Transition énergétique (suite) : un suicide à l’échelle planétaire !

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La substitution des énergies d’origine fossile par des sources dites renouvelables à l’horizon 2050 afin de diminuer l’empreinte carbone globale va conduire à un impact considérable sur le revenu brut des nations ayant opté pour un tel changement de paradigme énergétique. En choisissant comme modèle de base l’évolution passée – 1980-2000 – des produits intérieurs bruts corrélée à la consommation d’énergies fossiles les prédictions sur l’avenir laissent rêveur sinon perplexe. La croissance économique passée a été principalement alimentée par la disponibilité en une énergie bon marché et non pas comme on a coutume de le penser à tort par les progrès techniques exclusivement. Ceux-ci ont été rendus possibles par l’abondance de cette énergie fossile à bas prix. La croissance économique est en effet étroitement liée à la consommation d’énergie primaire et les besoins en énergie iront croissants pour satisfaire l’accession des pays en développement à un standard de vie proche de celui des pays développés. L’énergie est essentielle pour la croissance parce que toute production de biens est liée au capital, au travail et à l’énergie, trois paramètres intimement liés contrairement à ce qu’indiquent certains modèles économiques inspirés de situations biophysiques.

Le lien entre croissance économique et énergie n’est que très peu « élastique ». Il suffit d’un exemple pour comprendre cette relation très étroite avec le cas des engrais pour l’agriculture. Il faut de l’énergie – beaucoup d’énergie – pour produire des engrais. L’épandage de 50 kg d’engrais azotés par hectare augmente le rendement d’une culture comme le maïs de plusieurs tonnes parce l’azote est un nutriment limitant. Il en est exactement de même pour l’économie : l’énergie est un intrant limitant qui est absolument nécessaire mais pas suffisant car il faut y adjoindre du capital et du travail. Or comme plus de 80 % de l’énergie produite et consommée dans le monde provient des combustibles fossiles, ceux-ci sont donc LE facteur limitant qui apparaitra dans les prochaines décennies dans le cadre de la limitation de la production de carbone. En conséquence, l’effondrement des économies du monde entier sera inévitable.

En restant dans l’hypothèse déjà très défavorable d’une décroissance de l’usage de combustibles fossiles à l’horizon 2050 de 80 % – le but fixé par les pays de l’Union Européenne ( ! ) – et en étendant les prévisions de l’évolution des produits nationaux bruts au monde entier il en résulte une situation pas vraiment enviable à cet horizon 2050. La consommation d’énergie primaire chutera à son niveau du début du XXe siècle. Le produit intérieur brut global sera de 42 % inférieur à celui de 2010. Ce produit intérieur brut global sera de 137000 milliards de dollars (dollars 2015) inférieur à celui pouvant être prévisible selon les modèles largement vérifiés durant la période 1820-2000 qui établissent une corrélation étroite entre consommation d’énergie primaire et croissance économique. Et enfin l’économie mondiale décroitra de 0,6 % par an entre 2015 et 2050 (ce qui est déja le cas en 2018 depuis l’année 2015, la consommation de pétrole étant l’un des meilleurs indicateur de croissance et celle-ci a commencé à décroitre).

Dans ces conditions il est peu vraisemblable que des investissements significatifs puissent être raisonnablement envisagés pour le développement des énergies dites renouvelables sans une paupérisation drastique des populations. Ces populations seront-elles prêtes à sacrifier leur confort de vie pour poursuivre une telle chimère ? Ce n’est malheureusement que l’instauration d’une gouvernance mondiale totalitaire qui pourra permettre d’atteindre de tels objectifs irréalistes. Et la poursuite de tels objectifs sera d’autant plus difficile que les économies, en particulier occidentales, entreront dans une récession brutale et durable. Autant dire que sans un changement complet de paradigme énergétique l’avenir apparaît très sombre. Je suis un ardent défenseur de l’énergie nucléaire qui elle seule peut permettre un avenir à l’humanité qui soit enviable et au risque de me répéter il y a assez d’uranium sur la Terre pour assurer pendant plusieurs milliers d’années une production d’énergie électrique stable, bon marché et non polluante à partir de laquelle tous les process industriels existants aujourd’hui pourront être adaptés.

