Le nombril du monde et la citadelle des moutons masqués : Paris à l’heure du Covid

Billet de Christophe Claudel paru sur son site GATEWAY le 20 mars 2021

Paris vit depuis un an à l’heure du Covid. Et tente de survivre faute de s’en accommoder. Les Parisiens endurent, et pour une très large part acquiescent sans manifester aux épreuves qu’ils subissent.  

Mais qu’est-il donc arrivé aux habitants de la capitale et de sa région ? Il semble que l’orgueilleuse Ville Lumière, un an après avoir été frappée par l’épidémie du siècle et alors qu’on célèbre le 150e anniversaire de la Commune de Paris, ait été contaminée par un étrange mal qui lui ôte toute volonté, tout esprit critique, tout désir de se singulariser, de braver l’autorité régalienne et de faire front face à l’arbitraire des pouvoirs pour défendre sa Liberté chérie ? Comme elle l’avait si souvent fait au cours de son Histoire mouvementée.

Aujourd’hui les Parisiens ne marchent plus sur Versailles pour réclamer du pain, convoquer la reine et le petit mitron au balcon. Ils ne fomentent plus des révoltes ou des révolutions. Ils ne se dressent plus derrière des barricades contre un monarque, un empereur ou l’oppression des bourgeois.

Et si l’on ne cède pas complaisamment au chant des sirènes, force est de constater qu’il a bien longtemps que Paris n’est plus comme elle le prétend le laboratoire de l’avenir, de la culture cosmopolite, le théâtre de brillantes innovations et de stupéfiantes utopies. Paris n’imprime plus sa griffe sur la marche du monde, elle ne bat plus la mesure de l’air du temps, elle n’invente plus les courants et les modes qui font chavirer la terre. Et ne se préoccupe même plus aujourd’hui de donner des leçons de morale et de démocratie à tous les régimes.

Mais où est donc passé ce dynamisme, cette audace, cette impertinence, cette intelligence et cette élégance, cet esprit de contradiction, de résistance et d’innovation, qui avaient fait de Paris une cité unique, aimée de tous, la capitale des arts nouveaux, des beaux esprits et des idées nouvelles, le centre du monde, sa tête pensante, son cœur et son nombril tout à la fois ?

Les attentats de Charlie l’avait mise à terre. Le monde s’était aussitôt précipité à son chevet pour la relever, panser ses blessures, redorer son blason et l’entretenir dans l’illusion d’un mythe qui assurément n’est plus.

« Paris sera toujours Paris… » entonnait la Reine de Paris Anne Hidalgo au soir du carnage au Bataclan. Oui mais Paris existe-t-elle toujours ?

Aujourd’hui on peut sérieusement en douter. Que reste-t-il de Paris un an après l’instauration de l’état d’urgence sanitaire et le premier confinement décrété le 17 mars 2020 ? Une épreuve inédite qui avait laissé ses rues et ses places étonnamment désertes deux mois durant, livrées aux seuls pigeons, aux SDF et aux chats errants pourchassant des rats pullulant au milieu des détritus.

Ces images de la Place de la Concorde et celle de l’Opéra vidées de toute vie en plein midi, semblables à celles de C’était un rendez-vous, un court-métrage de Claude Lelouch réalisé sur une moto traversant à toute vitesse un Paris vidé de toute présence humaine pendant les vacances d’été de 1976, en plein mois d’août et aux premières lueurs du jour, résonne encore d’une inquiétante étrangeté. Ou celles du blockbuster américain I Am Legend (2007), avec un Will Smith incarnant le seul survivant d’une hécatombe épidémique, errant avec son berger allemand dans un Manhattan désert à la recherche de nourriture comme pour tromper la solitude. Comme si cette pandémie aussi banale qu’une grippe avait soudainement pris les allures d’apocalypse nucléaire. Et que les Parisiens d’habitude si intrépides et contestataires s’étaient laissés piéger les premiers dans ce scénario infernal.

Depuis que les portes des prisons domestiques ont été rouvertes et que la sortie du confinement a été officiellement (quoique provisoirement) annoncée, les Parisiens ont pris l’habitude de ne jamais sortir sans leur masque réglementaire. Très peu encore aujourd’hui, même parmi les jeunes générations les plus frondeuses, transgressent cette obligation. Tous endossent sans broncher et même avec un zèle préoccupant l’uniforme blanc-bleu qu’on leur a imposé. Et gare à celui ou celle qui oublie de mettre sa muselière, ou qui la laisse glisser sous le menton. Le rappel à l’ordre des autorités, des agents de sécurité ou pire encore de la meute des moutons suivistes tombe aussitôt comme un couperet sans appel.

Il suffit de croiser dans la rue ces regards mi atterrés mi accusateurs quand un individu refuse de s’assimiler au troupeau et ne porte pas de masque, pour mesurer à quel point les mécanismes mimétiques fonctionnent à bloc. Avec la violence et les réflexes émissaires qui les caractérisent. Des mécanismes savamment entretenus par une propagande officielle qui agit comme un véritable lavage de cerveau. A coup de messages anxiogènes, de consignes absurdes répétées en boucle jusqu’à la nausée. Dans les flashes d’info, les communiqués officiels, à la télé, à la radio, dans la presse, sur internet et les réseaux sociaux, sur les affiches, dans la rue, le métro, les bus, les petits commerces, les supermarchés, les bâtiments officiels… Partout, tout le temps et sans répit. Comme une perceuse à percussion vissée profondément dans nos cerveaux.

