Actualité. La justice italienne dans le potage ondulatoire …

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Après le tremblement de terre qui détruisit la majeure partie de la ville d’Aquila en Italie en 2009 la justice italienne poursuivit des géologues et les condamna à la prison pour ne pas avoir été capables de prédire ce tremblement de terre – des ondes sismiques – alors qu’ils étaient payés par les contribuables pour leurs travaux. Cet événement provoqua la risée du monde entier en particulier des Japonais qui vivent quotidiennement ou presque avec les tremblements de terre et qui investissent des sommes colossales pour tenter de prévoir les tremblements de terre avec un délai de plus de quelques minutes. Au delà c’est l’inconnu.

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Cette fois c’est la cour d’appel de Turin qui vient de condamner la compagnie de téléphone Telecom Italia en raison de la plainte d’un employé qui souffre d’une tumeur au cerveau. Les juges se sont-ils inspiré des délires de la justice française qui avait grassement indemnisé une folle qui prétendait que les « ondes » la rendaient malade et qui avait contacté l’association Robin des Toits (loi 1901, donc financée par les contribuables) pour trouble de sa santé dégradée par les « ondes » (voir les billets des 27 août 2015 et 17 février 2016 sur ce blog). Ou bien ces juges qui ont ignoré les arrêts de l’agence sanitaire italienne ont fait appel à des expertises indépendantes, ignorant le verdict des scientifiques relatifs à la totale innocuité des radiations électromagnétiques émises par un téléphone portable. Ou alors ces mêmes juges ont peut-être invoqué le fameux principe de précaution. Jamais les chimistes n’ont pu être capables d’exploiter le pouvoir de ces ondes radio pour favoriser des réactions chimiques. Elle dissipent leur énergie en chaleur, une quantité de chaleur infinitésimale dans le cas d’un téléphone cellulaire qui ne peut en aucun cas provoquer l’apparition d’une tumeur.

Le plaignant est donc un escroc, mais en Italie c’est commun … comme en France. Sans autre commentaire.

L’ondophobie a de beaux jours devant elle …

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Quand je regarde ma table de « travail » (oui, j’ai une table de travail parce que tenir mon blog quotidiennement demande plusieurs heures de travail chaque jour) il y a une souris blue-tooth, un clavier blue-tooth, un MacBook connecté à mon routeur en wifi, un téléphone fixe mais fonctionnant sans fil et mon téléphone portable. Pour ne pas recevoir d’alertes de Google chaque jour j’ai fini par connecter directement mon iMac au routeur avec un câble ethernet. Depuis le balcon de mon modeste logement je peux voir situés sur des buildings, mais qu’on ne peut pas apercevoir de la rue, trois amas d’antennes relais, c’est mieux et c’est rassurant pour le chaland. Enfin quand je réinitialise l’un de mes ordinateurs et les paramètres réseau, je ne sais plus combien de signaux wifi sont reconnus, au moins une bonne trentaine.

Ça fait beaucoup d’appareils (et d’ondes) à proximité de mes neurones vieillissants ! Je me porte encore pas trop mal pour mon âge malgré cet environnement électromagnétique intense dans lequel chacun d’entre nous baigne en permanence, un « électrosmog », c’est nouveau, ça vient de sortir. On ne peut plus y échapper, il y a de par le monde 6 milliards de téléphones mobiles qui tous émettent des « ondes » et le nombre d’appareils connectés autres que des téléphones croit exponentiellement. Mais il ne faut pas non plus que ça nous monte à la tête malgré ce que des « experts » prétendent. Cependant, pour entretenir la phobie des ondes, l’ondophobie, des journalistes qui ne savent pas ce qu’est une onde électromagnétique font des piqûres de rappel périodiquement dans les médias dans le seul but d’alarmer la population. Ces mêmes journalistes ont probablement deux ou trois téléphones portables dans leur besace mais ils sont payés pour écrire des scoops.

