La paragonimiase dans des momies coréennes du XVIIe siècle

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Quand je me couche le soir pour dormir, que j’aie pris une douche ou pas auparavant, il m’arrive souvent de ressentir de petites démangeaisons au niveau des ailes du nez et je suis convaincu que je ne suis pas la seule personne à faire cette expérience presque désagréable. Ce sont tout simplement des demodex qui commencent leur migration nocturne pour rechercher une nouvelle source de nourriture. Il y a trois ans, précisément le 31 août 2014, j’avais laissé un billet sur ce blog au sujet de ces créatures microscopiques qui colonisent les glandes sébacées de quelques-uns des 4 millions de poils qui recouvrent notre corps. Fort heureusement la grande majorité de ces poils sont invisibles sinon nous ressemblerions à nos cousins les singes. C’est fascinant comme nous sommes tous parasités par toutes sortes de bestioles toutes aussi repoussantes les unes que les autres et c’est en lisant un article paru dans le périodique BioOne originellement issu du Journal of Parasitology (voir le lien) qui décrit la présence d’un parasite dont j’ignorais l’existence et qui pourtant affecte des centaines de millions de personnes dans le monde que j’ai découvert le « ver du poumon », une pathologie pouvant être mortelle appelée paragonimiase.

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C’est en étudiant des momies datant de la dynastie Joseon en Corée du Sud que des archéologues de l’Université de Séoul ont eu la surprise d’identifier la présence d’un abcès au niveau du foie de l’une de ces momies (illustration) par exploration radiologique. Toutes sortes de parasites avaient déjà été identifiés dans des momies de par le monde mais c’est la première fois que le parasite Paragonimus westermani a été découvert dans une momies datant du XVIIe siècle parfaitement conservée. Il s’agit d’un ver plat microscopique muni de crochets qui va coloniser le foie où il peut provoquer des abcès, c’est le cas de cette momie, mais qui s’établit le plus souvent dans les alvéoles pulmonaires provoquant des hémorrhagies décelées par le présence de crachats contenant des traces de sang. Cependant cette parasitose est souvent mal diagnostiquée comme étant la tuberculose pulmonaire. Le cycle de vie de ce parasite est assez compliqué (CDC) :

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Lorsqu’un individu a ingéré un produit contaminé par les larves du ver, des crustacés comme par exemple des crevettes, les larves vont traverser la paroi intestinale puis le diaphragme puis encore la plèvre pour s’établir enfin dans les poumons, c’est assez effrayant. Eventuellement certaines larves vont aussi migrer vers le foie et provoquer un abcès. Les oeufs sont rejetés lorsque le sujet infecté tousse. Il avale éventuellement le mucus et ces oeufs se retrouvent ensuite dans les selles car ils sont protégés par une épaisse paroi.

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Les oeufs comme ceux retrouvés dans le foie de la momie (illustration, échelle 10 microns) vont alors coloniser des mollusques aquatiques au sein desquels ils se transforment en cercaires qui vont à leur tour infester des crustacés, crevettes ou écrevisses, qui lorsqu’ils sont ingérés et mal cuits vont envahir l’homme pour terminer ce cycle complexe.

Le réservoir est donc l’homme mais certains cas d’infestation ont été décrits au Japon chez des personnes ayant dégusté du sanglier. Il semblerait cependant que chez les sangliers le parasite reste à l’état larvaire. Ce parasite est très fréquent en Asie du Sud-Est, y compris en Chine et au Japon, mais il est également fréquent en Afrique et en Amérique du Sud. Chaque année plus de 20 millions de personnes sont victimes de ce parasites et environ 1 million en meurent de complications à la suite de pneumonies et de pleurésies infectieuses. Le cas de la momie coréenne est donc une exception bien qu’il n’existe pas de statistiques précises relatives aux abcès du foie provoqués par ce parasite.

Un conseil, si vous mangez des crevettes assurez-vous qu’elles sont bien cuites d’autant plus que la majorité des crevettes congelées qu’on trouve sur les étals des supermarchés européens proviennent d’Asie du Sud-Est. Bon appétit !

