Un virus du SIDA « OGM » contre la thalassémie !

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La thalassémie, rien à voir avec l’une des rares émissions de télévision que j’avais l’habitude de regarder le vendredi soir il y a déjà pas mal d’années, est une maladie génétique rare présente dans les pays du pourtour méditerranéen ainsi qu’en Asie. On estime qu’environ 15000 personnes sont affectées par la forme grave de cette maladie dans les pays de l’OCDE. Il s’agit de mutations qui affectent le bon fonctionnement de l’hémoglobine (illustration Wikipedia), inutile de dire que cette maladie perturbe gravement le quotidien de ceux qui ont la malchance d’en hériter. D’une manière générale les personnes thalassémiques doivent se plier périodiquement à des transfusions sanguines enrichies en globules rouges car les mutations du gène codant pour l’hémoglobine rendent ce composant essentiel du sang pratiquement inactif et pour survivre les malades doivent recevoir de donneurs de sang leur lot presque mensuel d’hématies. Il y a un revers à ce traitement palliatif, une surcharge indésirable en fer de l’ensemble de l’organisme que la rate ne peut finalement plus gérer convenablement. Il arrive alors l’inévitable, un désordre complet de l’ensemble des fonctions vitales qui peut être fatal. Et comme les transfusions de poches d’hématies ne sont qu’un pis aller, les biologistes ont imaginé la thérapie génique et pour une fois, qui n’est pas la coutume, ce sont des Français qui se sont les premiers illustré dans cette approche.

Une collaboration entre universitaires parisiens (Paris-Descartes, Paris XI), l’INSERM et les Hôpitaux de Paris a finalement abouti à traiter la thalassémie par thérapie génique. Il y a quelques années un essai clinique avait été tenté mais le malade n’avait pu s’affranchir des perfusions de sang que seulement une année après le traitement. Maintenant c’est la réussite tant attendue en moins de deux semaines après l’injection du virus de la famille des lentivirus, plus précisément le virus du SIDA, le rétrovirus HIV 1, porteur du gène codant pour la chaine beta de l’hémoglobine. Pourquoi utiliser un tel virus pour un usage thérapeutique, pour la simple raison que le HIV incorpore ses informations génétiques dans l’ADN de la cellule hôte. La cible du HIV se trouve être en partie les cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse d’où dérivent les lymphocytes et les hématies. S’attaquer à la thalassémie par thérapie génique consistait donc à trouver le bon virus pour introduire le gène sain de la chaine beta de l’hémoglobine. C’est la raison pour laquelle le virus du SIDA était considéré comme le candidat idéal pour ce type d’approche thérapeutique d’autant plus qu’il est parfaitement bien connu depuis sa découverte en 1983. Pour rappel, le HIV est un rétrovirus dont le matériel génétique est un acide ribonucléique (ARN) qui va être transcrit en ADN par une réverse-transcriptase spécifique de ce virus et cet ADN s’intègre dans celui de la cellule hôte.

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L’équipe de biologistes et de médecins parisiens a donc introduit dans l’ARN du virus l’information nécessaire pour qu’une fois « infectées » les cellules souches hématopoïétiques expriment une hémoglobine normale. Naturellement le virus lui-même a été modifié afin de n’apporter aucun autre « désagrément » à ces cellules souches comme par exemple l’apparition d’immunodéficience. Dans le cas de la thalassémie, il se développe donc un clone de cellules souches transformées parallèlement aux cellules déficientes en chaine beta de l’hémoglobine et le malade finit par s’affranchir des transfusions mensuelles de sang. Pour les curieux l’illustration ci-dessous décrit la « construction » réalisée afin d’atteindre une thérapie efficace, de la haute couture à l’échelle moléculaire. Je suis incapable de décrire ce que signifie cette illustration mais il faut simplement retenir que la manipulation génétique en question est très complexe puisqu’elle se répartit sur quelques 8500 bases de l’ARN (8,5 kb) du virus qui en compte en tout 9193. Autant dire que le virus n’a plus d’autre fonction que de servir de seringue moléculaire !

Devant ce succès incontestable des derniers essais cliniques réalisés en collaboration avec la société Bluebird Bio basée à Cambridge, Massachusetts et également à Paris, l’exploitation commerciale du procédé mis au point à Paris sera désormais réalisée par la société Bluebird Bio sous le nom de Lentiglobin, une fois la validation par la FDA de ces essais cliniques en cours tant en France qu’aux USA. Le succès récent des derniers essais sur deux patients qui n’avaient plus besoin de transfusion une douzaine de jours après la thérapie génique – constitue un grand espoir dans le traitement durable de la beta thalassémie même si la réponse pourra être variable selon les individus.

Il faut enfin mentionner d’autres approches par thérapie génique utilisant le rétrovirus type HIV pour traiter l’hémophilie et peut-être un jour le diabète d’origine génétique. Plusieurs centaines d’essais cliniques ont d’ors et déjà validé cette technique.

Sources : Nature ( doi:10.1038/nature09328 ) et

http://www.bluebirdbio.com/documents/BBB-factsheetv16.pdf

Les OGM attaquent … les moustiques, pour les dézinguer !

Après le lamentable épisode de l’amnistie sans suite du faucheur de porte-greffes de la vigne génétiquement modifiés par l’INRA avec les impôts des contribuables, faut-il le rappeler, pour résister au virus du court noué, un fait relaté par Contrepoints (voir le lien en fin de billet), va-t-il falloir assister encore une fois à la démonstration de l’obscurantisme ahurissant des écologistes avec le moustique transgénique mis au point pour tenter de combattre la malaria ? Depuis l’interdiction du DDT préconisée par les écologistes il y a plus de 40 ans la malaria a tué peut-être 100 millions de personnes, c’est le tribut payé pour satisfaire les exigences des écologistes qui prétendaient sans aucune preuve à l’appui que le DDT pouvait décimer le plancton, être à la longue cancérigène ou encore favoriser l’apparition de super-moustiques résistants au DDT et donc à tous les autres insecticides puisque ce produit était le seul efficace contre ces insectes volants. Pour l’anecdote il faut rappeler que le développement immobilier des côtes de l’Hérault et de l’Aude depuis la Camargue jusqu’à Perpignan, infestées de moustiques et réservées aux aventureux dans les années 50 et 60 ont été nettoyées à l’aide de DDT utilisé en quantités massives. Sans ce produit la Grande-Motte, pour ne citer que cet exemple, n’existerait pas. Oh, je sais, cette éradication des moustiques a favorisé le tourisme de masse et enrichi les promoteurs, un combat contre la nature qui a enrichi les riches, c’est ce que les écolos vous balanceront dans les dents si vous osez argumenter contre l’ineptie de l’interdiction du DDT. Si vous voulez plus de détails allez sur ce site : http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-ecologie-morts-tome1-123841920.html .

