L’alcootest intelligent et connecté

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Dans les pays ayant institué une alcoolémie « zéro » au volant on grand progrès dans la prévention vient d’être franchi par un groupe d’étudiants de l’Institut de Technologie de Cintalapa dans le Chiapas au Mexique. Il fallait y penser et ils l’ont fait : des détecteurs d’alcool sur le volant des voitures qui en cas de réponse positive neutralisent le démarreur de la voiture ! Plus besoin d’alcootest et comme on transpire de l’alcool, que la technologie de détection existait, il suffisait de réunir plusieurs petites astuces pour arriver à ce gadget inattendu et d’une redoutable efficacité : si on a bu un verre de bière, c’est bon, la voiture ne peut pas démarrer. Naturellement ce genre de progrès technologique ne peut s’appliquer que dans les pays où la tolérance zéro est appliquée sévèrement comme par exemple en Suède ou au Japon. Les statistiques mexicaines indiquent que 77000 accidents dus à l’excès d’alcool au volant sont répertoriés chaque année, soit 4 accident chaque heure. Autant dire que le gouvernement a immédiatement encouragé ce projet. Des détecteurs se trouvent sur le volant, le levier de vitesse et le dossier du siège du conducteur. L’installation électronique analysant les signaux des détecteurs comporte une géolocalisation et une application pour téléphones mobiles qui peut envoyer un signal à la famille ou à des amis en indiquant la position du véhicule ainsi immobilisé. Quelqu’un peut alors « venir au secours » du conducteur … Une start-up vient d’être créée avec l’appui du gouvernement de l’Etat du Chiapas pour le développement commercial de cet ingénieux système qui a aussi l’avantage d’être simple et peu coûteux, n’importe qui peut l’installer lui-même, en quelque sorte un système d’alarme dédié à la détection d’alcool à utiliser sans modération. Gageons que ce projet va rencontrer un immense succès tout en rendant les alcootests obsolètes.

Source et illustration : http://www.invdes.com.mx

Malbouffe : une manne pour les gouvernements !

Au Mexique, le pays champion du monde de l’obésité (32,8 % d’obèses) si on néglige Nauru et les Samoa, pays où l’obésité est d’origine génétique, le gouvernement a décidé de taxer lourdement la malbouffe : toute nourriture ou boisson apportant plus de 275 calories par 100 grammes sera taxée jusqu’à 16 % du prix actuel de vente taxes déjà existantes comprises. Outre le fait que ces taxes rapporteront la modique somme de 20 milliards de dollars par an à l’Etat, la diminution espérée de l’épidémie d’obésité engendrera également de substantielles économies pour le système de santé car les pathologies liées au diabète de type II, lui-même conséquence de la malbouffe, constituent le poste le plus important des dépenses de santé. La société OxxO, pendant du Seven/Eleven, qui possède 10000 points de vente dans la seule mégapole de Mexico City et grand pourvoyeur de malbouffe se sent directement concernée par cette mesure qui devrait être votée dans les prochains jours. L’un de ses dirigeants estime que les pertes engendrées par cette loi pourraient être catastrophiques, le chiffre d’affaire de ces petites supérettes de quartier ouvertes jour et nuit reposant majoritairement sur la vente de boissons sucrées, de barres chocolatées, de cornets de glace, de portions de frites et de sandwichs ressemblant à des hamburgers. Les détracteurs de ces nouvelles taxes indiquent que l’augmentation des taxes sur les cigarettes n’a pas entrainé de diminution des ventes. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a également décidé de taxer à hauteur de 16 % les aliments pour animaux de compagnie, chiens et chats, ainsi que toutes les importations depuis les USA de malbouffe dans les villes frontalières. Quand on se souvient qu’il y a encore peu d’années l’un des plus grands problèmes du gouvernement mexicain était la malnutrition !

Junk food tax in Mexico

Source : Los Angeles Times

Disparition du monarque: les pesticides ?

Le célèbre papillon monarque (Danaus plexippus) qui je le rappelle pour ceux qui n’ont pas envie d’aller l’admirer en hiver au Mexique est résident permanent aux îles Canaries, migre donc depuis les USA, principalement de ce que l’on a coutûme d’appeler le « corn-belt », une région centrale comprenant l’Iowa, le Minnesota, le Wisconsin, l’Illinois et l’Indiana, Etats où se concentre la culture du maïs, vers le Mexique. Ce papillon passe l’hiver dans une toute petite région à deux heures de voiture de Mexico City dans l’Etat du Michoacan, et s’agglutine avec ses congénères par dizaines de millions sur des arbres sur une surface de quelques hectares pour tout simplement passer l’hiver tranquillement. Aux îles Canaries, il n’a pas besoin de migrer puisqu’il n’y a pour ainsi dire pas d’hiver … On a remarqué que la surface occupée en hiver par les monarques diminuait année après année et on a immédiatement incriminé les pesticides utilisés par les cultivateurs américains. On a finalement trouvé pourquoi la colonie de monarques qui parcourait plus de 5000 kilomètres pour se mettre au chaud avait une alarmante tendance à péricliter puisque plus de 50 % de ces inoffensifs papillons, en tous les cas inoffensifs pour le maïs, ont disparu en une dizaine d’années. Il se trouve que les millions d’hectares de culture de maïs dans les Etats cités plus haut sont presque totalement du maïs résistant au glyphosate, justement celui qui a excité Séralini, vous vous souvenez de ces rats Sprague-Dawley recouverts de tumeurs qui avaient fait la une des journaux gràce à des journalistes crédules et ignorants. Au fait, on n’entend plus parler de ce triste sire depuis que l’éditeur de son article torchon l’a retiré avec ses excuses.

Mais je m’égare et je reviens au monarque. Ce papillon (et sa chenille) se nourrit presque essentiellement du nectar et du sucre des fleurs d’asclépiades, une « mauvaise herbe » honnie des planteurs de maïs qui s’en débarassent justement en matraquant leurs champs avec du glyphosate avant de planter leur maïs résistant à cet herbicide. Pour en partie pallier à cet état de fait, on ne va surtout pas taquiner le lobby américain ultra-puissant des producteurs américains de maïs ni Monsanto, une association appellée Monarch Watch encourage tous les propriétaires de petits jardins et de pelouses à planter des asclépiades pour donner quelque espace de survie aux monarques, en espérant que cette minuscule initiative en comparaison de millions d’hectares de maïs (et aussi de soja, pour les mêmes raisons) permettra aux monarques de survivre, mais pour combien d’années ?

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Ce qui est plus inquiétant est que l’asclépiade est aussi un plante très recherchée par les abeilles qui subissent le même sort dans ces mêmes Etats du « corn-belt ».

 

Source : Los Angeles Times, monarchwatch.org, Wikipedia, crédit photo LA Times.