Source et illustrations : https://doi.org/10.1645/16-63, autre illustration CDC.

Les Zom-bees ou abeilles zombies …

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L’un des romans les plus fameux de Philip Roth est titré en français « La Couleur du Mensonge », en anglais « The Human Stain », dont Robert Benton réalisa un film remarquable mettant en scène l’inoubliable Anthony Hopkins aux côtés de Nicole Kidman et de Gary Sinise en 2003. Ce film extraordinairement réaliste n’a pas perdu une once de son intensité avec les années. Le mot de trop fut « zombie » qu’utilisa Coleman Silk (Anthony Hopkins), Professeur et Chairman de l’Université de Nouvelle-Angleterre où il sévissait comme professeur de lettres classiques, pour qualifier les élèves inscrits mais jamais présents à ses cours précipita sa chute et sa disgrâce. On l’accusa de racisme envers les étudiants de couleur car le mot zombie a une toute autre signification dans le Sud des Etats-Unis.

Ce petit rappel cinématographique et littéraire pour introduire les abeilles zombies ou « zom-bees ».

Les ruches, comme chacun sait sont ravagées par toutes sortes de parasites dont le varoa, champignons microscopiques, bactéries et autres virus de par le monde. Comme si cela ne suffisait pas elles subissent les pesticides dévastateurs qu’utilisent les agriculteurs pour se débarrasser des insectes ravageurs qui ne sont nullement spécifiques d’un insecte particulier mais sont dommageables pour les abeilles qui n’ont jamais été classées parmi les ravageurs, bien au contraire. L’histoire des abeilles zombies se passe aux Etats-Unis et a été découverte par un pur effet du hasard par un résident des environs de San Francisco qui découvrit que des abeilles avaient élu domicile dans l’épaisseur du mur de sa maison. Le Docteur John Hafernik, entomologiste de son métier à l’Université de Californie à San Francisco, ne se précipita pas sur son téléphone pour appeler les pompiers comme le lui suggérait son épouse mais imagina une petite expérience consistant à installer à la nuit tombée un petit piège autour de l’orifice d’où entraient et sortaient les abeilles au cours de la journée pour éventuellement les étudier ultérieurement. Comme les abeilles ne peuvent se diriger qu’à la lumière du jour en analysant les diverses longueurs d’onde lumineuses polarisées réfléchies par les objets, dont les fleurs, depuis le proche ultra-violet et dans tout le spectre visible, John fut étonné de constater que des abeilles désorientées sortaient de leur « nid » mural au milieu de la nuit, attirées par la faible lueur de la lanterne de la terrasse de sa maison. Il captura ces abeilles qui ne lui semblaient pas en parfaite santé et de surcroit, ce qui lui fit comprendre qu’il se passait quelque chose de vraiment anormal était que les abeilles sortaient en pleine nuit malgré le froid d’un mois de janvier. Plus encore, le lendemain matin, il retrouva son petit piège rempli de près de 100 abeilles mortes.

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Comme tout scientifique curieux il mit les abeilles dans une boite en plastique pour les examiner ultérieurement. À sa grande surprise, après une semaine (il avait oublié la boite dans son garage) il constata que des cocons rougeâtres étaient disséminés autour des abeilles mortes. Très professionnellement il confia cette découverte fortuite à ses collaborateurs et ces derniers identifièrent une mouche d’à peine deux millimètres de long, l’Apocephalus borealis qui avait imaginé la redoutable stratégie d’infester la totalité d’une ruche en quelques mois ! Après avoir pondu un oeuf dans l’abdomen d’une abeille ouvrière à l’aide d’un genre de dard appelé ovipositeur, la mouche ne se contente pas d’une seule abeille mais continue son travail destructeur jusqu’à épuisement de ses oeufs. Il faut ensuite environ un mois pour que les « asticots » sortent du corps de l’abeille morte tombée au fond de la ruche pour que le cycle recommence, pupe, métamorphose puis une nouvelle génération de mouches … On comprend aisément que ce parasite d’un nouveau genre rende les abeilles complètement désorientées, des zombies ou « zom-bees » quelques instants avant leur mort, s’activant au milieu de la nuit en s’échappant de la ruche pour éventuellement sauver ce qui reste de leur famille, en particulier la reine, dans un réflexe de désespoir.