Mais revenons à ces moustiques vecteurs de la malaria et de bien d’autres maladies parasitaires et virales qui tuent en gros un million et demi de personnes dans le monde chaque année. Pas de quoi s’alarmer, la planète est surpeuplée, la nourriture va manquer, les combustibles fossiles aussi, autant laisser mourir un million d’enfants (qui ne se reproduiront pas) chaque année, c’est bon pour l’avenir de l’humanité. 

C’est en résumé l’idéologie des écologistes et ça fait peur parce qu’ils ont pour mission de répandre la peur par tous les moyens.

Une équipe de biologistes de l’Imperial College à Londres a entrepris pourtant, malgré les efforts des écologistes pour dissuader ce genre de recherche, de modifier génétiquement des moustiques de l’espèce Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria pour rendre leur descendance majoritairement mâle. Horreur et damnation, il s’agit de manipulations génétiques ( doi: 10.1038/ncomms4977 (2014) ) ! Mais si l’on oublie l’aspect polémiste de cette approche car il s’agit tout de même de lâcher dans la nature des insectes génétiquement modifiés, c’est bien pire que de planter des porte-greffes de vigne résistants au court noué parce que les moustiques ça vole et ça peut répandre de mauvais gènes alentour, il faut reconnaître que cette approche pour combattre la malaria est porteuse d’immenses espoirs quoi que puissent en penser les écolos !

Il est très intéressant d’exposer l’approche adoptée par les biologistes de l’Imperial College car elle pourrait être appliquée à bien d’autres insectes ravageurs notamment des cultures, justement. Dans le principe, il s’est agi de faire en sorte que les femelles, après fécondation, produisent une descendance majoritairement mâle. Le moustique, comme l’homme, possède s’il est mâle un chromosome sexuel X et un chromosome sexuel Y et la femelle possède deux chromosomes X. Lors de la méiose, c’est-à-dire la réduction de moitié du nombre de chromosomes pour produire les gamètes, la femelle aura toujours un chromosome X et si par un moyen quelconque on arrive à détruire le chromosome X du mâle tout en préservant son chromosome Y, alors la descendance sera inévitablement un mâle. C’est cette approche conceptuelle qu’ont choisi Nikolai Windbichler et Andrea Crisanti, les principaux auteurs de cette étude, pour faire en sorte que la descendance du moustique soit majoritairement des mâles qui, entre parenthèses, ne piquent pas et se contentent de butiner quelques fleurs pour se nourrir.

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L’astuce a consisté à introduire le gène d’une endonucléase existant dans un lichen (voir la photo ci-dessus, Wikipedia), il fallait l’imaginer, appelé Physarium polycephalum, peu importe le nom scientifique, un enzyme qui coupe spécifiquement un morceau d’ADN présent uniquement sur le chromosome X et l’action ce cet enzyme appelé « I-Ppol » détruit le chromosome X. Pour les femelles, il y a une chance sur deux que l’un des chromosomes X disparaisse lors de la méiose, mais pour le mâle, c’est sans appel, puisque le chromosome Y n’est pas affecté alors la descendance sera exclusivement constituée de mâles. Le tour est joué ! Si on entre dans le détail des travaux réalisés pour atteindre ce résultat on est carrément émerveillé car il s’agit de vraie science au niveau moléculaire et non pas de pseudo-science frelatée à la Séralini. Il a fallu modifier l’endonucléase proprement dite en modifiant son gène afin d’allonger sa durée de vie et son affinité pour la portion d’ADN du chromosome X qui devait être attaquée en se basant sur la structure tridimensionnelle de la protéine en déterminant ainsi quel aminoacide devait être changé pour atteindre ce but. A chaque aminoacide correspond un codon de trois lettres dans l’ADN codant pour la protéine et pour atteindre le but recherché il y a un moyen simple mais tout de même complexe consistant à procéder à ce que l’on appelle de la mutagenèse dirigée et d’observer quelles sont les nouvelles propriétés de l’enzyme modifié produit dans un système bactérien approprié. Finalement ces travaux qu’on peut qualifier de somptueux et nobélisables ont permis d’obtenir un enzyme qui résiste à la chaleur, jusqu’à 54 degrés et présente une affinité trente fois supérieure à celle de l’enzyme non modifié génétiquement pour le site particulier de l’ADN du chromosome X du moustique qu’il aura pour mission de tout simplement détruire. Le résultat est incroyablement banal puisqu’il a fallu atteindre deux modifications ponctuelles de l’enzyme, de la leucine 111 en alanine et du tryptophane 124 en leucine, et pas plus que ça …

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Naturellement il a fallu ensuite introduire ce gène modifié dans le patrimoine génétique du moustique pour arriver au résultat escompté. Sans entrer dans les détails, les curieux peuvent toujours aller cliquer sur le DOI inséré plus haut ou le lien en fin de billet, le gène a été introduit conjointement avec une construction comportant une protéine fluorescente (eGFP) à l’aide d’un promoteur de la tubuline beta-2. C’était pour faire simple … Toujours est-il que les résultats sont sans appel comme l’indique le graphique ci-dessous :

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En noir figure le contrôle avec des mâles normaux et des femelles normales et l’apparition des femelles dans la descendance et en rouge la même évolution de la densité de femelles avec des mâles génétiquement modifiés. Et si on s’intéresse aux œufs le résultat est encore plus évident :

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Après trois générations il ne reste pratiquement plus de femelles et le nombre d’oeufs atteint presque zéro, normal puisqu’il n’y a pratiquement plus de femelles ! Ces travaux d’une sophistication extrême ont donc consisté à créer une distorsion de la fonction sexuelle au niveau chromosomique par introduction d’une nouvelle activité enzymatique qui a pour objectif une stérilisation de l’espèce en orientant la descendance uniquement vers les mâles par destruction spécifique du chromosome X des mâles. Pour l’anecdote cet enzyme dont il est question utilise des atomes de zinc comme cofacteurs pour fonctionner correctement et ce travail, au final, permettra peut-être de « dézinguer » ces sales bêtes qui me rappellent à leur bon souvenir chaque fois que j’ai une crise de malaria.

http://www.contrepoints.org/2014/06/10/168400-faucheurs-de-porte-vigne-transgeniques-de-colmar-christian-velot-porte-parole-de-lobscurantisme

http://www.nature.com/ncomms/2014/140610/ncomms4977/full/ncomms4977.html#supplementary-information

OGM en Europe, n’en parlons plus !

