La NRC prolonge à 80 ans l’exploitation de la centrale nucléaire de Peach Bottom en Pennsylvanie … et Fessenheim ?

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Alors que la France s’enfonce dans l’irrationalité la plus totale en fermant la centrale nucléaire de Fessenheim, arrêt qui sera suivi dans les toutes prochaines années de celles de Bugey puis de Tricastin – les « vieilles » centrales nucléaires françaises qui font les nuits blanches des écologistes – la commission de régulation nucléaire (NRC) américaine a approuvé la demande d’Exelon Generation Company pour 20 années de fonctionnement supplémentaires pour les unités 2 et 3 de la centrale nucléaire de Peach Bottom, autorisant une durée de vie pouvant aller jusqu’à 80 ans. Il s’agit du deuxième renouvellement de licence accordé par le régulateur américain, après les unités 3 et 4 de Turkey Point qui ont été renouvelées en décembre dernier. Le permis de Peach Bottom 2 expirera le 8 août 2053 et de l’unité 3 le 2 juillet 2054. La justification de la décision de la NRC est documentée dans son rapport final d’évaluation de la sécurité de la demande, publié le mois dernier, et dans une étude d’impact environnemental supplémentaire publiée en janvier. Le comité consultatif de la NRC sur les garanties des réacteurs a également examiné les aspects de sécurité du renouvellement des licences, a déclaré le régulateur.

Exelon a déposé sa demande de renouvellement de licence pour les deux usines, situées près de Delta, en Pennsylvanie, en juillet 2018. La société a déclaré qu’elle avait récemment fait d’importants investissements dans de nouveaux équipements et technologies pour augmenter la capacité de production de l’usine d’environ 12%. De nombreux composants majeurs, notamment les turbines haute et basse pression de la centrale, les sécheurs de vapeur, les générateurs principaux et les transformateurs de puissance principaux ont été remplacés ou améliorés. Cela s’appelle en français « grand carénage ».

Bryan Hanson, directeur nucléaire d’Exelon Nuclear, a déclaré que la possibilité d’exploiter Peach Bottom pendant encore 20 ans était une bonne nouvelle pour l’environnement, les employés de l’entreprise et la communauté. « Cependant, les centrales nucléaires doivent rester financièrement viables pour continuer à fonctionner », a-t-il déclaré. « Il est essentiel que nous continuions à poursuivre des réformes politiques qui valorisent les avantages environnementaux, économiques et de fiabilité que fournit l’énergie nucléaire zéro carbone. » Il serait souhaitable que ce type de commentaire arrive sur le bureau du Président de la République française ! La centrale nucléaire de Fessenheim en France, certes la plus vieille du pays, est cependant parfaitement rentable et en très bon état de fonctionnement. En outre il s’agit d’une énergie non carbonée, ce qu’exigent les amis écologistes du Président Macron.

Aux Etats-Unis la NRC est autorisée en vertu de la loi américaine sur l’énergie atomique à délivrer des licences pour que les réacteurs commerciaux fonctionnent jusqu’à 40 ans – une période qui, selon cette loi, était fondée sur des considérations économiques et antitrust, plutôt que sur des limitations de la technologie nucléaire. Ces licences peuvent être renouvelées pour une période supplémentaire de 20 ans pour une durée de vie de 60 ans. La plupart des centrales nucléaires commerciales des États-Unis fonctionnent désormais sous ces licences renouvelées. Les renouvellements de licence subséquents couvrent 20 années d’exploitation supplémentaires au-delà de 60 ans, le processus d’examen des demandes étant axé sur la gestion du vieillissement de l’usine pendant la période d’exploitation de 60 à 80 ans.

