Leonardus Lessius et les boyaux d’agneau !

Leonardus_Lessius_(1554-1623).jpg

Qui connait aujourd’hui Leonardus Lessius (en flamand Lenaert Leys) ? On dirait aujourd’hui qu’il s’agissait d’un obscur théologien qui s’occupa, sa vie durant, de morale chrétienne en suivant les principes de l’ordre des jésuites dont il fit partie alors qu’il était encore très jeune, à l’âge de 18 ans. L’Université de Louvain, dont la faculté de théologie était intimement contrôlée par la Papauté recrutait effectivement des adolescents puisque notre Léonard entra dans cette prestigieuse université (à l’époque, vers 1567) à l’âge de 13 ans pour y sévir comme docte spécialiste de théologie durant les 50 années suivantes.

Lessius est connu pour une somme de commentaires complexes relatifs à l’oeuvre de Thomas d’Aquin. Je ne m’étendrai pas sur les détails car la religion et moi ça fait vraiment deux. Bref, pour Lessius la morale devait être la raison de vivre de chaque être humain. Comme Thomas d’Aquin, Lessius, dans son traité « De iusticia et iure » paru en 1605, prônait la chasteté masculine, une sorte de malthusianisme avant l’heure, mais arriva curieusement à convaincre le Vatican d’interdire l’usage du préservatif qui était fabriqué à l’époque avec un morceau d’intestin grêle d’agneau qui était réutilisable mais qu’il fallait réhydrater dans l’eau avant usage pour présenter une relative souplesse.

1280px-Condom_1900.jpg

Pour Lessius donc, bien que prêchant pour l’abstinence masculine, le préservatif ne devait pas être conseillé, selon les principes de l’Eglise. Curieuse conception des relations humaines intimes … car il y eut à peu près au même moment en Europe une grave épidémie de vérole que les Flamands appelèrent « le mal gaulois », épidémie qui rendit justement populaires les préservatifs !

Source : The Daily Beast, illustrations Wikipedia

Le silence de la honte à propos du HPV

1409304260958.cached

Inutile de rappeler ici que le virus, les virus devrait-on dire, du papillome humain (HPV) est la maladie sexuellement transmissible la plus commune puisqu’on considère selon l’Organisation Mondiale de la Santé que plus d’un tiers de la population sexuellement active est porteuse de ce virus et que de surcroit il ne peut pas être exclu qu’au moins une fois dans la vie on sera en contact avec ce virus sans conséquences pour la santé la plupart du temps, heureusement. La question qui se pose est de savoir si une femme diagnostiquée porteuse d’un HPV à la suite de l’analyse d’un frottis vaginal doit en informer son partenaire. Ce genre de situation a été médiatisé lorsque Michael Douglas a déclaré que le cancer de l’oropharynx dont il souffrait était d’origine virale après avoir pratiqué des cunnilingus avec sa partenaire puis quand la porte-parole de la mairie de New-York, Melissa Mark-Viverito, a déclaré en public être porteuse de la pire souche d’HPV, celle qui est à l’origine du cancer du col de l’utérus.

Il faut se mettre à la place d’une femme quand elle apprend de son gynéco qu’elle est contagieuse et qu’elle décide (ou non) d’en informer son partenaire sexuel. Son hésitation provient du fait qu’étant une femme elle pourra tout de suite être considérée comme une marie-couche-toi-là puisqu’elle est porteuse du virus et qu’elle a donc été contaminée par d’autres partenaires. La femme peut être alors considérée comme totalement irresponsable par son partenaire du moment car même dans les sociétés occidentales les prouesses sexuelles des hommes sont gratifiantes alors qu’inversement la chasteté et l’hygiène féminines sont de bon ton. Qui contamine qui ? Quand on sait que ce virus se transmet par simple contact épidermique ou avec les muqueuses, l’usage de préservatifs n’est pas suffisant pour s’en protéger car à moins de porter des gants chirurgicaux pour poser le préservatif en bonne et due position, il y a déjà eu un contact entre celui-ci et les doigts. Le processus de contamination est donc bilatéral et autant la femme que l’homme ne sont pas en droit d’accuser l’autre. Les femmes diagnostiquées porteuses d’HPV sont un peu les canaris des mineurs de fond, elles devraient consulter leur gynéco au moins une fois par an si elles sont sexuellement actives : c’est ce que pensent les hommes au fond d’eux-mêmes alors qu’ils se gardent bien de se faire examiner par leur médecin.