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L’Europe a donc choisi la voie de l’interdiction optionnelle de la culture des plantes transgéniques. A chaque Etat d’en décider, après tout la Commission Européenne se désolidarise des états d’âme des divers ministres de l’agriculture, car il s’agit bien d’états d’âme. Je cite Le Foll qui porte bien son patronyme (lepoint.fr) : « Le Foll ouvert aux OGM de seconde génération :« Avec ce nouveau cadre, les débats peuvent avoir lieu », a promis Stéphane Le Foll rappelant toutefois qu’il restait farouchement opposé aux OGM résistants aux herbicides ou aux ravageurs comme le Mon810 parce qu’ils « posent d’énormes problèmes« . Si ce n’est pas un « état d’âme » il faut qu’on me décrypte la déclaration de Le Foll. Quand il mentionne les « énormes problèmes » que « posent » les plantes transgéniques comme les maïs Bt ou RoundUp Ready, qu’il ait la délicatesse d’avouer qu’il est farouchement opposé à l’intrusion sur le territoire français des semenciers américains comme Pioneer ou Monsanto, point à la ligne.

Les agriculteurs français ne peuvent pas de passer de ces semenciers car ils leurs achètent déjà des semences hybrides F1 à haut rendement puisque Limagrain n’a pas l’envergure technique et commerciale pour satisfaire l’ensemble de la demande domestique. Est-ce que ce ministre sait au moins de quoi il parle quand il déclare que les plantes transgéniques posent d’ « énormes problèmes ». Plutôt que d’utiliser un langage sibyllin il pourrait préciser sa pensée ou plutôt, pardon, son état d’âme. Mais ses « états d’âme » ne sont pas exclusifs, ça rassure, car il se déclare franchement partisan des « OGM de deuxième génération » en mentionnant le riz doré. De quoi peut-il bien parler en déclarant que le riz doré est un « OGM » de deuxième génération ? Visiblement il ne sait pas de quoi il parle, CQFD. J’ai disserté à plusieurs reprises au sujet du riz doré sur ce blog et objectivement et scientifiquement on ne peut pas attribuer le qualificatif de deuxième génération à ce riz si ce n’est qu’il est dans le domaine public et que ni Monsanto, ni Pioneer (DuPont) ne sont impliqués dans la commercialisation des semences. On comprend donc le raisonnement tant du ministre français de l’agriculture que de la Commission Européenne, les politiciens européens sont non pas opposés aux plantes transgéniques mais à l’intrusion dans l’industrie agricole de l’Union des firmes américaines. C’est on ne peut plus clair ! Et comme les arguments scientifiques et techniques font cruellement défaut, le même Le Foll a obtenu des instances de Bruxelles de stipuler au sujet des plantes transgéniques que chaque Etat de l’Union pourra à discrétion interdire sur son territoire, en quelque sorte à la carte, la culture de plantes transgéniques en provenance des USA pour des raisons « autres que la santé et l’environnement, comme l’ordre public, l’aménagement du territoire ou la lutte contre la dissémination ». Je cite ici un article paru dans lepoints.fr. On ne peut pas faire mieux comme dissémination de la connerie !

Ce que ce monsieur n’a pas vraiment compris c’est qu’en réalité les Américains ont gagné la partie : leur maïs, leur soja, leurs pommes de terre, leurs tomates, leur coton et bien d’autres grandes cultures transgéniques, une quinzaine environ, reviennent beaucoup moins cher à produire quand elles ont été modifiées génétiquement non pas pour arrondir les profits des semenciers mais en permettant de réduire les intrants au niveau des agriculteurs et en particulier des pesticides. Le travail de sape des écologistes, encore une fois, au niveau tant des gouvernements des Etats de l’Union Européenne que des instances dirigeantes de Bruxelles a finalement payé, à terme l’agriculture européenne sera globalement perdante et l’industrie agro-alimentaire et l’élevage européens deviendront de plus en plus dépendants des USA.

Voilà donc où on en est et c’est tellement caricatural qu’on a presque envie d’en rire !

Photo du Ministre pêchée sur lepoint.fr

Gaz, OGMs et politique

Il est intéressant de noter que les politiciens utilisent systématiquement des prétextes fallacieux pour masquer les vrais problèmes qui menacent la France. Par exemple, le gouvernement français actuel, mais c’était exactement le même scénario avant l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012, a tergiversé pour augmenter le prix de l’énergie, gaz puis électricité, car il s’agit d’un point sensible et électoraliste. Il existe une instance officielle qui détermine le « vrai » coût du gaz et de l’électricité et depuis 2010 pour d’évidentes raisons bassement électoralistes autant Sarkozy que Hollande ont laissé les prix inchangés. Or, et j’en ai parlé dans un billet un peu avant le premier avril, le gouvernement a donc décidé une augmentation rétroactive de ces tarifs. Plus ubuesque on ne trouve pas parce que si un ménage aura quelques euros à payer chaque mois en sus afin de rattraper cette augmentation qui avait été reportée à plusieurs reprises, les entreprises vont devoir faire preuve de créativité pour introduire dans leurs bilans comptables des dépenses rétroactives. Mais bon, on ne peut pas demander à des énarques de tout savoir surtout quand leurs capacités intellectuelles sont limitées à leurs ambitions carriéristes.

Pour les OGM, dont le gouvernement a décrété l’interdiction sur le territoire de la République, la situation est encore plus surprenante car cette décision viole les dispositions européennes sur le sujet car la disposition dite d’exception nationale n’est pas validée pour la deuxième fois, ça fait désordre. Il faut apporter une petite clarification sur ce point : chaque gouvernement d’un pays de l’Union peut outrepasser les décisions de Bruxelles dans ce domaine « à condition d’apporter des preuves scientifiques sur la présence d’une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement », et c’est ainsi et encore une fois pour des raisons électoralistes que la décision a été prise. Or qui au gouvernement peut apporter la moindre preuve des risques d’utilisation des plantes transgéniques ? Le précédent ministre de l’environnement, ancien faucheur d’OGM amnistié ? Ségolène, sa remplaçante ? Les arguments utilisés par les gouvernements français successifs ont été rejetés par la Cour européenne de justice et le Conseil d’Etat comme « pas suffisamment étayés » et pour cause aucune preuve scientifique ne peut être trouvée pour interdire les plantes transgéniques, les arguments des écologistes relèvent de la propagande idéologique sans aucune preuve solide et irréfutable. Les Américains, très regardants sur leur santé et le respect de leur environnement, n’ont pas pu prouver que les plantes transgéniques étaient nuisibles et ce n’est pas parce que Monsanto ou Pioneer sont de puissantes entreprises américaines, mais tout simplement parce que l’Académie des Sciences américaine a objectivement, en toute indépendance et en toute connaissance de cause pris cette décision indépendamment de l’industrie et de la politique. Il est vrai que l’inique principe de précaution n’existe pas aux USA alors que la France l’a inscrit dans la Constitution …

Comme se plait à le répéter H16 dans ses billets paraissant sur le site de Contrepoints, ce pays est foutu !

