Il y a 50 ans naissait le Club de Rome

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Aurelio Peccei, un industriel italien philanthrope qui avait travaillé dans la firme automobile Fiat puis la société Olivetti, créa en avril 1968 avec Alexander King, un chimiste écossais, le Club de Rome, mettant en avant pour la première fois le concept de « développement durable ». Le Club de Rome existe toujours et est basé à Winterthur en Suisse, le pays de tous les possibles. La problématique de cette assemblée dont le secrétaire général actuel est Graeme Maxton, connu pour son livre « La fin du Progrès », est de prôner le malthusianisme afin de sauvegarder l’humanité. On peut résumer l’idéologie de ce club ainsi. En réalité si les thèses d’un déclin imparable de la qualité des conditions de vie sur la Terre en raison de l’accroissement de la population fait partie de la préoccupation centrale du Club de Rome, le but final est tout autre.

Il est difficilement concevable d’imaginer un instant que les individus sur la planète entière restreindront sans contrainte extérieure leur instinct de procréation. Il s’agit donc pour cette organisation de mettre en place progressivement un gouvernement mondial dont les objectifs seront d’abolir les gouvernements nationaux et d’imposer des règles strictes de bonne conduite afin de restreindre la population. Pour atteindre un tel objectif il faut naturellement que les populations soient réceptives à des injonctions venant d’ « en haut ». L’Eglise chrétienne a remporté un franc succès en persuadant les adeptes qu’il y avait un paradis promis à ceux qui étaient vertueux et un enfer pour les autres. C’est exactement ce type d’attitude qu’adopta tout de suite le Club de Rome.

Dès 1973, avec les ordinateurs de l’époque, des chercheurs du MIT travaillant pour le Club de Rome modélisèrent un sombre avenir pour l’humanité si celle-ci ne réussissait pas à restreindre le nombre des naissances. La vidéo datant de cette année-là et diffusée à la télévision indique que dès 2020 l’humanité sera confrontée à des graves problèmes de survie, de pollution, de ressources alimentaires et qu’en 2040 la situation se sera tellement dégradée que la population mondiale chutera catastrophiquement. Voici le lien pour les anglophones : https://youtu.be/cCxPOqwCr1I. On peut croire ou non à ce type de prévision sur le long terme appelée par son auteur Jay Forrester le programme « World One » mais son but était surtout de terroriser les foules.

Pour imposer « sa loi » à l’humanité toute entière il faut d’abord la préparer psychologiquement et le seul moyen, comme l’a fait l’église chrétienne en son temps, il faut lui faire peur. Comme le disait Christine Lagarde l’humanité dérègle le climat – ce qui reste encore à prouver – et « on va tous griller comme des toasts », c’est ce qu’elle a affirmé : l’image de l’enfer ! Alexander King, alors directeur du Club de Rome, évalua les résultats de ce programme de simulation et en conclut que les grandes corporations devaient imposer un nouvel ordre mondial afin d’achever le but d’ « un développement durable » qui ne dégrade pas les conditions de vie sur la planète Terre. Lors de sa prochaine réunion le Club de Rome formulera les 17 points qui doivent être implémentés rapidement. C’est essentiellement une directive de mise en place d’une gouvernance mondiale sous l’égide des Nations-Unies, du Fond Monétaire international et de la Banque Mondiale. Pour retrouver les détails de ce projet il suffit d’aller sur le site des Nations-Unies et de chercher Sustainable Development Goals.

Monter en épingle le réchauffement climatique d’origine humaine – alors que l’activité humaine joue un rôle négligeable par rapport à l’activité solaire – est du pain béni pour ces globalistes qui veulent imposer leurs lois et leur lubies au monde entier. Le Club de Rome est sponsorisé par les globalistes les plus acharnés au monde. Juste pour situer l’importance qu’ils donnent à cette organisation, citons les membres passés et présent de cette assemblée qui veut s’octroyer des pouvoirs terrifiants pour les démocraties : Al Gore, Mikhail Gorbachev, Bill Clinton, Jimmy Carter, Bill Gates, Ted Turner, George Soros, Tony Blair, Deepak Chopra, Henry Kissinger, Barbara Marx Hubbard, Marianne Williamson, Le Roi Juan Carlos I et la plupart des anciens secrétaires généraux des Nations-Unies ainsi que divers officiels de haut rang. Les bras séculiers déjà présents pour mettre en oeuvre ce projet sont Facebook, Google ou encore Amazon, Microsoft et la majeure partie des médias appartenant à des entités financières transnationales.

