Du rififi dans le pays de Nestlé : les yaourts « bio » ça ne sert à rien !

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Ce n’est pas une blague mais une très sérieuse enquête réalisée par la RTS au sujet des effets « bénéfiques » pour la digestion des yaourts dits probiotiques. Censés favoriser la digestion cinq marques de yaourts avaient reçu une autorisation de l’Office Fédéral (suisse) de la Sécurité Alimentaire pour mentionner sur les emballages les effets attendus de ces yaourts vendus deux fois plus cher que des yaourts nature car ils « contribuent au confort digestif en réduisant le temps de transit et les ballonnements » (sic). Toutes les marques qui ont été soumises par la RTS à des analyses effectuées au sein d’un laboratoire indépendant situé à Lausanne, à deux pas du siège de la multinationale géante Nestlé ont montré qu’il n’en était rien. C’est du pipeau total ! Les produits Nestlé LC1, Emmi Actifit, Migros Bifidus, Danone Activia et Yakult n’ont pas passé les tests de véracité des allégations clamées par ces grands groupes de l’agro-alimentaire.

Voici le résultat des analyses (n°17373) émanant de SCITECH SA, c’est éloquent et incontestable :

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Pourtant les sociétés Nestlé et Danone ont vivement contesté ces résultats obtenus en utilisant un « estomac artificiel » dont ils mettent en doute véhémentement la validité, un appareil de laboratoire qui selon eux n’a rien à voir avec un estomac réel. Cette réaction était attendue dans la mesure où ces yaourts d’un nouveau genre constituent une part substantielle du chiffre d’affaire de ces grands de l’alimentation basé uniquement sur la crédulité stupide des consommateurs abreuvés de publicité mensongère ! Danone et Nestlé prétendent que chaque pot de yaourt contient 1 milliard de bactéries et qu’au moins quelques unes résistent mathématiquement au mauvais traitement qu’elles subissent dans l’estomac. Ces mêmes firmes oublient de mentionner que dès que le « bol » alimentaire arrive dans l’intestin grêle il est soumis à une autre agression, celle des sels biliaires, de puissants détergents utilisés justement en laboratoire de recherche en quantités infiniment moins élevées pour littéralement dissoudre les bactéries et les levures.

Les industriels ont brandi des « essais cliniques » prouvant que leurs yaourts étaient bénéfiques pour la digestion. Il se trouve que ces prétendus essais n’englobaient que quelques dizaines de personnes et avaient naturellement été conduits sous la direction des laboratoires tant de Nestlé que de Danone ou encore de Yakult.

Dans la rubrique malbouffe et arnaques en tous genres c’est une histoire sans fin …

Source et illustration : rts.ch, résultats des analyses SCITECH SA, Lausanne, Suisse

Note : Yakult est une marque japonaise, Migros et Emmi des marques suisses

Manger des yaourts, bénéfique pour la santé ? Non, aucun effet !

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Malgré le battage médiatique et marketing du bienfait de la consommation régulière de yaourts, alors qu’aucune étude sérieuse n’a jamais été réalisée par aucune des grandes sociétés de l’agro-alimentaire qui commercialisent des centaines de yaourts de toutes les couleurs et pour tous les goûts, il se trouve qu’une équipe d’empêcheurs de tourner en rond s’est penchée sur la question et la réponse est sans appel, manger un yaourt par jour voire plus ne présente aucun effet bénéfique pour la santé physique ou mentale.

L’étude exhaustive a été conduite par une équipe de la faculté de médecine de l’Université autonome de Madrid dirigée par le Docteur Esther Lopez-Garcia sur 4445 personnes âgées de 18 ans et plus pendant près de 4 ans consommant au moins un yaourt par jour, entre 1 et 5 par semaine ou aucun yaourt. Tous les sujets étudiés étaient en bonne santé, non fumeurs et leur régime alimentaire était de type « méditerranéen ». Des tests variés ont été effectués sur ces personnes pour déterminer leur état de santé général ainsi que pour évaluer leur bien-être psychologique selon des critères internationalement reconnus tels que le SF-12 Health Survey ( http://en.wikipedia.org/wiki/Quality_of_well-being_scale ). Le résultat est tombé tel un couperet : « La consommation régulière de yaourts n’a aucun lien direct ou indirect avec la qualité de vie liée à la santé (HRQL ou Health Related Quality of Life) ».

Le yaourt enrichi en bactéries lactiques variés et entrant dans la catégorie des probiotiques est donc (encore une fois) une grosse arnaque commerciale nullement étayée par une quelconque étude scientifique sérieuse en dehors de vagues présomptions largement diffusées par les professionnels du secteur. Le lait entier constitue en lui-même un apport de calcium et de vitamines et le yaourt n’apporte aucun avantage intrinsèque sinon au niveau des profits réalisés par le secteur industriel concerné. Il serait grand temps que les régulateurs et les instances gouvernementales évaluent à l’aide de critères objectifs et indépendants les diverses propriétés des aliments sur la santé et ceci scientifiquement selon les directives de l’AFSA (no. 1924/2006). En effet, toutes les études, fragmentaires et incomplètes relatives aux bénéfices du yaourt et des probiotiques lactés sur la santé ont été financées par des parties professionnellement concernées. Quand on sait qu’un kg de yaourt coûte au détail entre 4 et 9 fois plus qu’un litre de lait, on saisit vite l’intérêt commercial de ces promotions mensongères …

Bon appétit !