L’apocephalus est maintenant sous haute surveillance grâce à un site spécialisé à l’intention des apiculteurs amateurs et professionnels mis en place par le Docteur Hafernik ( https://zombeewatch.org ).

Source The Atlantic et PlosOne ( 10.1371/journal.pone.0029639 ). Illustrations PlosOne

Des bactéries transgéniques « Bt » pour tuer les vers parasites !

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Tout le monde ou presque a entendu parler du « maïs Bt » de Monsanto, une plante génétiquement modifiée pour produire la toxine « crystal » du Bacillus thuringiensis. Inutile d’y revenir car cette toxine n’affecte que les insectes en perforant leur intestin mais n’a strictement aucun effet sur les autres créatures vivantes sauf qu’elle est également toxique pour les nématodes, ces vers non segmentés qui parasitent les intestins. On estime qu’il y a plus d’un milliard de personnes dans le monde parasitées par ces vers, trichiures, ascaris, filaires et autres necators et cela dans tous les pays. On estime qu’il y aurait plus de 25000 espèces de nématodes différentes dont la moitié sont des parasites. Pour l’homme et les animaux d’élevage il existe quelques traitements médicamenteux mais le problème de l’apparition de résistances devient très préoccupant car il n’existe que 4 produits autorisés pour traiter ces parasitoses.

C’est la raison pour laquelle des équipes de recherche se sont orientées vers la toxine Bt car son utilisation dans l’agriculture sous forme de pulvérisation de bacille vivant n’a jamais révélé de toxicité pour l’homme ou les animaux depuis plus d’un demi-siècle. Et a fortiori les plantes génétiquement modifiées pour exprimer cette toxine sont anodines pour l’homme. Quant à l’apparition de résistances chez les insectes, elle pourra toujours être contournée en raison de la multiplicité des formes de Bt disponibles.

Quand un individu est parasité par un nématode le problème consistera à administrer la toxine par voie orale afin qu’elle atteigne l’intestin sans être dégradée par le processus de digestion. De plus il faudra qu’elle soit libérée lentement afin de tuer tous les nématodes présents dans le tube digestif. C’est pour ces raisons qu’une équipe de biologistes de l’Université de Caroline du Nord à Raleigh a imaginé d’utiliser le Lactococcus lactis pour démontrer qu’il était possible d’administrer cette toxine de manière douce et efficace. Pourquoi ce choix, tout simplement parce que d’une part cette bactérie est inoffensive pour l’homme et elle est largement utilisé dans l’industrie laitière et d’autre part elle est facilement modifiable génétiquement et est largement utilisée dans l’industrie pharmaceutique pour produire notamment des vaccins et d’autres protéines recombinantes à usage thérapeutique.

La bactérie a été modifiée de telle façon qu’elle sur-exprime la toxine Cry ou son homologue tronqué tCry et qu’elle emmagasine la toxine ou au contraire qu’elle l’exporte dans le milieu externe. La bactérie peut être administrée vivante par encapsulation ou associée à un aliment d’origine lactée. Dans ces conditions elle survit relativement bien aux enzymes de la digestion et à la bile pour pouvoir atteindre le duodénum. Dans la théorie cet outil peut être couronné de succès pour combattre les parasitoses et son efficacité a déjà été démontrée chez des rats.

Reste à savoir si un tel organisme génétiquement modifié sera autorisé pour des traitements thérapeutiques par voie orale compte tenu de la scandaleuse campagne de dénigrement des plantes génétiquement modifiées exprimant la toxine Bt. Quand les travaux seront pleinement couronnés de succès chez l’homme, ce que les auteurs de cette étude considèrent comme tout à fait probable, on assistera alors à une bataille judiciaire et idéologique qui risque de devenir tout à fait épique malgré le fait que des centaines de millions de personnes souffrent de parasitoses qui pourraient être élégamment traitées par cette approche innovante et totalement inoffensive pour les vertébrés dont l’homme.