Il est significatif de constater que les deux pays les plus en pointe dans la progression technologique de l’énergie nucléaire sont la Chine et la Russie. Ces deux pays ont interdit leur accès à Greenpeace. Cette organisation ainsi que d’autres ONGs occidentales y sont considérées comme indésirables …

Source : NIPCC, liens : Hypersustentatrices LLP. 2015 « The World in 2050 : Will the shift in global économic power continue ? et Tverberg, G. 2012 « An energy/GDP forcast to 2050« , Our Finite World

Nouvelles du Japon : l’économie japonaise est un modèle à suivre !

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Ce billet est la traduction d’un article d’Adair Turner paru sur le site Project Syndicate.

Presque tout le monde clame que le modèle économique japonais a implosé. Depuis 1991, la croissance économique japonaise a été en moyenne de 0,9 % par an alors qu’elle était de 4,5 % les deux décennies précédentes. La faible croissance combinée à des déficits fiscaux conséquents et une inflation proche de zéro a fait passer la dette gouvernementale de 50 % du produit intérieur brut à 236 % de ce dernier au cours de la même période. Les Abenomics, cet ensemble de réformes initiées par le Premier Ministre Shinzo Abe quand il est arrivé au pouvoir il y a 6 ans promettait un retour de l’inflation vers 2 %. Pourtant 5 années de « quantitative easing » et une politique monétaire d’intérêt zéro n’ont pas réussi à atteindre cet objectif. Un taux de fertilité de 1,4 et une immigration quasiment nulle signifient que dans 50 ans le Japon aura perdu 28 % de sa force de travail rendant les soins de santé aux plus âgés impossibles à financer et ceci accroîtra par conséquent le déficit fiscal qui est déjà de 4 % du PIB. Pour éviter une crise de la dette il faut augmenter les taxes et réduire les dépenses publiques et des réformes structurelles sont nécessaires pour relancer la croissance.

En dépit de cet état des lieux, l’idée majoritairement admise par les analystes économiques et financiers d’un effondrement du système économique japonais pourrait s’avérer totalement fausse !

Si le déclin démographique du Japon peut poser un problème il présente aussi quelques avantages et la dette du Japon va devenir beaucoup plus facilement supportable.

Il est vrai que la croissance du PIB japonais est à la traine en comparaison de toutes les autres économies développées et il en sera de même dans les années à venir puisque la population décline. Mais ce qui est important pour le bien-être d’une population c’est le PIB par habitant. Pour le Japon il a cru de 0,65 % par an depuis 2007, à peu près comme pour les USA alors que pour la Grande-Bretagne son accroissement sur la même période n’a été que de 0,39 % et pour la France de 0,34 %. C’est tout de même pas si mal pour un pays comme le Japon où les standards de vie sont les plus élevés du monde.

Il est vrai aussi qu’au cours des 25 dernières années la croissance américaine par habitant a été plus rapide : mais la société japonaise n’a pas été défigurée par l’accroissement massif des inégalités qui ont laissé des dizaines de millions de travailleurs américains sans augmentations de revenus et parfois dans une grande pauvreté. Au Japon le taux de chômage est inférieur à 3 %. La machine économique japonaise distribue la prospérité à la plus grande majorité des habitants. La criminalité y est la plus faible du monde, donc le modèle social doit bien y être pour quelque chose. Par ailleurs le tourisme est en plein essor passant de 6 millions de visiteurs il y a 15 ans à 20 millions cette dernière année. Naturellement ce qui est vrai aujourd’hui pourrait bien devenir difficilement atteint dans le futur en raison de l’état de la démographie. Si le taux de fécondité reste scotché à 1,4 enfant par femme fertile, le rapide déclin de la population pourrait poser de sérieux problèmes. Les avertissements relatifs au ratio travailleurs/retraités de 2,1 tombant à 1,4 n’ont pas lieu d’être puisqu’ils sont basés sur un âge de la retraite de 65 ans alors que le gouvernement de Shinzo Abe vient de prendre des mesures pour repousser cet âge de départ volontaire à la retraite. Si l’âge moyen de départ à la retraite était de 70 ans ce ratio ne serait plus que de 1,8 en 2050 (au lieu de 1,4 prévu).