Peach Bottom 2 et 3 sont des réacteurs à eau bouillante qui ont commencé leurs opérations commerciales en 1974. Si l’usine continue de fonctionner jusqu’en 2054, Exelon estime que sa production d’énergie propre éviterait les émissions de plus de 536 millions de tonnes de carbone. Combien de millions de tonnes de CO2 la centrale nucléaire de Fessenheim pourrait éviter de rejeter dans l’atmosphère si le gouvernement français suivait les recommandations de l’ASN, l’équivalent français de la NRC pendant les 20 prochaines années ? La réponse est simple : 370 millions de tonnes de carbone !!! Pourtant cette donnée dont la véracité peut être vérifiée n’a pas l’air d’avoir percuté le cerveau des écologistes qui prônent pourtant le « zéro carbone » en 2035 avec en même temps une réduction de 50 % de l’énergie nucléaire en France. J’émets de sérieux doutes quant à la santé intellectuelle de ces individus et y compris celle du président Macron …

La NRC est actuellement en train d’examiner une demande d’examen de permis de Dominion Energy pour les unités Surry 1 et 2, pour laquelle une décision finale est prévue pour juin. Selon les lettres d’intention soumises à l’organisme de réglementation, les demandes de renouvellement de licence subséquentes devraient être soumises plus tard cette année pour les unités 1 et 2 de Dominion North Anna et à la fin de 2021 pour les unités Oconee 1 et 2 de Duke Energy.

Adapté d’un article de World Nuclear News

Note. Je rappelle le lien sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2019/12/08/breve-si-cetait-la-nrc-qui-decidait-pour-lasn-elle-dirait-que-les-reacteurs-de-fessenheim-sont-bons-pour-le-service-jusquen-2059/

Et je voudrais remémorer à mes lecteurs que si l’usine de Fessenheim pouvait fonctionner jusqu’en 2059 comme la NRC américaine pourrait le préconiser alors sa fermeture précipitée sans aucune raison autre que politique (bravo pour cette décision émanant d’un ancien banquier de Rothschild) le manque à gagner pour EDF hors coût des grands carénages serait en euros d’aujourd’hui de 40 à 50 milliards € durant cette période. Le pouvoir politique français a définitivement perdu tout sens des réalités. Ce pays est foutu comme a coutume de le répéter H16 …

Brève. Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 !

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Les USA viennent de franchir une étape dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cas de la centrale électro-nucléaire de Turkey Point. Alors que la France s’apprête à initier le démantèlement de ses plus « vieilles » centrales nucléaires en commençant par la doyenne, la centrale de Fessenheim, les Etats-Unis appréhendent le changement climatique de manière diamétralement opposée, objective et pragmatique. Les deux unités nucléaires du complexe de production d’électricité de Turkey Point situé à une trentaine de kilomètres au sud de Miami comprenant deux unités thermiques classiques et une unité à gaz (illustration) ont été raccordées au réseau en 1972 et 1973. Il s’agit de réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie Westinghouse strictement identique à celles de la centrale française de Fessenheim avec ses deux réacteurs, raccordés au réseau en 1978, dont une partie alimente l’Allemagne et la Suisse voisines, ce qui rapporte, c’est bon de le noter au passage, quelque 1,2 milliard d’euros à la France (voir à ce sujet l’article de Sébastien Richet sur le site Contrepoint, lien en fin de billet).

La NRC (Nuclear Regulation Commission) est l’équivalent de l’ASN française (autorité de sureté nucléaire) et elle a tout pouvoir, indépendamment du pouvoir politique, pour décider si oui ou non une installation nucléaire civile peut voir son exploitation prolongée. Cet organisme, contrairement aux politiciens, détient l’expertise dans ce domaine et c’est à lui et non au pouvoir politique, pour quelque raison que ce soit, de décider de la prolongation de l’exploitation d’une installation électro-nucléaire. La différence entre la France et les USA est claire : le pouvoir politique américain ne peut pas intervenir dans les décisions de la NRC alors que les écologistes se sont arrogé le droit de décider de la politique énergétique de la France. Pour les écologistes qui pourrissent la tête de l’Etat français la compagnie Electricité de France n’est qu’une entreprise parmi d’autres qui doit se plier à leurs volontés.

