À propos de Bill Gates et de sa conception du réchauffement du climat

L’article de Mike Whitney, chroniqueur du Saker et de UNZ Reviews, journaliste d’investigation, paru sur le site unz.com le 26 septembre méritait selon mon point de vue une traduction destinée à mes lecteurs non-anglophones. Il s’agit d’une analyse sémantique des propos écrits par Bill Gates dans une des lettres d’information de son site « philanthropique » international. Comme je l’ai mentionné dans mon billet relatif au noma, Gates ne s’intéresse pas du tout à cette maladie terrible car il est fondamentalement malthusien et il cache cette façade exécrable de sa personnalité en réalisant des opérations humanitaires de facade en Afrique largement reprises par la presse internationale.

Je voudrais ici faire un commentaire sur une affirmation mensongère de Gates au sujet du confinement anti-covid qui a concerné près de la moitié de la population mondiale selon les dires de la propagande médiatique officielle. Initialement je voulais joindre ce commentaire à la fin de cette traduction mais j’ai décidé d’écrire ce billet complémentaire et y faire figurer mes propres remarques. Bill Gates a écrit ceci :

« Vous avez peut-être vu des projections selon lesquelles, étant donné que l’activité économique a tellement ralenti, le monde émettra moins de gaz à effet de serre cette année que l’an dernier. Bien que ces projections soient certainement vraies, leur importance pour la lutte contre le changement climatique a été surestimée. Les analystes ne s’entendent pas sur la réduction des émissions cette année, mais l’Agence internationale de l’énergie estime la réduction à environ 8%. En termes réels, cela signifie que nous libérerons l’équivalent d’environ 47 milliards de tonnes de carbone, au lieu de 51 milliards. C’est une réduction significative et nous serions en pleine forme si nous pouvions maintenir ce taux de diminution chaque année. Malheureusement, nous ne pouvons pas. Pensez à ce qu’il faut pour atteindre cette réduction de 8%. Plus de 600 000 personnes (plus d’un million aujourd’hui) sont mortes et des dizaines de millions sont sans travail. En avril, le trafic automobile était la moitié de ce qu’il était en avril 2019. Pendant des mois, le trafic aérien s’est pratiquement arrêté ».

Revenons donc sur ces chiffres. Outre le fait que Gates nous fait bien comprendre que se serrer la ceinture au sujet de la consommation d’énergie fossile carbonée aura un coût humain et économique dévastateur, il appuie ses remarques sur des données erronées mises en avant par un organisme onusien dont on sait qu’il a adopté une position résolument hostile aux hydrocarbures. J’ignore comment, par quel tour de magie, l’évaluation d’une diminution globale des émissions de « carbone » a atteint ce chiffre de 4 milliards de tonnes (4 Gt). Bill Gates et l’Agence internationale de l’énergie savent-il que la seule source fiable (et officielle, les autres sites d’analyse du CO2 sont considérés comme secondaires et peu fiables pour des raisons que j’ignore) de l’évolution de la teneur en CO2 atmosphérique provient des mesures effectuées à l’observatoire de la NOAA à Mona Loa sur l’île de Hawaii ? Pour se faire une idée précise de cette diminution du « carbone » atmosphérique il faut examiner en détail les données fournies en temps réel par cet observatoire. Voici le dernier relevé (23 septembre 2020) de l’évolution atmosphérique du CO2 (https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/mlo.html ) :

Oublions la courbe en noir des données lissées « corrigées des variations saisonnières », un stratagème bien connu des statisticiens de l’économie, pour nous intéresser seulement aux données mensuelles brutes. On peut se demander pourquoi il n’y a qu’un laboratoire qui effectue de genre d’analyse mais passons. L’augmentation annuelle du taux de CO2 est monotone (au sens mathématique du terme) et égale à 2 ppm. L’amplitude des variations saisonnières atteint 8 ppm. Devant ces données que personne ne peut contester il apparaît que l’affirmation de Bill Gates est contestable. En effet 4 Gt de carbone correspondent à un peu moins de 2 ppm atmosphériques. Je n’ai rien inventé, cette donnée est publique. Il se trouve que depuis plus de 10 ans la consommation d’hydrocarbures stagne dans le monde pour diverses raisons, en particulier à cause d’un ralentissement de l’activité économique en général. L’un des marqueurs les plus fiables de ce ralentissement est le Baltic Dry Index et plus précisément le Baltic Capesize Index (BCI). Jamais ces indices n’ont atteint à nouveau les valeurs enregistrées avant la crise de 2008. Coronavirus ou pas le BCI a même frôlé avec des valeurs négatives au début de l’année 2020, signe d’une détérioration de l’activité économique. Or si la consommation d’hydrocarbures (charbon compris) a de ce fait diminué l’observatoire de Mona Loa n’a rien vu !

Les variations saisonnières de la teneur atmosphérique en CO2 méritent une analyse détaillée. Le principal « puits de carbone » de la Terre est l’Océan antarctique qui s’étend sans discontinuer au sud de 40 degrés sud (à peu près la latitude d’Alger ou de Tokyo dans l’hémisphère nord). En dehors du sud de la Nouvelle-Zélande et de la pointe sud de l’Amérique du sud il n’y a pas de terres. Cet immense océan est froid et agité, les marins parlent d’ailleurs des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes hurlants … Dans l’hémisphère nord la situation est différente : il y a à ces latitudes beaucoup plus de terres émergées que d’étendues océaniques. La combinaison de l’hiver austral et de l’été boréal entrainent une capture intense du CO2 par l’Océan Antarctique d’une part et par la végétation dans l’hémisphère nord. Puis l’alternance des saisons inverse ce processus naturel de capture du CO2. Conclusion : si Bill veut une confirmation de ce qu’il avance par les analyses de Mona Loa il faudra qu’il attende au moins l’hiver boréal 2021-2022. En aura-t-il la patience ? J’en doute. Alors il continuera à répandre sa propagande mensongère …