De la salade d’algues ? Pourquoi pas …

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Plus de la moitié de l’oxygène de l’atmosphère provient du recyclage du « méchant » CO2 par les micro algues, en d’autres termes le phytoplancton. Il a fallu des centaines de millions d’années pour que notre atmosphère arrive à être composée de 20 % d’oxygène afin que nous puissions respirer sans entrave et nous devons remercier le plancton pour ce bienfait. Pourtant les algues ont une très mauvaise réputation, elles empoisonnent l’existence des aquariophiles, elle peut ruiner la saison touristique d’une station balnéaire en s’accumulant sur les plages, ce phénomène étant d’ailleurs dangereux parce qu’il produit de grandes quantités de gaz toxiques, et enfin les algues enragent les propriétaires de piscine car il est parfois difficile de s’en débarrasser. Il est vrai qu’en des millions d’années les algues se sont adapté à toutes sortes d’environnements, des plus insipides aux plus hostiles puisqu’on en trouve naturellement dans les océans mais aussi dans des lacs à la salinité extrême et plus étonnant encore tout près des geysers où la vapeur expulsée des entrailles de la Terre peut atteindre beaucoup plus de cent degrés. Les algues possèdent cet immense avantage de ne pas entrer en compétition avec les cultures traditionnelles puisqu’elles n’ont même pas besoin d’un sol pour se multiplier. Il leur faut de l’eau et du soleil !

Bien que beaucoup de peuples utilisent déjà des algues dans leur alimentation quotidienne, on pense naturellement aux mets délicats de la cuisine japonaise, notamment les sushis, mais les micro-algues sont des nouvelles venues dans l’alimentation, en particulier les spirulines (illustration ci-dessus, cliché ESA) qu’on retrouve dans certaines boissons aux fruits ou aux légumes proposées par Green Machine sous le nom de Naked ( http://nakedjuice.com/our-products/juice/green-machine ). Certains produits de cette société contiennent jusqu’à 1,3 grammes de spiruline par bouteille. Les micro-algues sont aussi très riches en acides gras dits omega-3, normal puisque dans la chaine alimentaire marine, l’apport initial en ces acides gras provient justement du phytoplancton. On a songé a ajouter dans les laits pour enfants des extraits de micro-algues puisque le lait maternel est relativement pauvre en ces mêmes omega-3. Il est difficile d’imaginer une société comme Nestlé se lancer dans une telle aventure car il pourrait y avoir une réaction négative de la part des mères de famille, leurs poupons chéris ne sont tout de même pas des poissons ! Pour la nourriture animale, en particulier pour les poulets et les poules pondeuses, des essais ont démontré la pertinence d’une supplémentation avec des micro-algues conduisant à un enrichissement en carotènes et une diminution de la teneur en cholestérol des œufs.

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Tout le problème avec les micro-algues est de passer du stade expérimental au laboratoire à l’échelle industrielle pour une raison qui semblerait très simple à solutionner mais qui représente en réalité un défi technologique.

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Si la croissance des algues est rapide, la maîtrise de celle-ci a conduit à imaginer des bassins de culture en plein air ressemblant à un circuit automobile afin de ne jamais atteindre une concentration en algues trop importante qui finirait par inhiber la croissance de ces dernières par obscurcissement du milieu aquatique et donc une réduction de l’activité photosynthétique. Si cette configuration des bassins de culture où l’eau ne cesse de circuler pour être prélevée en fin de parcours, traitée par filtration pour récupérer les algues et réinjectée en continu dans le circuit, la concentration en algues obtenue n’est pas satisfaisante et fait apparaître alors d’autres soucis technologiques au niveau du processus de filtration qui serait d’autant plus efficace que la concentration en algues est élevée, ce qui n’est justement pas possible pour atteindre une croissance optimale des algues. Reste la culture en circuit fermé ou dans des réacteurs du type de ceux utilisés pour la croissance des bactéries mais en tout état de cause, la solution sera trouvé prochainement et il faut se préparer d’ors et déjà à la consommation de micro-algues qu’on arrive à produire aujourd’hui pour deux euros par kilo, rien à voir avec la viande de bœuf !