La NRC a décidé de prolonger la « durée de vie » des deux réacteurs de Turkey Point jusqu’à 80 ans. C’est-à-dire jusqu’en 2054, après on verra. Comme ceux de Fessenheim ces deux réacteurs sont en parfait état de marche et il n’y a aucune raison d’en arrêter l’exploitation. Les Etats américains comptent leurs sous, en France c’est le contribuable qui paie la facture : il faudra bien un jour éponger le déficit commercial de la France (cf. le TARGET2). Faut-il que Hollande ait succombé aux charmes des représentantes des partis écologistes pour prendre cette décision insensée de fermer la centrale de Fessenheim, que ce soit Corinne Lepage, l’indicible représentante des écolos suisses et allemands, ou encore la Miss Duflot, l’opportuniste numéro 1 du monde politique français qui s’est fait embaucher par Oxfam.

Il est tout à fait incompréhensible que Macron, fin connaisseur des chiffres et des bilans des entreprises, savoir-faire qu’il a acquis chez le banquier d’affaires le plus prestigieux du monde, ne comprenne pas que le pacte électoraliste de Hollande avec les partis écolos devrait tout simplement être dénoncé ainsi que cette transition énergétique écologique et solidaire qui ne veut rien dire pour préserver la santé énergétique de la France, son économie, son industrie et le bien-être de ses citoyens … s’il en est encore temps.

Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 ( ! ) laissant largement le temps au gouvernement d’aiguiser ses couteaux pour « sauver le climat » puisque le nucléaire est la seule source d’électricité « zéro carbone ». Bien entendu les langues de vipère, et il y en a des charrettées dans le gouvernement français, toutes aussi incompétentes les unes que les autres, diront que c’est sous la pression de Donald Trump, propriétaire de toutes sortes de domaines luxueux en Floride, que l’exploitation de ces deux réacteurs a été prolongée. Pas de chance ! la NRC est, de par son statut, totalement impérméable aux injonctions des politiciens.

La France pourrit par la tête avecc les écolos, ce pays est définitivement foutu pour reprendre les mots d’H16.

Illustration : Florida Power & Light, exploitant de Turkey Point.

https://www.contrepoints.org/2019/10/16/355837-la-fermeture-de-fessenheim-nest-ni-economique-ni-ecologique-mais-politique

Le cas du Vermont

Vermont-Yankee-Nuclear-Power-Station

Le Vermont est un petit Etat du Nord-Est des USA frontalier du Québec. C’est le deuxième moins peuplé des Etats Américains avec seulement 600000 habitants. Depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, conséquence du tsunami qui suivit le tremblement du 11 mars 2011, les habitants de cet Etat n’ont eu de cesse de manifester pour obtenir la fermeture du seul réacteur nucléaire de l’Etat qui produit 71 % de toute l’électricité produite dans l’Etat mais seulement 35 % de la consommation totale d’électricité. Le reste de la production est entièrement d’origine hydroélectrique avec quelques fermenteurs à méthane pour l’anecdote ce qui avec le réacteur nucléaire Yankee classe le Vermont comme le moins polluant en terme de rejets de gaz supposés à effet de serre. L’exploitant du réacteur d’une puissance de 620 MW électriques (BWR-4 General Electric) a été autorisé par la NRC (Nuclear Regulatory Commission) a prolonger son fonctionnement jusqu’en 2032. Le gouverneur de l’Etat, en dépit des recommandations de la NRC, a décidé la fermeture définitive de ce réacteur lors du prochain arrêt prévu pour changer le combustible fin 2014. Les arguments avancés pour justifier cette décision laissent rêveur. Abondance de gaz naturel bon marché issu du fracking, coût des investissements nécessaires pour mettre le réacteur aux normes « post-Fukushima » (alors qu’il l’est déjà) et enfin faibles coûts de l’électricité d’origine hydraulique qui rogne les profits espérés par l’exploitant de la centrale nucléaire. Le gouverneur du Vermont s’est par ailleurs engagé à remplacer la production du site de Yankee, la centrale nucléaire dont il est question, par des énergies renouvelables. Pour la réalisation d’un tel programme anti-économique, le Vermont est déjà l’un des Etats où le kWh est le plus élevé des 50 Etats contigus de l’Union (18 cents/kWh et bientôt 20 cents) alors que l’électricité acheté à Hydro-Québec revient à environ 6 cents/kWh et jusqu’à ce jour le kWh de la centrale nucléaire était vendu 5 cents à l’Etat du Vermont. Certes le prix de kWh est fixé sur la base d’une multitude de facteurs économiques et financiers mais la différence atteint un facteur 4, justement pour financer à l’avenir le « mix énergétique » tel qu’en a décidé le gouverneur. Juste pour préciser la situation, les estimations des coûts de production du kWh éolien et photovoltaïque sont respectivement évalués entre 25 et 40 cents sans tenir compte de la nécessité de disposer de sources d’électricité d’appoint comme des turbines à gaz. Mais pour le moment, mais seulement pour le moment afin de faire passer sa décision, le gouverneur du Vermont n’a pas pris en compte ce paramètre puisqu’il y a la proximité d’Hydro-Québec avec ses kW à bas prix ! Bref, un calcul totalement biaisé.

