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C’est une information pêchée sur le site de l’Office fédéral de l’environnement de la Suisse, l’OFEV, qui fait comme il se doit un travail d’orfèvre en matière d’environnement et il s’agit cette fois de recyclage du phosphate. Cette note m’a paru tellement inattendue que je me suis plongé dans la lecture, étant entendu que je suis déformé par le recyclage, ayant subi il faut le mentionner l’éducation très stricte à ce sujet de mon fils qui habite à Tokyo depuis maintenant de nombreuses années. Il y a chez moi une « poubelle » à trois compartiments trouvée chez le Chinois du coin et fabriquée avec des matières plastiques recyclées pour faciliter le tri hors bouteilles de verre que je range sous l’évier de ma modeste cuisine que je n’utilise jamais. Je me targue donc d’être à ma mesure respectueux de l’environnement mais je n’en suis pas encore arrivé aux grands principes fumeux de l’économie circulaire comme l’a déclaré pompeusement le pantin écolo, troisième personnage de la République Française (ou du moins ce qu’il en reste) qui a avoué avoir voté pour Hamon au premier tour des élections présidentielles. Entre parenthèse cet aveu signifie bien son opportunisme débridé et comme il est dramatiquement à court d’idée il a lancé le concept d’économie circulaire qui signifie en clair qu’on doit tout recycler.

En Suisse l’agriculture dépend à 100 % du phosphate importé. Et comme les Helvètes sont regardants ils se sont rendu compte que parfois le phosphate importé était « contaminé » (comme les oeufs) par du cadmium et – oh horreur ! – par de l’uranium. C’est n’est pas un scoop car les gisements de phosphate contiennent le plus souvent ces deux métaux à l’état de traces et il est difficile de les séparer. Cerise sur le gâteau, les Suisses, férus d’actions humanitaires (voir un précédent billet sur ce blog), s’alarment des conditions des travailleurs des mines de phosphate : il fallait donc que la Confédération se distingue dans le domaine du recyclage « circulaire » du phosphate.Capture d’écran 2017-08-31 à 17.33.54.png

 

L’OFEV a financé une étude de faisabilité d’une installation de recyclage du phosphore à partir des eaux usées et des cendres issues de l’incinération des boues des stations d’épuration. Il y a un souci qui ne paraît pas très clair dans ce projet : comment éliminer les métaux lourds fatalement présents dans les eaux usées ? Toute une panoplie de technologies a été passée au crible et il ressort qu’après les premiers traitements (illustration, voir le lexique) il s’agira d’une combinaison de précipitations et de cristallisations, d’échanges d’ions, de digestion acide, de digestion thermochimique pour au final atteindre un degré de pureté satisfaisant du phosphore recyclé conforme aux exigences de qualité dite agricole. Autant dire que sur le plan des économies d’énergie ça coûtera un « bras » sans parler des investissements considérables à réaliser car ces installations devront impérativement être implantées aux abords immédiats des stations d’épuration existantes. Encore un rêve des écolos : les mines de phosphate ont encore de beaux jours devant elles …Capture d’écran 2017-08-31 à 17.56.07.png

 

Lexique : sandfang = désableur, vorklärbecken = clarificateur primaire, belebungsbecken = piscine d’activation, nachklärbecken = clarificateur secondaire, rücklaufschlamm = boues de retour, prozesswasser = eau de procédé, voreindicker = pré-épaississeur, faulbehälter = fermenteur, klärgas = gaz des eaux usées, nacheindicker = épaississant secondaire, entwässerung = séchage centrifuge, verbrennung = cuisson.

Source et illustrations : https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/dechets/dossiers/recyclage-du-phosphore.html