Cholestérol : la controverse des statines

Il y a quelques semaines je suis allé dans le centre de santé dont je dépends pour une vérification de l’état de mon coeur. Ce n’était pas une démarche dictée par une sorte de paranoïa de ma part mais je ressentais tout simplement des douleurs thoraciques intermittentes au niveau précisément du coeur. On m’a fait une prise de sang, un électrocardiogramme et une échographie cardiaque. Tout s’est avéré normal (il s’agissait de banales douleurs musculaires inter-costales) sauf … pour le cholestérol. L’analyse sanguine a révélé un taux de cholestérol (total ?) de 254. Converti en unités compréhensibles il doit s’agir probablement de 2,54 grammes par litre. Mon médecin référent m’a vivement suggéré que des statines seraient bienvenues pour mon état de santé. J’ai catégoriquement refusé. Après lui avoir confié que je buvais chaque jour un litre de lait entier en guise de petit-déjeuner cette digne représentante du corps médical m’a alors fait une autre suggestion : boire plutôt du lait semi-écrémé ou du lait artificiel d’origine végétale.

Je bois toujours mon litre de lait entier et je me porte très bien mais je suis resté perplexe devant cette attitude du corps médical qui veut à tout prix prescrire des statines quand le taux de cholestérol dépasse une certaine norme fixée, voire décrétée par on ne sait pas trop qui. Et puis au hasard de mes lectures je me suis régalé en lisant un rapport sur une étude effectuée en Grande-Bretagne au sujet de la relation entre certaines formes de cancers, le taux de cholestérol et le traitement avec des statines publiée par la British Cardiovascular Society. Cette étude a consisté à étudier les dossiers médicaux de 929552 personnes entre le premier janvier 2000 et le 31 mars 2013. Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus après élimination de tous les facteurs pouvant influer sur la morbidité tels que l’âge, le sexe ou l’origine ethnique.

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Quatre cancers les plus fréquents en Grande-Bretagne ont été pris en compte : poumon, sein, prostate et colo-rectum. Il apparait très clairement qu’il existe une relation inversement proportionnelle entre l’hyperlipidémie (incluant le cholestérol) et les cas de cancer puisque la mortalité par cancer semble beaucoup plus faible chez les sujets ayant des analyses sanguines susceptibles de faire frémir le moindre médecin. On pourrait s’arrêter là et se dire qu’après tout un peu trop de cholestérol et éventuellement de triglycérides ne nuit pas à la santé, bien au contraire. Là où l’étude devient douteuse c’est la conclusion qu’en tirent ses auteurs. Les sujets étudiés et souffrant d’hypercholestérolémie étaient pour la plupart sous traitement de longue durée avec des statines, ces médicaments mis sur le marché au milieu des années 1990 après une campagne de promotion agressive des Laboratoires Merck sur l’effet protecteur de la simvastatin contre les accidents cardiovasculaires.

Si les effets secondaires des statines sont bien connus comme les douleurs musculaires ou encore les troubles de la mémoire, cet effet (secondaire) protecteur contre les cancers était jusque là inconnu sinon suspecté. Il aura donc fallu une étude statistique rondement menée pour faire avaler de nouvelles pilules au public crédule pour le plus grand bénéfice des laboratoires pharmaceutiques. Pour ma part, j’appelle ce genre d’étude à laquelle on peut faire dire ce que l’on veut de la pseudo-science. Le Docteur Rahul Potluri, principal auteur de l’étude, en rajoute une couche en clamant que trop peu de travaux ont été réalisés sur les effets protecteurs contre le cancer des statines mais aussi de l’aspirine et des beta-bloquants … Ben voyons !

Source et illustration : British Cardiovascular Society

Pour être en bonne santé allez à la messe !

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Dans le genre pseudo-science on n’arrête plus le progrès à tel point que toutes les occasions sont bonnes pour prétendre tout et n’importe quoi. Par exemple une récente étude parue dans le très sérieux JAMA (Journal of the American Medical Association) émanant d’un diverticule de l’Université de Harvard, la Chan School of Public Health, fait état d’une relation entre la santé des femmes et leur assiduité aux offices religieux. L’étude a concerné 74543 femmes, toutes blanches, catholiques ou protestantes, et toutes infirmières entre 1996 et 2012. Parmi celles-ci 13537 décédèrent durant cette période dont 2721 de troubles cardiovasculaires et 4479 de cancers. Tous les quatre ans, il était demandé à ces sujettes de préciser combien de fois elles se rendaient sur leur lieu de culte, plusieurs fois par semaine, une fois par semaine, une fois par mois ou rarement. Tous facteurs autres que l’assiduité religieuse ont été lissés comme par exemple le style de vie, l’alimentation, la cigarette, l’alcool et les satisfactions conjugales et sociales.

