Va-t-on autoriser les antibiotiques en agriculture ?

 

Cette question pourrait devenir centrale avec la propagation alarmante de la Xylella fastidiosa en Europe. Il s’agit d’une bactérie aérobie gram-négative qui se multiplie dans les canaux du xylème des plantes et finit par tuer ces dernières. Elle est transmise par n’importe quel insecte suceur comme par exemple la cicadelle et elle est capable de détruire plus de 300 plantes différentes, du laurier rose à l’olivier en passant par la vigne et le citronnier. C’est déjà un désastre en Apulée (Italie) où des oliveraies entières ont été dévastées ces dernières années mais également dans les régions viticoles de Californie, les cépages Pinot Noir et Chardonnay étant les favoris de cette bactérie insidieuse qui a trouvé en plus le moyen de se multiplier dans le tube digestif des insectes qui la véhiculent pour que ces dernier fassent encore mieux leur inoculation quand ils vont se nourrir de sève.

Cette bactérie est apparue en 2015 en Corse et il lui a fallu quelques mois pour atteindre la région niçoise en infestant d’abord la polygale à feuilles de myrthe (Polygala myrtifolia) puis le laurier-rose. La prochaine victime sera, à n’en pas douter, l’olivier. Elle a atteint l’Allemagne en 2016 en décimant également le laurier-rose et les Îles Baléares au début de l’année 2017 et enfin la région d’Alicante cet automne. Il y a donc franchement urgence car cette bactérie attaque aussi les orangers et les citronniers, tout pour plaire !

L’usage d’antibiotiques en agriculture est formellement interdit en Europe ainsi que dans de nombreux autres pays. Il existe cependant quelques exceptions comme par exemple en Suisse pour combattre le feu bactérien (fire blight en anglais) qui peut ravager les vergers fruitiers des basses vallées alpines en quelques jours. Il s’agit d’une maladie provoquée par la bactérie Erwinia amylovora susceptible (encore mais pour combien de temps ?) à la streptomycine. Le souci avec la Xylella sera, comme pour les bactéries pathogènes pour l’homme, l’apparition de résistances si l’utilisation d’antibiotiques, dans le cas où ceux-ci seraient utilisés dans l’urgence, était mal contrôlée.

Toujours est-il que l’on peut s’attendre à un véritable désastre économique, cette bactérie étant considérée depuis peu comme le pathogène agricole numéro 1 en Europe … Affaire à suivre

Source et illustration : BBC News

Note : pas de billets ces premier et deux janvier 2018