Il faut ajouter que le Japon est le leader mondial dans les technologies permettant aux travailleurs âgés de rester actifs plus longtemps comme en particulier le développement massif de la robotique qui permet de procurer des biens et des services avec moins d’employés. Les craintes répandues dans le monde occidental prédisant que la robotisation détruit des emplois n’existent pas au Japon et sont absentes de tout débat public. Le livre récemment paru sous les plumes de Linda Gratton et Andrew Scott « The 100 Years Life » est d’ailleurs devenu un best-seller au Japon ! Dans un pays où les possibilités d’automatisation sont immenses, une espérance de vie plus longue et une population en déclin sont des problèmes beaucoup plus faciles à appréhender qu’une natalité élevée avec une croissance rapide de la population qui entravent la création de suffisamment d’emplois comme c’est le cas dans de nombreux pays émergents.

C’est comme pour la dette et les déficits insoutenables, les analystes qui prédisent une catastrophe si l’Etat japonais ne se serre pas la ceinture pourraient être profondément déçus. Peut-être que la dette réelle est de 236 % du PIB mais le Fond Monétaire International l’estime plus près de 152 % du PIB après avoir soustrait de cette dernière les actifs financiers détenus par l’Etat japonais. De plus la Banque Centrale du Japon (BoJ) détient plus de 90 % des obligations de l’Etat japonais (la BoJ a fusionné en 2017 avec le Trésor) et rétrocède au gouvernement du Japon les dividendes perçus sur ces obligations. Par conséquent la dette du pays, puisqu’elle était détenue majoritairement par des résidents n’est plus que d’environ 60 % du PIB du pays et elle n’est pas en croissance. Dans ces conditions le « poids de la dette » sera parfaitement supportable même si les déficits fiscaux restent élevés pendant de nombreuses années !

Il est très facile de comprendre la situation du Japon. Supposons un pays ayant une dette gouvernementale globale égale à 250 % de son PIB, une dette nette de 150 % et sa banque centrale détenant l’équivalent de 100 % de ce PIB en obligations d’Etat ceci aboutit à une dette nette égale à 50 % du PIB. Supposons maintenant que l’inflation est de 1 % et que l’augmentation réelle du PIB est aussi de 1 % alors le PIB nominal croit donc de 2 %. Si, dans ce pays pris en exemple, le rendement des obligations est de 2 % (aujourd’hui il est de 0,1 % au Japon) le ratio dette/PIB resterait stable même si le déficit primaire était de 4 % et le déficit total de 5 % années après années. C’est en gros ce qui se passe au Japon actuellement. Et plutôt que d’être horrifiés les investisseurs se précipitent dans la réalité pour acheter des obligations de l’Etat Japonais malgré un rendement proche de zéro.

Tous ces arguments ne signifient pas que le Japon sera confronté à d’importants challenges. Les dépenses de santé pour la population vieillissante aggraveront les déficits fiscaux. Les théories économiques suggèrent qu’à partir d’un certain seuil les rendements des obligations ne peuvent que devenir supérieurs à la croissance nominale du PIB.

Pour ces deux raisons un plan à moyen terme de consolidation fiscale et souhaitable et en l’absence d’amélioration du taux de fertilité et d’au moins un peu d’immigration les progrès technologiques du Japon seront essentiels pour gérer une population vieillissante. Mais le sombre tableau peint au sujet du futur du Japon généralement admis par les analystes financiers est grossièrement amplifié. Beaucoup de pays aimeraient bien avoir à faire face aux même problèmes que ceux auxquels est confronté le Japon.

Note. La dette du Japon est détenue à près de 95 % par des institutions financières résidentes, fonds de retraite publics ou privés, banques, entreprises et par des particuliers. L’opération comptable à somme nulle réalisée en 2017, c’est-à-dire la fusion entre la BoJ et le Trésor japonais, a réduit nominalement la dette de l’Etat japonais de 13200 milliards de dollars à 3360 milliards de dollars (source FMI). Le PIB du Japon est le troisième du monde et sa dette nominale actuelle est, rapportée à son PIB, très inférieure à celle de la France, dette détenue à plus de 60 % par des non-résidents ! De plus le Japon est le premier créditeur mondial auprès de nombreux pays de l’OCDE quant aux réserves en devises du Japon je n’ai pas trouvé de statistiques publiées sur le Web. Illustration : le Mitsukoshi en 1856, ancêtre d’Isetan. Si mes lecteurs méconnaissent Isetan il s’agit d’un « department-store » que je considère personnellement comme le plus extraordinaire du monde très loin devant Harrods à Londres ou les Galeries Lafayette en France près de l’Opéra à Paris ou encore El Corte Inglese à Madrid en Espagne pour ne citer que ceux que je connais.

