Pour être en bonne santé allez à la messe !

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Dans le genre pseudo-science on n’arrête plus le progrès à tel point que toutes les occasions sont bonnes pour prétendre tout et n’importe quoi. Par exemple une récente étude parue dans le très sérieux JAMA (Journal of the American Medical Association) émanant d’un diverticule de l’Université de Harvard, la Chan School of Public Health, fait état d’une relation entre la santé des femmes et leur assiduité aux offices religieux. L’étude a concerné 74543 femmes, toutes blanches, catholiques ou protestantes, et toutes infirmières entre 1996 et 2012. Parmi celles-ci 13537 décédèrent durant cette période dont 2721 de troubles cardiovasculaires et 4479 de cancers. Tous les quatre ans, il était demandé à ces sujettes de préciser combien de fois elles se rendaient sur leur lieu de culte, plusieurs fois par semaine, une fois par semaine, une fois par mois ou rarement. Tous facteurs autres que l’assiduité religieuse ont été lissés comme par exemple le style de vie, l’alimentation, la cigarette, l’alcool et les satisfactions conjugales et sociales.

Il est ressorti de cette étude, après moult bidouillages statistiques, qu’aller à l’église (ou au temple) au moins une fois par semaine réduisait de 27 % les risques de maladies cardiovasculaires et de 21 % les risques de cancer. Je n’invente rien, c’est écrit noir sur blanc dans le résumé de cette étude pourtant parue dans un très respectable périodique médical. Le Docteur Dan Blazer s’est fendu d’un éditorial sarcastique dans ce numéro du JAMA intitulé « Etude empirique relative à l’assiduité aux services religieux pour la santé« . Il a relevé très justement que toutes les participantes à l’étude étaient blanches, issues de familles pratiquantes, ayant reçu une bonne éducation, d’âge moyen proche de la soixantaine et que cette étude, pour toutes ces raisons, n’avait aucune signification scientifique.

Heureusement que les auteurs de l’étude, pour ne pas se couvrir de ridicule, insistent sur le fait que leurs travaux ne sont qu’une observation et qu’ils n’ont jamais tenté d’établir une quelconque relation de cause à effet. Ouf ! C’est rassurant …

Source : JAMA, doi : 10.1001/jamainternmed.2016.1615

La pratique religieuse altère le cerveau …

Quand on sait que 92 % des Américains croient en Dieu (ou un dieu), que 83 % sont affiliés à un groupe religieux et que 59 % d’entre eux déclarent prier au moins une fois par jour, je ne mentionnerai pas le fait que le créationisme y est une science à part entière dont l’enseignement est obligatoire à l’école dans certains Etats du sud des USA, on est dans la brutale réalité qui faisait dire à Malraux « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ». Loin de moi de vouloir encore relater les événement Moyen-Orientaux du jour, ils finiront par ne plus faire la une des journaux, le but de mon billet du jour puisque certains de mes lecteurs l’attendent avec impatience n’est pas de parler de religion, cette discipline ne suscite aucun intérêt dans mon esprit, je veux parler ici de l’impact de la religion sur le fonctionnement cérébral et l’anatomie du cerveau. Une étude pour une fois très sérieuse, je dis pour une fois en pensant aux études sur l’évolution catastrophique à venir et prévue du climat qui ne sont que des accumulations de mensonges, sur les effets de la religion sur le cerveau, domaine inconnu, « terra incognita » pour les esprits doctissimes puisque comme pour le climat, il n’y a pour le moment du moins aucune preuve formelle de l’existence de Dieu, bref, que la religion influence le cerveau et son fonctionnement est une nouvelle tout à fait inattendue. Et pourtant une étude vient de paraître dans PlosOne et je n’invente rien. L’étude par résonance magnétique nucléaire à haute résolution (IRM) a été réalisée sur 268 personnes âgées de 58 ans et plus enrôlées dans cette étude entre 1994 et 2005 et classées en deux groupes, ceux qui souffraient selon des critères bien définis de dépressions ou d’autres troubles neurologiques ou encore étaient sous traitement avec des psychotropes et un groupe témoin sain selon les mêmes critères objectifs. Durant les six années de l’étude plusieurs examens permettant une bonne image du cerveau et en particulier de l’hippocampe et du cerebellum furent conduits sur chaque personne par IRM à 1,4 Tesla. Par ailleurs un classement fut établi rigoureusement entre les différents sujets selon des critères d’appréciation également objectifs dont : 1- fréquence de participation à un office religieux public, 2- activité religieuse privée (prière, méditation, lecture de la Bible), 3- appartenance à un groupe religieux, 4- conversion éventuelle au cours de l’étude et enfin 5- retour dans la religion d’origine. L’étude a montré une atrophie significative de l’hippocampe chez les sujets, catholiques ou protestants, qui avaient décidé d’embrasser une religion ou de s’y réintégrer à la fin de leur vie et en fonction de la fréquence de leur activité religieuse. Les auteurs de l’étude considèrent que la pratique religieuse est liée à un facteur de stress favorisé par la religion et qui est la seule explication plausible de cette observation surprenante outre le fait que l’hippocampe est particulièrement sollicité durant les périodes de méditation religieuse. Or comme l’hippocampe est le siège de la consolidation de l’information pour la mémoire à court et à long terme et pour la mémoire spatiale et que cette partie très importante du cerveau est l’une des premières à être affectée lors de l’apparition de la maladie d’Alzheimer, ces résultats sont terrifiants ! Je persiste et signe, donc, dans le plus radical athéisme …

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( http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0017006 ), crédit photo Wikipedia