Nous entrons donc bien dans une ère nouvelle orwellienne, la dictature mondiale dont le principal acteur sera les USA, inutile de s’en étonner. Pour donner un petit exemple de l’attitude particulièrement significative des Nations-Unies j’ai écrit un billet il y a quelques jours sur la bilharziose. Je conseille à mes lecteurs d’aller sur la page schistosomiasis de Wikipedia en anglais et ils découvriront avec stupeur ceci :

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Ce passage a disparu de la version française ! Il est très facile de comprendre quelle est la politique de l’OMS, organisme onusien, faut-le rappeler, tout simplement de laisser les enfants africains mourir, c’est mieux pour la planète : la bilharziose tue seulement 200000 personnes chaque année, ce n’est pas assez … N’importe quel individu normalement constitué trouve que ce genre de décision émanant d’un organisme international est inique. Mais si on prend la peine de fouiller dans les directives du Club de Rome, force est de retrouver tous les chevaux de bataille des ONGs concernant la lutte contre l’usage des pesticides. C’est un levier pour réduire la population humaine car ne plus faire appel à des molécules chimiques hautement spécifiques dans l’agriculture extensive entrainera inévitablement des famines généralisées, ce que désire finalement le Club de Rome. Un autre point intéressant dont les médias n’ont pas le droit de faire un quelconque commentaire, l’orchestration par le Club de Rome des campagnes anti-vaccins dans le but d’affaiblir les défenses immunitaires des êtres humains afin d’assister à une augmentation de la mortalité généralisée. Ce type d’actions souterraines est largement repris par les médias. Pas étonnant, ces médias appartiennent pour la plupart à des groupes financiers impliqués dans le grand projet du Club de Rome et je le rappelle ici au risque de me répéter.

La supposée raréfaction des ressources en hydrocarbures est aussi une préoccupation de cette insidieuse organisation totalitaire néo-troskyste dont le label trompeur est le néo-libéralisme est un mensonge. Il existe des réserves en charbon et en pétrole partout dans le monde mais leur exploitation est préjudiciable pour la santé du climat. En effet le Club de Rome a largement encouragé la propagande consistant à déclarer que le gaz carbonique était mauvais pour le climat, normal me direz-vous car il s’agit du seul argument dont dispose cette assemblée de complôtistes qui veulent établir une hégémonie dictatoriale sur l’ensemble de l’humanité. J’ai plus de 70 ans et je ne suis pas encore dénué de sens critique mais je suis convaincu que mes petits-enfants vivront des années très sombres. Ils seront les esclaves des grandes compagnies apatrides guidées par les USA, peut-être le seul créneau qui reste aujourd’hui à ce pays pour survivre à moins de catalyser un nouveau conflit mondial meurtrier, ce que désire finalement le Club de Rome pour réduire la population mondiale. Belle perspective …

Inspiré d’un article de Michael Snyder paru sur le site endoftheamericandream.com le 3 septembre 2018 via le site ZeroHedge

La disparition des abeilles : mythe ou réalité ?

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Les 6, 20 et 29 février 2016 j’ai laissé trois billets sur ce blog relatifs à la maladie des colonies d’abeilles et il semble que, du moins aux USA, ce phénomène soit en voie d’atténuation significative. Selon les dernières statistiques du Département de l’agriculture américain (USDA) le nombre d’essaims actifs a augmenté de 3 % depuis le début de l’année 2017 soit une augmentation du nombre d’environ de 90000 ruches sur un total de 2,9 millions enregistrées auprès des autorités. Selon Tim May, vice-président de l’association nord-américaine des apiculteurs « pour sauver les abeilles il faudrait savoir exactement de quoi elles souffrent » (sic) … cela va de soi. Si les ruches meurent toujours car une colonie n’est pas éternelle leur disparition a diminué de plus de 60 % entre avril et juin de cette année par comparaison avec la même période de l’année 2016, toujours aux USA.

