L’activité solaire et le prix des denrées alimentaires

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En 1887 le Professeur Rogers publia le dernier et septième volume d’une considérable somme rassemblant l’ensemble de ses travaux de décryptage des registres des moines anglais et des notes manuscrites des propriétaires terriens anglais ou encore des économes des séminaires, documents relatifs aux fluctuations du prix du blé dans le Royaume de Sa Majesté. Cette étude gigantesque occupa plus de 50 ans de la vie de cet érudit acharné et elle est toujours considérée par les économistes comme un instrument irremplacable pour l’étude sur le long terme des facteurs externes influençant le prix des denrées agricoles (voir note en fin de billet). En ce qui concerne l’évolution du prix du blé il est nécessaire de rappeler que le Royaume-Uni est un cas particulier car il s’agit d’un pays insulaire situé à la limite nord de la culture de cette céréale. En effet, en dehors des périodes de climat optimal comme au Moyen-Age et plus récemment au cours de la deuxième moitié du XXe siècle il était hasardeux de cultiver le blé au nord de l’estuaire de la rivière Humber. L’approvisionnement en blé du Royaume était donc très étroitement corrélé aux conditions météorologiques et comme il n’existait pas encore de commerce international convenablement organisé pour suppléer aux besoins en blé les fluctuations du prix de cette denrée alimentaire de base sont donc un reflet extrêmement précis de ces variations météorologiques et comme l’ont magistralement montré les Docteurs Lev Pustilnik et Gregory Yom Din, respectivement de l’Université de Tel Aviv et du Golan Research Institute en Israël, des variations de l’activité solaire.

Les travaux de Rogers couvrent la période 1249-1703 or l’observation des taches solaires qui sont un bon indicateur de l’activité solaire n’ont réellement débuté qu’après l’invention de la lunette – ou plutôt du téléscope – par Galilée en 1609. Après cette date se situe le fameux minimum d’activité solaire de Maunder qui durera jusqu’au début du XVIIIe siècle et l’observation des taches solaires qui était devenue une véritable mode en Europe avec l’usage du téléscope et de la lunette fut plutôt difficile car il n’y eut tout simplement presque pas d’activité magnétique solaire pendant plus de soixante-dix ans. Fort heureusement la science moderne a pu reconstituer l’activité solaire passée en mesurant la teneur en béryllium-10 dans les carottes glaciaires du Groenland et cette teneur est inversement proportionnelle à l’activité magnétique solaire.

Sans vouloir établir une relation de cause à effet directe entre l’activité solaire et le prix du blé en Grande-Bretagne Pustilnik et Yom Din ont tout de même établi, après un dépouillement détaillé et une analyse minutieuse des données rassemblées par Rogers, qu’il était impossible de nier que cette relation existait. Il leur fallut filtrer, c’est-à-dire exclure, certaines fluctuations de ce prix du blé en raison d’évènements historiques tels que des conflits guerriers bien répertoriés par les chroniques. Il est apparu que les fluctuations du prix du blé étaient périodiques et que cette période était d’environ 11 à 12 ans. Il existe deux cycles astronomiques pouvant coïncider avec cette périodicité, l’activité magnétique du Soleil en moyenne de 11 ans et la révolution de Jupiter autour de cet astre qui est de 11 ans et dix mois. Comme les observations récentes par satellite ont clairement montré que le rayonnement cosmique galactique avait une influence directe sur l’apparition de nuages, une vérification des simulations réalisées dans des chambres à brouillard réalisées dans les laboratoires du CERN par bombardement avec des particules simulant les rayons cosmiques l’a d’ailleurs clairement démontré, les auteurs ont pu établir que même durant le fameux minimum de Maunder l’activité magnétique solaire fluctuait avec une périodicité d’environ 11 années et qu’elle avait eu une influence sur le prix du blé amplifiée par les conditions climatiques calamiteuses qui prévalèrent non seulement en Grande-Bretagne mais également en Europe continentale.