 

Le cas du Vermont (épisode # 2)

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J’avais relaté la décision du gouverneur du Vermont de fermer définitivement la centrale nucléaire Yankee en septembre dernier (voir le lien) pour des raisons strictement idéologiques alors que la Commission de Sureté Nucléaire américaine avait autorisé la prolongation de son fonctionnement jusqu’en 2032. Cette fois-ci le même gouverneur, écologiste franchement borné, a décidé que dorénavant toute la nourriture disponible sur les linéaires des supermarchés de l’Etat devrait afficher sans ambiguité la présence d’organismes génétiquement modifiés et de leurs dérivés y compris en quantités fifrelinesques. Peter Shumlin (voir photo), le gouverneur de ce minuscule état – 0,28 % de la population américaine – persiste et signe dans la bêtise en déclarant qu’il signera l’arrêté obligeant les industriels de l’agro-alimentaire à indiquer les quantités de produits issus de plantes transgéniques dans leurs produits. Par exemple le ketchup qui contient du sirop de maïs devra indiquer que ce sirop provient d’érable ou de maïs non transgénique ce qui relève de l’illusion aux USA ou encore que la mayonnaise ne contient pas de lécithine de soja également transgénique, encore du domaine du surréalisme ou enfin que l’huile végétale de cuisson ne contient pas d’huile de coton transgénique. Ce qui coince, pour le moment du moins, c’est une disposition fédérale qui stipule qu’une telle loi ne peut être adoptée que lorsqu’un Etat contigu adopte la même disposition. Or en Nouvelle-Angleterre seuls le Maine et le Connecticut ont envisagé une telle décision. Ils ne sont pas limitrophes du Vermont !

Tout n’est pas gagné pour le gouverneur du Maine car il se heurte à un des lobbys les plus puissants des USA, l’association des professionnels de l’alimentation (Grocery Manufacturers Association) qui a immédiatement clamé que cette démarche était prise dans la mauvaise direction, et on n’a aucune peine à les comprendre. L’argument avancé par ces politiciens soucieux de se voir réélus (comme en France) c’est de caresser la bête dans le sens du poil et c’est une stratégie bien connue. Le mot d’ordre est que les consommateurs ont le droit de savoir ce qui entre dans la composition de ce qui est dans leur assiette. Et on ne peut que douter du degré de préoccupation des Américains en ce qui concerne la qualité de ce qu’ils ingurgitent tant ils sont habitués à la malbouffe. Qu’il y ait des plantes transgéniques ou des dérivés de celles-ci ne changera rien ou plutôt si, la qualité et la sécurité des aliments risquent de se détériorer et les cabinets d’avocats se frottent déjà les mains quand il y aura des « class actions » ici et là à cause d’intoxications ou de tromperie sur la qualité.

La FDA (Food and Drug Administration) et l’association BIO (Biotechnology Industry Organization) si bien nommée ( ! ) répètent à longueur de rapports qu’il n’y a aucune différence matérielle ou chimique décelable y compris à l’échelle moléculaire entre les plantes transgéniques et leurs contre-parties non modifiées, ce qui est parfaitement vrai. Or le gouverneur du Vermont, qui est décidément plongé dans un obscurantisme militant frisant la malhonnêteté déclare que « les plantes génétiquement modifiées présentent un risque potentiel pour la santé, la sécurité, l’agriculture et l’environnement ». On retrouve la dialectique des climatologues « auto-proclamés » de l’IPCC car présenter un risque potentiel ne veut rien dire : ou c’est oui ou c’est non et dans les deux cas il faut présenter des arguments convaincants. La FDA, forte de plus de 25 années de retour d’expérience, de dizaines de milliers de publications scientifiques impartiales dûment soumises à l’examen de spécialistes impartiaux avant publication et de millions d’hectares de cultures de plantes transgéniques a dit « non ». Pour dire « oui, les plantes transgéniques sont dangereuses » il faut apporter des preuves, comme pour le climat d’ailleurs, or il n’y en a pas et on tombe alors dans de la pseudo-science qui rappelle étrangement les alchimistes d’un autre temps. Le gouverneur du Maine est contre l’uranium, contre les plantes transgéniques mais pour le climat il doit être pour le réchauffement puisque les températures hivernales du Maine ne sont pas vraiment attirantes … Le monde régresse, la science est manipulée par les politiciens à des fins idéologiques et c’est vraiment inquiétant !

Source : Associated Press y compris la photo du Gouverneur du Vermont.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/01/le-cas-du-vermont/

OGM, vaccins, CO2 : même combat obscurantiste !

J’ai lu une interview de Werner Arber, biophysicien au Biozentrum de Bâle et prix Nobel de physiologie et de médecine en 1978, dans Le Temps de Genève. Cet éminent biologiste, étudiant post-doctoral des Lederberg à l’Université de Stanford et de Salvador Luria au MIT, consacra sa carrière au transfert horizontal des gènes chez les bactéries par l’intermédiaire des bactériophages, des virus attaquant les bactéries et en y transférant des gènes étrangers, dont en particulier les gènes de résistance aux antibiotiques dont il a été fait mention dans un précédent billet. Ces travaux le conduisirent à la découverte des enzymes de restriction qui chez les bactéries permettent d’atténuer l’effet délétère des bactériophages en coupant l’ADN de ces derniers au niveau de sites de coupure spécifiques de chaque enzyme de manière restreinte. Cette découverte extrêmement importante a en effet été à la base du développement de la biologie moléculaire. Ces enzymes permettent d’obtenir des fragments d’ADN susceptibles d’être facilement séquencés et comme chacun de ces enzymes coupe l’ADN en des sites spécifiques, il est possible alors de procéder à des alignements des fragments obtenus et ainsi d’obtenir la séquence totale. Pour l’anecdote Werner Arber est président de l’Académie Pontificale des Sciences du Vatican depuis 2011 bien qu’il soit protestant comme quoi il n’y a pas d’ostracisme en science. Dans cet interview, Arber mentionne naturellement les plantes transgéniques et je n’ai pas pu résister à citer ici des extraits de son discours bien qu’il considère par ailleurs que tout procède de la volonté de Dieu, en tant que croyant.

L’homme manipule le génome d’êtres vivants en laboratoire. En créant des organismes génétiquement modifiés par exemple ou en synthétisant de toutes pièces l’ADN d’une bactérie ou le chromosome d’une levure.

Grâce au génie génétique, il est possible d’intégrer une séquence d’ADN étrangère dans le génome d’un être vivant comme une bactérie ou une plante. L’information codée par ce gène est alors activée dans la cellule hôte et génère une molécule spécifique comme produit du gène. Par exemple, il est possible d’induire la production de vitamines dans la partie d’une plante de notre nourriture quotidienne.