Il est ressorti de cette étude, après moult bidouillages statistiques, qu’aller à l’église (ou au temple) au moins une fois par semaine réduisait de 27 % les risques de maladies cardiovasculaires et de 21 % les risques de cancer. Je n’invente rien, c’est écrit noir sur blanc dans le résumé de cette étude pourtant parue dans un très respectable périodique médical. Le Docteur Dan Blazer s’est fendu d’un éditorial sarcastique dans ce numéro du JAMA intitulé « Etude empirique relative à l’assiduité aux services religieux pour la santé« . Il a relevé très justement que toutes les participantes à l’étude étaient blanches, issues de familles pratiquantes, ayant reçu une bonne éducation, d’âge moyen proche de la soixantaine et que cette étude, pour toutes ces raisons, n’avait aucune signification scientifique.

Heureusement que les auteurs de l’étude, pour ne pas se couvrir de ridicule, insistent sur le fait que leurs travaux ne sont qu’une observation et qu’ils n’ont jamais tenté d’établir une quelconque relation de cause à effet. Ouf ! C’est rassurant …

Source : JAMA, doi : 10.1001/jamainternmed.2016.1615

Crise climatique et l’axe de rotation de la Terre

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Le réchauffement climatique a un effet sur l’axe de rotation de la Terre !

Décidément le changement climatique est effrayant puisqu’une étude récente issue du Jet Propulsion Laboratory du CalTech à Pasadena tire la sonnette d’alarme et il y a de quoi : la fonte accélérée des calottes glaciaires tant du Groenland que de l’Antarctique, conséquence inévitable du « réchauffement du climat », va perturber l’axe de rotation de la Terre. Les simulations (encore des modèles mathématiques) indiquent que l’axe de rotation de la Terre va se déplacer de 5,9 degrés. L’étude a fait référence à des travaux englobant l’eau douce en stock à la surface de la Terre et les calottes glaciaires précitées. Il est opportun de rappeler que la totalité de la glace de l’Antarctique – 26000 milliards de m3 – représente plus de 60 % de l’eau douce présente sur la Terre et que la calotte glaciaire du Groenland représente seulement 3000 milliards de m3 d’eau douce. Ces données ne sont pas de mon cru, on peut les retrouver dans Wikipedia. On se trouve donc en présence de 29×1015 kg de glace répartis entre Groenland et Antarctique. Si on compare cette masse de glace à celle de la Terre – 6×1024 kg – elle ne représente donc que 5 milliardièmes de cette dernière.

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D’après l’étude parue dans Science Advances (voir le lien) – c’est sûr que c’est une grande avancée dans la connaissance générale – le réchauffement climatique va faire fondre ces calottes glaciaires et comme la masse de glace du Groenland n’est pas vraiment centrée sur l’axe de rotation de la Terre, ce dernier va donc se trouver modifié. Les conséquences sont terrifiantes car cette dérive de l’axe de rotation de la Terre va contribuer à amplifier le changement climatique, un peu comme le CO2 et l’effet de serre amplifient, selon la théorie, l’effet du rayonnement solaire sur nous autres, pauvres humains. Selon les modélisations nous allons tous griller comme des toasts (cf Christine Lagarde à Davos) et l’axe de rotation de la Terre va être modifié, vraiment de quoi s’alarmer … rien ne va plus Madame Michu, on va tous être désaxés !

Allez lire l’article en accès libre, vous ne serez pas déçu dans le genre imposture pseudo-scientifique puisqu’on parle ici de quelques milliardièmes de la masse totale de la Terre et que le déplacement de l’axe de rotation de cette dernière se mesure en millisecondes d’arc équivalant sur le terrain à quelque chose comme une petite poignée de centimètres ! Ça va donc être vraiment catastrophique …

Il faut comprendre que la psychose généralisée de la crise climatique majeure à venir justifie de telles études sans queue ni tête financées par les contribuables qu’il s’agit au final de terroriser conduisant à des spéculations sur l’augmentation des périodes de sécheresse (ou de précipitations) dans des régions du globe aussi éloignées que la Sibérie, le Middle-West américain ou le Queensland. Ce n’est pas votre serviteur qui l’invente mais c’est écrit dans l’article …

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Source : DOI: 10.1126/sciadv.1501693 illustration : Wikipedia

Les bracelets en cuivre ou magnétiques : quel effet ?

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Il y a eu la mode des bracelets magnétiques qui sont rapidement tombés aux oubliettes de l’escroquerie puisqu’ils n’apportaient aucun confort aux personnes qui avaient fait l’effort d’en acheter un voire deux pour être bien certains qu’ils allaient se trouver soudainement dans un état de santé idéal. Mais il existait avant ces bracelets ceux constitués de cuivre que portaient et portent toujours des personnes convaincues de leur efficacité pour soulager les douleurs d’arthrite dont elles souffrent. Cette pratique est beaucoup plus ancienne puisqu’elle serait issue de la médecine chinoise traditionnelle.