Loin de manifester quelque agacement face à un tel pilonnage, loin de se rebeller contre des mesures discrétionnaires qui saccagent nos libertés, et contre un pouvoir dictatorial qui multiplie les décisions absurdes en restreignant comme peau de chagrin l’espace public de nos libertés, les Parisiens adoptent dans leur écrasante majorité une attitude de soumission, d’obéissance aveugle, de soutien inconditionnel aux consignes sanitaires. Et reprennent souvent à leur compte les messages infantilisants qu’on leur sert pour les culpabiliser, en dénonçant publiquement ceux qui rechignent à les appliquer ou tentent de s’en exonérer.

Un authentique esprit de collaboration digne des pires heures de l’Occupation s’est substitué au culte de l’exception parisienne. Il a recouvert en totalité cet esprit parisien naguère insolent et frondeur, maire et équipes municipales en tête. Une attitude conformiste et alignée relayée par tous les nouveaux préfets aux ordres récemment désignés par Macron pour faite appliquer les mesures gouvernementales aux quatre coins de l’Hexagone, et en Ile-de-France plus sujette aux révoltes notamment.

Idem avec la Police nationale et son Préfet parisien Lallement. Laquelle ne se pose même plus la question du bien-fondé de ces mesures liberticides visant à conforter une dictature. Et qui collabore activement à l’enterrement des libertés constitutionnelles, devenant le gendarme des populations civiles, surveillant avec zèle la conformité de chacun aux nouvelles règles en vigueur. Une Police qui ne se contente plus seulement d’appliquer des consignes absurdes sans sourciller. Voire d’en rajouter à l’occasion. Comme ces milices urbaines chargées de contrôler le port du masque et la distanciation sociale des personnes attablées aux terrasses des cafés, à l’époque déjà lointaine où ceux-ci étaient encore ouverts.

Avec la crise du Covid et l’absence totale de réaction des Parisiens, mises à part quelques répliques vite matées d’un mouvement des Gilets jaunes agonisant, c’est toute une culture parisienne, un art de vivre à la française que les Parisiens ont longtemps prétendu incarner, qu’ils laissent aujourd’hui détruire sans rien dire et un rien de temps. Apportant au besoin leur caution et leur concours à cette ignominie.

Finis donc les cafés, les terrasses, les attroupements spontanés dès le printemps venu aux abords des places, sur les quais de Seine, dans les jardins, les Bois de Boulogne et Vincennes et autres parcs publics !

Exit la « scène parisienne », qui brassait autrefois les spectacles les plus avant-gardistes, les concerts de jazz, de musique classique, urbaine, électronique, les opéras et les grandes premières attirant les foules du monde entier ! Tous ces événements exceptionnels inventés à Paris et copiés dans le monde entier, comme la Fête de la Musique, la Nuit Blanche ou Paris Plage. Tous ces happenings dignes d’une capitale de premier plan : morts et enterrés.

Quid du monde de la nuit ? Avec ses cabarets, ses revues, ses discothèques, ses fêtes incroyables, qui faisaient de Paris depuis la Belle Epoque et même avant l’une des destinations incontournables pour les plus grands artistes de music-hall, les musiciens, les plus grands DJs et les producteurs en vogue.

Paris n’est plus une fête ! C’est devenu un fantôme, une morgue, un shéol, une antichambre du Néant et de l’Oubli.

Il suffit de se promener en plein jour dans les rues du centre-ville, autour du quartier des Halles, autrefois l’épicentre de la mode et de la branchitude mondiales, des rues le plus souvent désertes, squattées par des hordes de miséreux, de SDF et de nouveaux pauvres jetés à la rue par la crise économique, de punks à chien, de Roms et autres mendiants, de types louches et peu engageants, ajoutés à quelques rares passants hagards qui rasent les murs, pour comprendre à quel point Paris n’est plus Paris. A peine un souvenir. Une ville hantée. Un requiem.

Il y a bien de rares weekends ensoleillés où quelques Parisiens frondeurs bravent l’interdiction de se rassembler pour échouer à quelques centaines sur les pelouses des parcs et jardins. Comme une façon de se rassurer, une illusion de liberté volée l’instant d’un pique-nique, d’une bronzette ou d’un apéro entre amis, au milieu d’autres audacieux insensés. Mais ces parenthèses décompensatoires sont en général de courte durée. Les contrevenants sont aussitôt rappelés à l’ordre, montrés du doigt et désignés comme les responsables de la prochaine « vague » annoncée.

Paris ne se rebelle plus. Paris ne résiste plus. Paris ne râle plus et ne pense même plus.

Paris souffre. Paris fait le mort. Paris se laisse crever.

Paris est la risée du monde. Non contente d’être devenue une caricature d’elle-même, un spectre, la capitale collabore à son exécution capitale. Les messages de la municipalité en rajoutent une couche chaque semaine dans l’outrance et l’inflation du terrorisme sanitaire. Sans jamais remettre en cause l’efficacité, le bien-fondé ou les limites de cette sinistre mascarade.

Le Parisien moyen, autrefois obsédé par son look, son rang, son ego et la surenchère d’arrogance déployée pour les faire valoir, est devenu un anonyme, une loque, un numéro. Masqué, assigné au silence, résigné, la tête baissée, le regard vide, il erre dans une ville-fantôme croisant à l’occasion d’autres fantômes qui ne font même plus attention à lui et se fondent dans une indifférence générale.