Pour le moment, le résultat le plus significatif est celui de la production d’un précurseur de la vitamine A chez le riz. Ce riz modifié appelé «riz doré» a été développé par Ingo Potrykus avec son collègue allemand alors qu’il était professeur à l’Ecole Polytechnique de Zürich. En Indonésie et en Afrique, il y a beaucoup de populations rurales qui ne mangent à tous les repas rien d’autre que du riz qui ne contient pas de vitamine A. Si les femmes enceintes et les enfants ne se nourrissent que de ces grains, ils développent des carences, aux effets néfastes irréversibles chez les enfants. Je suis très préoccupé par ce problème. Je suis sûr que grâce au génie génétique, on pourrait obtenir des plantes contenant les micronutriments indispensables à la bonne santé de ces populations. Ce genre de développement doit se faire sur une base scientifique solide et dans une perspective durable. Il doit aussi, idéalement, être entrepris via un partenariat entre l’économie, la science et le politique pour obtenir à long terme les meilleures solutions pour notre nutrition.

Est-ce qu’il y a des limites au génie génétique mené par l’homme? Est-ce qu’il enfreint ce que vous appelez «les lois de la nature»?

Non. Le transfert horizontal de gènes réalisé dans le laboratoire, la nature le fait tout le temps mais très lentement, et plus ou moins au hasard. Dans le laboratoire, chaque changement est réalisé l’un après l’autre sur des gènes connus. Les effets de son intégration dans l’organisme génétiquement modifié (OGM) sont testés. Certains milieux estiment que le génie génétique est a priori quelque chose de dangereux, ce qui est faux tant qu’il est fait dans le respect des lois de la nature.

Les risques liés au génie génétique sont du même ordre que ceux de l’évolution biologique naturelle, donc largement insignifiants. Pas une seule contribution de ce projet ne montrait de manière claire un danger. Cependant les politiciens ont décidé de maintenir le moratorium contre les OGM car l’opinion publique était toujours contre.

Je dis souvent à mes auditeurs: en combinant la moitié du génome de pommier et la moitié du génome de la fraise, vous n’obtiendrez pas un arbre avec des fraises. La nature contrôle en permanence les fonctions de tous les êtres vivants, y compris des OGM. Dans le cas en biologie synthétique de la construction pas à pas d’un génome de bactérie, il ne s’agit pas selon moi de la création d’un nouvel organisme vivant. Mais plutôt de la confirmation que ce que l’on interprète dans cet ADN est correct.

Si, dans le futur, une nouvelle fonction génétique qui n’existe pas dans la nature est inventée, alors des recherches très sérieuses en laboratoire devront être menées avant de l’utiliser, non seulement chez l’être vivant dans lequel la fonction a été intégrée, mais aussi dans de nombreux autres êtres vivants.

Est-ce que vous percevez un risque dans la culture des OGM en champ libre? Est-ce que ça pourrait perturber les plantes de la région?

Je ne pense pas. Un des grands problèmes qui menacent la biodiversité est la monoculture dans l’agriculture. Ce n’est pas naturel : la nature est diversité. Mais il est difficile de changer de système et de trouver une alternative pour fournir des aliments à toute la population.

Voilà, quoi dire plus surtout quand ce genre de propos émane d’un grand scientifique, croyant de surcroît, qui sait exactement de quoi il parle puisque sa carrière a été entièrement consacré aux transferts de gènes chez divers organismes. On ne peut que déplorer encore une fois l’obscurantisme des mouvements écologistes opposés aux plantes génétiquement modifiées. Pour ces ignorants il ne faut en aucun cas modifier la nature, une prise de position avant tout idéologique qui n’est justifiée par aucun principe justifié, ni humanitaire, ni religieux.

Une autre illustration de l’obscurantisme des mouvements écologistes est évidente avec cette dépêche d’agence :

Une épidémie de rougeole meurtrière touche le Vietnam

Une épidémie meurtrière de rougeole a déjà tué, depuis le début de l’année, au moins 112 personnes, principalement des enfants de moins de 10 ans, a annoncé le ministère de la Santé. Elle en a contaminé des milliers d’autres.Le bilan risque de s’alourdir en raison des contaminations croisées, du mauvais temps et d’hôpitaux pédiatriques débordés dans les principales villes du pays où les parents paniqués conduisent leurs enfants malades, a mis en garde le ministère.

Le Premier ministre Nguyen Tan Dung avait appelé mercredi les autorités à être plus « actives » pour empêcher une propagation. Celles-ci ont distribué des vaccins, amélioré la surveillance de la maladie et demandé aux parents de faire soigner leurs enfants localement au lieu de les conduire dans des hôpitaux surchargés. (…)

Vaccins en question

Le Vietnam a des taux élevés de vaccination contre les maladies infantiles, dont la rougeole, mais le pays pourrait être victime de son succès. Certains parents, notamment inquiets de possibles effets secondaires, estiment qu’il est moins risqué de ne pas faire vacciner leurs enfants. « Je suis inquiète parce que ma fille a reçu une seule injection du vaccin, j’ai oublié la deuxième. Mais aussi, à cause des scandales et des rumeurs sur la vaccination, j’ai décidé de ne pas la faire », a commenté Nguyen Hoa Lan, dont la fille de sept ans et le fils de 10 ans sont malades. (ats / 19.04.2014 09h23)

En définitive, les mouvements écologistes diffusent des mensonges, des affirmations infondées et des rumeurs qui sont nuisibles à l’humanité dans son ensemble, que ce soit à propos des plantes génétiquement modifiées, des vaccins, de l’énergie nucléaire, du CO2, des pesticides, des engrais, de la fracturation hydraulique, des centrales électriques au charbon (sauf en Allemagne), du changement climatique, des micro-particules, de l’exploitation pétrolière dans l’Arctique, et bientôt ce sera inéluctablement le sort des nanotechnologies, de la surpopulation, des riches, des pauvres … Quand leurs agissements auront éliminé 90 % de la population de la planète ils seront les seuls à avoir survécu ! Triste perspective …

Du fossile vivant à la high-tech

La limule ou crabe fer à cheval (Limulus polyphemus) est un véritable fossile vivant comme le coelacanthe. Ces bestioles bizarres pullulaient déjà il y a un demi milliard d’années et si je dis bestioles bizarres c’est tout simplement parce que ce ne sont pas des crabes mais des parents éloignés des araignées et des scorpions. De plus ils ont le sang bleu et quatre paires d’yeux comme les araignées et en plus un œil spécial isolé qui détecte les UV. Bizarres, oui, j’ai bien dit bizarres … Mais ce qui est encore plus remarquable c’est la propriété de ce « sang » bleu qui doit sa couleur à un pigment se liant fortement à l’oxygène, l’hémocyanine, contenant du cuivre alors que l’hémoglobine contient du fer. Mais la bizarrerie de la limule ne s’arrête pas là. Ce sang bleu contient aussi des globules bleues (amebocytes) et ce sont ces dernières qui sont d’une utilité majeure en médecine car elles renferment des protéines bizarres qui présentent la propriété unique de se gélifier au contact des bactéries, un genre de facteur de coagulation appelé coagulogène qui a pour rôle d’immobiliser les bactéries et ainsi de protéger la limule, une sorte de système défense antimicrobien rudimentaire mais d’une rare efficacité.

