Au pays des mangeurs de bananes

Les îles Canaries, outre le tourisme, vivent de la production de bananes, une culture subventionnée par l’Europe et qui énerve les trois sœurs américaines Del Monte, Chiquita et Dole qui monopolisent de fait le marché mondial de la banane. Pour mémoire, la banane est le premier fruit produit et commercialisé dans le monde en volume et en valeur, bien avant les agrumes toutes confondues. Si je réside depuis 6 ans aux Canaries ce n’est pas pour manger des bananes tous les jours – j’ai essayé, c’est fou comme on prend vite du poids avec deux bananes quotidiennes – mais pour profiter d’un climat unique au monde. Pas tout à fait unique, les climats de Los Angeles, de Walvis Bay ou Perth s’en rapprochent pour les mêmes raisons, l’upwelling et un régime d’alizés soutenu ou la présence d’un courant froid à proximité des côtes.

Mais choisir une certaine douceur de vivre a sa contre partie. Les mangeurs de bananes (sobriquet pour classer les Canariens parmi les autres Espagnols) sont vraiment nonchalants et dans la vie de tous les jours il est parfois difficile de supporter cette lenteur …

J’ai déménagé quand je me suis rendu compte qu’il était inutile de confondre un chien aboyant sur un balcon avec un moulin à vent, en d’autres termes il est admis et légal de faire du bruit de 8 heures du matin à 22 heures. Le problème connexe a été le transfert de ma ligne ADSL couplée à un téléphone fixe. Quatorze jours d’attente pour voir arriver un technicien qui s’est contenté de brancher un fil et est reparti sans vérifier si tout était en ordre. Je me suis rendu compte un peu par hasard trois jours plus tard que mon téléphone fixe ne fonctionnait pas. Dans ce pays comme beaucoup d’autres le propriétaire des lignes téléphoniques est le survivant souvent privé de l’ancienne compagnie étatique qui avait en charge le téléphone, en l’occurrence Telefonica qui s’appelle maintenant Movistar. La ligne est louée au FAI à qui j’a fait appel, Orange pour ne pas le nommer. Et Movistar fait des ennuis à Orange en allongeant les délais de connexion jusqu’à décourager ses clients. Bref, ce matin, je suis retourné dans la boutique Orange la plus proche et la fille qui m’a accueilli un sourire figé aux lèvres puisque je l’avais menacé de faire un procès à Orange m’a expliqué que la lenteur n’était pas de son fait mais que promis et juré sur la tête de la Madone, j’aurai le téléphone avant le 28 février !

Après lui avoir demandé si elle était Canarienne et qu’elle m’eut répondu qu’elle était originaire de Buenos-Aires, je me suis moqué des mangeurs de bananes … Nous avons ri de concert.

Mangez des bananes, c’est bon pour la santé, mais avec modération. 

Internet : le parcours du combattant (couteux) !!!

 

 

quand on arrive dans un pays et qu’on est accro à internet comme j’avoue non sans honte l’être, il faut soit squatter l’équipement d’une personne indulgente soit tenter de se débrouiller tout seul avec les solutions offertes par les fournisseurs d’accès locaux.

Comme le temps le permet, j’avoue que consulter internet au soleil, le matin, en buvant un café ou une bière – selon l’heure – à la terrasse d’un bistrot en regardant à la dérobée le bel arrière train d’une jolie fille, une des rares raisons qui me fait encore croire en dieu, constitue un plaisir certain pour ne pas dire un certain plaisir.

Pour satisfaire mon furieux besoin de me plonger dans internet, non pas pour satisfaire mes penchants libidineux qui ne se limitent qu’aux caresses visuelles que je viens d’évoquer, mais pour alimenter mon blog ou converser avec des amis par courrier ou de vive voix, j’avais à Santa Cruz de Tenerife le choix entre Vodafone, Movistar et Orange. Le tarif attractif de Vodafone (10 euros par mois, modem USB compris) m’a décidé à solliciter les services de ce FAI. Or mon Mac Book Air OS X Lion n’a supporté ce modem que deux jours puis tout s’est dégradé au point que je me suis réellement demandé si je n’avais pas tout simplement planté mon précieux alter ego qu’est mon Mac Book. Il m’a fallu des heures de palabres en anglais approximatif pour expliquer à la jeune préposée qu’après investigation sur internet (justement) en me connectant au réseau de Vodafone, dans leur boutique, que ce modem n’était pas compatible avec l’ OS de mon lap-top.

On a finalement recrédité ma carte après plusieurs heures d’essais infructueux …

Chez Movistar, après une heure d’attente, je me suis laissé dire qu’il fallait que je souscrive un contrat. Or comme je n’ai pas l’intention de rester à Tenerife plus de trois mois, je n’ai pas donné suite à leurs propositions pourtant relativement peu couteuses, environ 45 euros pour trois mois.

Je me suis donc retrouvé dans la boutique d’Orange qui m’a vendu un modem qui ressemble à un petit téléphone portable et j’ai prépayé pour un mois de connexion pour la modique somme de 40 euros mais je dois recharger cette petite machine de marque Canon qui est en réalité un téléphone pour 3 euros par jour !!! C’est nettement moins cher qu’à Palau mais tout de même très couteux …

Moralité : les fournisseurs d’accès à internet nous déplument soigneusement dès qu’on a un besoin particulier à satisfaire dans l’urgence.