Il faut tout de même relativiser la situation qui n’est pas aussi critique qu’on le prétend. Le protocole généralement respecté par le corps médical s’il s’avère qu’un frottis vaginal indique la présence d’HPV est de ne rien faire et d’attendre au moins une année. Chez les jeunes femmes, de moins de 30 ans, dans la plupart des cas le système immunitaire prend parfaitement bien en charge l’attaque virale et le virus a disparu après ce délai d’une année. De plus, parmi les quelques 100 souches différentes du virus, une trentaine seulement affectent la région génitale et pratiquement toutes les personnes sexuellement actives seront en contact un jour ou l’autre avec l’un de ces virus sans aucun effet sur leur santé. Si le gynéco tient ce genre de propos, autant dire que la femme taira son infection à son partenaire et ce d’autant plus que ce dernier a 100 % de chances d’être déjà contaminé ! A contrario certaines femmes ne cachent pas leur désarroi moral quand elles apprennent qu’elles souffrent d’un cancer du col de l’utérus et qu’elles ont donc eu toutes les chances de contaminer leur partenaire sexuel ( éventuellement au pluriel) pendant des années puisque le cancer peut apparaître très longtemps après la primo-infection.

En conclusion, que faire ? Les vaccins contre l’HPV sont considérés comme efficaces et le corps médical préconise une vaccination avant que ne débute une activité sexuelle aussi bien chez les filles que chez les garçons, ce qui est un fait nouveau, quant aux générations d’adultes il leur est conseillé d’être surveillés car ils ne sont pas protégés contre l’apparition d’un cancer du col de l’utérus, du pénis, de la vulve, de l’anus ou de la gorge. Aucune étude n’a encore pu prouver qu’une vaccination rétroactive était efficace, on doit donc vivre avec ce risque, point.

Source : inspiré d’un article paru dans The Daily Beast

On n’arrête plus le progrès !

La société J&D’s (USA) dont le slogan est en gros « Tout devrait avoir le goût du bacon » n’est pas à court de créativité puisqu’elle vient de commercialiser des préservatifs imprimés reproduisant une vague image de tranche de bacon (voir la photo) lubrifiés au goût de bacon, naturellement (baconlube), avec le slogan accrocheur « An even more hot pork experience » qu’on peut traduire de diverses façons mais j’ai opté pour celle-ci : « Pour une expérience cochonne encore plus chaude ». La question que se sont tout de suite posé des âmes bien-pensantes outre-atlantique est de savoir si ce préservatif est kasher ! Il y a un petit danger pour ceux qui ont un chien, il risquerait de faire une confusion fortuite  désastreuse, attiré par l’odeur « de bacon » et « l’aspect de bacon » de l’appendice ainsi affublé.

bacon30n-2-web

 

bacon30n-1-web

J&D’s n’en est pas à son premier coup d’essai puisque cette société commercialise des enveloppes postale dont la gomme a un goût de bacon, du rouge à lèvre au goût de bacon, de la sauce au goût de bacon pour les sandwichs, du sel parfumé au bacon, de la crème solaire parfumée au bacon, des crèmes variées pour massage également parfumées au bacon, de la mousse à raser parfumée au bacon et même des cercueils parfumés au bacon pour ceux qui aiment le bacon à la mort !

Bon appétit !

Source : New-York Daily News