Qu’en est-il dans les autres villes et départements de la région Ile-de-France ?

Force est de constater qu’en matière de respect des consignes sanitaires, les disparités sont énormes dès que l’on franchit le périphérique. Dans beaucoup de villes de banlieue, en Seine-Saint-Denis notamment, les consignes sanitaires sont beaucoup plus irrégulièrement voire carrément jamais respectées. Et ce en toute impunité de la part des autorités ou des forces de Police qui n’osent pas arrêter ou verbaliser les contrevenants et laissent cette hypocrisie perdurer.

A Saint-Denis par exemple, comme dans d’autres villes du 93, il existe des cités ou des quartiers entiers où le port du masque obligatoire n’est tout bonnement jamais respecté. En particulier par les jeunes. Il existe même certains bars ou restaurants, connus des habitants, qui continuent d’ouvrir discrètement en dépit de la fermeture décrétée. Il suffit de connaître le patron ou d’être accompagné par un habitué des lieux, de venir à une certaine heure et d’entrer par une porte discrète, souvent à l’arrière de l’établissement, pour pouvoir consommer à loisir et sans limite de durée des boissons, prendre un repas au beau milieu d’autres tablées, parfois même au-delà de l’heure du couvre-feu ou des heures habituelles de fermeture.

Mieux encore, des trafics destinés à contourner le couvre-feu se sont organisés dans certaines cités. Passé l’heure du couvre-feu, des véhicules circulent dans les quartiers, s’arrêtent à certains endroits, ouvrent le coffre arrière pour vendre denrées alimentaires, cigarettes, soft drinks et boissons alcoolisées, mais aussi substances illicites en tout genre. Tout ça au vu et au su des policiers qui laissent faire, et des bons pères de famille qui viennent faire leurs courses une fois la nuit tombée.

Impossible d’imaginer une telle fronde à Paris. Les contraintes absurdes liées au couvre-feu engendrent des embouteillages monstres bien au-delà de 18 heures sur tous les grands axes de la région Ile-de-France et aux abords de Paris. Elles obligent beaucoup de Franciliens à rester dehors et à rejoindre leur domicile bien après l’heure limite. Mais mis à part ces retards dans l’application du couvre-feu, il est loin l’esprit de résistance du Dernier métro ! Ou même l’esprit des barricades, de la Sorbonne assiégée, des rues dépavées et des slogans libertaires sur les murs du style Il est interdit d’interdire !

Le terrorisme sanitaire et les bobards des officiels semblent fonctionner à plein régime et ôter aux petits bourgeois parisiens toute velléité contestataire. Les classes moyennes trinquent et accusent le coup sans moufeter. Les anciens ados de Mai 68 devenus des bobos rangés, planqués dans leurs immeubles des beaux quartiers, toute comme les générations montantes à l’image de cette Génération Macron et ses petits soldats hyperconformistes aux ordres de La République En Marche, s’illustrent par un conformisme frileux et servile proportionnel aux excès de leurs aînés.

Et si l’on s’aventure en province, observe-t-on une attitude homogène ?

Et bien non ! Dès que l’on descend au Sud de la Loire, il semble que le respect des consignes sanitaires et la crédulité à l’égard de la doxa officielle fondent comme neige au soleil. Mis à part Nice et sa région, vissées par des élus totalement aux ordres et prompts à les devancer, les habitants de la région Aquitaine par exemple ne semblent pas vraiment ressembler à leurs concitoyens parisiens.

Du Limousin au Pays basque le masque n’est pas partout le bienvenu. Rares sont ceux qui le portent systématiquement comme sur les avenues haussmanniennes ou dans les couloirs du métro. Même son de cloche dans le Bordelais, à Libourne ou dans les Charentes. Interrogés dans la rue ou chez les commerçants, les gens disent ne pas vouloir suivre des consignes car ils doutent de leur pertinence et de leur efficacité. Masques, distanciation, tests, vaccins, rien ne semble aller de soi. Et beaucoup se demandent intuitivement quels sombres desseins sert toute cette mascarade. Pas par effronterie ou esprit contestataire. Plutôt par bon sens.

Un bon sens qui a déserté depuis longtemps les plateaux télé parisiens, les discussions chez les commerçants, souvent limitées à « Remontez votre masque Monsieur s’il vous plait ! » et les rares dîners en ville où l’on s’interroge plus sur l’opportunité de choisir tel ou tel vaccin que sur la dérive dictatoriale du régime et cette fausse pandémie servie comme motif au basculement vers un Great Reset que les médias omettent soigneusement d’évoquer.

Car le Parisien veut bien à la rigueur être accusé d’être un fayot, un collabo, un mouton masqué. Mais jamais il n’acceptera d’être accusé de « complotisme » : la plus grande maladie honteuse du 21e siècle ! Parce que pour un Parisien orgueilleux et qui sait forcément tout sur tout, souscrire à des thèses dites complotistes, c’est être un naïf, un crétin, un plouc, doublé d’un beauf excentrique et d’un danger public. Et donc un mauvais citoyen. Alors qu’un vrai Parisien, nécessairement de gauche, est toujours dans le sens du Progrès, sensible à toutes les causes, et donc socialement incorrect mais politiquement 100% correct. Tout sauf un ensauvagé de banlieue, un antisocial crypto-fasciste ou proto-terroriste.