Source Applied and Environmental Microbiology doi : 10.1128/AEM.02365-15

On a parfois besoin d’un plus petit que soi, par exemple de Necator. Il fallait y penser !

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Depuis que j’ai écrit un papier sur les acariens puis un autre sur la douve du foie, je fais parfois d’horribles cauchemars la nuit en pensant à des petites bêtes, de minuscules acariens qui courent joyeusement de partout sur mon corps. Quand on a vraiment pris conscience qu’on est habité par des dizaines de milliers de ces bestioles et qu’on ne peut pratiquement rien faire pour s’en débarrasser, il y a tout de même des médecins courageux pour ne pas en être obsédés et se servir de parasites pour au contraire soigner certaines maladies. On nettoie bien certaines plaies avec des asticots et autrefois la mode répandue était de se faire poser des sangsues dans le dos, bref, un parasitage volontaire si on peut dire les choses ainsi.

Si vous n’avez jamais entendu parler de l’ankylostomose, vous êtes pardonné, surtout si vous n’avez jamais vécu dans un pays chaud et humide. C’est une parasitose due à un ver, un nématode d’à peu près un centimètre de long quand il est adulte, armé de crochets pour s’ancrer sur l’épithélium intestinal et y rester confortablement plusieurs années. S’il n’y a pas de surpopulation de ce parasite on vit très bien. Une équipe de biologistes de l’Université James Cook à Cairns dans le nord du Queensland spécialiste des maladies tropicales s’est intéressée à ce ver, Necator americanus, non pas pour ce que l’on pense car son éradication à l’aide de médicaments est bien connue mais pour ses éventuels effets bénéfiques alors que paradoxalement près de 750 millions de personnes sont parasitées par ce ver dans le monde, surtout dans les régions subtropicales comme par exemple en Floride ou au nord du Queensland. Si ce ver ne pose pas trop de problèmes dans les pays développés, il peut vraiment affecter la santé des populations qui n’ont pas accès au confort sanitaire occidental. Ce parasite est transmis par les chiens et les chats, merci au passage à ces gentils animaux de compagnie, et va donc s’établir dans l’intestin mais pas directement. Les larves issues des œufs pondus dans l’intestin et qui se retrouvent dans les défécations de ces animaux de compagnie recommencent leur cycle d’infestation particulièrement flippant, du genre film d’horreur. Elles s’accrochent à la peau et y pénètrent, creusent un tunnel jusqu’à trouver un capillaire sanguin, remontent vers le cœur en se laissant porter par le sang, arrivent dans les alvéoles pulmonaires et s’y accrochent à nouveau mais ce n’est pas encore le bon endroit pour vivre. Elles creusent un nouveau chemin pour venir, disons, à l’air libre du côté aérien des alvéoles pulmonaires, dans les bronches puis elles remontent jusqu’au larynx et quand elles sont avalées elles se retrouvent dans l’estomac pour finalement arriver à l’intestin grêle, deviennent des vers adultes et y finissent leur vie de quelques années en ayant pour unique fonction de pondre des milliers d’oeufs chaque jour afin que le cycle se perpétue.