Avant la découverte des propriétés du sang bleu des limules, les pyrogènes ou endotoxines pouvant se trouver dans n’importe quelle préparation biologique injectable étaient mesurés en inoculant un échantillon à des lapins et en mesurant s’ils avaient de la fièvre, simple mais très coûteux et long parce qu’ils ne pouvaient être utilisés qu’une seule fois et passés ensuite au four. On imagine le carnage car il fallait des élevages spéciaux pour fournir les laboratoires pharmaceutiques et c’était parfois des milliers de lapins sacrifiés chaque semaine pour effectuer ces tests de recherche des pyrogènes ou toxines bactériennes afin de certifier la qualité des produits biologiques à usage thérapeutique. Le sang bleu des limules a donc été utilisé pour mettre au point un test strictement standardisé appelé LAL, acronyme de « Limulus Amebocyte Lysate » relativement simple à mettre en œuvre et encore maintenant universellement utilisé.

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La première étape consiste donc à carrément saigner les limules (voir l’illustration ci-dessus tirée de Business Insider) puis récupérer les amebocytes par centrifugation, les faire éclater (lyser) dans de l’eau distillée et le liquide résultant est utilisé pour les tests de recherche de pyrogènes. Ce test est d’une efficacité extraordinaire puisqu’il est capable de détecter une partie par milliard en poids d’une toxine bactérienne, autant dire presque rien. Mais le gros problème est que saigner ces limules presque à blanc-bleu puis les relâcher loin de l’endroit où elles ont été capturées pour diminuer le risque d’une nouvelle saignée qui pourrait leur être fatale ne suffit pas. Des études ont montré que près de 20 % de ces bestioles bizarres succombaient à ce mauvais traitement. Pourquoi ne pas faire appel au génie génétique ou plus précisément à des organismes génétiquement modifiés (OGM) pour produire l’équivalent du lysat des amebocytes. On a bien abandonné l’extraction de l’insuline de porc quand la production de l’authentique insuline humaine a finalement été réalisée avec des levures génétiquement modifiées ( http://www.idf.org/about-insulin-0 ). Certes les cinq firmes impliquées dans ce business juteux de production du LAL ne sont pas vraiment d’accord puisqu’un litre de lysat est vendu 15000 dollars mais si la population de limules venait à chuter ce business disparaîtrait et avec lui les tests LAL. D’où cette approche génétique mais qui n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire car le processus de coagulation fait intervenir trois facteurs différents et le coagulogène pour finalement faire apparaître le caillot caractéristique facilement détectable. Une équipe de biologistes de l’Université de Singapour a donc réussi à produire avec des levures l’un des facteurs impliqué dans le processus en couplant l’essai à une molécule développant une couleur bleue par fluorescence dans l’essai rendant la technique encore plus sensible. Les curieux peuvent aller voir cette publication ( http://www.horseshoecrab.org/research/sites/default/files/TIBTECH-rFC.pdf ) ou se reporter au site de la firme Lonza ( http://www.lonza.com/campaigns/pharmabiotech/pryogene-rfc-evaluation-program.aspx ) qui commercialise ce test LAL sous le nom de PyroGene.

Non seulement les limules pourront vivre tranquilles mais le test est très spécifique et ne souffre pas de l’inconvénient des faux positifs toujours très gênants car pouvant conduire à des erreurs de diagnostic pouvant être fatales pour les malades. La société allemande Hyglos est aussi sur le marché avec le kit de test EndoLISA ( http://www.pinterest.com/endotoxintest/endotoxin-detection-recombinant-factor-c/ ).

Mais il n’y a pas que la limule qui ait imaginé un système de défense aussi efficace contre les bactéries il y a aussi la grenouille africaine commune bien connue des embryologistes et des biologistes Xenopus laevis. Les œufs de cette grenouille ont été observés par des générations d’étudiants pour noter la croissance de l’embryon qui ressemble à s’y méprendre à l’embryon humain au moins dans les premiers stades de son développement. Certains se souviennent aussi du test de grossesse dit de la « grenouille ». C’est le même batracien qui était utilisé dans ce test car l’urine des femmes enceintes induit une ovulation chez la femelle du xénope sous l’effet des énormes quantités de la choriogonadotropine (HCG) présentes dans l’urine. Autant dire que les grenouilles africaines sont maintenant tranquilles puisque l’HCG est détectée dans l’urine pour les tests de grossesse à l’aide d’un petit papier qui se colore en présence d’HCG.

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Les grenouilles africaines présente la particularité d’être résistantes à de nombreuses bactéries en sécrétant sur leur peau des petits peptides bactéricides. Des ingénieurs en biotechnologie de l’Université de Princeton ont appliqué ce mécanisme de résistance qui est rudimentaire mais aussi d’une rare efficacité en synthétisant ces petits peptides et en les fixant sur un substrat électronique utilisé pour réaliser des diodes. Quand on expose ce détecteur à des bactéries ou des endotoxines un courant électrique apparaît et est amplifié pour donner un signal quantitatif, aussi simple que ça ( http://www.eurekalert.org/pub_releases/2010-10/pues-nsd101910.php ).

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Bonne nouvelle pour les limules et aussi les oiseaux migrateurs qui se nourrissent de leurs œufs, en particulier les bécasseaux maubèche (Calidris canutus) qui migrent depuis l’extrémité sud de l’Amérique du Sud vers les côtes du Massachusetts pour se goinfrer d’oeufs de limules.

Source : inspiré d’un article de Business Insider

OGM et poissons d’élevage

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Rothamsted Research, peut-être le plus vieil institut de recherche agronomique du monde, fondé en 1843, a mis au point un « faux colza » (Camelina sativa) qui produit une huile enrichie en acides gras dits omega-3. Pourquoi un tel projet de longue haleine a-t-il été décidé, tout simplement pour produire une matière première susceptible d’être utilisée comme nourriture dans les fermes marines. On s’est en effet rendu compte que cette nourriture devait comporter ces acides gras particuliers afin d’obtenir une croissance optimale des poissons d’élevage. Or, pour supplémenter la nourriture en omega-3 il est impératif d’ajouter des poudres de poisson, et quand on sait que plus de la moitié des poissons pêchés est utilisée pour nourrir des poissons d’élevage, non seulement on est au devant d’une aberration économique mais cette pratique aboutira à brêve échéance à l’épuisement des ressources alyeutiques et à un déséquilibre durable de ces mêmes ressources.