Même s’il dit ne pas soutenir Macron, le Parisien est donc majoritairement et par essence un idiot utile de La Dictature En Marche. Et donc un imbécile inconscient, angoissé à l’idée de ne pas avoir raison avant les autres, et donc incapable de se risquer à réfléchir par lui-même, par crainte de manquer la dernière cause à la mode ou le dernier challenge du siècle. Il soutient Biden parce qu’il vomit Trump, et reste farouchement européen même depuis que Maastricht a remplacé Paris. Elitiste mais pas souverainiste, Démocrate mais pas populiste. Extrêmement concerné par lui-même et ses propres affects mais jamais extrémiste. Narcissique et suffisant mais jamais vulgaire, croit-il.

Le Parisien est un spécimen aussi dérisoire que dévalué. Plus personne ne l’écoute ni ne prête attention à ses frasques. D’ailleurs il ne se risque même plus à faire le malin et se contente de faire le gros dos, en ravalant sa morgue et ses frustrations.

Paris est un naufrage. Paris est un mirage. Paris n’est plus. Ou si peu. Même les J.O. de Paris 2024 qui n’auront sans doute jamais lieu comme ceux de Tokyo ne font plus bander les foules ni les édiles parisiens.

Paris n’est plus qu’un carrefour malodorant. Un courant d’air. Une impasse existentielle autant qu’une verrue urbaine, en proie à la déshérence de ses habitants qui fuient la capitale par milliers depuis le début de la crise pour aller s’installer ailleurs en province, à la délinquance de sa frange la plus révoltée et à la déliquescence morale nourrie par la médiocrité de ses élus, leurs politiques burlesques et ridicules.

Fluctuat nec mergitur. Mais pour combien de temps encore ?

Paris sombre et s’abîme, et ne parvient plus à faire illusion. Comme le Titanic ou le Radeau de la méduse. Paris prend l’eau de toute part. L’eau des égouts et des dégoûts, et non les eaux lustrales d’une quelconque régénérescence, bien improbable et compromise par l’étendue du désastre.

Plutôt que l’Après-Covid, faut-il déjà songer à l’Après-Paris ? Et où donc faudra-t-il alors situer le barycentre de l’âme française ?

Sans doute nulle part en particulier. Ou quelque part dans cette France vivante, variée, éclectique et mouvante. A Annecy, classée première dans le Palmarès 2020 des villes de France les plus agréables où il fait bon vivre. Suivie par Bayonne.

Aux pieds des sommets alpins ou pyrénéens, léchés par les eaux calmes du Lac d’Annecy ou par les eaux salées de l’Atlantique, sur des terres de passage autrefois conquises et reprises aux anciennes marches du royaume de France, voilà où se situe donc le bonheur selon ce barème qui reflète les attentes et les choix des Français candidats au départ. Pas dans le nombril du monde autoproclamé, mais à la périphérie et au croisement de plusieurs mondes, ou du moins de plusieurs pays frontaliers : la Suisse et l’Italie pour la Savoie, et l’Espagne pour le Pays basque.

L’avenir est donc à l’ouverture au monde et à la connexion des hommes. Pas au centralisme colbertiste, jacobin ou jupitérien. Et si Paris est aujourd’hui clairement déclassée, c’est parce que cette ville et ses habitants arrogants et insupportables incarnent cette volonté de tout centraliser et d’imposer un pouvoir arbitraire, si cuisant avec la crise du Covid, et qu’une part croissante des Français rejettent sans toujours le manifester.

La ruine de Paris symbolise la fin de l’ère du Faste, du Prestige, de l’Autorité centralisée selon un modèle français qui a prévalu depuis les rois de France, Louis XIV en particulier. Un phénomène national aux prétentions impérialistes et universelles, repris par la Révolution et notre orgueilleuse République. Lesquelles entendaient imposer au monde leurs principes humanistes et leur vision du progrès universel. Une République souveraine qui se retrouve aujourd’hui absorbée par une dictature mondialiste déclinée dans chaque pays du monde par des marionnettes comme Macron.

Normal que les provinces de France ne se reconnaissent pas dans ce piège illusoire du Projet macronien, dont Paris centralisateur et son establishment hautain sont le relais volontaire ou tacite.

Cette fracture identitaire plus que politique et idéologique marque un tournant dans notre Histoire. Avec une tension critique entre une volonté de défendre des identités malmenées sinon condamnées par la mondialisation en marche, et un désir de se fondre dans un nouveau monde tantôt perçu comme une occasion riche de promesses, ou aujourd’hui comme un symbole de dissolutions normatives et de dérives totalitaires.

Paris a longtemps cru qu’elle était la France. Or la France elle-même peine aujourd’hui à se définir. Même si les Français sont nombreux à manifester leur attachement à telle ou telle de ses composantes régionales, son terroir, son patrimoine, architectural et culturel, son art de vivre, les savoir-faire de ses artisans, de ses agriculteurs, de ses milliers de corps de métiers, sa créativité artistique foisonnante, sa gastronomie inégalée, ses start-up et ses brillants ingénieurs : autant de richesses gravement menacées de disparition avec l’épidémie de Covid.