Porter au poignet un bracelet en cuivre ne peut en aucun cas être toxique, c’est au moins un point positif acquis. De nombreux rhumatologues de par le monde ont étudié indirectement les effets de ces bracelets sur quelques-uns de leurs patients et la conclusion est sans appel : ces bracelets n’ont aucun effet sur les douleurs arthritiques d’origine inflammatoire et souvent invalidantes. Une étude réalisée par le Docteur Stewart Richmond, rhumatologue à l’Université d’York sur 70 patients l’a clairement montré et elle corrobore l’opinion générale du corps médical à ce sujet dans son ensemble.

Pourtant il s’agit d’un business de plusieurs centaines de millions de dollars basé sur une publicité mensongère mettant l’accent sur le fait que des millions de personnes portent ce type de bracelet et que « donc » ils sont bénéfiques pour la santé. On se trouve en présence du plus pur effet placebo construit par le patient lui-même qui est persuadé que le bracelet de cuivre aura un effet bénéfique en atténuant les douleurs de son arthrite rhumatoïde. Il s’agit d’un cas typique d’association entre deux faits indépendants l’un de l’autre.

Certes l’organisme a besoin de cuivre car un certain nombre d’activités enzymatiques importantes nécessitent ce métal comme cofacteur, mais suffisamment de cuivre est apporté par l’alimentation et il est erroné de croire qu’un bracelet en cuivre puisse améliorer ces fonctions métaboliques par un apport trans-cutané de traces de cuivre supplémentaire. Croire qu’un bracelet en cuivre est bénéfique pour la santé relève de la fausse science.

Source : PlosOne

Wikipedia rongé de l’intérieur ?

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Wikipedia peut s’enorgueillir d’accueillir 470 millions de visiteurs par mois. Les utilisateurs réguliers de cette encyclopédie en libre accès et dont la plupart des articles sont traduits en de nombreuses langues, ces utilisateurs, donc, sont régulièrement sollicités pour soutenir financièrement le fonctionnement de ce site qui est devenu au fil des années une véritable institution à but non lucratif, c’est que l’on peut du moins espérer. Or il se trouve que Wikipedia est devenue (ou devenu, le « genre » de Wikipedia est indéterminé) un champ de bataille pour certains sujets controversés. On y trouve un nombre croissant d’articles franchement orientés idéologiquement et c’est non seulement désagréable pour qui attend de Wikipedia une certaine objectivité et par voie de conséquence une certaine neutralité, mais cette tendance tout à fait perceptible à biaiser le contenu de nombre d’articles finira un jour ou l’autre par détruire la crédibilité de l’ensemble du corpus de cette encyclopédie. Il faudra donc pour qui cherche des informations dénuées de toute connotation idéologique s’abonner moyennant finance à une institution respectable équivalente à Wikipedia, sans pour autant être certain que cette alternative sera satisfaisante.

La question sera alors : existera-t-il un site encyclopédique gratuit sur internet à 100 % objectif et honnête dans tous les domaines de la connaissance ? La réponse est évidemment : non ! Et c’est déplorable.

En ce qui me concerne, moi qui suis un négationniste forcené du réchauffement climatique anthropique, chaque fois que je fais une recherche, je me heurte à des articles dont la teneur a été volontairement modifiée, orientée ou à la limite réécrite pour être en conformité avec la doxa de l’IPCC. Par exemple, le plus caricatural parmi beaucoup d’autres à propos du climat est l’absence de données scientifiques et objectives relatives à l’évolution des proxys ayant permis de reconstruire l’évolution climatique au cours de l’ «optimum médiéval », température, humidité et CO2 compris. Et systématiquement une foultitude d’articles y vont de leur couplet de propagande réchauffiste arrivant parfois comme un cheveu sur une assiette de soupe gluante. On ne mourra pas de cet hypothétique réchauffement climatique qui n’aura certainement pas lieu durant les prochaines centaines d’années à venir. Mais infiniment plus grave et entrant dans la même démarche de désinformation, beaucoup de personnes consultant Wikipedia en toute naïveté pour éclaircir leurs connaissances sur leurs problèmes personnels de santé peuvent et sont d’ors et déjà induits en erreur par des articles délibérément modifiés par des groupuscules d’activistes marginaux inspirés des mêmes doctrines malthusiennes et rétrogrades que celles des opposants aux combustibles fossiles, aux OGMs et aux pesticides qui réorientent de nombreux sujets relatifs à la santé et la médecine pour faire passer un message alternatif.