C’est la raison pour laquelle la mise au point de cette plante génétiquement modifiée présente un immense intérêt non seulement économique mais également environnemental car les ressources alyeutiques doivent à tout prix être préservées. Rothamsted Research a débuté les travaux relatifs à la transgénèse de la Camelina il y a plus de dix ans et la tâche était plutôt ardue puisqu’il a été nécessaire d’introduire une série de gènes étrangers avec leurs promoteurs respectifs pour que la synthèse d’acides gras omega-3 puisse avoir lieu sans modifier par ailleurs la plante. Ce tour de force a finalement été couronné de succès en 2013 avec la stabilisation en serre de plusieurs lignées. Reste l’étape suivante consistant à éffectuer des essais dits de plein champ.

Le gouvernement britannique, subissant la pression des écologistes, a interdit la culture des plantes transgéniques, or le Rothamsted Research est un organisme entièrement financé par des fonds publics et l’autorisation d’essais plein champ devrait normalement être très prochainement accordée par ces mêmes instances qui ont interdit la culture de plantes génétiquement modifiées. Malgré le fait que des plantes transgéniques aient été mises en culture depuis près de 20 ans en particulier aux USA et que jamais aucune évidence d’effets adverses n’aie pu être observée pour la santé tant animale qu’humaine, l’opposition irraisonnée des écologistes pourrait bien réduire à néant ce projet pourtant essentiel pour le simple maintien de l’ensemble des ressources marines.

L’issue de cette demande d’autorisation aura donc une valeur de test pour la crédibilité des organisations écologistes car elles seront confrontées à un choix évident : autoriser cette culture ou voir les ressources alyeutiques irrémédiablement amoindries.

Source : Thomson Reuters, illustration Wikipedia

La croisade contre les OGM se politise

 

Certains communistes chinois fondamentalistes, oui ça existe, qui ne se réfèrent qu’au « petit Livre Rouge » de Mao, considèrent que les plantes génétiquement modifiées comme le coton (90 % du coton cultivé en Chine est du coton Bt issu de Monsanto autorisé dans ce pays depuis 1992) sont une arme développée par les USA pour contrôler l’agriculture du pays. Afin de s’affranchir de cette main-mise arrogante des Américains sur l’Empire (communiste) du Milieu ils ont demandé avec insistance aux éminents membres du Parti de financer le développement de plantes génétiquement modifiées « Made in PRC ». On a peine à trouver une différence sinon idéologique mais l’argument de ces communistes fondamentalistes n’est pas sans rappeler les diatribes plus près de nos clochers d’un José Bové ou de n’importe quel militant d’ATTAC ou de Greenpeace. A propos de Greenpeace et de la Chine, il se trouve qu’assez curieusement cette ONG est la seule officiellement tolérée en Chine. Les ONG « nationales » sont en effet interdites. C’est donc à n’y rien comprendre car Greenpeace bien qu’officiellement néerlandaise a tout de même pris naissance aux USA et profite du sponsoring inavoué de certaines organisations et industriels américains. Bref, en ce qui concerne la position de la Chine vis-à-vis des OGM c’est une affaire de politique interne et de fierté nationale.

Pour le Brésil, deuxième puissance agricole du monde après les USA à utiliser intensivement des plantes génétiquement modifiées, le problème des OGM a resurgi on pourrait dire par erreur puisque le gouvernement est favorable à l’autorisation de culture de plantes génétiquement modifiées dites « Terminator », en réalité des arbres et non pas des cultures destinées à l’alimentation animale qui serviront à conforter la filière du bioéthanol. Naturellement ce n’est pas du tout du goût ni de Greenpeace ni d’autres ONG comme le WWF qui ont fait un intense lobbying à la fin des années 90 pour interdire ce type de modification génétique. En bref, les graines dites Terminator produisent des récoltes mais les semences en tous points identiques aux autres semences, quand il s’agit de graines (soja, maïs, sorgho, colza) sont stériles. Depuis la Convention des Nations-Unies sur la biodiversité qui siégea en 2000, l’usage de ce type de semences est interdit. En effet, ce que redoutaient les activistes opposés aux OGM, comme en France José Bové et son collègue faucheur d’OGM avec lui devenu depuis ministre de l’environnement, était un verrouillage par les grande multinationales impliquées dans ce business du commerce des semences mais aussi un danger pour la biodiversité. Sur ce dernier point, mensonges après mensonges, les fonctionnaires de l’administration onusienne ont finalement arrêté un moratoire en 2000 réaffirmé et renforcé en 2006 lors d’une réunion mondaine d’ « experts » qui eut lieu au Brésil à Curitiba. Pourtant, le gouvernement de ce pays envisage donc l’autorisation de la culture d’arbres et arbustes de type Terminator. Pour rappel, un peuplier peut être génétiquement modifié pour être stérile constitutivement, soit en ne fleurissant pas soit en produisant des graines stériles ou pas de graines du tout. Dans le cas des eucalyptus et d’autres arbres dont la culture est envisagée au Brésil, il s’agit de plantes stériles dont la floraison ne produit pas de graines. L’avantage de ces plantes modifiées génétiquement est de pousser environ 30 % plus rapidement et économiquement c’est considérable surtout quand on sait que ces cultures sont destinées à être broyées, hydrolysées avec de l’acide sulfurique pour obtenir des sucres fermentescibles finalement utilisés pour produire par fermentation du bioéthanol.

Mais non, les écologistes ne sont pas d’accord, d’ailleurs on se demande bien ce sur quoi ils ne sont pas opposés.

