Premières cuvées de vin il y a 8000 ans près de Tbilisi

L’acide tartrique est présent en grande quantité dans le raisin (Vitis vinifera) originaire d’Eurasie et la présence de ce composé qui se retrouve naturellement dans le vin fut à la base de l’identification non équivoque de la première production de vin dans le monde. En dehors d’autres fructifications comme la carambole, l’aubépin et LE tamarinier qui renferment des traces de cet acide le raisin en contient des quantités importantes, jusqu’à 4 grammes par litre de jus. Des poteries retrouvées à proximité de la ville de Tbilisi ont montré par leur teneur en acide tartrique et dans une moindre mesure d’acide citrique qu’elles avaient servi plus de 6000 ans avant notre ère à faire du vin. Cette découverte repousse donc la date des premières productions de vin.

Les jarres utilisées étaient imposantes puisque l’une d’elles mesurait pas moins de 1 mètre de diamètre et un mètre de haut. Elle pouvait contenir jusqu’à 350 litres de jus de raisin et la vinification fut probablement effectuée dans ce récipient qui servait ensuite à stocker le vin pour sa consommation ultérieure. La configuration de ces jarres est telle qu’elle devaient être partiellement enterrées. C’est encore le cas en Géorgie avec le « qvevri », littéralement un vin dit de jarre, vinifiée dans de larges récipients de terre toujours partiellement enterrés. Comme quoi les traditions ne se sont pas évanouies après plus de 8000 ans ! La première description de préparation de vin dans des récipients non enterrés date d’environ 3000 ans avant notre ère et elle figure sur des fresques anciennes de la haute Egypte. Cet art fut introduit en Egypte par les Canaans bien après la pratique courante de production de vin sur les flancs sud du Caucase.

Le climat local de l’époque a pu être reconstitué à l’aide des grains de pollen notamment et ressemblait au climat méditerranéen actuel. Les occupants de cette région devaient donc être de bons vivants comme tous les buveurs de vin …

Source et illustration : PNAS, doi : 10.1073/pnas.1714728114