On se trouve donc ici au cœur du problème de la survie même de Wikipedia : le respect de certaines règles élémentaires de déontologie respectant les principes professionnels et scientifiques les plus fondamentaux. Le respect de ces règles est crucial. En médecine comme dans la plupart des disciplines scientifiques, mais plus encore en médecine car cette branche de la science concerne la vie, il y a des règles à respecter et celles-ci doivent (et sont) respectées dans ce milieu professionnel particulier. Les journaux scientifiques avec « peer-review » respectent autant que faire se peut ces règles, du moins dans le domaine médical. Les patients ont droit à la meilleure qualité de soins et quand ils font une recherche sur Wikipedia (comme il m’est arrivé de le faire pour un petit bobo) s’ils sont leurrés par des articles niant les règles fondamentales de la déontologie médicale, il y a un réel problème qu’il est nécessaire de dénoncer. Il s’agit des « médecines complémentaires et alternatives » qui modifient systématiquement les articles relatifs aux traitements de toutes sortes de pathologies même les plus morbides. Le prétexte à peine voilé de la naturopathie est que puisque un grand nombre (qui reste à définir) de médicaments sont issus de plantes, alors les plantes sont bénéfiques pour le traitement de cancers, d’asthme, d’hypertension, d’obésité, etc …

Wikipedia reflète un certain consensus scientifique et est resté relativement neutre dans l’évaluation de ses articles dont la valeur n’a d’égal que celle de leurs auteurs et éditeurs, tous anonymes et c’est peut-être là que réside le problème. Les fondements de la médecine reposent sur le respect de règles strictes tant professionnelles que scientifiques. L’éducation médicale est standardisée, les étudiants passent des examens périodiquement et ceux-ci sont standardisés. Les institutions, les hôpitaux, les organisations professionnelles et gouvernementales comme les journaux scientifiques à comité de lecture sont soumis à des règles déontologiques strictes. Et ce n’est qu’à ces conditions que les patients reçoivent des soins de la meilleure qualité. On voit donc fleurir ici et là, dans la presse de caniveau comme dans les publicités qu’on distribue dans les boites aux lettres, dans la publicité télévisuelle également un nombre sans cesse croissant de conseils pour la « liberté des soins de santé ». L’aspect le plus inquiétant est que certains médecins diplômés y vont de leur couplet pour promouvoir des produits dits « naturels » envers et contre toute régulation dans un but uniquement mercantile. Il suffit qu’un médecin affiche son orientation de naturopathe, homéopathe, réflexologiste, chiropracteur ou encore acuponcteur, pour s’arroger le droit de transgresser les principes même de la déontologie médicale. Les régulateurs (FDA aux USA, agence européenne de sécurité sanitaire, par exemple) ont défini une nouvelle ligne de standards définissant l’aspect « naturel » de ces approches pseudo-médicales. La porte est donc ouverte pour tous les excès contraires aux principes scientifiques mêmes de la médecine. Et tout ça au nom de la liberté de penser, de choisir et d’agir. Et Wikipedia participe à la promotion de cette déviance dangereuse car chaque article est édité et publié en respectant la règle du consensus. Il est donc du devoir des éditeurs des articles de Wikipedia de déterminer, au travers d’un examen minutieux des sources et références des articles, quelle est la pertinence de ces références et donc celle de l’article lui-même afin d’effectuer un tri objectif de ce qui relève de la science et de ce qui relève de la pseudo-science. Et l’opinion des promoteurs de la pseudo-science n’a aucune place dans ce processus.

Cependant les promoteurs de pseudo-science n’apprécient pas cette stratégie et si on les désapprouve, ils dénoncent une censure, une conspiration dirigée contre leurs idées. Juste un exemple cité dans la revue Natural News : « Impartialité : il faut soutenir un auteur qui cite la censure de Wikipedia au sujet de la médecine alternative ». L’article dit ceci : dans sa politique d’information, Wikipedia nie activement l’existence des sciences avec lesquelles elle n’est pas d’accord. Ce qui est en partie (seulement) le cas pour la médecine mais ne l’est plus pour ce qui concerne les plantes génétiquement modifiées, l’énergie nucléaire et le climat. On est finalement amené à faire le constat désolant que Wikipedia est progressivement et insidieusement caviardé par les activistes anti-science dont l’objectif global est de désinformer des centaines de millions de personnes dans le monde et leur imposer leur idéologie.