Commentaire sur un article paru dans Forbes Magasine

En 1995 Karl Sagan, un astronome américain très populaire dans ses interventions médiatiques pour promouvoir la science déclarait : « En consultant nos boules de cristal et nos horoscopes presque religieusement, notre esprit critique décline et on glisse sans presque s’en rendre compte dans la superstition et l’obscurantisme ». Presque 20 ans plus tard force est de constater que la situation a empiré dans la direction que prédisait Sagan de par l’action permanente d’activistes très bien financés qui sèment la terreur dans le monde entier. Ces activistes radicaux exploitent l’ignorance de la science dans laquelle est tenu le peuple pour répandre une idéologie nouvelle orientée contre la technologie, contre le business et pour un retour à la nature primitive. La superstition et l’obscurantisme ont envahi de nombreux domaines des technologies et du progrès, que ce soient les vaccins, l’énergie nucléaire, les pesticides, les plantes génétiquement modifiées et les produits chimiques détectés dans les objets utilisés chaque jour. Certes, de tels mouvements d’opinion opposés aux progrès scientifiques et techniques ne datent pas d’aujourd’hui. A la fin du XVIIIe siècle déjà des voix s’élevèrent contre les essais de vaccination pour combattre la variole et de tels oppositions perdurent encore à ce jour alors que les vaccins modernes ont atteint un degré de sureté et d’efficacité jamais égalé auparavant. Hormis la sécurisation sanitaire de l’eau dans les villes, les vaccins n’ont jamais été surpassés en termes d’amélioration de la santé et de la longévité des êtres humains. Puisqu’on mentionne l’eau du robinet, l’addition systématique de fluor dans l’eau est l’une des dix améliorations les plus importantes pour la santé buccale qui ait été réalisée au cours de la fin du XXe siècle. De peur d’affronter ces activistes résolument opposés à tout progrès, de nombreuses entreprises s’adaptent préventivement. Par exemple au début de ce mois d’octobre, la firme de grande distribution nord-américaine Wal-Mart ne maintiendra plus en vente les produits susceptibles de contenir les dix « produits chimiques dangereux » ou déclarés comme tels par ces mêmes activistes. Dans cette liste on retrouvera le bisphenol-A (BPA) qui est la cible répétée de ces groupes opposés au progrès brandissant des arguments pseudo-scientifiques qu’on peut appeler de la science de caniveau (junk-science). D’autres firmes comme Procter & Gamble ou encore Johnson & Johnson ont également déclaré s’engager à éliminer certains produits dits dangereux même si aucun argument scientifique n’a pu le démontrer. L’ingénierie génétique constitue une autre cible favorite de ces activistes. Il y a plus de dix ans, deux des plus importantes firmes produisant de la nourriture pour enfants aux USA, Heinz et Gerber, se sont pliés aux intimidations de ces activistes en leur promettant de ne plus utiliser dans leurs recettes de produits issus de plantes génétiquement modifiées même si leurs approvisionnements risquaient d’être de moins bonne qualité ou étant pollués en raison d’une utilisation plus intensive de pesticides requise avec des plantes non modifiées génétiquement. Tout récemment McDonald’s a banni l’utilisation de pommes de terre Bt et Frito-Lay a exigé de ses fournisseurs de maïs de ne plus cultiver de variété Bt alors que justement l’avantage de ces maïs est de réduire considérablement l’utilisation de pesticides. Quand de telles grandes firmes capitulent devant le chantage et les manœuvres d’intimidation de ces activistes opposés à tout progrès, il n’y a pas de gagnants mais les perdants sont les consommateurs qui sont privés de produits de meilleur qualité et plus à même de protéger leur santé. Et tous les arguments avancés pour faire interdire telle ou telle plante génétiquement modifiée sont spécieux dans la mesure où ces plantes ont fait l’objet d’examens répétés de trois agences gouvernementales indépendantes (aux USA) qui ont conclu à diverses occasions que ces plantes ne présentaient strictement aucun danger pour la santé. Par exemple, le BPA utilisé depuis plus de 50 ans pour prévenir les phénomènes d’oxydation des aliments dans les boites de conserve a été prouvé comme étant totalement sans effet adverse sur la santé dans des conditions normales d’utilisation alors que les activistes rétrogrades prétendent que certaines études ont décrit des taux de BPA dans le sang inacceptables ce qu’on réfuté de toute leur force l’EPA (Environment Protection Agency) et la FDA (Food and Drug Administration) comme étant des résultats inventés de toute pièce dans un but strictement idéologique. Malheureusement, et c’est particulièrement lamentable de le constater, de nombreuses organisations – et même certains scientifiques – modifient des résultats à dessein et inventent des « évidences » imaginaires. Par exemple un manuscrit récemment soumis à publication par des biologistes de la Tufts University a été refusé après examen par des « pairs » car il prétendait que le BPA était cancérigène pour les rats. Une étude statistique plus détaillée des résultats montra en effet qu’il n’en était rien. Cet exemple rappelle quelque chose à mes lecteurs à propos de l’effet cancérigène du glyphosate. Trevor Butterworth, un statisticien qui a analysé les résultats présentés dans ce manuscrit a déclaré : « Il est difficile de ne pas voir la main lourde, dans le protocole de ce travail, de quelqu’un qui cherche à accuser le BPA quels que soient les résultats obtenus ».

Finalement, quand des compagnies ne font plus la part entre risques et avantages et décident de rejeter une technologie pourtant utile sous la pression de ces activistes, ils exposent leurs clients à des alternatives qui sont moins avantageuses et plus risquées pour ces derniers. Pour ne citer qu’un exemple illustrant ce dernier point, les maïs « organique » utilisé par Gerber pour préparer des aliments pour bébés exposera plus probablement ces derniers à des toxines fongiques qui sont hautement toxiques pour le foie et sont connues pour être la cause de certains cancers de l’oesophage. Mais qu’à ce là ne tienne, comme pour le BPA qui prévient des oxydations indésirables et du risque d’intoxication mortelle comme le botulisme, le maïs organique est considéré sans aucune preuve scientifique avérée plus « sûr » que le maïs Bt. Il faut que tant les consommateurs que les industriels impliqués dans l’agro-alimentaire s’insurgent, avec le soutien des scientifiques contre cette pseudo-science truquée à dessein par des idéologues chaque fois que cela sera nécessaire pour préserver la santé des consommateurs car en définitive c’est la société toute entière qui sera perdante.

 

Il s’agit de la traduction presque complète d’un article paru dans Forbes ( http://www.forbes.com/sites/henrymiller/2013/10/23/junk-science-attacks-on-important-products-and-technologies-diminishes-us-all/ ). Il faut tout de même faire quelques remarques critiques sur ce document. Premier point : il ne faut pas mettre dans le même panier l’ensemble de l’industrie agro-alimentaire. Gerber ou Nestlé (en Europe) apportent à n’en pas douter le plus grand soin dans le contrôle de la qualité des produits utilisés pour la fabrication d’aliments pour bébés. Que les pratiques de McDonald’s soient contestables (voir mon billet sur les Chicken Nuggets) ne signifie pas que tout le secteur agro-alimentaire se comporte de manière purement mercantile, il y a des règles à respecter et elles le sont en général afin de respecter également le consommateur. Deuxième point intéressant : l’opposition systématique de la part des « activistes » comme aime à les nommer l’auteur de cet article (Henry I. Miller) aux OGM n’a jamais été justifiée scientifiquement. Il est tout à fait opportun de rappeler ici la désastreuse imposture de Séralini à propos du maïs « Round-Up ready » qui a non seulement décrédibilisé la recherche scientifique française mais également les « activistes » dont il est fait mention dans cet article. Il en est de même pour le soi-disant réchauffement climatique dont on ne parle presque plus depuis la publication du dernier rapport de l’IPCC. Les scientifiques dignes de ce nom qualifient ce genre de déviation de « junk-science » satisfaisant une idéologie et ignorante des faits avérés et prouvés à de nombreuses reprises.

Pour conclure, je partage l’avis de Karl Sagan, l’humanité, soumise à la pression de groupuscules réfractaires à tout progrès scientifique et technique, semble rétrograder dans l’obscurantisme le plus insupportable.