Sources : http://www.agenciasinc.es/en , DOI: 10.1016/j.jand.2014.05.013 , illustration Wikipedia

Les probiotiques : un net bénéfice pour la santé ? Oui, mais …

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La FAO et l’OMS ont défini les probiotiques, par opposition aux antibiotiques, comme des microorganismes vivants qui sont bénéfiques pour la santé quand ils sont ingérés en quantité raisonnable. Les probiotiques les plus connus du grand public sont les lactobacilles dont la promotion est incessante en termes d’effets sur la santé. La Communauté Européenne n’a pourtant pas approuvé la classification de la FAO qui date de 2002 car il n’existe pas suffisamment d’évidences scientifiques concernant les effets bénéfiques des probiotiques sur la santé en général et intestinale en particulier. Après tout, est-ce que les consommateurs de yaourts se portent mieux que les autres ? Une question qui fait débat mais à laquelle les grandes sociétés impliquées dans l’agro-alimentaire comme Danone, Nestlé ou encore Yakult, pour ne citer que les trois qui me viennent à l’esprit, se sont bien gardé d’apporter des éléments de réponse scientifiquement prouvés. Si j’ai cité Yakult, une société japonaise qui commercialise un lait fermenté en petites bouteilles et dont Danone détient 20 % du capital c’est tout simplement parce que cette société existe depuis les années 1930 et qu’elle fut pionnière dans le domaine des probiotiques en commercialisant dès 1935 le lait fermenté par le Lactobacille, souche Shirota. Mais le concept de probiotique valut à son inventeur le prix Nobel. En effet c’est Élie Metchnikoff qui émit cette idée en 1907 alors qu’il travaillait à l’Institut Pasteur de Paris après avoir constaté que les habitants des steppes russes vivaient très vieux car ils buvaient du lait fermenté. Metchnikoff isola d’ailleurs le Lactobacillus bulgaricus mais il s’avéra que cette bactérie ne pouvait pas survivre dans l’intestin contrairement à sa cousine le Lactobacillus acidophilus qui se révéla bénéfique pour la constipation, mais sans plus …

Les probiotiques lactés étaient donc en usage bien avant qu’on en fit la promotion commerciale et ils acquirent leur lettre de noblesse par un savant marketing indépendamment de toute preuve scientifique ! Ce n’est que tout récemment qu’on commence à se faire une toute petite idée des bienfaits réels des lactobacilles à la suite de travaux réalisés au Japon à l’Institut du Bétail de Tsukuba dans la préfecture d’Ibaraki. Dans une étude en double aveugle pour évaluer les effets du lait fermenté sur la santé en général, un Lactococcus lactis H61 largement utilisé au Japon dans la production de lait fermenté fut utilisé et comparé aux effets du Lactobacille bulgaricus (Lactobacillus delbrueckii bulgaricus de son vrai nom) additionné de Streptocoque thermophylus (yaourt normal) ingérés à population égale, c’est-à-dire 10 milliards de bactéries par jour pendant un mois. En début et fin de test des analyses sanguines ont été effectuées et des mesures de l’hydratation, de la teneur en mélanine, de la souplesse et de la richesse en sébum de la peau ont été également effectuées en début et fin du test. Vingt-trois étudiantes en bonne santé et pratiquant toutes un sport furent enrôlées pour ce test. Le seul paramètre qui fut significativement différent entre la souche H61 et le bulgaricus après un mois de test s’est trouvé être l’abondance en sébum au niveau des joues, sécrétion naturelle qui confère une certaine souplesse à la peau. C’est à peu près tout car le nombre de sujets ayant participé au test n’a pas permis d’affirmer une quelconque modification des paramètres sanguins convaincante.

On se trouve, malgré cette étude détaillée, qui n’a pas été financée par Yakult faut-il le rappeler, dans la quasi incapacité de promouvoir l’une ou l’autre des souches de lactobacilles utilisées dans l’industrie laitière. Est-il d’ailleurs vraiment bénéfique d’utiliser des bactéries hyper-sélectionnées, aucune raison claire ne peut être invoquée. Les bifidus, bulgaricus, Shirota et autres H61 sont donc de purs arguments de marketing. Il reste néanmoins vrai que ces produits ne nuisent en rien à la santé. Bon appétit !

http://www.yakult.co.jp/english/company/profile.html

http://www.journalofdairyscience.org/article/S0022-0302(14)00490-1/fulltext ( DOI: http://dx.doi.org/10.3168/jds.2014-7980) en libre accès.