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L’illustration ci-dessus est une représentation des fluctuations des prix du blé au cours de la période couvrant le minimum climatique de Maunder. La courbe continue relate les variations de la teneur en béryllium-10 des forages réalisés au Groenland et il faut rappeler que plus il y a de béryllium-10 (radioactif) plus l’activité solaire est faible. Superposés à cette courbe de variation de la teneur en béryllium-10 atmosphérique se trouvent les prix du blé en noir durant les minima d’activité solaire et en blanc durant les maxima d’activité. Les symboles, losanges ou triangles, résultent de calculs de moyennes différents mais ils corroborent le fait que les prix du blé étaient de manière générale plus élevés durant les années de faible activité magnétique solaire. Cette illustration est bien une preuve évidente de l’influence directe du Soleil sur les récoltes agricoles à une époque où il n’était même pas question de charbon ni de pétrole. Cette périodicité calculée comme étant très exactement de 11,2 années a permis par ailleurs d’exclure toute influence significative de la rotation de Jupiter autour du Soleil sur le climat terrestre.

Comment peut-on encore passer sous silence l’effet de l’activité solaire sur le climat de la planète ? Dans les lignes de ce blog il m’est souvent arrivé de mentionner les effets potentiellement catastrophiques du refroidissement du climat prévu par de nombreux géophysiciens dans un très proche avenir sur la production agricole d’une manière générale et plus critiquement encore dans les pays les plus sensibles à ce refroidissement. Viennent à l’esprit la Pologne, l’Ukraine, le Danemark, le nord de l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le nord de la France pour ne mentionner que l’Europe. Les grandes cultures comme le blé ou encore le maïs et la betterave risquent d’être fortement perturbées par la chute de l’activité magnétique solaire qui est annoncée comme imminente – vers 2019-2020. L’étude mentionnée ici faisait état d’un temps de latence d’environ 18 mois de l’incidence de la chute d’activité solaire sur l’augmentation du prix du blé. Il est donc à peu près certain que dès le début de la prochaine décennie de graves perturbations apparaîtront dans la production de ces grandes cultures qui entraineront une envolée considérable des prix. Huile, sucre, farine, fruits et légumes, viande et produits lactés seront impactés par ce refroidissement que d’aucuns continuent à nier car la propagande « réchauffiste » favorise les « affaires » en tous genres liées à la production qualifiée comme dangereuse de gaz carbonique. Le retour à la réalité sera très douloureux. Il ne reste que trois ans pour se préparer : c’est déja trop tard …

Source : arXiv, doi : 10.1134/S1990341313010100

Note. La notion de météorologie spatiale englobe les facteurs d’origine extraterrestre influençant la météorologie terrestre. L’activité magnétique solaire joue un rôle central dans la « météo spatiale ». Le champ magnétique solaire varie selon un cycle de 11 années environ et a une directe influence sur le flux de rayons cosmiques d’origine galactique atteignant l’atmosphère terrestre. Les variations d’activité de la dynamo solaire ont également un effet direct sur le champ magnétique terrestre et sur la fréquence et la violence du « vent solaire ». Il est important de noter que l’irradiance solaire varie très faiblement au cours d’un cycle solaire ( +/- 0,1 %), une observation qui a conduit les gourous de l’IPCC à nier l’influence de l’activité solaire sur le climat terrestre.

Illustrations : lunettes de Galilée et arXiv

Crise climatique : les ouragans passés dans les Caraïbes

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Il m’est apparu utile sinon important de relater dans ce blog une étude réalisée par le laboratoire de dendrologie de l’Université de l’Arizona à Tucson en collaboration avec les Universités de Santiago de Compostelle et de Huelva en Espagne. Il s’agit d’une sorte de compilation d’évènements passés qui à première vue n’ont aucune relation entre eux mais révèlent avec une clarté inattendue l’effet des variations passées du climat sur des évènements qui en raison de la grande peur climatique actuelle sont à prendre très sérieusement en considération. Comme les variations passées de l’activité solaire ont été largement ignorées par les spécialistes du climat constituant l’organisme onusien appelé IPCC, qu’il s’agisse de l’optimum médiéval ou du minimum dit de Maunder, il était tout à fait opportun de relater ces travaux relatifs à la fréquence des ouragans qui ont sévi durant la période froide dite de Maunder (1645-1715) dans la Caraïbe, un fait qui a pu être relié à la croissance des arbres en Floride durant la même période. La peur climatique entretenue par l’IPCC fait état d’une aggravation des phénomènes météorologiques naturels et en particulier les ouragans (hurricanes dans la Caraïbe, typhons dans le Pacifique nord-ouest et cyclones dans le Pacifique sud et l’Océan Indien). Il n’en est pourtant rien depuis près de 20 années, curieux is not it ?

