L’imbroglio Ukraine-Parti Démocrate trop glauque pour être vrai !

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Je suis de près l’évolution des évènements en Ukraine depuis les évènements de Maiden. À propos du vol MH17 j’ai écrit en son temps plusieurs articles sur ce blog ainsi que quelques billets sur la soit-disant annexion de la Crimée par la Russie. Le récent « scandale » – tel qu’il fut perçu par les Démocrates – de la conversation entre Donald Trump et le nouveau président de l’Ukraine Zelensky a de nouveau éveillé ma curiosité. C’est la raison pour laquelle je livre ci-après à mes lecteurs une interview donnée par Oleg Tsarev au journaliste d’investigation Israel Shamir parue sur le site LewRockwell.com (initialement publiée sur le site unz.com). Note pour la bonne compréhension de ce texte. Oleg Tsarev est un oligarque ukrainien russophile qui a toujours combattu l’accession au pouvoir, pour lui illégale, de l’ex-président Poroshenko. De ce fait la propagande occidentale viscéralement anti-russe considère toujours que Tsarev est un traitre à la cause « démocratique » de l’Ukraine. Bonne lecture !

Des personnalités de haut rang du parti démocrate américain sont impliquées dans le pillage de l’Ukraine et chaque jour apparaissent des nouveaux noms et des rapports ahurissants. Le mystérieux lanceur d’alarme dont le rapport à déclenché la procédure d’ « impeachment » de l’actuel président américain est cité dans l’entretien exclusif accordé au journaliste Israel Shamir par un éminent politicien ukrainien, ancien député et candidat à la présidentielle face à Monsieur Proshenko en 2014. Il est resté en Ukraine après la fuite du président Yanoukovitch et a finalement choisi l’exil en raison de multiples menaces de mort dont il était la cible. Lors de l’échec de la tentative de sécession de la partie est de l’Ukraine il était président élu du parlement de la Novorossia, au sud-est de l’Ukraine. Je l’ai rencontré en Crimée où il vit sous protection dans la ville de Yalta. Tsarev a toujours de nombreux partisans en Ukraine et a été un chef de l’opposition au régime de Kiev.

Oleg, vous avez suivi les démêlés de Biden depuis le début. Biden n’est pas le seul homme politique démocrate américain impliqué dans les stratagèmes de corruption en Ukraine, n’est-ce- pas ?

En effet, John Kerry, secrétaire d’Etat sous l’administration Obama, était son complice. Mais Joe Biden était le numéro un. Pendant la présidence Obama, Biden était le « proconsul » américain pour l’Ukraine et il était impliqué dans de nombreux stratagèmes de corruption. Il a autorisé le transfert de trois milliards de dollars de l’argent des contribuables américains au gouvernement ukrainien après le coup d’Etat. L’argent a été volé et Biden a pris un grande part du butin. C’est une histoire d’arnaque du contribuable américain et du client ukrainien au profit de quelques corrupteurs, américains et ukrainiens. Et c’est aussi une histoire relevant des relations de dépendance du régime ukrainien vis-à-vis des Etats-Unis et du FMI. L’Ukraine dispose de quelques gisements de gaz naturel de taille moyenne qui suffisent à la consommation des ménages. Le coût de sa production est assez faible et les Ukrainiens se sont habitués à payer presque rien pour leur gaz. À vrai dire le coût de production de ce gaz est tellement faible que l’Ukraine aurait pu fournir du gaz naturel gratuitement à tous les ménages pour le chauffage et la cuisine, comme le faisait la Libye. De ce fait et les bas prix pratiqués pour les consommateurs les sociétés gazières (comme Burisma) ont réalisé des bénéfices astronomiques en raison de ces coûts de production dérisoires.

Après le coup d’Etat de 2014, le FMI a exigé que le prix du gaz pour le consommateur national atteigne le niveau européen et le nouveau président Petro Poroshenko l’a exigé. Les prix ont donc grimpé en flêche car les Ukrainiens ont du payer leur gaz beaucoup plus cher et par conséquent les bénéfices des sociétés gazières ont explosé. Au lieu d’augmenter les taxes sur ces sociétés ou de leur demander d’abaisser les prix Poroshenko a demandé à ces sociétés gazières de le « rémunérer » pour son laisser-faire et de subventionner ses projets d’investissement. Comme il avait dit à ces sociétés gazières d’augmenter leurs tarifs il était de fait considéré comme un partenaire. La société Burisma a donc satisfait les exigences de Poroshenko, ça s’appelle de l’extorsion de fonds. Le fondateur de cette société, Nicolai Zlochevsky, a décidé d’inviter des personnalités occidentales importantes dans son conseil d’administration dans l’espoir que cela modèrerait les appétits de Poroshenko. Il avait fait venir Hunter, le fils de Joe Biden, John Kerry, l’ancien président polonais Kwasniewski. Mais cela ne l’a pas aidé.