Pour ce qui concerne une dernière fois la médecine, il est urgent que les institutions et la communauté scientifique digne de ce nom s’insurgent par des mesures autoritaires si nécessaire contre cet envahissement des pseudo-sciences dans un média aussi quotidiennement utilisé que Wikipedia. Que des périodiques scientifiques comme Nature Climate Change aient délibérément aboli la probité de l’institution du peer-review, on peut à la limite le comprendre puisqu’il s’agit d’un périodique spécialisé pour les spécialistes de l’anti-science climatique avec un comité de lecture constitué de spécialistes de l’anti-science climatique, mais que Wikipedia s’abaisse à de telles turpitudes est d’autant plus inquiétant que cette encyclopédie englobe tous les sujets de la connaissance sans exception et y compris l’histoire ou la politique, deux sujets hautement sensibles … L’évolution dans la mauvaise (la pire) des directions d’internet est à redouter, mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Source : inspiré en partie d’un billet paru dans Science-based Medicine

Le déni de la science : tout un programme !

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Il y a deux sortes de positionnements devant une affirmation scientifique si on veut la rejeter, le déni ou le doute. Mais il faut d’abord définir ce qu’est une affirmation scientifique. Il s’agit de la conclusion de travaux susceptibles d’être reproduits par n’importe quelle personne disposant de moyens techniques et expérimentaux adéquats. Toute investigation scientifique est basée sur une hypothèse vérifiée par un ensemble de travaux de laboratoire ou d’observations sur le terrain. L’ensemble des informations est disponible dans une publication scientifique relatant ces travaux jusque dans les moindres détails. Si des résultats scientifiques ne sont pas reproductibles, le doute s’installe. Quant aux théories scientifiques, comme par exemple la théorie de l’évolution formulée par Darwin, elles ne sont pas toujours vérifiables directement par des résultats expérimentaux. Ce n’est qu’un éventail d’observations indirectes qui a permis de conclure que le « Darwinisme » est une théorie valide et devenue maintenant incontestable. Il en est de même pour la théorie dite du Big-Bang qu’on ne peut naturellement pas vérifier par les faits mais dont les « traces » laissées dans l’Univers semblent indiquer qu’il s’agit bien d’un fait qui a réellement eu lieu même si on est en droit d’en douter.

Le déni est une attitude non constructive contrairement au doute car il s’agit dans ce cas de rejeter en bloc un fait scientifique et de tourner la page définitivement alors que le doute ne met pas un terme abrupt à la réflexion mais peut favoriser une ouverture vers un ajustement de l’hypothèse scientifique initiale. Par exemple la vaccination, probablement la plus grande avancée dans le domaine de la santé du XXe siècle à la suite des travaux de Pasteur, est contestée par certains groupuscules activistes qui lui opposent des arguments dénués de valeur scientifique. Selon les tenants de cette attitude de déni, la vaccination serait un facteur favorisant l’autisme tout en mettant en doute l’efficacité des vaccins. Or aucune base scientifique ou statistique ne permet d’affirmer que l’autisme est lié à la vaccination et l’efficacité des vaccins n’est plus à prouver ! Pour preuve la vaccination contre la variole a permis d’éradiquer cette maladie mortelle et les cas de poliomyélite encore recensés dans le monde ne concernent que des personnes non vaccinées.

Pour aller plus loin dans cette réflexion, la théorie de l’homéopathie, puisqu’il s’agit bien d’une théorie, n’a jamais pu être confirmée par des évidences scientifiques. Il y a donc le camp des adeptes de l’homéopathie et ceux qui doutent ou sont dans le déni en avançant de solides arguments scientifiques. Mais on peut voir la situation différemment. Les tenants de l’homéopathie sont dans le déni des évidences scientifiques démontrant l’invalidité de cette médecine parallèle. On peut même dire qu’ils ne doutent même plus de ces évidences puisqu’ils les rejettent en bloc. Ils peuvent donc être classés au delà des sceptiques comme à l’inverse, disposant d’arguments scientifiques irréfutables, les opposants à l’homéopathie sont considérés comme des sceptiques.

Le déni n’est pas une attitude scientifique mais le scepticisme en est une et est en réalité essentiel. En effet, le scientifique se doit de toujours remettre en cause ses résultats et c’est très simple à expliquer. Un règle fondamentale dans la recherche scientifique dit qu’un résultat doit être vérifié au moins deux fois consécutivement. Une seule vérification aboutissant au même résultat peut en effet être le fait du hasard. Si un résultat a été reproduit une troisième trois fois il est considéré comme vrai dans la limite des bonnes règles du domaine de recherche dont il relève. Encore une fois, n’importe quel acteur de la même discipline doit être capable de pouvoir reproduire les expérimentations décrites dans un manuscrit publié après revue par un comité de lecture (peer review). Si tel n’est pas le cas, le dit tiers peut à son tour proposer à la publication un démenti des résultats précédemment publiés.