Les archives espagnoles couvrant la période 1495-1825 recouvrant largement le minimum de Maunder font état de la disparition en mer de 657 bateaux liés à des ouragans tropicaux mais la base de données relative aux ouragans tropicaux qui ont sévi dans l’Atlantique Nord sur la période équivalente ne correspond pas avec les archives espagnoles. Il a donc fallu trouver une autre approche chronologique pour relier ces évènements entre eux. La dendrochronologie relative aux arbres de Floride a permis d’établir une relation crédible entre ces phénomènes météorologiques violents et les archives espagnoles sur la période 1707-2009. La croissance des pins de Floride (Pinus elliottii), en particulier ceux de Big Pine Key, est perturbée par l’apport d’eau chargée en sel occasionnée par les ouragans et la dendrologie permet d’établir une chronologie très précise des évènement cycloniques ayant atteint les côtes et par voie de conséquence cette approche constitue ce que l’on appelle un autre « proxy » décrivant la dynamique climatique de l’Atlantique Nord sur de relativement longues périodes.

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Le minimum de Maunder est l’évènement climatique le plus sévère répertorié précisément durant ces derniers siècles. Il est la résultante de quatre facteurs liés les uns aux autres ayant résulté en une chute spectaculaire du nombre de chavirages des bateaux marchands espagnols qui n’enduraient plus de conditions météorologiques extrêmes. La fréquence des ouragans dépend de la température absolue des eaux de surface dans la zone tropicale de l’Atlantique Nord. Elle dépend également de la différence de température des eaux de surface entre les zones tropicales et les zones sub-tropicales. Cette fréquence dépend encore des oscillations australes du phénomène El Nino (ENSO) et enfin des oscillations de l’Atlantique Nord (NAO). Ces conditions ont été profondément modifiées à la suite de la chute de l’activité magnétique solaire durant cette période qui a été largement vérifiée par de nombreux proxys dont le plus évident était la quasi absence de taches solaires pendant plusieurs dizaines d’années. Il y eut une conjonction de ces évènements climatiques qui renforça le phénomène conduisant à une raréfaction des ouragans. Le nombre de navires marchands espagnols perdus en mer durant cette période a donc chuté par voie de conséquence.

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Comme les projections actuelles des astrophysiciens font état d’une reproduction dans un futur proche du même type d’effondrement de l’activité magnétique solaire qui eut pour conséquence un refroidissement dramatique et durable du climat lors du minimum de Maunder il était donc intéressant d’établir une relation entre cette période historique et les évènement réels qui eurent lieu et qui sont sans ambiguité répertoriés dans les archives espagnoles. Il est apparu que la fréquence des ouragans s’est effondrée durant cette période comme cela a été montré par dendrochronologie et dans le même temps le nombre de bateaux marchands perdus en raison de conditions cycloniques a été considérablement réduite comme le montre l’illustration ci-dessous.

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Cette étude apporte donc un argument supplémentaire indéniable au sujet de l’effet de l’activité solaire sur les conditions météorologiques, et partant climatiques, qui ont prévalu durant cette période de refroidissement sévère. Il est intéressant enfin de rapprocher cette étude avec le « hiatus » climatique de ces dernières 20 années qui n’a pas pu établir une quelconque augmentation des températures moyennes observées objectivement, corroborant les données relatives à la baisse substantielle de l’activité solaire qui ne peut plus être niée ainsi que la diminution du nombre d’ouragans de catégorie 3 et plus qui ont atteint la terre ferme nord-américaine durant cette même période. Il est également intéressant de mentionner le renversement de tendance de la NAO (voir le lien) depuis la fin des années 1990.

En quelque sorte l’histoire passée, avec des rapprochements inattendus, apporte de nouveaux arguments en faveur d’une prédominance des variations de l’activité magnétique du Soleil sur le climat terrestre. Finalement il paraît donc vain sinon malhonnête de continuer à nier que le Soleil n’a pas d’effet sur le climat terrestre. Ce n’est plus l’affaire des scientifiques honnêtes que d’affirmer le contraire mais cela relève désormais uniquement des politiciens, des organisations non gouvernementales et des corporations multinationales que de soutenir que le climat est perturbé par l’activité humaine …

Sources et illustrations : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519566113

http://dx.doi.org/10.1016/j.earscirev.2016.02.005

 

Warming or cooling ? That is the question !