Ces manoeuvres ont rendu Poroshenko furieux quand il a constaté que le veau gras risquait de lui échapper. Il a alors demandé au procureur général ukrainien Shokin d’enquêter sur Burisma, estimant qu’il pouvait exister des irrégularités. Shokin a immédiatement découvert que Burisma avait versé à ces « stars » entre 50000 et 100000 dollars par mois juste pour figurer sur la liste des administrateurs. Ceci est illégal selon le code des impôts ukrainien et ne peut être reconnu comme une dépense légitime. À ce moment-là le père Biden entra dans le mêlée. Il a appellé Poroshenko et lui a donné six heures pour clore le dossier concernant son fils. Dans le cas contraire le milliard de dollars de l’argent des contribuables américains ne serait pas versé à l’Ukraine. Zlochevsky a rétribué Joe Biden pour cette conversation avec Poroshenko : il a reçu entre 3 et 10 millions de dollars selon les sources d’information. Shokin a déclaré qu’il lui était impossible de clore cette affaire en 6 heures. Poroshenko l’a alors limogé et a installé Mr Loutsenko à sa place. Ce dernier était disposé à écarter le cas Burisma mais il ne pouvait pas non plus clore le dossier en une journée ni même en une semaine. Comme nous le savons Biden ne pouvait pas garder son piège fermé et c’est en parlant de la pression qu’il avait exercé sur Poroshenko qu’il s’est lui-même incriminé. Depuis lors Shokin a déclaré que Biden avait fait pression pour le renvoyer, ce qui a maintenant été confirmé. Les preuves de cette histoire ont été présentées aux avocats américains dans le cadre d’une autre affaire, l’affaire Firtash.

Qu’est-ce que cette affaire Firtash ?

Le parti démocrate américain voulait attirer un autre oligarque ukrainien aux Etats-Unis et lui faire avouer qu’il soutenait illégalement la campagne présidentielle de Trump pour le bien de la Russie. Firtash a été intercepté à Vienne, en Autriche. Là, il s’est élevé contre son extradition aux Etats-Unis. Ses avocats ont affirmé qu’il s’agissait d’une machination purement politique et ils ont utilisé la déposition de Mr Shokin pour étayer leur demande. Pour cette raison les preuves fournies par Shokin ne sont pas facilement réfutables même si Shokin l’aurait bien voulu. De plus il a déclaré sous serment que les démocrates l’avaient pressé de les aider pour l’extradition de Firtash vers les USA alors que cette histoire américaine ne le concernait en rien. Il semble que Madame Clinton est persuadée que les aides financières provenant de Firtash ont contribué à l’élection de Trump, un fait qui est extrêmement improbable.

En parlant de Burisma et Biden : c’est quoi ce milliard de dollars d’aide qui Biden pouvait donner ou au contraire retenir ?

Il s’agit de l’argent USAID, le principal canal de l’aide américaine pour le « soutien de la démocratie ». Un premier milliard de dollars d’USAID est arrivé en Ukraine en 2014 avec l’autorisation de Joe Biden alors que les documents, côté ukrainien, ont été signés par Mr Turchinov, le « président par intérim ». La constitution ukrainienne ne prévoit pas une telle disposition et le président par interim Turchinov n’avait pas le droit de signer de tels documents, qu’ils soient juridiques ou financiers. Ainsi tous les documents signés par Turchinov n’avaient aucune valeur légale. Malgré cela Joe Biden a contresigné les papiers signés par Turchinov et alloué cette somme d’argent à l’Ukraine. Le problème est que cet argent a été volé par les démocrates américains et leur contre-partie ukrainienne. Il y a deux ans (donc sous la présidence de Trump) les Etats-Unis ont commencé à enquêter sur l’allocation de 3 milliards de dollars : en 2014, 2015 et 2016 un milliard de dollars par an. L’enquête a montré que les documents avaient été falsifiés et que l’argent transféré en Ukraine avait disparu.