Une épreuve qui révèle que l’être parisien est un modèle et une identité souvent en contraction avec le fait d’être simplement français. Ou d’être basque, breton, corse, gascon, auvergnat, franc-comtois, bourguignon ou picard. Car Paris n’est pas la France et ne la représente pas non plus. Ou du moins très partiellement et abusivement, au travers de stéréotypes discutables et de mythes obsolètes. Comme New York n’est pas les Etats-Unis.

Paris sera peut-être toujours Paris. Et les Parisiens esclaves de leurs mythes et de leur avidité à occuper les premières places. Mais Paris n’est plus la France comme la France se passe fort bien de Paris. Du moins de ses prétentions et exaspérations.

La France est un pays multicentrique dont le cœur bat tout autant à Dijon, à Toulouse, à La Rochelle, à Nîmes, à Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg, Nantes ou Brest, qu’à Arras, Bobigny, Fontainebleau, Uzès, Pointe-à-Pitre, Cayenne, Mayotte ou Nouméa. Et même à Alger, Madagascar, Brazzaville, Bruxelles, Montréal, Lausanne ou Bâton Rouge, tous ces cœurs où bat le cœur multi-ventriculaire de la francophonie.

La France est l’une des harmoniques de ce monde multipolaire d’aujourd’hui et de demain. Et Paris pas plus qu’une autre ville métropolitaine n’a aujourd’hui de légitimité à revendiquer le monopole de l’esprit français ou le droit à parler au nom de tous les Français qui vivent ici et ailleurs.

Paris muselée, Paris confinée, Paris outragée, Paris martyrisée… Et Paris privée de ses libertés, de son lustre et de sa gloire. Paris assignée au silence sous un masque ridicule aussi humiliant qu’inutile. Paris désertée par son peuple, ou du moins une partie de ses habitants. Paris assiégée par d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres appétits de conquête et de domination, ou simplement par des surgeons de révolte de la part de ces banlieusards ensauvagés qui préfèrent à l’occasion fondre sur elle faute de pouvoir se fondre en elle.

Paris mise à sac, à bas, à nu ou à l’arrêt. Paris humiliée, oubliée, recalée.

Dire que Paris se relèvera et recouvrera son prestige confisqué serait encore sacrifier aux mythes et aux antiennes des orateurs empressés. Un mensonge. Une lubie. Car Paris doit apprendre à faire le deuil de cet orgueil qui la dessert, à composer avec un monde qui change, et à se fondre harmonieusement dans ce monde si complexe et changeant. Sans prétendre lui imposer ses vues, ses angoisses ou ses obsessions. Mais en dialoguant au contraire à égalité avec le reste du monde, les autres peuples et cités qui le composent. Avec respect, ouverture et humilité.

Un pari que Paris doit urgemment relever, si elle ne veut pas disparaître sous le grand laminoir identitaire et normalisateur de cette dictature mondialiste qui avance masquée, comme ses victimes que nous sommes, sans dire jamais dire ouvertement ou sans jamais plus pouvoir crier son nom.

Note de votre serviteur. J’ai décidé de ne plus jamais retourner sur le sol de ma mère patrie. Tout ce qu’a écrit Christophe Claudel n’est qu’un constat de la triste réalité et je le remercie pour ce courage …

Les villes allemandes vont pouvoir interdire les véhicules diesel

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Les Européens emmenés par les Allemands aurait-ils compris que l’exemple japonais peut être appliqué en ce qui concerne les véhicules diesel ? La décision de la justice allemande semble aller dans ce sens en autorisant les villes à interdire les « vieux » véhicules diesel mais à maintenir des cas d’exceptions comme les artisans, les camions (de tous tonnages ?) et les véhicules d’urgence.

On est donc encore loin des lois japonaises qui interdisent les véhicules diesel et également les « deux-temps » qui sont de gros émetteurs de microparticules. Si les gouvernements veulent préserver leur crédibilité il faudra des lois « tout ou rien », en d’autres termes ces lois ne devront pas être comme d’habitude des arrangements pour ne pas trop frustrer ou énerver les citoyens (électeurs) et qui finalement perdent leur signification première. Une transition vers une interdiction totale de tous les véhicules diesel dans les villes y compris les autobus doit passer par une période d’au moins dix ans. À Tokyo seuls les véhicules de plus de 20 tonnes de charge utile avec une propulsion diesel sont autorisés et seulement sur certains axes de circulation. La miss Hidalgo à Paris prend le problème totalement à l’inverse. Elle ferme des axes de circulation qui au contraire permettent une meilleure fluidité du trafic, un pur non-sens écologique. À Londres, pour pénétrer dans le centre ville, la City, il faut payer un droit d’entrée comme encore à Oslo. S’il fallait payer un droit de passage pour circuler dans Paris la situation deviendrait rapidement différente. Mais cette mesure serait très impopulaire. Afin de diminuer les pollutions urbaines largement dues aux automobiles il faut commencer par interdire les véhicules diesel totalement et sans exception avec un calendrier étalant sur le temps cette transition. Voilà une transition énergétique bien réelle et bénéfique pour la santé des citoyens !