Histoire de cercles et de polygones …

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La population du monde : une carte de la population du monde vue sur le site zerohedge. Le lien ci-dessous renvoie à une illustration interactive fort instructive. Quant au produits intérieurs bruts ils sont aussi représentés dans un cercle par la Banque Mondiale :

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https://public.tableau.com/profile/tim.finnigan#!/vizhome/CountriesbyPopulationSize-2/Dashboard1

France : PIB et dette, dans les règles de l’art réthorique

France : PIB et dette, dans les règles de l’art réthorique

En France, on ne s’embarrasse pas du ridicule, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Suisses, près de leurs sous comme chacun sait, observent avec amusement les annonces du ministre français des finances et de l’économie. Le fait que le PIB français aura finalement augmenté de 1,4 % en 2016 comme l’a claironné le sieur Sapin il y a quelques jours a laissé pantois les riverains du Léman ! Il faut tout de même remettre les pions en place sur l’échiquier financier de la France qui va droit à la faillite comme avait osé le dire François Fillon il y a quelques années. Pour obtenir péniblement, selon les statistiques hautement contestable du ministère des finances, un PIB culminant à + 1,4 %, soit une augmentation de 28 milliards d’euros environ, il aura fallu à la France emprunter sur les marché environ 300 milliards d’euros en 2016 pour rembourser ses créanciers sur des titres de dette arrivant à échéance (190 milliards) et aussi et surtout pour faire fonctionner la machine, soit 110 milliards environ injectés dans l’économie. Bel exemple de l’incurie totale du gouvernement socialiste qui a précipité la France dans un abime insondable de dette dont elle ne ressortira que dans une ou deux générations, si tout se passe bien.

En effet, comme d’ailleurs l’Espagne et l’Italie qui suivent la même stratégie suicidaire, pour tenir à bout de bras l’économie la France emprunte donc 10 euros pour créer 1 euro de PIB et créé des postes de fonctionnaires inutiles … C’est une réussite totale.

Aux USA, sous l’ère Obama, la stratégie était un QE (quantitative easing) de 3 dollars pour un dollar supplémentaire de PIB. L’économie américaine n’est pas vraiment en bonne santé avec près de 100 millions de personnes sans emploi ou avec des petits boulots précaires pour remplir une maigre gamelle quotidienne (et qui ont voté pour Trump, leur seul espoir) mais qu’en est-il de celle de la France, de l’Espagne et de l’Italie ? Faut-il selon cette arithmétique très simple en conclure que les économies des « cigales » sont trois fois plus dégradées que celle des Etats-Unis ?

Mon blog, contrairement à beaucoup de sites qui foisonnent sur internet, n’a pas pour mission de colporter de fausses informations car je me contente de recouper diverses données de nature irréfutable (voir note ci-dessous). Il faut se rendre à l’évidence : la France est aujourd’hui en cessation de paiement comme le disait, je le rappelle, François Fillon il y a 8 ans. S’il est élu (et je le souhaite de tout coeur) que va-t-il faire ?

Le cheval de bataille de Fillon est de réformer les collectivités territoriales en soumettant ce projet à référendum et consistant à réduire de moitié le mille-feuille administratif (et politique) en passant de 36000 à au maximum 7000 communes, ce qui réduira dans les mêmes proportions le nombre de parasites vivant de la manne des contribuables. Dans l’administration ce sera la même politique de réduction des effectifs de fonctionnaires (600000 de moins) pour atteindre un volume d’économies de 87 milliards par an tout en rétablissant le jour de carence pour maladie qui plombe totalement la fonction publique dans son ensemble en raison d’un absentéisme endémique pour convenance personnelle. Etc, etc …

Pour plus de détails sur le programme Fillon ce lien très bien documenté : http://www.ifrap.org/comparateur

Note : Je précise à mes lecteurs que les données ci-dessus relatives à l’émission de titres de dette sont très approximatives et si l’un d’entre eux peut m’en fournir de plus précises, je lui en serai reconnaissant.

Le PIB français – + 1,1 % en 2015 – du gros enfumage !