En octobre 2018, le ministère de la justice américain a donc ouvert une procédure pénale pour « Abus de pouvoir et détournement de fonds des contribuables américains ». Parmi les accusés il y a deux ministres des finances ukrainiens successifs, Madame Natalie Ann Jaresko, qui a exercé ses fonctions au cours de la période 2014-2016, et Mr Alexander Daniluk, en service de 2016 à 2018 ainsi que trois banques américaines. L’enquête a amené l’USAID à cesser d’octroyer une quelconque subvention depuis août 2019. Comme l’a dit Trump très justement « à présent les Etats-Unis ne donnent plus d’argent pour imposer la démocratie« . Cet argent d’USAID a été alloué à l’Ukraine en violation flagrante de la loi américaine. Il n’y a eu aucune évaluation des risques ni aucun rapport d’audit alors que normalement quand l’USAID décide d’allouer une aide financière à un pays elle doit préparer un important dossier. Les milliards « donnés » à l’Ukraine l’ont été sans documents. Ce détournement de fonds avait été contre-signé, donc avalisé, par le procureur général des USA . On est donc bien dans le vif du sujet. Sam Kislin a été impliqué dans cette enquête du ministère de la justice américain. C’est un très bon ami et associé de Giuliani, l’avocat de Trump et ex-maire de New-York. Kislin est bien connu à Kiev et j’ai des amis qui sont aussi des amis de Kislin (c’est Tsarev qui parle). J’ai appris qu’il avait progressé dans son enquête parce que certains de mes amis avaient été arrêtés aux Etats-Unis ou interrogés en Ukraine. Ils m’informent à ce sujet. Il semble que Burisma ne soit que la pointe du scandale, la pointe de l’icerberg. Si Trump persévère et utilise ce qui a déjà été lancé et fait l’objet d’une enquête, tout le siège du parti démocrate s’effondrera. Ils ne pourront pas se présenter aux élections prochaines. Je n’ai pas le droit de donner des noms mais croyez-moi des hauts fonctionnaires du parti démocrate sont directement impliqués. Poroshenko était parfaitement au courant de tout celà. Il a ordonné de déclarer Sam Kislin persona non grata en Ukraine. Quand Sam Kislin, un vieil homme de plus de 80 ans, a atterri à l’aéroport de Kiev il n’a pas été autorisé à entrer dans le pays, il a passé la nuit en détention et a été rapatrié le lendemain aux Etats-Unis.

Et le Président Zelinsky ? Est-il libre de toute influence des démocrates clintoniens ?

S’il l’était vraiment il n’y aurait pas eu ce scandale de l’appel téléphonique de Trump. Comment les démocrates ont-ils pu apprendre l’existence de cet appel et son contenu présumé ? La version officielle dit qu’il y avait un homme de la CIA présent, un dénonciateur à la solde des démocrates. Ce que la version des faits ne précise pas est OÙ ce dénonciateur se trouvait lors de l’appel. Je vous le dit : il se trouvait à Kiev et il était présent lors de la conversation entre le président Zelenski et Donald Trump. Cet homme est (peut-être) un agent de la CIA mais il est aussi un proche collaborateur de George Soros et également un haut responsable ukrainien. Il s’appelle Alexander Daniluk. Il est également l’homme que l’enquête de Sam Kislin et du Département de la Justice américain (DoJ) ont identifié comme ayant détourné les trois milliards de dollars des meilleurs contribuables américains. Le DoJ a ordonné son arrestation. Naturellement il est tout dévoué à Joe Biden, personnellement, et aux démocrates, en général. Je ne ferais pas du tout confiance à sa version de l’appel téléphonique.

Alexander Daniluk devait accompagner le président Zelensky lors de sa visite à Washington, mais il a été informé qu’il existe à son encontre un ordre d’arrestation émanant du DoJ. Il est donc resté à Kiev. Peut de temps après l’enfer de l’appel téléphonique prétendument divulgué a éclaté. L’administration Zelensky a diligenté une enquête et conclu que la fuite avait été effectuée par Daniluk, connu pour ses relation étroites avec Georg Soros et Joe Biden. Daniluk a été renvoyé. Cependant il n’a pas reconnu sa responsabilité et a déclaré que la fuite avait été le fait de son ennemi juré, le chef du bureau de l’administration du président Trump, Mr Andrey Bogdan, celui qui aurait inculpé Daniluk.

Ce n’est pas le seul cas de corruption liée aux Etats-Unis en Ukraine. Il y a aussi Amos J. Hochstein, un protégé de l’ancien vice-président Joe Biden qui a servi dans l’administration Obama en tant que secrétaire d’Etat adjoint aux ressources énergétiques. Il est toujours recherché par l’Ukraine. Avec le citoyen américain Andrew Favorov, directeur adjoint de Naftogas, il a organisé une « importation inversée de gaz » très coûteuse pour l’Ukraine. Dans ce schéma, le gaz russe est acheté par l’Europe et ensuite revendu à l’Ukraine avec une marge extraordinaire. En réalité ce gaz provient directement de Russie mais les paiement passent par Hochstein. C’est beaucoup plus coûteux que d’acheter ce gaz directement à la Russie. Les Ukrainiens paient tandis que la marge est collectée par Hochstein et Favorov. Ils envisagent maintenant d’importer du gaz liquéfié des Etats-Unis à un prix encore plus élevé. Encore une fois le prix fort sera payé par les Ukrainiens tandis que les profits iront dans les poches de Hochstein et Favorov.