En Allemagne il est donc évident de constater que la pression omniprésente des écologistes, les Grüne, va précipiter le pays tout entier vers la catastrophe. Le secteur énergétique traverse une crise sans précédent qui n’est que passagèrement estompée par la bonne volonté des consommateurs et des contribuables lourdement mis à contribution de par la loi. Il y a dans le pays le plus prospère d’Europe plusieurs centaines de milliers de ménages qui ne peuvent plus payer leurs factures d’électricité car le prix du kWh a doublé en moins de trois ans. Les Allemands appèllent pudiquement ce genre de situation la « précarité énergétique ». Tous les citoyens allemands sont rançonnés pour sauver leur industrie et leurs emplois. Mais quand la loi va autoriser l’interdiction des véhicules diesel dans les grandes villes ce sera à n’en pas douter un instant la fin de la firme Daimler (Mercedes) pour qui les voitures, camions (illustration) et autobus diesel constituent le coeur même de cette entreprise. Volkswagen en subira également les conséquences dévastatrices. Avec les intentions malthusiennes des écologistes d’outre-Rhin l’économie allemande dans son ensemble va s’auto-détruire, ce n’est qu’une question de mois ou d’années au mieux. Je n’aimerais pas être dans la peau d’Angela Merkel … Fort heureusement elle a réussi à constituer un gouvernement sans les Grüne mais ils sont toujours aussi toxiques et les Allemands toujours aussi idéologiquement malléables, l’histoire l’a déjà malheureusement prouvé.

Histoire de trains à Tokyo … et à Paris

Comme tous les jours je vais déjeuner avec mon fils et je me déplace en utilisant deux trains de la « JR » (Japan Rail), la Chuo Line connectée à la station Kanda avec la fameuse Yamanote, la ligne circulaire de Tokyo, probablement la ligne de chemin de fer la plus fréquentée du monde. Normalement tout va bien jusqu’à ce mémorable après-midi du 2 novembre 2017 à 14h25. Je venais de finir un repas très léger et je suis, comme à mon habitude, allé marcher vers la gare de Shimbashi pour prendre la Yamanote sur le chemin du retour. Fort heureusement un train est arrivé presque à la minute où j’atteignais la plate-forme. Il y avait des places assises ce qui est parfait. Normalement ces trains restent à quai au maximum une minute et demi juste le temps que les passagers sortent et que d’autres rentrent dans le train. Hier, rien ne se passe, des avis au haut-parleur en japonais fusent. Les passagers se regardent, certains ressortent du train libérant des places assises immédiatement occupées par d’autres passagers très occupés par leur kétaï (smart-phone). D’autres annonces au haut-parleur. Cette fois presque tout le monde se retrouve sur le quai et la foule commence à devenir de plus en plus dense. Enfin, des annonces en anglais, en coréen puis en chinois précisent que tout le trafic est interrompu dans les deux sens sur toute la ligne en raison d’un incendie près des voies. L’annonce indique qu’un train arrivant de Yokohama qui normalement ne s’arrête pas dans cette gare va embarquer les passagers qui désirent se rendre plus au nord sur la ligne de la Yamanote.

J’ai fait l’expérience que vivent des millions de Tokyoïtes tous les jours : le tassement comme des sardines dans une boite. L’horreur ! À la station suivante, où il y a une correspondance avec deux lignes de métro je me suis fait littéralement et promptement expulser sur le quai par des gens pressés de sortir. Et comme il y avait une foule compacte sur le quai à nouveau la compression incroyable dans le train jusqu’à Tokyo- central station où il y a eu une légère diminution de la pression humaine à l’intérieur du train.

J’ai donc vécu le temps de trois stations de train, soit environ 9 minutes arrêts compris, ce que les Japonais de la gigantesque métropole de Tokyo vivent 5 jours par semaine, matin et soir, un véritable stress que j’ai peut-être vécu parfois dans le RER A à Paris le vendredi soir à l’heure de pointe quand les trains se faisaient attendre pour des raisons inconnues. Comme dans tous les trains de Tokyo, des écrans de télévision informent les voyageurs et effectivement l’annonce d’une perturbation sur la ligne Yamanote était indiquée sur le train de la Chuo line que je pris à la station Kanda pour rentrer au domicile de mon fils. La vétusté des trains parisiens n’en est pas encore à ce genre d’accessoire. Le sous-sol parisien réserve des surprises parfois odorantes et parfois boueuses tel ce dernier incident entre Auber et la Défense où la voie a été inondée par de l’eau boueuse sur une cinquantaine de mètres interrompant tout trafic de trains pour une durée indéterminée. Mais les Parisiens sont habitués aux grèves à répétition et aux incidents techniques en tous genre qui interrompent le trafic. Une telle situation est inimaginable dans une ville comme Tokyo qui ne pourrait pas survivre sans ses transports en commun d’une excellence inégalée dans le monde …

Source pour Paris et illustration : Les Echos

Alerte : ça se réchauffe vraiment !

Le matin du11 août de cette année je me trouvais à Antony dans la banlieue sud de Paris chez ma fille. Le thermomètre (non contrôlé par le Bureau des Poids et Mesures situé à Sèvres) indiquait à 7h30 du matin l’incroyable température estivale de 10 degrés. Certes il s’agit d’un instrument de mesure rudimentaire à colonne d’alcool dont la précision ne doit pas dépasser deux degrés et la sensibilité certainement pas plus d’un demi-degré, en regardant de près, mais tout de même ce thermomètre ne mentait pas et pour ma part l’impression de froid était tout à fait évidente … Rien à voir avec les instruments embarqués sur les satellites qui détectent des « réchauffements » d’un millième de degré Celsius qui vont faire complètement fondre les glaciers du Groenland et mettre irréversiblement à mal le Continent Antarctique alors libéré de ses glaces pour qu’on procède à l’extraction des richesse minières (hypothétiques) qui s’y trouvent.