Malgré la probité de la majeure partie des membres des divers milieux scientifiques dans les nombreuses disciplines couvertes, il apparaît parfois un phénomène dit de consensus qui va à l’encontre de l’éthique scientifique fondamentale. L’un des plus fameux consensus appartenant maintenant au passé, fort heureusement, est le géocentrisme, une théorie dont la pertinence fut alimentée par l’Eglise de Rome sans qu’aucune preuve scientifique n’ait jamais pu être apportée pour l’étayer. Il s’en fallut de peu pour que Galilée échappe au bûcher ou à la lapidation, comme vous voudrez, mais au prix de son déni en public de l’ensemble de ses travaux sur le mouvement des planètes et des satellites de Jupiter. Ce consensus – des milliers de prélats clamaient que le géocentrisme était un dogme – fut mis à mal par le progrès technique que constituait la lunette mise au point par Galilée lui-même. Et ce dogme fut définitivement balayé par la conjonction d’observations astrales de plus en plus affinées, avec l’apparition des télescopes, par exemple, et l’appui des mathématiciens, en particulier de Kepler.

Lorsque Mendel élabora la théorie de la transmission des caractères génétiques en travaillant sur des petits pois il ouvrit la voie du darwinisme sans le savoir et l’étude moderne de l’ADN n’a jamais pu confirmer la théorie du créationisme qui fait elle aussi l’objet d’un consensus, certes minoritaire mais bien réel. Pour reprendre un mot de Carl Sagan « Extraordinary claims require extraordinary evidence » (des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires), on se trouve parfois totalement désappointé devant des affirmations extraordinaires sans aucunes preuves scientifiques pour les étayer. L’une des illustrations les plus brillantes de la vérification par des faits scientifiques avérés d’un consensus est la découverte de l’existence du boson de Higgs, existence qui n’était que «consensuellement prédite » dans le modèle standard de la physique des particules dès le milieu des années 60. Il aura fallu plus de 50 ans pour confirmer son existence à l’aide du gigantesque laboratoire du CERN, une « preuve extraordinaire », selon Carl Sagan, apportée grâce à un équipement hors normes et la collaboration de milliers de scientifiques qui ont pourtant longtemps douté de son existence effective. Cette confirmation de l’existence du boson de Higgs constitue en quelque sorte un contre-exemple car d’une manière générale tout consensus conduit inévitablement à l’adoption d’une attitude franchement anti-scientifique.

Le fameux consensus sur la dangerosité des plantes génétiquement modifiées ne repose sur aucun fondement scientifique. Toutes les approches ayant pu être échafaudées, au mépris parfois des règles les plus élémentaires des bonnes pratiques de laboratoire, ont échoué lamentablement. Les rares travaux relatant des effets adverses des plantes transgéniques sur la santé animale, insectes compris, ou humaine sont le résultat d’une sorte de ratissage de données disparates sans aucun lien les unes avec les autres aboutissant à un travail sans fondement, ce que les anglo-saxons appellent du « cherry-picking », au mépris des règles les plus fondamentales de l’honnêteté scientifique la plus basique, que ce soit au niveau des analyses statistiques ou tout simplement des protocoles expérimentaux utilisés.

On touche là à l’aspect hautement pervers de l’intrusion de l’idéologie dans le domaine scientifique lors de la formulation d’un consensus dit scientifique. Il ne peut exister de science où l’idéologie a la part belle ou alors on régresse vers le géocentrisme, le créationisme ou encore le Lysenkoïsme. Il est particulièrement enrichissant de revenir justement sur cette « affaire Lysenko ». En bref, cet obscur agronome réussit le tour de passe-passe incroyable de faire admettre par le pouvoir politique que la vernalisation des semences permettait d’augmenter le rendement des récoltes et que cette pratique était transmise à la descendance directe des plantes pour le plus grand bénéfice de la collectivisation de l’agriculture soviétique mise en œuvre par Staline au cours des années 30. Le lysenkoïsme fut considéré par Staline comme la seule théorie agronomique correcte et les contradicteurs furent poursuivis, dénoncés comme « bourgeois », « fascistes » ou « réactionnaires » et souvent déportés dans des goulags sibériens sans qu’aucune enquête véritablement scientifique n’ait été ordonnée ou ait pu aboutir. Il s’agissait d’un consensus élaboré de toute pièce par des idéologues et puisque la majorité au pouvoir ainsi que les scientifiques inféodés à ce dernier soutenaient cette théorie pour le moins fumeuse, il s’agissait bien de la vérité. Quiconque osait la contredire était un criminel ! Cette affaire finit par atteindre un point extrême quand la génétique mendélienne fut tout simplement déclarée comme « une pseudoscience bourgeoise » par Joseph Staline lui-même, le grand agriculteur du peuple !