Les meilleures conditions adoptées par les apicultures sur recommandation de l’USDA pour dédoubler les ruches, leurs discussions avec les agriculteurs afin qu’ils n’utilisent pas de pesticides lors de la période critique d’essaimage et de dédoublement des colonies semblent avoir été un succès. Malgré ces efforts aux résultats encourageants, il reste toujours que 13 % des colonies meurent en raison de l’usage de ces pesticides, 12 % à la suite d’infestations avec des parasites autres que le varroa et enfin 4,3 % en raison d’autres maladies. Les principales causes de la mort des ruches restent toujours le mauvais temps, l’insuffisance de pollen pour les butineuses, le manque de nourriture à la fin de l’hiver et enfin et surtout les mauvaises pratiques d’élevage des apiculteurs eux-mêmes. La disparition des colonies d’abeilles deviendrait-elle un mauvais souvenir ? Selon le Docteur May Berenbaum, entomologiste à l’Université d’Illinois, les pesticides ont été peut-être un peu trop tôt incriminés pour masquer les mauvaises pratiques d’un grand nombre d’apiculteurs pour une raison assez simple à comprendre : près de la moitié des ruches américaines sont infestées par le varroa et les apiculteurs n’aiment pas trop reconnaître qu’ils ne connaissent pas leur métier ou plus simplement leur passe-temps. Belle démonstration d’un évènement monté en épingle par les défenseurs de l’environnement alors que les arguments scientifiques irréfutables d’une effet nocif des pesticides, en particulier des néonicotinoïdes, se font toujours attendre. En Europe la situation est sensiblement identique et ce n’est pas le moratoire décrété par les instances bruxelloises au sujet de l’utilisation des néonicotinoïdes qui y est pour quoi que ce soit. Il était politiquement correct d’interdire ces produits en vertu du détestable principe de précaution qui à l’évidence ne s’applique pas aux USA …

Source : Bloomberg, illustration : varroa (Wikipedia)

Le Roundup revient sur le devant de la scène européenne

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Depuis 1974, année mémorable pour la firme Monsanto qui commercialisa pour la première fois le glyphosate sous le nom de Roundup, combien y a-t-il eu de morts prouvées comme étant la conséquence directe de cet herbicide alors que des centaines de millions de personnes ont utilisé ce produit ?

Au début des années 1990 une Australienne s’est suicidée en avalant une bonne louche de cet herbicide, c’est tout ! Après autopsie réalisée à la demande de Monsanto (bien que ce fait n’ait jamais été officiellement reconnu) il fut prouvé sans contestation possible qu’elle était morte en raison d’un oedème pulmonaire fulgurant dont la cause était la formulation contenant des tensioactifs puissants et non pas la matière active elle-même du Roundup. Avalez une louche de liquide pour vaisselle les conséquences seront identiques : vous mourrez d’un oedème pulmonaire. Toutes les études consistant à rechercher la toxicité ou la carcinogénicité du glyphosate ont été réalisées avec la matière active et non la formulation de ce produit : elles sont donc toutes sans valeur. Pour un chimiste ou un biochimiste qui connait son métier il est impossible que la molécule de glyphosate puisse interférer avec l’ADN d’une quelconque manière que ce soit et provoquer l’apparition de cancers. C’est pourtant ce que l’organisme onusien IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a déclaré il y a maintenant deux années en classant le glyphosate parmi les carcinogènes potentiels, un qualificatif obscur qui a relancé la controverse sur cet herbicide utilisé dans le monde entier en raison de son efficacité et de son coût modéré depuis plus de 40 ans.