Billet inspiré d’un article de Business Insider, illustrations Wikipedia et ESA

Biofacade écologiste : c’est ça le progrès !!!

Un projet de biofaçade à microalgues obtient le soutien de l’Etat

PARIS – Un projet de biofaçade produisant de l’énergie avec des microalgues a décroché des aides publiques de 1,7 million d’euros, ont annoncé mardi ses promoteurs menés par le groupe de déchets Séché Environnement.

Baptisé SymBio2, ce projet pourrait être installé en fonction des résultats des études en cours sur les murs de l’incinérateur Alcéa de Séché Environnement à Nantes, disent-ils dans un communiqué.

En cultivant des micro-algues dans des photoréacteurs installés sur la façade et développés par le laboratoire de recherches, puis en les transformant en énergie, le procédé permet selon SymBio2 de réduire de plus de 50% les consommations de chauffage et rafraîchissement par rapport à un bâtiment standard répondant à la toute nouvelle règlementation thermique française, la RT 2012.

Dans le cas de l’incinérateur, la chaleur de la combustion, le CO2 des fumées ainsi que les eaux pluviales seraient utilisés pour la culture des microalgues.

Au total, 72 nouveaux projets de recherche et développement ont été retenus par l’Etat dans le cadre du Fonds unique interministériel, avec 63,5 millions d’euros de financements publics, a annoncé le gouvernement lundi.

Outre le FUI, SymBio2 a été aidé par les régions Ile-de-France et Pays de la Loire, ainsi que par la mairie de Paris.

Un projet similaire utilisant les micro-algues est actuellement en cours de développement par la start-up française Ennesys, basée à Nanterre en banlieue parisienne.




(©AFP / 19 mars 2013 14h29)

Décidément la créativité française bien connue ressurgit de toutes parts surtout quand elle peut servir de pompe à fric provenant des impôts des contribuables. Encore une élucubration de plus pour soit-disant réduire les rejets de CO2 provenant d’un incinérateur probablement d’ordures ménagères. Or, comme chacun sait (ou ne sait pas quand on traine ses savates dans un ministère), les fumées des incinérateurs sont tellement toxiques qu’on ne peut rien en faire sinon les rejeter en bloc dans l’atmosphère de nos banlieues après un vague dépoussiérage pour la forme. Il reste dans ces fumées des dioxines, des métaux lourds, du chlore et j’en passe. Personnellement, et c’est mon point de vue que je partage avec moi-même comme disait Desproges, on peut sérieusement mettre en doute la viabilité des micro-algues si on leur donne à manger du CO2 hautement pollué. Ensuite, pour satisfaire Madame Batho, on pourra faire des granulés de micro-algues pour en faire de la nourriture pour les poissons végétariens, mais uniquement végétariens, c’est-à-dire quelques minuscules poissons rabougris qui serviront dans le meilleur des cas à faire des granulés pour les poissons carnassiers. Tout le monde sera content y compris les poissons. Dans cette dépêche d’agence pas encore dévoyée par des journalistes gauchistes à la solde du gouvernement, on peut remarquer que l’expérience pilote sera réalisée à Nantes, j’ai bien lu Nantes, et le premier ministre, ex-prof d’allemand, ira certainement couper le ruban tricolore pour l’inauguration en grande pompe de ce pilote magnifique et magnifié par les écolos avec les flons-flons et les petits biscuits locaux (nantais) de rigueur ! J’imagine déjà le coup médiatique. Sauf que huit jours après la cérémonie hautement républicaine, toutes les algues seront mortes d’overdose de polluants. C’est ça le progrès écolo financé par la dette et les impôts.

Peut-être que les ministres vont inventer des cultures d’impôts pour que ceux-ci se reproduisent …