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Il est d’un immense intérêt de se plonger dans la lecture d’une suite d’articles du Docteur Mike Lockwood relatifs à la corrélation entre le flux solaire atteignant les hautes couches de l’atmosphère, les variations du champ magnétique et le nombre de taches solaires. Ces trois paramètres sont naturellement liés puisque les taches solaires et leur apparition selon les latitudes du Soleil dépendent de la dynamo solaire, ce double flux torique qui apparaît aux hautes latitudes pour s’enfouir à l’intérieur de l’astre au niveau de l’équateur solaire et réapparaître ensuite au niveau des pôles. Cette « dynamo » est également à l’origine de modulations du champ magnétique de notre étoile qui nous protège en partie des rayonnements cosmiques provenant de l’Univers. Or, la Terre n’est pas en permanence « protégée » avec la même efficacité contre ces rayonnements galactiques et extra-galactiques par le champ magnétique du Soleil selon la position qu’elle occupe sur son orbite autour du Soleil et d’autre part selon le cycle d’environ onze ans de l’activité solaire qui modifie l’efficacité de cette protection. Les effets du rayonnement cosmique sur l’atmosphère sont par conséquent variables et induisent une variabilité de l’état d’ionisation des hautes couches de l’atmosphère terrestre et durant les périodes de faibles activité solaire, donc durant l’affaiblissement (tout relatif) du champ magnétique solaire, alors la Terre se trouve soumise, y compris aux plus faibles altitudes, à ce rayonnement cosmique qui peut engendrer par exemple des précipitations plus fréquentes. Il ressort de ces études réalisées au Département de Météorologie de l’Université de Reading, GB, que non seulement la météo dépend des caprices du Soleil mais que la tendance climatique sur le moyen ou le long terme est étroitement corrélée à l’évolution de l’activité solaire. Un autre facteur compliquant quelque peu l’analyse des variations du climat résulte des variations du champ magnétique terrestre. Il ressort donc que prévoir l’évolution du climat relève d’une gymnastique particulièrement complexe sinon périlleuse si on ne tient pas compte de la « vitalité » changeante du Soleil.

L’observation du géomagnétisme ne date pas d’aujourd’hui puisque ce sont les Chinois qui ont inventé la boussole au premier siècle de notre ère. À la fin du XVIe siècle un certain Robert Norman observa que l’aiguille aimantée d’une boussole n’était pas horizontale. Il en déduisit l’orientation du vecteur du champ magnétique terrestre. Quelques années plus tard on se rendit compte que la direction du nord magnétique ne correspondait pas avec celle indiquée par la rotation de la Terre en observant l’Etoile Polaire, tout simplement. Puis on se rendit compte que le champ magnétique terrestre variait au cours de la journée. Il fallut attendre le milieu du XIXe siècle pour qu’un certain nombre de villes, sous l’impulsion de physiciens comme Gauss et Weber, s’équipent dans leurs observatoires de magnétomètres. C’est ainsi que l’Empire Britannique mit en place un réseau planétaire de magnétomètres dispersés dans diverses provinces (dominions), Canada, Australie, Afrique du Sud et même dans les îles de Saint-Hélène ou de Singapour, alors possession de Sa Majesté. Les données furent analysées et montrèrent que le champ magnétique terrestre tel qu’observé par ces appareils d’une précision déjà surprenante pour l’époque variait de manière synchrone avec la variation des taches solaires outre le cycle d’alternance jour-nuit régulier. Il faut donc citer le sieur Edward Sabine de l’Amirauté Britannique comme auteur de cette observation inattendue et il faudra attendre de nombreuses années avant d’en apporter une compréhension détaillée.

En fait le champ magnétique solaire influe sur le champ magnétique terrestre et c’est la raison pour laquelle Sabine fit ce rapprochement qui le surprit mais ne l’empêcha pas de publier en 1852 dans les Philosophical Transactions de la Royal Society de Londres les notes relatant ses observations restées alors sans explication.