Les Australiens avaient une petite arrière pensée dans leur démarche parce qu’on a observé que l’organisme était incapable de manifester une quelconque réponse immunitaire contre ce parasite. Il devait donc exister un mécanisme initié par le ver pour qu’il prospère en toute impunité, ce qui n’est pas le cas avec la douve du foie qui finit par déclencher un cancer en perturbant la réponse cellulaire de l’épithélium de l’arbre biliaire. Dans le cas du Necator, rien de tout cela. Comme les scientifiques ont parfois des idées bizarres sinon inattendues, l’équipe de l’Université James Cook s’est donc demandée si par hasard ces vers ne seraient pas bénéfiques pour les personnes souffrant de la maladie coeliaque dont la cause reconnue (mais récemment controversée) est la présence de gluten dans l’alimentation et qui est classée parmi les maladies auto-immunes. Quand on émet ce genre d’hypothèse il suffit de trouver une astuce pour la vérifier et dans le cas de la maladie coeliaque, rien de plus facile puisqu’en Australie environ une personne sur 70 souffre de cette maladie et bien d’autres gens souffrent aussi d’ankylostomose en particulier dans la partie nord du pays. Un immunologiste de l’Université de Cairns, Paul Giacomine, a donc établi une collaboration avec le service de gastroentérologie de l’hôpital Prince Charles de Brisbane pour effectuer un test sur douze volontaires souffrant de la maladie coeliaque. Toutes ces personnes ont été infectées avec 20 larves de Necator, pas par la peau mais par ingestion, ça fait plus propre, et l’expérimentation a duré un an. Durant les trois premiers mois les volontaires ont ingéré chaque jour de 10 à 50 milligrammes de gluten inclus dans leur alimentation sous forme de nouilles ou de spaghetti, ça représente en gros dix centimètres d’un spaghetti. La deuxième phase durant également trois mois a porté le régime avec gluten à 1 gramme quotidien puis enfin à 3 grammes par jour et à la fin du test l’alimentation de chacun des volontaires comportait une bonne grosse assiette quotidienne de spaghettis. Personnellement je n’ai rien contre les spaghetti, ce qui importe c’est la façon de les accommoder pour que ce truc soit mangeable.

Des prélèvements sanguins réguliers ont permis de suivre l’évolution des marqueurs de l’inflammation ainsi que le nombre de lymphocytes T. Deux volontaires se sont désisté au cours du premier trimestre et deux autres au cours du second trimestre de tests pour des raisons indépendantes de leur maladie coeliaque. Les huit volontaires restants, ont tous ressenti une complète disparition de leur maladie, amélioration confirmée par la baisse de divers paramètres biochimiques dont la transaminase tissulaire et l’interféron gamma avec une augmentation en parallèle des lymphocytes T régulateurs/répresseurs exprimant l’immunoglobuline de surface CD4. La présence des nématodes induit donc par la présence de l’une ou l’autre de ses protéines une modification de la fonction des lymphocytes qui deviennent alors anti-inflammatoires. Comme pour apporter une preuve supplémentaire de la réussite de cette expérimentation pour le moins inattendue, les 8 sujets soumis au test ont tous refusé de subir un traitement pour être débarrassés de « leurs » parasites de peur de devoir souffrir à nouveau de la maladie coeliaque ! L’équipe du Professeur Alex Loukas de la James Cook University, leader de cette étude inattendue, est maintenant à la recherche de ce signal protéique sécrété par les nématodes qui réoriente la fonction des lymphocytes T car ce pourrait être la base d’un nouveau traitement non seulement pour la maladie coeliaque mais également pour l’asthme, l’eczéma atopique et bien d’autres manifestations inflammatoires comme par exemple la maladie de Crohn. Parallèlement la même équipe de biologistes est impliquée dans la mise au point d’un vaccin pour éradiquer l’ankylostomose qui constitue un réel problème de santé publique dans de nombreux pays tropicaux même s’il existe des médicaments efficaces pour s’en débarrasser. La réinfection est en effet courante quand l’hygiène de vie laisse à désirer comme c’est le cas dans beaucoup de pays sub-tropicaux, j’en parle par expérience.

Comme quoi on peut avoir parfois besoin d’un plus petit que soi …

Source : James Cook University News and Media, illustration Wikipedia

Autres liens sur ce blog au sujet des parasites : https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/09/14/la-douve-du-foie-fait-toujours-autant-de-ravages/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/08/31/et-si-on-parlait-des-demodex-une-nouvelle-marque-de-pret-a-porter-non-un-parasite-commun-pourtant-inconnu/

Fourtou (JR) continue sur sa lancée !

