L’origine de « l’Origine du Monde »

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Le tableau le plus photographié dans le monde est toujours l’Origine du Monde de Gustave Courbet se trouvant en bonne place au Musée d’Orsay à Paris (illustration) mais qui fut le modèle de Courbet ayant accepté de dévoiler son intimité de manière aussi « ouverte » ? Durant des années les historiens ont cru que ce sexe était celui de sa maîtresse irlandaise Joanna Hiffernan qui partageait aussi ses faveurs avec l’artiste américain James Whistler. Le problème qui alimentait le scepticisme des historiographes de Courbet était simple : cette Joanna était rousse, très rousse, comme beaucoup d’Irlandaises et il n’y avait aucune raison logique pour que sa toison sexuelle soit d’un noir profond. Certes les artistes peuvent modifier leur modèle dans leurs peintures comme le fit habilement Modigliani quelques décennies plus tard dans ses séries de nus féminins.

La réalité de l’identité du modèle de Courbet est apparue en étudiant la correspondance entre Alexandre Dumas fils et George Sand. Il y est fait mention d’une dénommée Constance Queniaux, ancienne danseuse étoile à l’Opéra de Paris qui se trouvait être la maîtresse du diplomate ottoman Halil serif Pasha quand la peinture fut exécutée en 1866. Or l’Origine du Monde était une commande de ce personnage grand amateur d’art et mécène à ses heures. Cette Constance était réputée pour ses sourcils d’un noir d’ébène, ce qui correspond donc à la couleur de la pilosité de son sexe telle qu’elle est représentée par Courbet.

Source : The Guardian