Elections italiennes et les conséquences

 

Je ne suis qu’un piètre analyste en politique surtout quand il s’agit des élections italiennes dont le mode est très complexe. Mais l’enjeu pour la survie de l’Europe est de taille, les problèmes chypriotes étant épiphénoménaux en comparaison de l’Italie qui pourrait s’enfoncer dans une instabilité politique durable et de ce fait plomber tout aussi durablement une convalescence de la zone euro encore hypothétique. Bref, si l’Italie devient ingouvernable, l’Europe le sera aussi et la crise qui n’est certainement pas encore terminée s’aggravera. Alors, le terrain sera prêt pour voir surgir des mouvement sociaux ici et là, ce qui rendra la situation de l’ensemble de l’Europe périlleuse. Le suspense est donc de mise en attendant que le jeu des alliances clarifie la situation pour le moins confuse à Rome à l’heure où j’écris ce billet. Si Bersani (centre-gauche) qui arrive en tête, mais d’une courte longueur, tant au Sénat qu’à la Chambre, s’allie à Monti dans l’hypothèse où ce dernier recueille suffisamment de voix pour atteindre 10 % des suffrages exprimés alors l’Italie pourrait être sainement gouvernable en continuant les réformes engagées par Monti. Dans le cas contraire, ce sera l’inconnu pour l’ensemble de l’Europe et il faudra attendre septembre et les élections allemandes pour y voir plus clair. Or l’Europe ne peut pas se permettre de rouler au point mort aussi longtemps, en conséquence la situation est préoccupante, très préoccupante, et sous les lambris dorés du Palais de l’Elysée, Hollande, je l’espère, doit prendre la mesure de l’évènement qui dépasse l’Hexagone.

Les agissements très douteux de Goldman-Sachs …

Our job is to grow the pie and make everybody wealthier,” (Lloyd) Blankfein said. “Not for the venality of trying to get richer and more wealthy, but wealth in the sense of making the world stronger and healthier — and, for lack of a better word, better.”

 

Lloyd Blankfein est CEO (chief executive officer) de Goldman-Sachs et il déclare (je traduis) :

«  Notre travail est de faire grossir le gâteau et rendre tout le monde plus aisé. Non par esprit vénal comme d’essayer de devenir plus riche et plus aisé, mais dans l’esprit de l’aisance (dans le sens des gens aisés par opposition aux gens moins aisés – les SMICARDs pour ne pas les nommer qui ne font pas appel aux services de Goldman-Sach, note personnelle pour éclairer mes lecteurs sur les subtilités du vocabulaire américain) mais l’aisance signifiant faire que le monde est plus fort et plus sain – et comme il n’y a pas d’autre mot pour le dire – en meilleure santé »

 

Voilà la philosophie de Goldman-Sachs résumée en une simple phrase. Or quand on apprend que cette banque d’affaire continue à faire des paris spéculatifs avec ses propres fonds, ce qui a été interdit par la règle Volker du Dodd-Frank act, en 2009 de mémoire, par le biais d’une structure stratégique appelée MSI pour Multi-Strategy Investing, il y a tout une série de questions à se poser sur l’honnêteté et l’arrogance de ces banquiers qui se croient au dessus des lois et de la morale élémentaire. En jouant sur les mots, Blankfein prétend que c’est en toute légalité que cette structure type hedge fund agit puisque la règle Volker considère que ne sont illicites que les opérations à court terme. Blankstein s’en lave les mains (sales) en prétendant que trois mois c’est du long terme.

Il est vrai que si l’on compare trois mois avec du trading haute fréquence à la milli-seconde on n’est pas dans le même ordre de grandeur et trois mois c’est dans l’esprit de ce banquier du très long terme. Ce n’est pas pour autant qu’on absoudra Lloyd Blankfein sur la base de cet argument, mais cela démontre clairement que les banquiers d’affaire, j’oserai dire les banquiers spéculateurs, sont tout simplement des escrocs. Je rappelle à mes lecteurs que Mario Monti était cadre chez Goldman-Sachs et que Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, était vice CEO de Goldman-Sachs.

Il y a beaucoup de souci à se faire quant aux intentions de ces deux personnages car on peut se demander pour qui ils travaillent réellement.

Source : Bloomberg