L’Echa – agence européenne des produits chimiques – vient de conclure (15 mars 2017) que le glyphosate ne présentait aucun effet carcinogène dans la foulée des recommandations de l’EFSA (Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire) qui allaient dans le même sens. Comme on pouvait s’y attendre l’ONG multinationale et tentaculaire Greenpeace n’a pas attendu pour monter au créneau et bombarder du haut de sa superbe les experts tant de l’Echa que de l’EFSA en considérant que les conclusions de ces organismes étaient sans valeur, arguant du fait que ces experts travaillaient pour le compte de Monsanto ou avait été payés au moins quelques mois durant leur carrière par cette firme.

Il faut dire que Greenpeace excelle dans la stratégie du mélange des genres pour mieux entretenir la confusion. Le raisonnement de cet organisme qui oeuvre pour semer la terreur est le suivant : puisque Monsanto a mis au point des plantes génétiquement modifiées pour résister au glyphosate, le glyphosate est donc dangereux comme les plantes transgéniques le sont ou sont supposées l’être. En effet, la bête noire de Greenpeace est la firme Monsanto et tous les moyens – y compris les plus fallacieux – sont bons pour ternir la réputation de cette firme. À la suite des conclusions de l’Echa l’Agence Européenne pour la Protection des Cultures (ECPA) a déclaré qu’enfin la science prévalait sur les décisions politiques largement inspirées des conclusions erronées de Greenpeace et des fonctionnaires de l’IARC.

Puisque ce billet mentionne Monsanto, le leader mondial des plantes vivrières de grande culture génétiquement modifiées, la situation est identique à celle du Roundup. Depuis maintenant 40 ans que les êtres humains et les animaux consomment ou utilisent des plantes transgéniques et leurs produits dérivés, je pense au soja, au maïs et au coton, combien de personnes (ou d’animaux) se sont retrouvés indisposés ou malades après avoir consommé ces produits ? Combien de cas de relation directe de cause à effet ont été dûment répertoriés et étudiés ? Si j’ai mentionné le coton il ne faut pas oublier que la plupart des huiles végétales utilisées en cuisine contiennent des quantités non négligeables d’huile de graines de coton. Quant à la lécithine de soja transgénique elle se retrouve dans toutes les sauces et mayonnaises industrielles dans le monde entier …

Mais revenons au glyphosate. Pour l’anecdote, je me souviens avoir eu une discussion haletante avec des « formulateurs », ces spécialistes de la mise au point de formules permettant à une molécule chimique de pénétrer dans une plante, un insecte ou un champignon phytopathogène. Les formules mises au point par les firmes agrochimiques sont tenues secrètes. Elle ne sont protégées par aucun brevet car il s’agit d’un savoir-faire industriel. Personne ne connait la composition exacte des formulations qui contiennent parfois jusqu’à dix produits différents ! J’avais demandé à un formulateur si telle molécule dont j’avais mis en évidence la présence dans un champignon phytopathogène provenant de la dégradation d’un fongicide pouvait elle-même être considérée comme un fongicide potentiel. À la simple vue de la molécule il me répondit tout simplement « certainement pas, il faut la formuler « . Je découvris ainsi l’aspect parfois empirique de cette discipline particulière de l’agrochimie.

Greenpeace ne veut pas en rester là et a organisé une pétition citoyenne à l’échelle européenne pour que, forte d’un million de signatures, cette ONG puisse officiellement infléchir la Commission Européenne afin qu’elle ne revienne pas sur l’interdiction de l’utilisation du glyphosate et qu’elle entérine une autre décision beaucoup plus inquiétante pour le monde agricole, la réduction de l’usage des pesticides quels qu’ils soient à l’échelle européenne et à terme l’interdiction totale de leur utilisation. Autant dire que les agriculteurs qui se trouvent tous dans une situation économique précaire apprécieront les errements idéologiques infondés de cette ONG dont le rôle consiste uniquement à répandre la terreur, une terreur totalement infondée …

Source partielle : The Guardian

Et si on reparlait des insectes pollinisateurs, des pesticides et des produits « bio » ?

