La guerre civile syrienne et le climat : un lien ? Pas de preuves !

Le précédent président de la République française, spécialiste du climat comme chacun s’en souvient, avait déclaré droit dans ses bottes que les tremblements de terre étaient provoqués par le réchauffement du climat. Peut-être que les plus farouches supporters de ce clown l’avaient cru … Dans le même genre d’ineptie certains politologues avisés et possédant également de solides connaissances en climatologie ont fait un rapprochement entre ce réchauffement du climat et la guerre civile syrienne. Car il faut, pour proférer de telles affirmations, s’appuyer sur des faits incontestables. Or ce n’est pas le cas et de nouveau et encore les activistes écolo-climatiques n’ont pas d’autres préoccupations que d’incriminer le réchauffement du climat comme étant la cause primaire de toutes sortes de dérèglements allant de l’apparition du virus Zika aux fluctuations de la bourse en passant par le déraillement des trains, l’afflux de réfugiés en Europe ou encore la disparition des chauve-souris.

Tiens ! À propos de chauve-souris une éminence mondiale de l’étude des écosystèmes a affirmé que les installations de moulins à vent un peu partout dans la campagne profonde tant d’Allemagne que de France conduira inévitablement à la disparition définitive de certaines espèces de chauve-souris et décimera des populations entières d’oiseaux migrateurs mais, il faut tout de même se réjouir de l’installation de cette source d’énergie renouvelable, conviviale, festive et citoyenne, les rapaces nocturnes semblent apprendre que les moulins à vent sont dangereux et ils ont tendance à les éviter. Pour conclure ce petit aparté qui n’a rien à voir avec la guerre civile syrienne on pourrait aussi incriminer le réchauffement climatique dans cette mort programmée de certaines chauve-souris puisqu’elles sont installées pour parait-il réduire les émissions de gaz à effet de serre. Je me marre …

Mais revenons à la Syrie, le Docteur Tobias Ide du Brauschweiger Georg Eckert Institute a compilé les arguments avancés pour expliquer « climatiquement » la guerre civile syrienne et il est arrivé à la conclusion que le changement du climat comme cause primaire de cette guerre n’est pas confirmé. Si on analyse les faits le déclenchement de la guerre civile syrienne, indépendamment de toute cause idéologique, religieuse ou extérieure à la Syrie, aurait été provoqué par la grande sécheresse des années 2006-2009, c’est plausible mais non prouvé. Cette sécheresse aurait eu pour conséquence une chute massive de la production agricole, c’est un argument présenté par de nombreuses études mais contesté par d’autres. Cette raréfaction des denrées alimentaires de base aurait provoqué la migration de la population rurale vers les zones urbaines, c’est reconnu par de nombreuses études mais également contesté par d’autres. Cet afflux de population en zones urbaines aurait catalysé des manifestations et des protestations conduisant à des troubles récurrents ayant provoqué la guerre civile, c’est possible mais les arguments dans ce sens sont très minces.

Il ressort de cette étude qu’il y a peu de recoupages entre les diverses méthodes d’analyse des évènements, et qu’au contraire et systématiquement les arguments en faveur d’un effet du climat sont délibérément amplifiés sans aucune base scientifique solide pour les étayer. Si la sécheresse des années 2006-2009 a été sévère Pierre Gosselin a considéré comme utile de rappeler que les périodes de sécheresse au Moyen-Orient ne sont pas un fait nouveau (blog notrikszone.com) et en Syrie comme dans d’autres régions du pourtour méditerranéen les épisodes de sécheresse ont toujours sévi selon des cycles difficilement prévisibles s’étendant sur des dizaines d’années.

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L’illustration ci-dessus requiert quelques explications. Les reconstructions de l’abondance des précipitations ont fait appel à divers proxys présents dans les carottages des sédiments marins et lacustres. Ces sédiments sont le résultat du lessivage des sols par les pluies de divers métaux de poids atomiques différents dont les rapports d’abondance respectives peuvent être analysés par spectrographie de masse. Les proxys utilisés pour cette reconstruction sont les rapports magnésium/aluminium, rubidium/aluminium et le δ18O reliant directement la température à la pluviométrie. Les sites étudiés sont répartis entre le sud-est de l’Espagne, plusieurs lacs en Espagne et en Europe centrale, un lac en Afrique et enfin un carottage en mer près de l’île de Chypre. Comme on peut le constater il est difficile de trouver une périodicité évidente dans ces résultats. Mais la sécheresse qui a sévi en Syrie à la fin des années 2000 n’est pas un phénomène météorologique relié à l’optimum climatique moderne puisqu’il y a eu à l’évidence d’autres situations similaires par le passé.

Conclusion : ce que les activistes climatiques affirment en procédant à des raccourcis pour le moins contestables est tout simplement de la propagande de mauvais aloi.

Source : notrickszone.com et doi : 10.5194/cp-6-807-2010