Depuis sa construction la centrale électrique Yankee a produit 200 milliards de kWh, n’a pas émis les 55 millions de tonnes de carbone, de soufre et d’oxydes d’azote qu’aurait émis une centrale au charbon d’une puissance électrique équivalente, rapporte 500 millions de dollars par an à l’Etat sous forme de taxes, emploie 600 personnes hautement qualifiées directement et maintient 1800 emplois indirects dans la région. Mais non, les idéologues anti-nucléaires locaux, à commencer par le gouverneur, n’ont pas l’air concernés par ces données. De plus l’arrêt de ce réacteur va déstabiliser le réseau de distribution électrique d’une grande partie de la Nouvelle-Angleterre et il est d’ors et déjà prévu la construction rapide de centrales électriques brûlant soit du pétrole soit du gaz. Il en résultera les rejets dans l’atmosphère de 4,7 millions de tonnes de CO2 supplémentaires par an. Pour bien montrer la stupidité d’une telle décision, il en coûtera aux habitants du Vermont la bagatelle de 200 millions de dollars par an pendant les 20 années à venir. Le gouverneur de l’Etat a pris cette décision pour satisfaire les écologistes mais aussi parce que le Vermont n’a jamais souffert de la récession qui a frappé l’ensemble des Etats-Unis à la suite de la crise des sub-primes et le gouverneur estime que l’Etat a les moyens de faire de tels sacrifices.

On peut estimer à la vue de ces données que pour la centrale de Fessenheim, en multipliant par trois, on a une bonne approximation du désastre attendu à la suite de la décision électoraliste et pseudo-écologique de Hollande de fermer cette installation, décision réaffirmée récemment par le faucheur d’OGM promu ministre de l’énergie et de l’environnement.

1800 personnels qualifiés à reconvertir dans le dé-commissionnement, 5400 autres emplois locaux menacés, 14 millions de tonnes de CO2 supplémentaires relâchés dans l’atmosphère chaque année, puisqu’il faudra bien remplacer l’énergie manquante par de nouvelles usines brûlant du gaz ou du pétrole, les éoliennes et les panneaux solaires n’y feront rien, coût pour l’Etat 460 millions d’euros par an soit pour dix ans, puisque l’ASN a autorisé EDF à poursuivre l’exploitation pour une durée supplémentaire de dix ans (éventuellement renouvelable), 4,6 milliards d’euros et ce ne sont que les revenus fiscaux dont seront privés l’Etat et le département, le manque à gagner d’EDF n’est pas pris en compte. Certes ma comparaison est basée sur les chiffres concernant la centrale Yankee du Vermont mais elle illustre ô combien clairement l’ineptie de la décision de Hollande de fermer une centrale comptant parmi l’une des plus sûres de France, bafouant au passage la décision de l’ASN.

Billet inspiré d’un article paru dans Forbes crédit photo inclus