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En cherchant bien dans la littérature scientifique on retrouve parfois des travaux sciemment passés sous silence parce qu’ils dérangent certains groupes de pression que je ne nommerai pas alors que la polémique sur l’usage des insecticides de la famille des néonicotinoïdes n’est pas éteinte, loin de là. Un moratoire est toujours en vigueur en Europe pour préserver les insectes pollinisateurs dont les abeilles en particulier. Difficile de prendre position pour ou contre l’usage de cette famille d’insecticides extraordinairement puissants puisqu’ils sont appliqués aux plantes par enrobage des semences à des doses globales correspondants à quelques grammes par hectare. Ils ont une action systémique, en d’autres termes ils pénètrent dans la plante et se retrouvent dans les tiges et les feuilles et les insectes et autres champignons ravageurs suceurs de sève sont exterminés quand ils se nourrissent. Au cours de la croissance de la plante, le produit se dilue, c’est facile à comprendre, et sa présence dans le pollen, le nectar ou les graines de la plante en fin de croissance est pratiquement indécelable. La controverse est donc de ce fait plutôt mal engagée. Certaines études ont, certes, montré que les abeilles étaient fragilisées par les néonicotinoïdes mais les conclusions sont également controversées car les travaux n’ont pas été réalisés dans les conditions normales de la bonne pratique des cultures.

L’autre volet également sujet à caution et alimenté à grands renforts de campagnes terrorisantes et culpabilisatrices de la part de ces mêmes groupes d’activistes anti-pesticides en tous genres est l’émergence des produits dits « bio » qui ont catalysé un gigantesque business dans lequel beaucoup d’acteurs peu scrupuleux ou pas scrupuleux du tout se sont précipité : la peur est le support d’un marché juteux, c’est bien connu ! Pourtant la réalité est tout autre. Dans un article d’anthologie publié dans les PNAS en juillet 1990 le Docteur Bruce Ames et ses collaborateurs de l’Université de Berkeley ont relativisé l’importance des pesticides de synthèse mais pratiquement personne n’a jamais osé citer cet article car il est un tant soit peu anti-conformiste et particulièrement effrayant.

Ames et ses collaborateurs ont calculé que 99,99 % des pesticides que l’on est susceptible d’ingérer en mangeant une tomate ou en buvant un café sont naturels !

En effet, lorsque les plantes sont attaquées par un ravageur elles se défendent en synthétisant des produits dangereux voire très dangereux sinon mortels et ces produits sont présents dans les plantes avant même qu’un insecte ait entrepris de se nourrir de sève, qu’un champignon ait commencé à s’infiltrer dans les tissus végétaux ou qu’une bactérie puisse commencer ses ravages. Quant aux animaux, les plantes ont également mis au point des produits chimiques dissuasifs au goût amer, malodorant ou acide. Bref, l’équipe de Ames a répertorié des centaines de composés chimiques d’origine végétale presque tous toxiques ou cancérigènes qu’on retrouve dans des légumes ou des fruits de consommation courante comme le chou, la pomme de terre, la tomate ou le café ! Par exemple dans deux tasses de café il y a 765 mg d’acide chlorogénique. Ce produit peut endommager la rétine et est un carcinogène reconnu chez les souris et les rats. Même le café « bio » en contient, cela va de soi. Un autre produit puissamment cancérigène est le 5-/8-methoxypsoralene qu’on trouve notamment dans le céleri, le persil et les figues, que ces plantes soient « bio » ou non, naturellement. Vous en voulez encore ? L’estragole ou para-allylanisole est un autre puissant carcinogène et on le trouve dans le basilic, l’aneth ou encore l’estragon. Je ne peux pas résister à citer la sinigrine, un glucoside présent dans toutes les brassicacées dont le chou, de Bruxelles ou de « chez nous », le brocoli, le raifort, le navet mais aussi la moutarde noire. Si on coupe un navet en tranches il se défend immédiatement en modifiant la sinigrine et il apparaît alors de l’isothiocyanate d’allyle qui confère leur goût caractéristique à la moutarde ou au wasabi (illustration ci-dessus) mais il présente aussi un effet lacrymogène presque immédiat si on abuse de ces condiments. En lui-même l’isothiocyanate d’allyle est un insecticide qui agit en coupant les chromosomes, ça fait peur, mais quand il est dégradé dans le tube digestif apparaît alors de l’allylamine qui est irritante pour la peau. Si on relativise la situation, on peut dire que quand on mange des fruits ou des légumes « bio » ou non, de tous les pesticides naturels ou non qu’on s’administre, sans le plus souvent le savoir en mangeant, ceux-ci se répartissent ainsi : 0,09 mg de pesticides synthétiques pour environ 1,5 g de pesticides naturels ! Parmi 52 pesticides naturels bien documentés, il y a 7 toxines qu’on retrouve dans pratiquement tous les champignons et qui sont classées à part, 27 sont des carcinogènes reconnus chez la souris à fortes doses, et les autres ont tendance à faire apparaître des radicaux libres favorisant des processus d’oxydation pouvant mettre la santé en danger. C’est d’ailleurs le plus souvent leur mode d’action dans le processus de défense de la plante. Fort heureusement les légumes et les fruits contiennent bien d’autres composés bénéfiques pour la santé humaine et animale qui estompent la présence de ces produits pourtant potentiellement bien plus dangereux que les pesticides de synthèse car ils sont beaucoup plus abondants naturellement.