Et pourtant ça se réchauffe comme le clame la propagande réchauffiste organisée par les lobbys des énergies renouvelables et les écologistes hautement politisés. Bref, ça se réchauffe donc et il faut le croire. Cette « vague » de froid probablement provoquée par le réchauffement climatique est passé inaperçue dans les médias, il ne fallait pas trop en parler car ça dérange.

C’est fou ce réchauffement !

Brève. La grande nouvelle du jour !

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Depuis le dimanche 6 juillet de l’année extraordinaire 2014, on ne peut plus payer son ticket de bus avec de la monnaie et encore moins des billets et il n’y a d’ailleurs plus de tickets. Mais où un tel événement peut-il bien avoir eu lieu pour qu’il fasse la une de certaines gazettes bien informées ? Tout simplement à Londres ! Les Anglais sont vraiment à l’avant-garde du progrès pour préserver la sécurité et l’hygiène des chauffeurs d’autobus. Cela fait pratiquement dix ans qu’il en est ainsi au Japon, pays où on peut aussi utiliser son smartphone pour payer le bus, le métro ou le train. Mais bon, on ne va pas dire que les Anglais sont à la traine, ils risqueraient de perdre leur humour. Quant aux Français la grande innovation fut le Navigo, il y a quelques années, au moins à Paris et alentour, mais c’est un schmilblick nominatif et on se demande toujours pourquoi. La carte de paiement Suica japonaise sert non seulement pour payer le train et le métro, par exemple à Tokyo, mais on peut aussi l’utiliser dans n’importe quel magasin pour se payer une bière ou un sandwich et on la recharge avec du cash dans n’importe quelle gare ou station de métro. En Europe, du moins à Londres, on progresse dans la bonne direction …

Photo du 07-07-2014 à 12.50

Paris, Zheijiang

Puisque les touristes Chinois se font détrousser à Paris, dans la rue, dans le métro, sur les terrasses des cafés et même dans leur hôtel, la police n’en a rien à cirer, ce ne sont pas des Européens, ils ont tout simplement décidé de reproduire un air de Paris à une journée de train de Shanghai dans la province du Zhejiang. La ville nouvelle ne s’appelle pas Paris, comme il y a un Paris au Texas, mais Tianducheng et voilà à quoi ça ressemble. On s’y croirait presque …

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Source : Business Insider

Paris n’est plus que la 4e ville la plus visitée …

Devant l’insécurité croissante, les manifestations de rue retransmises par les télévisions du monde entier, la saleté des stations de métro, des gares et des aéroports avec leur faune interlope, la presque totale absence de taxis horriblement chers et l’insoutenable décrépitude des trains de banlieue en particulier ceux qui desservent les aéroports, Paris, traditionnellement la ville la plus visitée du monde est maintenant détrônée par … Bangkok, puis viennent Londres et Singapour. Paris arrive en quatrième place juste avant New-York. Je ne prétend pas affirmer qu’il n’y a pas d’insécurité à Bangkok, Londres ou New-York ou que les chauffeurs de taxi sont plus affables à New-York ou les tuk-tuk, ces triporteurs pétaradants de Bangkok, plus confortables que les limousines de Singapour ou de Hong-Kong. Ce qui déclasse Paris c’est un ensemble de paramètres insupportables pour les touristes. Dans le moindre restaurant supposé être au top de la cuisine française on leur sert de la merde, personne ne parle anglais et les Français sont généralement méprisants vis-à-vis des touristes et refusent de les aider à trouver leur chemin dans Paris. Quand les touristes prennent le métro ils s’exposent à des myriades de pickpockets agissant en bandes organisées. Dans les quartiers « chauds » comme Pigalle qui figurent dans les guides traduits en vingt langues, c’est pour le coup carrément suicidaire de s’y aventurer comme d’aller à Belleville ou Montmartre. Même le cimetière du Père Lachaise, un haut lieu touristique pour qui veut fleurir la tombe d’un compositeur ou d’un poète est devenu dangereux. Bref, l’image internationalement reconnue de la France et de Paris en particulier va être délaissée par les touristes et c’est très grave pour la balance commerciale plus que chancelante du pays. Les touristes non européens vont préférer Londres, Milan ou Barcelone et ils auront bien raison. Voilà une conséquence inattendue mais pourtant prévisible des manifestations à répétition et les exactions des casseurs télécommandés par les sbires du gouvernement pour ternir l’image des anti-mariage gay ainsi que l’inaction ahurissante des forces de l’ordre lors de la fête du PSG qui a dégénéré pour d’autres raisons. Toutes les télévisions du monde ont diffusé les images en boucle des casseurs avec la tour Eiffel en arrière plan. Cette année ce sera The Shard (le plus grand building de Londres) qui sera pris d’assaut par les touristes. Certes, Disneyland restera une destination prisée mais c’est presque une bulle extra territorialisée avec son propre service d’ordre et ses multiples caméras de surveillance. Rien de tout ça à Paris, on se fait détrousser joyeusement, insulter gaillardement et mépriser ouvertement. La police est absente et pour ne pas froisser les minorités ethniques de toutes origines qui sévissent dans les rues celle-ci reste les bras croisés.

Triste constatation.

Source : Master Card Cities Index

Delanoë et l’énergie solaire : il y a de quoi rire aux éclats !