Aujourd’hui des magnétomètres sont dispersés dans les régions circumpolaires au nord et sur le continent Antarctique et les observations spatiales du champ magnétique solaire permettent d’affiner l’ensemble des données. Comme l’axe de rotation du Soleil n’est pas perpendiculaire au plan de l’écliptique, c’est-à-dire le plan sur lequel se trouve l’orbite de la Terre, se surimposent alors les effets de la rotation de la Terre autour du Soleil. Nonobstant ces difficultés, afin d’expliquer le pourquoi du minimum de Maunder (1645-1715), du petit âge glaciaire autour du début du XIXe siècle (minimum de Dalton), du léger assoupissement solaire (cycles 12 à 14) au début du siècle dernier et de l’anomalie du cycle solaire #20, les données magnétométriques de divers observatoires, Helsinki (1845-1890), Eskdalemuir en Ecosse (depuis 1911), Postdam (1891-1907) puis d’une bonne quarantaine d’observatoires répartis dans le monde depuis ces années ont été analysées finement afin de reconstruire en regard des observations des taches solaires l’évolution du champ magnétique terrestre et d’en déduire, en rapprochant les observations spatiales récentes, l’évolution du champ magnétique solaire. Il faut rappeler ici que le premier magnétomètre fut installé par Gauss à Göttingen en 1832 … Il est effectivement important de se faire une idée précise de ce champ magnétique car il est sous l’influence en fait de l’activité solaire et de son évolution, dans la mesure où elle peut être prédite grâce aux observations passées des taches solaires, afin de se faire aussi une petite idée de ce qui nous attend dans le futur, pas demain matin mais dans 20 à 50 ans et plus, sachant qu’un cycle solaire dure en moyenne onze années. Il faut multiplier par 30 l’échelle de gauche pour obtenir le nombre de taches solaires :

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Pour remonter jusqu’au minimum de Maunder (en vert), les corrélations établies par Lockwood ont également été rapprochées des proxys tels que le béryllium-10 ou le carbone-14 générés par spallation cosmique à partir de l’azote atmosphérique. Cette production de Be-10 et C-14 est d’autant plus abondante que l’activité solaire est plus faible, en d’autres termes que le champ magnétique solaire est plus faible et donc protège moins bien la Terre des rayons cosmiques. L’isotope radioactif du béryllium se retrouve dans les carottes glaciaires et également les formations calcaires des grottes.

Muni de l’ensemble de ces données Lockwood a pu ainsi reconstruire sans ambiguité l’intensité du vent solaire et la valeur du champ magnétique interplanétaire (Bm exprimé en nano tesla, nT) durant le minimum de Maunder. Durant ce minimum le champ magnétique chuta de manière prolongée aux alentours de 2 nano tesla (nT) alors que sa valeur normale est d’environ 6 nT et le nombre de taches solaires approcha zéro durant quatre cycles solaires consécutifs malgré un vent solaire soutenu par les parties chaudes de la couronne solaire et ce malgré l’absence de taches. Enfin le flux magnétique solaire ouvert qui dépend directement du champ magnétique a chuté en passant de 1000 à 100 giga Weber (Wb, 1 Wb = 1 T/m2). Cette chute a fait que la Terre ne s’est pas trouvée exposée au vent solaire pendant une durée prolongée.

Le minimum de Maunder est loin de nous, c’était du temps du Roi Soleil, comme son nom ne l’indique pas ! Mais fort de ces données, Lockwood a revisité les récents minima solaires, les cycles 5 et 6 au début du XIXe siècle dits « petit âge glaciaire » ou minimum de Dalton, l’ « anomalie » des cycles 12 et 14 au début du XXe siècle – un autre tout petit âge glaciaire qui a un peu requinqué les glaciers alpins (entre autres) – et plus récemment le cycle solaire 20 (1970) pour lequel aucune explication satisfaisante n’avait pu être apportée sur sa faiblesse en comparaison des trois cycles précédents et des trois cycles suivants, très puissants, correspondant à l’optimum contemporain :

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Il se trouve que dans les deux cas, cycles 12 et 14 et cycle 20, le champ magnétique interplanétaire (B, exprimé en nano tesla nT) a baissé d’intensité de même que le vent solaire (V, exprimé en km par seconde), R étant le nombre de taches solaires. Ces résultats correspondent donc bien à ce qui a été déduit des diverses données pour ce qui concerne le minimum de Maunder.