Pour en revenir aux insectes pollinisateurs, les quantités tant de pesticides naturels que de pesticides de synthèse dans le pollen sont infinitésimales et la nature semble avoir bien fait les choses puisqu’elle a justement besoin de ces insectes pour sa survie. Les bonnes pratiques agricoles interdisent tout épandage d’insecticides lors de la floraison et sans vouloir prendre la défense des néonicotinoïdes qui soit dit en passant sont des dérivés de la nicotine, elle-même un puissant insecticide, le fait qu’ils soient systémiques rend peu probable leur présence dans le pollen ou le nectar des fleurs et donc leur implication dans l’hécatombe des ruchers. Il faut néanmoins, au risque de déplaire à certains, rappeler qu’entre 1960 et 2011 le nombre de ruches est passé dans le monde de 50 à 80 millions (source FAO). Où est cette disparition qu’on ressasse sans arrêt dans les médias ? Malgré l’introduction des néonicotinoïdes le nombre de colonies d’abeilles est resté stable aux USA ces dix dernières années (source USDA), où est la disparition ? Les statistiques canadiennes font état d’une augmentation de 501000 à 672000 ruches ces vingt dernières années, où est la disparition ? En Australie, pays exempt de varroa, malgré l’usage de néonicotinoïdes la population d’abeilles n’a pas décliné depuis le milieu des années 90 (source Université du Queensland à Brisbane), où est la disparition des abeilles dont les néonicotinoïdes sont supposés être la cause ? Quant à l’Europe permettez-moi de contester les données statistiques sur les ruchers car comme chacun sait ces données sont truquées sciemment par des groupes de pression que je ne nommerai pas non plus.

Source : PNAS Vol.87, pp. 7777-7781, Octobre 1990, disponible dans PubMed, illustration : racines de Wasabi ou raifort japonais

Abeilles : encore des preuves contre les pesticides !

J’avais mentionné dans un précédent billet que les bourdons importés pour polliniser les cultures sous serres ne répondaient pas toujours aux critères sanitaires imposés par les règlements en vigueur et que compte tenu du surcoût que représentait une inspection sanitaire détaillée, celle-ci était tout simplement négligée. Tant pis pour les bourdons mais surtout tant pis pour les abeilles qui, exposées aux bourdons infectés, contractent diverses maladies dont des bactéries détruisant le tractus intestinal des ouvrières et des butineuses sans épargner la reine et mettant en danger la survie de la ruche. L’un des parasites transporté par les bourdons est le Nosema spp. apis, un parasite unicellulaire classé parmi les champignons qui affaiblit les butineuses à tel point qu’elles ne peuvent plus revenir à la ruche. On a attribué ce comportement des butineuses à l’abus de pesticides, mais on comprend ainsi que le déclin inexorable des abeilles est multifactoriel. La sensibilité des abeilles aux parasites est exacerbée par les pesticides mais jamais une étude détaillée n’avait été vraiment conduite pour le prouver sur le terrain.