Delanoë inaugure la plus grande centrale solaire de Paris

Paris – Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a inauguré lundi la plus grande centrale solaire de Paris, installée sur le toit de la Halle Pajol (XVIIIe), un ancien entrepôt de la SNCF en cours de réhabilitation, a-t-on appris auprès de la mairie.

La centrale photovoltaïque couvre une surface de 3.500m2, ce qui la place au premier rang des centrales photovoltaïques urbaines de France, selon le dossier de presse de la mairie.

La Ville s’est fixée pour objectif dans son Plan Climat d’atteindre 25% d’énergie renouvelable et de récupération à Paris d’ici 2020.

L’installation, qui ne devait initialement pas peser sur les finances de la Ville, lui aura finalement coûté ainsi qu’à la Semaest (société d’économie mixte de la ville) 1,9 million d’euros TTC, en raison de la baisse du prix de rachat de l’électricité d’origine photovoltaïque sous le précédent gouvernement.

Pour pallier le désengagement de l’Etat, signifié à l’époque par la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, la Ville et la Semaest ont dû assumer un surcoût de presque trois millions d’euros pour permettre au premier bâtiment à énergie positive de Paris de voir le jour, dénonce lundi le maire de Paris sur son blog.

La somme de trois millions correspond à ce qui avait été inscrit dans la délibération initiale de la Ville, avant la conclusion du marché public avec la société ArmorGreen.

La conseillère de Paris UMP Roxane Decorte a contesté cette vision dans un communiqué, en soulignant que le projet porté par la Ville de Paris avait remporté un appel d’offre lancé par Nathalie Kosciusko-Morizet, et bénéficié dans ce cadre d’un financement public, sous forme d’un prix de rachat préférentiel de l’électricité. 

L’équipe municipale s’était fixée en 2008 l’installation de 200.000 panneaux solaires à Paris en cours de mandature.

Selon l’adjoint en charge de l’Environnement René Dutrey (EELV), on en est aujourd’hui à 25.000m2. L’ensemble des programmes en cours de réalisation devrait permettre d’atteindre 45.000 à 50.000m2 d’ici un an, a-t-il précisé.

La Halle Pajol réhabilitée, qui doit accueillir des commerces, une auberge de jeunesse, une salle de spectacle et une bibliothèque, sera livrée au second semestre 2013.




(©AFP / 15 avril 2013 19h53)

Je suppose que Monsieur Delanoë n’ignore pas que le SYCTOM traite dans trois usines réparties autour de l’agglomération parisienne l’ensemble des déchêts ménagers non recyclables de cette même agglomération, encore que la définition de non recyclable est sujette à caution car le civisme des Français laisserait plutôt à désirer si l’on se donne la peine d’observer leur attitude générale en ce qui concerne le recyclage. Bref, la ville de Paris est un des leaders mondiaux de la gestion des déchêts ménagers en produisant de l’électricité pour plus de 300 000 logements, de la vapeur pour un certain nombre d’édifices publics et de logements (chauffage) et en valorisant les scories pour les revêtements routiers entre autres destinations finales. Ce bilan rapide permet d’économiser l’émission de près d’un million de tonnes de CO2 qui aurait été produit par l’utilisation d’autres sources d’énergie, gaz ou pétrole.

Maintenant que le maire de Paris fasse des gorges chaudes pour 3500 m2 de panneaux solaires installés sur les toits d’un édifice public est une douce plaisanterie, en d’autres termes un coup de pub supplémentaire pour enfoncer NKM (Nathalie Kosciusko-Morizet), candidate à la mairie de Paris et une des rares politiciennes (peut-être la seule) que compte la France qui connaisse en profondeur ses dossiers en matière d’environnement (X-GREF) *. Je signale au maire de Paris qu’une société japonaise a financé et installé à Tenerife, île où j’habite depuis près de 5 ans, une ferme solaire de 75000 m2, couplée au réseau d’électricité local, soit plus de 20 fois ce dont il se réjouit  avec un facteur de charge plus que double de celui espéré à Paris. Pour que les réalisations de la ville de Paris en matière d’énergie solaire deviennent crédibles il faudrait peut-être aussi couvrir les toits de Notre-Dame de panneaux solaires ou encore le Grand-Palais, une version translucide de panneaux solaires existe.

Juste pour préciser à quel point cette annonce fracassante est une imposture, on ne peut espérer à Paris avec cette installation tant vantée et inaugurée en grande pompe par le Maire qu’une production de 900kWh par kW crête et par an, soit avec un facteur de charge de moins de 10 % une production globale annuelle attendue (ou espérée) d’un peu plus de 3,5 MW, et j’insiste, par an, vraiment pas de quoi se réjouir. Pour s’en persuader, il n’y a qu’à aller sur le site http://re.jrc.ec.europa.eu qui montre clairement que Paris n’est pas vraiment une région favorable pour l’énergie solaire. Encore un grand coup de pipeau avec des relents malsains d’électoralisme en cette période tout aussi malsaine de précampagne électorale pour les municipales.

Je n’épiloguerai pas sur les aspects financiers de cette affaire aux relents encore une fois fâcheusement politiciens puisque NKM est égratignée au passage (selon cette dépêche d’agence) mais ce qu’il faut retenir c’est que cette opération de propagande électoraliste sonne bien creux avec une utilisation des deniers rarissimes de l’Etat en dépit du bon sens.

Note : X-GREF = Polytechnique-Génie Rural Eaux et Forêts