Ces régressions intellectuelles vers l’obscurantisme consensuel faisant maintenant partie de l’histoire n’ont pas disparu, loin de là. Les campagnes contre les vaccinations, la peur des plantes génétiquement modifiées, le tabou relatif aux cellules embryonnaires constituent des régressions dans la mesure où l’idéologie, avec souvent l’appui des pouvoirs publics, est venue s’immiscer dans la science fondamentale ou ses applications. Cette idéologie dévastatrice est colportée par des organisations tentaculaires présentes sur la Terre entière, je veux citer Greenpeace et le WWF pour les plus nuisibles et les plus connues, mais il existe aussi des milliers d’autres organisations, plus ou moins financées paradoxalement par les contribuables, qui collaborent étroitement avec ces deux monstres dont le but avoué est de détruire toute bonne science contraire à leurs idéologie obscurantiste, malthusienne et d’inspiration néo-marxiste (ou néo-fasciste, c’est tout comme), le lysenkoïsme est là pour le prouver. Leur cheval de bataille constitue aujourd’hui le réchauffement global d’origine anthropique (AGW ou anthropic global warming). Le réchauffement global d’origine anthropique est le plus grand canular jamais monté de toute pièce depuis l’affaire Lysenko. Pour reprendre le mot de Carl Sagan encore une fois, il s’agit d’un affirmation extraordinaire qui nécessiterait des preuves extraordinaires … or il n’y en a pas, il n’y en a aucune et il n’y en aura jamais ! Quiconque s’oppose au réchauffement global reposant sur une théorie de l’effet de serre en contradiction avec les lois les plus fondamentales de la thermodynamique est immédiatement considéré comme un dangereux individu, exactement comme les vrais généticiens de l’époque stalinienne furent déportés vers des camps de travail en Sibérie, voués à une mort certaine. Contredire le dogme du réchauffement climatique global d’origine humaine est une déviance inacceptable qui va à l’encontre du consensus : puisque des milliers de « spécialistes » ont déclaré que c’était ainsi et pas autrement, c’est donc vrai. Les contradicteurs sont classés parmi les sceptiques ou les auto-satisfaits de la dénégation systématique. Des données scientifiques incontestables mais dérangeantes sont devenues tout simplement inaccessibles comme par exemple les teneurs en CO2 de l’atmosphère au cours de l’optimum climatique médiéval. Des géophysiciens susceptibles d’être en possession de ces données et que j’ai personnellement contacté m’ont opposé une fin de non-recevoir. Craignent-ils pour leur intégrité physique ? Si tel est le cas, il est déplorable de faire le constat particulièrement alarmant que l’ensemble des pays du monde est passé, avec tous ses scientifiques, sous la coupe d’une idéologie totalitaire bien pire que la pire période du stalinisme ou du nazisme.

Quant aux « sciences économiques » on peut presque dire qu’il s’agit d’un abus de langage si tant est qu’il existe réellement une science économique, ce ne sont plus ni le doute, ni le déni ni le consensus qui sont de mise dans ce domaine mais tout simplement le mensonge. Un seul exemple pour prouver qu’il n’y a pas véritablement de science économique et qu’il n’y en a probablement d’ailleurs jamais eu car cette discipline est entre les mains des politiciens malgré la puissance des statistiques que permettent les ordinateurs et la centralisation des données d’une nation entière comme par exemple les USA. Les Etats-Unis ont « officiellement » atteint une croissance économique de 5 % en 2014, presque des sommets « à la chinoise », le Dow-Jones et le SP500 se sont envolés vers de nouveaux records, le prix du baril de pétrole a baissé et c’est bon pour le consommateur, le dollar, qui plus est, s’est fortifié dans des proportions inattendues sur le marché des changes. Mais les économistes passent sous silence le fait que 90 millions d’Américains en âge de travailler sont au chômage, 43 millions de citoyens de ce pays ne survivent que grâce à des coupons d’alimentation leur permettant d’accéder à la soupe populaire alimentée par les rebuts des supermarchés … Les médias entretiennent ceux qui ont encore le courage de regarder une télévision aux ordres du pouvoir dans une illusion organisée par des spécialistes de l’intoxication de masse qui auraient vécu une bien meilleure carrière en suivant l’enseignement d’un Goebbels ou du NKVD stalinien. Il en est de même en Europe où le mensonge et non plus la science a envahi l’ensemble de la société, tant la « science climatique » que la « science économique » officielles !

Quand la science « officielle » devient une pseudoscience consensuelle fortement teintée d’idéologie et de visées politiques bien malin celui qui pourra prédire avec exactitude l’immensité du désastre à venir pour l’humanité toute entière.

Sources : http://www.sciencebasedmedicine.org/author/david-gorski/, Zero Hedge et Quanta. Réécouter aussi la conférence de Michel Onfray sur la philosophie post-nazie de Günther Anders (« semeur de panique ») qui a profondément marqué les idéologies écologistes actuelles et la dérive de l’approche scientifique favorisées par les médias : http://banquetonfray.over-blog.com/article-michel-onfray-conferences-sur-france-culture-l-ete-2014-21-124427714.html

La dérive scientologique, ce n’est pas un vain mot !