Je n’ai jamais vraiment digéré la liquidation de Rhône-Poulenc par JR Fourtou prétextant que les actionnaires ne devaient pas perdre d’argent ou plutôt devaient en gagner plus qu’ils n’en gagnaient déjà. L’activité strictement financière de Fourtou entièrement orientée vers la rentabilité à tout prix de Rhône-Poulenc a résulté en une disparition totale de la chimie française qui était leader mondial dans des domaines comme la purification des lanthanides qu’on appelle communément « terres rares », puis la braderie insensée du secteur agro-chimique vendu par appartements à Bayer et Hoechst pour des poignées de cacahuètes. Il s’en est fallu de peu que le secteur santé et pharmacie de Rhône-Poulenc ne disparaisse pas car le groupe Total a finalement repris ce secteur avec Sanofi, originellement Synthélabo ayant également repris Roussel-Uclaf. Fourtou a tout mis à plat pour satisfaire les banques et les actionnaires. Que fait-il aujourd’hui, il veut tout simplement démanteler Vivendi encore une fois par appartements, une pratique dans laquelle il a tristement fait ses preuves. Pour ce pseudo-industriel qui ne s’est jamais montré sur les sites industriels autrement qu’en complet veston et cravate de soie, l’industrie c’est avant tout le profit des actionnaires quels qu’ils soient, des fonds de retraite, des banques et même de l’Etat, c’est-à-dire l’ensemble de la nation. Fourtou a spolié la France et il continue sur sa lancée. Ce parasite devrait être pendu haut et court et sa tête plantée sur une pique et exposée à la vindicte populaire. Il y a d’autres parasites dans le même genre et qui sévissent pareillement et je n’en citerai qu’un autre Alain Minc … 

Pauvres abeilles

 

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Les abeilles et bien d’autres insectes pollinisateurs sont déjà malmenés par les insecticides systémiques notamment utilisés dans l’enrobage des semences comme les néo-nicotinoïdes, j’en ai parlé dans un précédent billet. Le Fipronil est aussi enfin banni dans toute l’Europe depuis ce mardi mais curieusement les Anglais se sont abstenus par deux fois quand les Européens ont pris ces décisions et pourtant le déclin des populations d’abeille outre-Manche est tout aussi catastrophique qu’en Europe continentale. En Grande-Bretagne, comme les deux tiers des cultures ont besoin d’insectes pollinisateurs pour qu’on puisse avoir par exemple des fruits, des tomates, des melons, des haricots verts, des petits pois, ou encore des aubergines et bien d’autres productions maraîchères les producteurs importent des bourdons qu’ils lâchent dans les serres afin d’effectuer la pollinisation. Il existe une réglementation très stricte sur l’état sanitaire des bourdons importés, un business très florissant, afin qu’ils ne répandent pas de maladies parasitaires. Mais les marchands de bourdons, si on peut parler ainsi de cette corporation peu banale, ne sont pas très regardants et les documents d’exportation sont remplis sans qu’ils aient vérifié dans le détail l’état de santé de ces utiles petites bêtes. Un test ADN pourrait pourtant être effectué rapidement et efficacement pour déterminer la présence de parasites ou de virus, mais ça coûte cher (environ 5000 dollars) et les marchands de bourdons ne le font pas et se contentent d’un examen à la va-vite à la loupe sur quelques bourdons et le tour est joué. Les importateurs ne sont pas trop regardants aussi. Plus des deux tiers des colonies de bourdons importées sont infectées par des champignons transmissibles aux abeilles comme les Nosema, les Ascosphaera, un autre champignon microscopique qui détruit les couvains ainsi qu’une bactérie fatale également pour ces mêmes couvains (Paenibacillus) et enfin un virus qui provoque une atrophie des ailes. Bref, c’est comme si on voulait éradiquer les abeilles et les bourdons en répandant sur le marché des insectes malades pour tuer le peu qui reste en bonne santé, déjà affaibli par les insecticides. Normalement la directive européenne 2003/881/CE enjoint les importateurs de bourdons à exiger un certificat sanitaire approuvé par les autorités douanières mais le laxisme est de mise : comment contrôler plus d’un million de nids de bourdons chaque année voyageant de par le monde et finissant dans les serres à fruits et légumes, dont 50000 en Grande-Bretagne ? La tâche est tout simplement impossible malgré l’enjeu économique car la disparition concomitante des abeilles constituerait une catastrophe économique à grande échelle. On peut au moins, en conclusion, féliciter les écologistes professionnels anglais qui ont pris la peine de lancer cette alarme …

Source : J. Applied Ecology, photo : Wikipedia