Réflexions au sujet de la Chine, suite.

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Il est un domaine où la planification sur le long terme est nécessaire et c’est ce que la France fit lors des législations De Gaulle et Pompidou, la planification de l’électrification d’origine nucléaire du pays. Lorsque j’étais collégien en pension chez les curés les rares souvenirs positifs que je garde sont la visite du chantier du barrage hydroélectrique au fil de l’eau sur le Rhône au sud de Lyon à Pierre-Bénite. Si on n’a pas visité ce chantier au cours de l’élaboration des fondations du barrage, que l’on circule sur l’autoroute du sud et que l’on regarde la structure à peine visible de cette réalisation on ne peut pas comprendre l’ampleur des travaux effectués pour produire des kWh pratiquement gratuits aujourd’hui. Il fallut une planification rigoureuse sur le long terme pour que de tels ouvrages puissent être réalisés. L’autre visite qui me marqua profondément fut celle de la centrale nucléaire de Bugey I, une visite très spectaculaire ! En effet il s’agissait d’un réacteur nucléaire consommant de l’uranium naturel avec un modérateur constitué de briques de graphite et le tout refroidi avec du CO2 sous pression permettant d’actionner une turbine pour produire de l’électricité. La particularité de ce réacteur était que l’on pouvait marcher tranquillement sur la dalle supérieure du réacteur en fonctionnement sans craindre d’être contaminé. Le bruit de la soufflerie du circuit de refroidissement était impressionnant ainsi que celui de la turbine couplée à l’alternateur dans la salle des machines. La construction des réacteurs graphite-gaz avait été planifiée bien avant la décision de l’administration De Gaulle dans le but de produire assez de plutonium pour réaliser ensuite des bombes … Bref, le programme électronucléaire décidé par De Gaulle et dont la France profite encore fut le fruit d’une planification sur le long terme : on ne construit pas un réacteur nucléaire en quelques années car il s’agit d’un technologie complexe, tout aussi complexe que de reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’identique dont l’édification dura plus de 100 ans.

Venons-en donc à la Chine et à l’énergie nucléaire dans ce pays. Les dirigeants chinois se moquent d’être élus, réélus ou non, ce n’est pas leur problème comme c’est le cas pour les politiciens occidentaux, entre parenthèses il s’agit ici d’un système totalement débile, je parle bien sûr des pays occidentaux. Les dirigeants chinois pensent à l’avenir et ils savent qu’un jour viendra où la natalité de leur pays diminuera et il n’y a pas d’autre solution pour attendre ce but, c’est l’embourgeoisement de la population. En ce qui concerne l’énergie ces mêmes dirigeants savent très bien qu’il faudra un jour sauvegarder le charbon dont ce pays dispose en d’immenses réserves pour l’utiliser dans l’industrie chimique. Le développement de l’énergie nucléaire est donc devenu un priorité absolue pour la Chine. Il y a aujourd’hui 47 réacteurs nucléaires couplés au réseau électrique dont les deux premiers EPRs du monde opérationnels. Il y a 16 réacteurs nucléaires en construction à divers stades dont un surrégénérateur sous licence russe et un réacteur haute température à combustible en lit fluidisé refroidi à l’hélium pour la production d’hydrogène utilisant le procédé iode-soufre et deux autres EPRs de technologie maintenant entièrement chinoise. Sont planifiés en outre 63 autres réacteurs nucléaires, majoritairement des AP1000, c’est-à-dire des PWRs type Fessenheim un peu améliorés dont la durée de vie envisagée est d’au moins 70 ans comme d’ailleurs celle des deux EPR déjà opérationnels. En France comme dans beaucoup d’autres pays européens on planifie le retour au XVIIIe siècle, en Chine on planifie l’énergie vers l’horizon 2100. Voilà toute la différence entre la Chine et les pays occidentaux …

Sources : Wikipedia, illustration WNN, les deux EPR chinois opérationnels.