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C’est ce que vient de publier une équipe de biologistes de l’Université du Maryland à College Park. L’étude a été effectuée avec des ruches placées au milieu de cultures maraîchères et fruitières variées, comprenant des amandiers, des pommiers, cassis et canneberge ainsi que des concombres, pastèques et courges. Cette étude a été réalisée dans plusieurs Etats dont la Californie, le New-Jersey, le Delaware ou encore la Pennsylvanie. D’une part l’analyse des pollens ramenés à la ruche par les butineuses a montré qu’ils contenaient tous des pesticides et parfois jusqu’à trente pesticides différents comprenant des fongicides, des insecticides et même des herbicides pour un quart des échantillons de pollens analysés. Je n’ai pas l’intention d’ennuyer mes lecteurs mais il semble intéressant de noter les diverses familles de pesticides trouvés parfois à des doses supérieures à celles dites sub-létales. Dans l’énumération qui suit, les données entre parenthèse représentent le pourcentage d’échantillons de pollen contaminés par le pesticide en question : oxadiazines (10,5), néonicotinoïdes (15,8), carbamates (31,6), cyclodiènes (52,6), formamidines (52,6), organophosphates (63,2) et pyréthroïdes (100). Ca fait carrément peur surtout quand on sait que tous ces produits aux noms évocateurs se retrouvent dans le miel avec lequel on fait des tartines au petit déjeuner pour nos enfants et petits-enfants. Sans vouloir abuser de la patience de mes lecteurs il faut tout de même mentionner que huit fongicides différents ont été détectés dont un, le chlorothalonil, à une dose quatre fois supérieure à la dose sublétale admise (LD50) et 21 insecticides différents pratiquement tous présents à des doses supérieures à la LD50 en particulier les pyréthroïdes et les néonicotinoïdes. Pire encore, dans une étude séparée pour déterminer ceux parmi les pesticides détectés dans le pollen lesquels pouvaient avoir une incidence sur l’infection des abeilles par le Nosema, 22 d’entre eux (parmi les 35 détectés) augmentaient significativement le risque d’infection et en particulier le chlorothalonil, le résidu le plus abondant trouvé dans tous les pollens étudiés et qui est pourtant un fongicide. Un autre fait marquant révélé par cette étude est la tendance des abeilles à récolter le pollen des cultures qu’elles « connaissent » comme celui des amandiers ou des pommiers et à ne récolter que le nectar des autres cultures en particulier de la canneberge, mais pas pour les concombres, les citrouilles ou les pastèques, et se contenter de récolter le pollen des fleurs sauvages se trouvant près des champs cultivés. Cette observation précieuse montre que ce ne sont pas nécessairement les pesticides répandus sur les cultures qui nuisent aux abeilles mais ces mêmes pesticides se trouvant « par erreur » sur les fleurs sauvages et transportés par le vent lors des applications par pulvérisation. On comprend dès lors la nécessité pour les agriculteurs de respecter des règles très strictes lors des applications de pesticides afin de préserver la viabilité des abeilles, comme par exemple l’absence totale de vent. Enfin, l’effet délétère des fongicides tels que le chlorothalonil ou la pyraclostrobine sur la susceptibilité des abeilles au Nosema constitue un fait nouveau. Ce genre de situation n’avait été observé qu’avec l’utilisation de pesticides dirigés contre le varroa. Les biologistes auteurs de cette étude parue dans PlosOne insistent aussi sur le fait que les divers pesticides retrouvés dans le pollen à des doses incroyablement élevées puissent agir en synergie pour finalement détruire les ruchers en peu de temps. Si les abeilles pouvaient (encore) parler, elle remercieraient chaleureusement les chimistes qui n’ont aucun état d’âme sinon de réaliser des profits … après les abeilles le déluge, ou plutôt non, la famine … 

Source: PlosOne, crédit photo: Université du Maryland

OMS: rapport sur les perturbateurs endocriniens, ça fait plutôt peur !