Que peut-on donc conclure objectivement de ces résultats ? D’abord la dynamo solaire, pour des raisons encore largement inconnues, change de « braquet », comme dirait un coureur du tour de France, et ces variations paraissent aléatoires mais pas tant que ça. Si l’on se penche sur la première figure, on remarque une certaine périodicité d’environ cent ans depuis la fin du minimum de Maunder avec trois optima, 1720-1800, 1820-1880 et enfin 1920-2000. D’autre part les « effets de marée » exercés par Jupiter sur l’orbite du Soleil autour du centre de gravité du système solaire doivent être pris en compte et la mécanique céleste prévoit ainsi un affaiblissement déjà en cours de la dynamo solaire pour ces raisons (voir le lien sur ce blog). Que va-t-il donc se passer plus tard ? On sait donc que depuis le cycle solaire 23 qui a été particulièrement long, environ 13 ans, la dynamo solaire se ralentit. La première conséquence à laquelle on pouvait s’attendre est un affaiblissement notoire et effectivement observé du nombre de taches solaires au cours du cycle 24 qui se terminera bientôt en laissant derrière lui l’optimum contemporain qui ne sera plus qu’un bon souvenir dans quelques années. La première figure indique clairement que le champ magnétique interplanétaire (courbe bleue) a considérablement chuté en intensité avant même la fin du cycle 23 et sa valeur actualisée aujourd’hui approcherait déjà celle du petit âge glaciaire (vers 1800, minimum de Dalton) pour encore chuter et rejoindre les valeurs recalculées pour le minimum de Maunder. Les astrophysiciens prévoient même un cycle 25 « comateux » et ce n’est pas dans très longtemps, vers les années 2025 !

Les conséquences parfaitement prévisibles, mais personne n’ose trop en parler ouvertement, y compris Lockwood, pourraient être catastrophiques pour l’évolution de l’ensemble du climat de la planète. D’abord l’affaiblissement du champ magnétique solaire exposera la planète Terre à un bombardement intense de rayons cosmiques qui favorisera les précipitations sous forme de pluie et de neige en formant des noyaux ionisés dans l’atmosphère entrainant la condensation de la vapeur d’eau. La chute de l’activité solaire (nombre de taches solaires faible voire nul) aura un effet direct sur la température moyenne de la planète orientée inexorablement à la baisse. Enfin, comme durant le minimum de Maunder, la Terre pourrait ne plus être soumise à un vent solaire régulier en raison de l’angle du plan de l’écliptique avec l’axe de rotation du Soleil. Quelques astrophysiciens ont osé lancer une alerte mais qui a daigné les entendre ? Pour ainsi dire personne … Lockwood, qui n’en pense pas moins, j’en suis personnellement convaincu tant ses travaux sont limpides, a simplement déclaré elliptiquement que cette évolution de l’activité solaire parfaitement prévisible pourrait seulement favoriser des hivers plus froids mais pas partout, peut-être bien en Europe mais pas au Canada ou en Chine ou vice-versa.

Il va sans dire que l’évolution de la science a pris une tournure nauséabonde : qui ose s’attaquer au dogme du réchauffement climatique risque sa vie professionnelle faute de crédits de recherche, on ne peut pas être plus clair, devra sous la pression exercée par une mafia politico-idéologique mondiale de couleur vert-rouge se rétracter comme Galilée se rétracta devant le tribunal religieux en déclarant à regret à propos de la Terre « et pourtant elle tourne ». Lockwood et ses confrères se rétracteront aussi (pardon, se sont déjà rétracté) en maugréant d’une voix inaudible : « et pourtant on s’achemine avec certitude vers une âge glaciaire ».

Sources : The Astrophysical Journal Letters ( doi:10.1088/2041-8205/781/1/L7 ), Journal of Geophysical Research, doi:10.1002/ 2014JA019972 ), doi:10.1002/2014JA019970 ), doi:10.1002/2014JA019973 ) et enfin Annales Geophysicae 32(4). pp. 367-381, ISSN 1432-0576

Illustrations : Edward W. Mounder et J. Geophysical Research

Autre lien https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/03/19/rechauffement-climatique-non-definitivement-refroidissement/