? Encore moins car qui paierait, l’Etat, le propriétaire du chien ou à la limite les associations de protection de la race canine ? On se retrouve donc dans une situation dramatique car potentiellement très dangereuse. Je me souviens avoir été attaqué par une meute de chiens errants à Saint-François à la Guadeloupe. Mon seul salut fut d’aller me précipiter dans l’eau tout habillé et par chance je me trouvais sur une plage de galets. J’ai attrapé des projectiles et commencé à bombarder les chiens de cailloux. Ils ont fini par se décourager : les chiens ont horreur de se faire agresser par des projectiles. Je suis allé voir les gendarmes qui m’ont tout simplement dit qu’ils ne pouvaient rien faire car ils risquaient de s’attirer l’hostilité de la ligue locale de protection des animaux.

En ce qui concerne ce purpura néphritique combien faudra-t-il d’enfants hospitalisés pour que des mesures sanitaires strictes concernant les animaux de compagnie à usage non professionnel soient prises autoritairement ? Une première et élémentaire décision serait de faire payer un impôt spécial aux propriétaires de chiens de compagnie qui sont essentiellement inutiles, défèquent et urinent partout, aboient sans raison et sont donc fondamentalement une nuisance : avec un impôt il y en aurait immédiatement beaucoup moins mais aussi beaucoup plus de chiens errants et donc beaucoup plus de levées de bouclier pour protéger ces derniers. Le cercle vicieux est bouclé … mais la santé d’enfants innocents est toujours en jeu.

Suite dans un prochain épisode. Illustration Wikipedia