L’OMS vient juste de publier (19 février 2013) le dernier rapport décennal sur les perturbateurs endocriniens et il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir. Ces substances présentes autant dans la vie de tous les jours, que ce soit les emballages alimentaires, les jouets en plastique, les moquettes synthétiques, les peintures, les cosmétiques, les équipements électroniques et j’en passe, mais aussi dans l’alimentation, sous forme de résidus de pesticides ou d’additifs, et enfin dans certains médicaments (c’est le comble!) contribuent de manière prouvée à la baisse de fertilité des hommes, à des malformations urogénitales chez les nouveaux-nés, à l’apparition du diabète de type II et de l’obésité qui sont liés, à l’apparition de certains cancers (utérus, testicules, thyroïde, …) et pour terminer ce tour d’horizon particulièrement morbide, ces mêmes perturbateurs contribuent à l’accroissement des maladies cardiovasculaires chez les adultes et des retards mentaux chez les enfants. Il y a eu l’affaire du bis-phénol A, perturbateur endocrinien reconnu, mais l’environnement est maintenant et durablement pollué par ces molécules.

D’après ce rapport, les perturbateurs endocriniens que l’ont a reconnu comme tels ne représentent que le sommet de l’iceberg, et une recherche intense doit être décidée au niveau mondial pour identifier d’autres perturbateurs potentiels, leur origine et leurs mécanismes d’action ainsi que les synergies pouvant apparaître selon que plusieurs composés chimiques différents sont en présence. L’industrie chimique non seulement n’a procédé qu’à des études peu détaillées en ce sens mais a aussi le plus souvent tout simplement omis de réaliser de telles études qui sont coûteuses et longues. En effet, les perturbateurs endocriniens entrent dans l’environnement (rivières, étangs puis les océans) par les décharges industrielles et urbaines peu ou pas totalement contrôlées, mais aussi du lessivage des pesticides agricoles par les pluies et enfin l’incinération de déchêts. L’homme s’expose à ces produits avec la nourriture, l’eau et les poussières (microparticules) inhalées, et par contact direct avec la peau comme par exemple un savon liquide anodin ou un shampooing !

J’oubliais que ces substances artificielles variées contribuent aussi à l’apparition d’immuno-déficiences, d’asthmes et de diverses intolérances digestives ou cutanées. Vraiment un tableau peu réjouissant mais l’industrie chimique s’en moque tant qu’il y a des profits (colossaux) à réaliser et même si l’humanité toute entière s’abatardit inéluctablement. cet abâtardissement touche principalement les pays développés mais, selon le rapport, les pays en voie de développement suivent strictement le même chemin en ce qui concerne en particulier l’obésité, le diabète de type II et l’apparition de certains cancers. On estime que près de 40 % des hommes des pays dits « riches » ont un sperme appauvri et que la prévalence des fausses-couches et des malformations génito-urinaires dans ces mêmes pays riches est directement liée aux perturbateurs endocriniens omniprésents. Enfin, juste pour en rajouter une petite couche, on estime que plus d’un milliard et demi de personnes sont obèses dans le monde, principalement à cause de ces mêmes substances.

Juste ce petit tableau loin d’être exhaustif tiré de ce rapport.

Table 1.4. Examples of EDCs with low dose effects (in animals) (Vandenberg et al., 2012).

Insecticides/Fungicides Industrial/General
Chlordane Chlorothalonil Chlorpyrifos DDT Heptachlor Hexachlorobenzene Maneb

Parathion Methoxychlor Tributyltin oxide Vinclozolin

Arachlor 1221 Bisphenol A/Genistein/DES Dioxin 4-methylbenzylidene Methylparaben Nicotin Nonphenol Octyphenol Sodium Fluoride PBDEs/PCBs Perchlorate

 

Bonne douche, bon maquillage et bon appétit !

Source : http://www.who.int/ceh/publications/endocrine/en/index.html