La nouveauté sur laquelle s’appuient ces professionnels de l’angoisse est le manque de données relatives aux cancers du cerveau dans les tranches d’âge comprises, disons, entre 0 et 20 ans puisque ces jeunes générations ont été depuis leurs premiers pas plongées dans un univers électromagnétique dont ils ne peuvent se protéger. Depuis que l’IARC (CIRC, mes lecteurs savent ce que je pense de cet organisme) a classé les ondes électromagnétiques « possibles carcinogènes » la psychose ne fait qu’amplifier à tel point que le Docteur Devra Davis, éminente épidémiologiste qui s’intéresse de très près aux cancers, a tiré la sonnette d’alarme, encore une fois. Cette personne respectable n’est pas n’importe qui : elle a été nobélisée en même temps qu’Al Gore en 2007 pour sa contribution hautement significative à la paix dans le monde … C’est une scientifique membre de l’Académie des Sciences américaine et en tant que prix Nobel elle s’active pour établir une relation de cause à effet entre les cancers du cerveau et les téléphones portables. Cette dame alerte les parents sur les plateaux de télévision en les culpabilisant par des propos contestables. Même les écoles sont des électrosmogs notoires et les parents sont involontairement consentants en exposant leurs enfants aux ondes électromagnétiques. On croit rêver.

Cette Devra Davis ne sait probablement pas que les ondes électromagnétiques ne peuvent que se dissiper sous forme de chaleur, une énergie thermique qui se mesure en micro-watts, très exactement comme ce qui se passe dans un four à micro-ondes qui est un émetteur d’ondes de type radar des milliards de fois plus puissant qu’un téléphone portable. En effet, si la longueur d’onde des photons émis par un téléphone cellulaire est relativement proche de celle émise par le magnetron d’un four, le four est un espace clos alors que l’atmosphère est un espace ouvert. L’énergie émise par un téléphone est très rapidement dissipée dans toutes les directions et une très faible fraction de celle-ci atteindra le lobe de l’oreille ou éventuellement les os du crâne.

Le seul effet connu pour un chimiste ou un physicien est une agitation des molécules d’eau qui ont la propriété d’entrer en résonance avec ces ondes d’une fréquence de 2,45 GHz (32,8 centimètres de longueur d’onde) et de se transformer en énergie thermique. Ce n’est pas le cas avec les téléphones portables et les autres appareils wifi ou blue-tooth puisque les fréquences communément utilisées se situent entre 900 et 1900 MHz, fréquences auxquelles ne réagit que très modérément la molécule d’eau. Jamais un chimiste n’a pu noter de modifications au niveau moléculaire de composés chimiques simples ou complexes avec les micro-ondes d’un four commercial ou industriel. Prétendre que les ondes électromagnétiques émises par un téléphone portable peuvent induire des modifications de l’ADN cellulaire et provoquer des cancers relève tout simplement de la fausse science.

Pourtant Devra Davis, activiste climatique auréolée de sa distinction partagée de prix Nobel, ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle il faut respecter l’exécrable principe de précaution : puisqu’on ne sait pas, il ne faut pas prendre de risques. Et de faire allègrement l’amalgame entre le tabac, l’amiante et les téléphones cellulaires. Pour cette fanatique de l’environnement la seule issue possible est la régression technologique avec une forte teinte de malthusianisme si cher aux écologistes. Pour elle, on ne sait pas combien de centaines de millions de jeunes d’aujourd’hui développeront un cancer du cerveau dans 20 ou 30 ans. Faut-il alors interdire une console Wii, une tablette ou un téléphone portable aux enfants ? Décidément la pseudo-science envahit tous les aspects de notre vie quotidienne …

L’ondophobie, ça vient de sortir !