 

Les Américains sont les champions de la désinformation et ils le prouvent chaque jour. Il semblerait selon un récent sondage que 80 % des Américains préféreraient que leurs ressortissants revenant de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique en général soient autoritairement mis en quarantaine, on ne sait jamais ! Des parents d’élèves d’une école de l’Oklahoma ont exigé qu’un de leurs professeurs revenant du Rwanda soit mis en quarantaine parce qu’il revenait d’Afrique, donc potentiellement porteur du virus Ebola. Il en a été de même d’une jeune fille revenant du Nigeria dont on a exigé la mise en quarantaine alors que le Nigeria a officiellement reconnu être indemne de la fièvre en question. On est à la veille des élections mi-mandat aux USA et les esprits s’échauffent … pour rien. Mais il y a pire, en Louisiane, Etat américain où l’enseignement du créationisme est obligatoire dans les écoles, mais si, c’est vrai, un congrès sur les maladies tropicales prévu à New-Orleans a été annulé in extremis par les politiciens du coin parce qu’ils redoutaient l’arrivée de praticiens conférenciers ayant récemment séjourné en Afrique de l’Ouest, ce congrès étant de par la situation actuelle presque entièrement consacré à la fièvre hémorragique sus-nommée. On est en Louisiane, un état où la pratique du Voodoo est courante, c’est dire à quel point on régresse dans cet Etat. Les autorités politiques locales considèrent ouvertement que les doctrines alternatives ont autant de valeur que la science reconnue partout ailleurs qu’en Louisiane et qui serait entre les mains des « impérialistes », c’est dire à quel point le délire a envahi tous les esprits.

À Londres c’est presque le même délire, des mouvements issus d’on ne sait où organisent des campagnes contre le fluor dans l’eau du robinet, contre la vaccination, mais contribuent au même type de propagande en faveur de l’homéopathie ou du changement climatique. On se trouve donc confronté à la profondeur du scientisme, une nouvelle discipline consistant à déformer des faits scientifiques pourtant prouvés et incontestables à des fins politiciennes et idéologiques. La stratégie consiste à rapprocher des faits sans corrélation les uns avec les autres et en déduire par un savant amalgame un résultat totalement erroné. L’un des exemples les plus frappants dans cette manière d’apprécier des phénomènes globaux est de se concentrer sur un minuscule point du globe, d’observer ce qui s’y passe et d’extrapoler à l’ensemble de la planète les données collectées comme par exemple la fonte d’un glacier particulier de la chaine himalayenne choisi sachant qu’il régresse légèrement alors que la plupart des autres glaciers de la région progressent ou restent stables depuis 20 ans.

J’ai cité une étude sur le lait il y a quelques jours sur ce blog et l’étude se valide elle même par le grand nombre de personnes étudiées aux yeux de l’observateur non initié ou dont l’esprit critique a été laissé de côté. Il est facile de conclure que telle ou telle habitude alimentaire est néfaste en isolant un paramètre parmi des dizaines d’autres et de ne considérer que celui-ci alors que le comportement d’un individu est multi-factoriel.

Le dernier aspect de la « novscience » est l’utilisation le plus souvent abusive de la modélisation mathématique surtout quand cette modélisation repose sur une multitude de paramètres indépendants les uns des autres ou pire encore s’ils sont liés. Un modèle repose par définition sur le choix des conditions initiales, or le choix de ces dernières devrait être dicté par une stricte honnêteté scientifique. C’est malheureusement rarement le cas et le modélisateur s’arrange pour faire dire au modèle ce qu’il attend afin de confirmer une hypothèse dont on connait ainsi la vérification avant même de l’avoir formulée. Si les ingénieurs de l’aéronautique appliquaient les même principes que certains « scientistes » les avions seraient incapables de voler ! Quand ces ingénieurs ont commencé à songer à l’Airbus A380, ils n’ont jamais réalisé d’essais en soufflerie sur des maquettes, tout est maintenant modélisé mais pas dans le but de vérifier une hypothèse, seulement afin de calculer la forme des pièces du fuselage ou de l’empennage, l’emplacement des rivets ou la puissance des moteurs.

Inutile de revenir sur les manipulations honteuses de Séralini qui constituent l’en des exemples les plus évidents de la déformation de la science par l’idéologie … En parcourant la littérature scientifique on peut trouver des milliers d’exemples de pseudo-science, il faut souhaiter que tout ce fatras tombera vite dans l’oubli car dans le cas contraire c’est l’avenir même de l’humanité qui est menacé.