 

J’ai été quelque peu interpellé par le titre des Echos en ligne ce vendredi 29 janvier 2015 qui ne faisait que reprendre une dépêche de l’AFP. La croissance économique de la France a atteint le chiffre faramineux (fumeux) de 1,1 % en 2015 et dans la foulée le CAC40 a réagi à la hausse. C’est énorme si on se réfère à la maigrichonne croissance de 2014 qui n’était que de 0,2 %, en d’autres termes le gouvernement et son grand timonier qui actionne le pédalier économique peuvent se féliciter d’une croissance 5,5 fois plus « forte » en 2015. La dette du pays n’atteint plus que 96,9 % du PIB (source INSEE) et tout va bien Madame la Marquise …

Il suffit d’une calculette pour découvrir que les données sont truquées, certes moins que celles de la Chine, mais tout de même n’importe quel élève de CM2 pourra le démontrer. La croissance française ne repose que sur l’accroissement de la dette et des hors-bilan, surtout des hors-bilan, ce côté opaque et glauque de la comptabilité nationale. La dette « officielle » de l’Etat Français était fin 2015 de 2103,2 milliards d’euros et le PIB, au sens de Maastricht, était de 2170,4 milliards d’euros. Le total des hors-bilan a augmenté de 273,3 milliards d’euros durant cette année 2015. Je n’invente rien, toutes ces données sont disponibles sur le site de l’INSEE et on peut trouver quelques informations supplémentaires sur le site de la Cour des Comptes (voir le lien). Le petit élève de CM2 a qui on enseigne des rudiments d’économie aura très vite compris que le PIB, toujours au sens de Maastricht (ce qui ne veut rien dire), n’a pas augmenté de 1,1 % en 2015 mais régressé de 0,96 % !

Je ne suis pas économiste mais n’importe qui sachant faire des additions et des divisions comprendra qu’on roule l’opinion publique dans la farine et que le système des hors-bilan, une entourloupe comptable inventée par Alain Juppé, est un magnifique outil d’enfumage. Personne ne sait exactement comment ces hors-bilan pourront être apurés puisqu’ils atteignent aujourd’hui environ 3200 milliards d’euros.

Qu’y a-t-il dans ces fameux hors-bilan ? Pour plus de la moitié il y a les retraites des agents de l’Etat qui ne sont pas financées (1753 milliards), la garantie des livrets d’épargne (519 milliards), c’est la moindre des choses (!) l’Etat se sert de l’argent des épargnants pour financer un certain nombre d’actions mais si tous les épargnants retiraient leurs billes le même jour, le casino de la finance de l’Etat français sauterait. Il y a aussi dans ces hors-bilan la contribution de l’Etat au fond européen de stabilité financière, la contribution du pays au FMI et enfin les engagements de l’Etat découlant de sa mission de régulateur économique et social ( sic, je recopie Wikipedia) consistant essentiellement à financer les régimes spéciaux, SNCF, RATP, etc, pour le plus grand bénéfice des syndicats.

Au final, compte tenu du fait que les hors-bilan ont augmenté de 350 % en dix ans (oui, vous avez bien lu), on comprend maintenant parfaitement que l’élite politique française, soutenue par une administration aux ordres du pouvoir, nous mène en pédalo depuis près de 20 ans.

Si on utilisait des règles comptables saines on pourrait dire que l’économie française est en récession depuis plusieurs années et que le pays est virtuellement en faillite.

https://comptes-rendus/Publications/Publications/Certification-des-comptes-de-l-Etat-pour-l-exercice-2014

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France

Suite du billet sur l’Académie des Sciences

Les sages du Quai Conti ont donc estimé, ce doit être vrai comme tout ce qu’ils disent, que la facture énergétique de la France s’élevait à 60 milliards d’euros par an dont 14 milliards pour le seul gaz naturel importé (2012) et que le nucléaire permettait d’épargner 20 milliards supplémentaires. Le coût de l’énergie représente donc 4 % du PIB français : (60 + 20)/1900. Ces 60 milliards qui partent en Algérie, en Russie, au Gabon, en Angola et ailleurs représentent en gros le montant du déficit commercial de la France, dont peu de ministres se préoccupent, on parle des déficits mais personne n’a l’air d’apprécier le péril qui menace la maison France avec ce déficit commercial devenu aussi chronique que le déficit budgétaire. Le Ministre du Redressement se contente d’aboyer de temps en temps à la lune en déclarant que tout ça c’est de la faute de l’euro trop surévalué. On se demande si ce ministre est capable d’utiliser une calculette quand il se lance dans de telles diatribes contre la monnaie unique. Aujourd’hui le Brent est à 110,08 dollars et l’euro s’affiche à 1,3554 dollar et comme tous les pays que j’ai cité plus haut facturent les hydrocarbures qu’ils nous fournissent en dollars, la facture énergétique de la France au cours du jour du dollar est donc de 81,32 milliards de dollars. Certes ce calcul n’a pas grande valeur puisque la majorité des approvisionnements en pétrole est l’objet de contrats à terme, le Brent à 110 dollars concerne le marché spot. Le ministre du Redressement (dont on ne sait pas trop quoi) et le ministre des finances (on devrait dire de la faillite) qui se plaignent d’un euro trop ferme devraient comprendre que si 1 euro valait 1 dollar la facture énergétique serait de 81,32 milliards d’euros soit 1,12 point de PIB supplémentaire. Le ministre rétorquerait que toute l’industrie s’en porterait bien mieux car les exportations verraient une embellie qu’aucun plan de relance ne pourrait atteindre. Peut-être mais pour digérer une telle dévaluation de l’euro qui renchérirait également bien d’autres produits importés, il faudrait une croissance immédiate du PIB de plusieurs points de pourcentage … C’est tout simplement du rêve et quand on est ministre on n’a pas le droit de rêver !