Dans toutes ces affaires d’escroquerie il y a des gens du clan Clinton et des fantômes pleinement intégrés au parti démocrate. Un ancien chef de la CIA, Robert James Woolsey, siège maintenant au conseil d’administration de Velta, qui produit du titane ukrainien. Woolsey est un néo-conservateur membre du PNAC (Project for the New American Century), un groupe de réflexion pro-israélien et c’est aussi un homme qui a sans cesse poussé à la guerre en Irak. Un fantasme démocrate typique. Il tire maintenant des profits des gisements de minerais ukrainiens. Andrius Butkevicius, ancien ministre de la défense (1996-2000) et membre du Seimas, le parlement de la Lituanie post-soviétique est l’un des meilleurs cas de corruption en Ukraine. Mr « AB » est suspecté de travailler pour le MI6 et fait maintenant partie du tristement célèbre Institute for Statecraft, une organisation de propagande étatique du Royaume-Uni impliquée dans des opérations de désinformation, de promotion de la russophobie et de l’idée d’une nouvelle guerre froide. En 1991 cette organisation a commandité des tireurs d’élite pour abattre des manifestants lituaniens. Les assassinats ont été imputés aux forces armées soviétiques et le dernier président soviétique Gorbatchev a ordonné le retrait rapide des troupes soviétiques de Lituanie. Mr « AB » est devenu ministre de la défense de son pays devenu indépendant. En 1997, l’honorable ministre de la défense avait sollicité une aide de 300000 dollars d’un haut responsable d’une compagnie pétrolière en difficultés pour aider cette dernière à être disculpée en ce qui concernait ses lourdes dettes financières, selon les termes de la décision de justice. Il a été arrêté à la réception du pot-de-vin et condamné à 5 ans de prison mais un homme aussi qualifié n’a pas été laissé pourrir en prison très longtemps. En 2003, en Géorgie, il a commandité des snipers lors de la révolution des roses. En 2005 il a répété ses exploits en commanditant des snipers qui ont tué des manifestants au Kirghizistan. En 2014 il l’a fait de nouveau à Kiev où ses tireurs d’élite on tué une centaine d’hommes, manifestants et policiers. Il a été approché pour les évènement de Kiev par Mr Turchinov qui s’appelait lui-même « président par intérim », celui-là même qui a contresigné la subvention d’un milliard de dollars de Joe Biden. En 2018 le nom de « AB » est ressorti. Les entrepôts militaires de Tchernigov avaient pris feu. Des milliers d’obus entreposés pour combattre les séparatistes auraient été détruits par l’incendie. Et ce n’était pas le premier incendie de ce type, un autre incendie, également immense, avait ravagé des entrepôts de l’armée ukrainienne à Vinnitsa en 2017. Au total il y a eu 12 énormes incendies de dépôts d’armes et de munitions de l’armée au cours des dernières années. Rien qu’en 2018 les dégâts se sont chiffré à plus de 2 milliards de dollars.

Lorsque le procureur militaire en chef d’Ukraine, Anatoly Matios, a enquêté sur ces incendies il a découvert que 80 % des armes et des obus manquaient. Ils n’avaient pas été détruits par le feu tout simplement parce qu’ils n’étaient pas là au début des incendies. Au lieu d’être utilisés pour tuer les Ukrainiens russophones du Donetsk, les matériels avaient été expédiés du port de Nikolaev vers la Syrie pour les rebelles islamiques et l’ISIS. Et l’homme qui a organisé cette gigantesque opération n’était autre qu’un certain Andrius Butkevicius, l’ancien combattant de la démocratie pour le compte du MI6, agissant de concert avec le ministre de la défense, Poltorak, et Turchinov, l’ami de Joe Biden. On raconte que Matios aurait reçu dix millions de dollars pour acheter son silence.

Les pertes reviennent à la population ukrainienne et aux contribuables américains tandis que les bénéficiaires de toute cette corruption sont le Deep State américain, ce qui n’est probablement qu’un autre nom pour ce mélange mortel de fantômes, de médias et de politiciens corrompus.

Note de votre serviteur. À propos de l’ « annexion » de la Crimée par la Russie à la suite d’un référendum populaire qui n’a pas été reconnu par Poroshenko, il est opportun de rapprocher l’annexion de Mayotte par la France à la suite, également, d’un référendum, annexion qui n’a jamais été reconnue par les Nations-Unis. Enfin l’annexion, sans autre forme qu’une invasion armée, du Sahara Occidental par le Maroc n’a curieusement jamais fait l’objet d’un débat ni de campagne de presse de dénigrement du régime marocain. Comme on peut le remarquer il y a deux poids et deux mesures.