Rouge_gorge_familier_-_crop_(WB_correction) Si la Terre ne possédait pas en son centre un noyau formé d’un alliage de fer et de nickel, il n’y aurait pas de champ magnétique terrestre (49 microteslas), celui qui oriente l’aiguille des boussoles vers le nord et le sud et qui fut d’un grand secours pour les navigateurs avant l’invention du GPS. Il y aurait aussi un bombardement catastrophique de particules venant de nulle part et du Soleil qui nous envoie aussi des bouffées de neutrinos (qui ne sont pas déviés par le champ magnétique) et bien d’autres trucs pas vraiment bons pour la santé, encore que nous sommes différents des singes en partie grâce à tous ces parasites magnétiques, électromagnétiques, corpusculaires et chimériques comme les neutrinos. Pour en revenir aux radiations électromagnétiques, il faut inclure dans ce registre le rayonnement solaire parvenant jusqu’à nous et qui couvre une large plage des dites radiations, depuis les rayons gamma jusqu’aux ondes radio qu’on a tendance à oublier dans la réflexion actuelle relative aux téléphones portables et autres appareillages électroniques variés qui ont envahi la vie courante. Dans un environnement urbain, l’espace est pratiquement saturé de toutes sortes d’ondes de diverses longueurs y compris des ondes radar pour contrôler la vitesse des conducteurs pas souvent respectueux de la loi. Sans s’en rendre compte on baigne littéralement dans une soupe d’ondes qui toutes sans exception aboutissent à la production de chaleur, la forme d’énergie la plus triviale, et ce sont les objets et notre corps qui finalement absorbent cette chaleur. Rien de vraiment inquiétant sauf qu’il paraît que les « ondes » provoquent des désagréments fâcheux chez certaines personnes que la Faculté devrait étudier consciencieusement car il s’agit probablement de monstres extragalactiques … 980px-EM_spectrum.svg Cependant, comme aucune évidence d’un effet délétère quelconque des ondes électromagnétiques sur les humains n’a pu être apportée en dehors des UV qui brûlent et des IR qui chauffent, les biologistes se sont penché sur les oiseaux et en particulier le rouge-gorge. Pourquoi le rouge-gorge, tout simplement parce qu’il apprécie la compagnie des hommes et qu’il lui arrive de se complaire dans un environnement urbain, pas tant que ça tout de même parce que la soupe électromagnétique aurait tendance à perturber son comportement. Pour les humains il existe des régulations concernant l’exposition aux radiations électromagnétiques depuis le 50 hertz, le courant électrique alternatif commun jusqu’à 300 gigahertz, ce que l’on appelle vulgairement les « micro-ondes ». Ces régulations sont édictées par la très officielle International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (ICNIRP) et cette commission a fixé des seuils à ne pas dépasser en termes d’énergie émise. Il faut se souvenir que l’énergie d’un photon est proportionnelle à sa fréquence et inversement proportionnelle à sa longueur d’onde (voir l’illustration ci-dessus) selon la relation suivante : Capture d’écran 2014-05-10 à 12.00.21 où f est la fréquence, lambda la longueur d’onde, h et c étant respectivement la constante de Planck et la vitesse de la lumière. Outre leur dissipation sous forme de chaleur les ondes électromagnétiques produisent un champ magnétique local qui est de l’ordre de 5 à 150 nanoteslas c’est-à-dire des milliers de fois plus faible que le champ magnétique terrestre. Pour situer le problème, si problème il y a, quand on se soumet à un examen par IRM, on se trouve dans un tunnel où le champ magnétique local atteint plus de 1 tesla. Je me suis soumis à un certain nombre d’IRMs, je n’ai pas ressenti le moindre malaise … Pas besoin de réfléchir très longtemps pour comprendre que les ondes radio sont très peu énergétiques mais tout de même, les rouge-gorge n’apprécient pas vraiment et c’est ce qu’ont étudié des biologistes de l’Université d’Oldenburg en Basse-Saxe, Allemagne pour en avoir définitivement le cœur net de tout soupçon. Ils ont appelé le bruit électromagnétique urbain « l’électrosmog » et montré que les rouge-gorge étaient désorientés par les ondes radio dans la gamme dite AM, de 100 à 2000 mètres de longueur d’onde, les vulgaires ondes que recevaient les postes de radio à lampe de nos grand-mères quand elles écoutaient De Gaulle sur Radio Londres mais aussi des ondes émises par un bon nombre d’appareils électroménagers comme par exemple un vulgaire aspirateur. Pas de chance pour les personnes qui se déclarent sensibles à l’électrosmog, ce ne sont pas les mêmes gammes de fréquence que celles utilisées pour les téléphones portables, à moins qu’elles se prennent pour des rouge-gorge ( Erithacus rubecula ) rouges de rage car ces ondes sont infiniment moins énergétiques