Heureusement que les spécialistes auto-proclamés du climat réunis à Varsovie et qui s’empiffrent en ce moment de harengs de la Baltique arrosés de vodka aux frais des contribuables de la planète prévoient dans leurs rêves un réchauffement généralisé, au moins les dépenses de chauffage diminueront et comme selon eux c’est pour bientôt, il n’y a pas trop de souci à se faire.

Pas de chance, le puissant anticyclone fermement installé pour plusieurs jours sur les Iles Britanniques va favoriser une migration d’air polaire sur l’Europe et la baisse des températures se ressentira même en plaine en attendant de nouvelles chutes de neige en fin de semaine prochaine. Les « experts » du climat ne l’avaient pas prévu …

Croissance française de retour ? J’ai des doutes

J’ai été accroché par un article de Mike Shedlock au sujet du PIB de la Chine. Juste pour l’anecdote, d’après ce bloguer économique reconnu outre-atlantique, le gouvernement chinois surestime le PIB du pays de 1000 milliards de dollars, c’est une paille ! De plus, il n’est aucunement fait mention dans le calcul de cette donnée importante du « shadow banking » qui pourrait représenter plus de la moitié des mouvements de capitaux dans le pays, essentiellement dans l’immobilier. Dans une moindre mesure puisque la France est un tout petit pays, Lilliput par rapport à l’énorme Chine, résumons en trois chiffres : PIB, 2000 Mds €, emprunt sur les marchés en 2013, 200 Mds €, croissance du PIB au second trimestre annoncée d’une manière tonitruante de 0,5 % par le ministre de l’économie qui, curieusement, quelques jours auparavant, convenait que la croissance française risquait de ne pas être au rendez-vous alors qu’il n’ignorait pas ce chiffre de 0,5 % puisqu’il est certainement le premier informé par les douanes, l’INSEE et la Banque de France, bref, en moins d’une semaine, on passe d’une note de pessimisme à un optimisme délirant, avec toutefois une retenue pour la forme consistant à dire de manière elliptique que ce sont des données non définitives. Je ne suis pas économiste mais un enfant de CM2 comprendrait qu’il y a un gros lézard dans tout ça. Un demi pour cent de PIB (2000 Mds) pour le deuxième trimestre = 10 Mds € de plus que les 500 Mds prévus si la croissance avait été de zéro, soit 510 Mds, emprunts durant la même période : 50 Mds €. On pourrait admettre que ces 50 Mds d’euros empruntés sur les marchés servent à produire de la richesse, or il n’en est rien puisqu’ils servent seulement à payer les intérêts de la dette existante et à rembourser aux créanciers les titres arrivant à maturité. Toute la question est de savoir comment ces 50 Mds sont comptabilisés par l’Etat. Dans le cas le plus optimiste si la totalité des emprunts était utilisée pour créer de la richesse, alors le PIB net du deuxième trimestre serait de 510 – 50 = 440 Mds soit une baisse sur un an de 2 %. Et l’inflation, est-elle déduite ou comprise dans le PIB, parce que c’est aussi une bonne manière de trafiquer les données … La situation est donc totalement faussée jusqu’à l’absurde à moins à moins que je ne comprenne strictement rien à l’économie. Mais mon soupçon persistant est que le gouvernement socialo-marxiste français prend peut-être exemple sur le gouvernement communiste chinois …