La fin de l’eurozone pour après-demain ? Non, pour demain !

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Le fringant Président français qui veut tout changer en Europe se heurte au refus de l’Allemagne et les Allemands dispose de tous les arguments pour s’opposer aux gesticulations incompréhensibles d’Emmanuel Macron alors qu’il est censé parfaitement connaître les fusions-acquisitions dans le monde de l’entreprise après être passé chez Rothschild, et il ne semble pas non plus connaître le mécanisme du Target 2, c’est un comble !

En bref le Target 2 est un mécanisme qui a été créé pour faciliter les transactions trans-frontalières entre Etats à l’intérieur de l’eurozone. Le système fonctionne correctement et a atteint les objectifs qui avaient été précisés dans les traités. Pour ceux qui critiquent ce système le Target 2 signifie que la Deutsche Bundesbank consent des prêts à long terme non assurés (sauf en théorie par la Banque Centrale Européenne) et à taux nul aux autres banques centrales des autres Etats membres de l’eurozone, en particulier les « pays cigales » du sud : Italie, Espagne, France, Portugal et Grèce. On peut aussi résumer le rôle du Target 2 par une boutade : « Vous voulez acheter une voiture allemande, c’est simple l’Allemagne vous prêtera de l’argent à taux zéro ». Or ces prêts, en raison de la nature même du Target 2, ne sont pas assurés sur les marchés financiers ! En d’autres termes il n’y a pas de swaps sur les risques de défaut (CDS) des pays précités alors qu’aucun d’entre eux n’a les moyens de rembourser ces « prêts » à l’Allemagne mais aussi aux Pays-Bas et à la Finlande, deux autres pays européens créditeurs. Le total de ces « prêts » – qui n’en sont pas puisqu’ils n’ont pas été émis sur les marchés financiers – se monte 1157 milliards d’euros et ils sont théoriquement garantis par la Banque Centrale Européenne, il faut le répéter ici car la BCE n’est pas censée rembourser des impayés à un pays de l’eurozone, ce n’est pas prévu par les traités …

Où l’Italie va-t-elle trouver 464 milliards d’euros alors qu’elle est par ailleurs couverte de dettes sur les marchés, où l’Espagne trouvera-t-elle 376 milliards elle aussi lourdement endettée par ailleurs et où la France trouvera-t-elle 132 milliards alors qu’elle emprunte sur les marchés pour rembourser ses créances arrivant à maturité ? Nul ne le sait. Mais ce qui pourrait arriver n’est pas très réjouissant pour les « pays cigales » qui vivent clairement au dessus de leurs moyens, incapables de se réformer en profondeur.

Ce que préconise Macron est stupide et relève plus du rêve que de la réalité : il veut que l’Allemagne annule les dettes commerciales des pays précités or le gouvernement allemand ne veut pas en entendre parler et les gouvernements italien, espagnol et portugais essuieront le même refus catégorique. Laisser la situation économique de ces pays se dégrader encore plus avec encore plus de chômage et une croissance économique nulle voire une récession ? Cette situation n’est pas tenable sur le long terme puisque les faits ont montré que pour ces 4 pays le résultats de leur politique économique est désastreux : pour 4 euros empruntés sur les marchés financiers ils ne réussissent qu’à réaliser un euro de croissance supplémentaire. Aucune entreprise ne survivrait à une telle situation et Macron le sait très bien ! Quand François Fillon a déclaré que la France était en faillite il s’est fait descendre par le « Deep State » européen !

La troisième solution paraît évidente et incontournable : l’Allemagne va sortir de l’euro puis se « payer sur la bête » en exerçant son hégémonie, non pas militaire mais commerciale, sur le reste des pays européens avec les Pays-Bas, la Finlande et quelques autres pays gravitant dans sa sphère d’influence. Il est facile de comprendre dès lors pourquoi l’Allemagne veut se rapprocher des pays de l’est européen et de la Russie : il vaut mieux commercer avec des pays en qui on peut accorder sa confiance et qui sont solvables plutôt qu’à de mauvais payeurs ! Emmanuel Macron devrait connaître cette règle basique, lui qui est passé par la banque Rothschild …

Adapté d’un article de Mish Shedlock, illustration Mish Shedlock (themaven.net)

Voir aussi : https://www.youtube.com/watch?v=b5sOUKFRqkQ avec Charles Gave