que celles qu’un téléphone portable envoie vers un relais. Le journal Nature, toujours avide de nouvelles fraîches concernant l’environnement a décidé de faire de cet article la une en couverture du numéro à paraître le 15 mai prochain, c’est dire à quel point cette découverte est d’importance dans le contexte idéologique actuel qui est orienté vers une remise en question de tous les progrès technologiques. On éprouve quelque peine à imaginer un monde sans téléphone portable mais qu’à cela ne tienne, les ondes radio sont nocives pour les rouge-gorge et le pas va être très certainement franchi et on créera une nouvelle taxe sur les abonnements au téléphone pour pouvoir soigner les nombreux malades des ondes. Parce l’épidémie va se répandre comme un feu de brousse sèche, il y a de la tune à gagner. On ne pourra plus se promener dans la rue avec son portable au risque de se voir agressé par des ondophobes, l’ondophobie étant un nouveau syndrome moderne presque aussi facilement transmissible que la grippe aviaire. Mon Mac Book est connecté en wi-fi à un routeur et les vilaines ondes font dresser les cheveux de ma petite-fille sur sa tête et elle a l’air vraiment fatiguée, c’est terrible ! Pour en revenir à cette étude sur les rouge-gorge, il paraît que toutes les observations de désorientation ont été effectuées par « des générations » d’étudiants qui ignoraient le but ultime de l’étude, en quelque sorte un essai en phase 2 en double aveugle. Ils ont soigneusement noté dans quelle direction ces adorables oiseaux avaient tendance à s’envoler, aussi bien dans un environnement urbain qu’à la campagne, dans une volière métallique reliée à la terre et les protégeant des mauvaises ondes ou une volière normale qui laisse passer les ondes. Et comme attendu ces étudiants ont bien noté que les rouge-gorge étaient ondophobes, qu’ils perdaient le nord (et le sud) dans des conditions tellement extrêmes d’agressivité ondulatoire qu’ils seraient bientôt considérés comme des espèces en danger, à en perdre leur beau plastron rouge. Capture d’écran 2014-05-13 à 11.37.25 Comme on peut le constater dans la figure ci-dessus tirée de l’article paru dans Nature (DOI: 10.1038/nature13290 ) les oiseaux sont bien désorientés à vue d’oeil et cette figure est considérée comme significative. Le cercle rouge indique la « perte du nord » depuis un nichoir non protecteur des mauvaises ondes, et en bleu la même observation avec un nichoir métallique relié au sol. Les tracés c et d indiquent le champ magnétique (nT) et l’énergie (volt/mètre) dans la gamme de fréquence allant jusqu’à 5 MHz et l’effet de la mise à la terre du nichoir (en bleu) et trouver une explication biologique rationnelle à cette sensibilité incroyable du rouge-gorge aux ondes électromagnétiques n’est pas simple et demandera encore de longues investigations. En effet le champ magnétique prépondérant est celui de la Terre elle-même et il se trouve que les électrons que l’on peut assimiler à des petites toupies sont affectés par le champ magnétique terrestre et quand une onde électromagnétique d’origine artificielle vient interférer avec les électrons, alors peut-être que l’explication de la désorientation des rouge-gorge pourra être formellement expliquée … Dans l’environnement urbain l’énergie de l’électrosmog, dûment mesurée scientifiquement, n’atteint que un millième des limites admises par l’ICNIRP, 6000 nT à 150 kHz et 180 nT à 5 MHz alors qu’on n’est qu’à 0,01 nT à cette fréquence (voir la figure) mais comme le rouge-gorge ne pèse que quelques grammes, un calcul rapide explique indubitablement que, comme ces charmants oiseaux, nous sommes « certainement » sensibles aux ondes, vraiment de quoi flipper gravement, on va tous mourir à cause des progrès technologiques !!! Conclusion, jetez vos téléphones portables, vos montres à quartz, on ne sait jamais, votre pacemakers si vous en avez un, tant pis pour votre cœur, surtout pas de four à micro-onde dans la cuisine (915 MHz soit 32,8 centimètres, c’est pour cette raison que c’est au singulier) et à la limite, débranchez votre maison du réseau électrique, allumez des chandelles de suif pour vous éclairer, toutes les ampoules basse consommation émettent des ondes, et n’oubliez surtout pas de jeter aussi votre télévision, votre chaine hi-fi, votre Wii, votre baladeur, votre prothèse auditive et n’utilisez plus de voiture bourrée d’électronique, revenez à la bonne vieille 2CV si possible à pédales et allumage à la bougie, ce sont des conseils pour votre survie. La solution extrême est d’émigrer dans une île déserte, un peu montagneuse, on ne sait pas si le réchauffement climatique pourrait la submerger par surprise. Buvez des coups, c’est tout ce qui vous reste à faire … Source : Universität Oldenburg et Nature