L’autre Grande Peur

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Savamment orchestrée initialement par la NASA la grande peur du changement climatique – on ne dit plus réchauffement mais changement – continuera à frapper les esprits à tel point que les politiques énergétiques orientées vers une diminution des émissions de CO2 vont inexorablement affaiblir les économies en raison du surenchérissement du prix de l’énergie : tous paralysés par la peur ! Il y a maintenant une autre grande peur que la NASA, encore elle, monte de toute pièce, la chute cataclysmique d’un astéroïde sur la Terre. La théorie de l’effet de serre a été imaginée par James Hansen (NASA) en extrapolant à la Terre de manière totalement erronée les observations sur l’atmosphère de Vénus et des dizaines de milliards de dollars ont été investis dans des satellites d’observation en tous genres parce qu’il y avait urgence et que plus on accumulait de données plus on allait pouvoir affiner les modèles prédictifs du changement climatique. En un mot la NASA a créé à partir de fausses hypothèses la théorie de l’effet de serre et du changement climatique pour son propre compte.

Si par un hasard fortuit pour les spécialistes du climat dûment appointés par la NASA et l’ONU le changement climatique venait à avoir un signe moins devant lui, en d’autres termes si le climat allait se refroidir, la NASA, donc, jamais à court d’imagination, développe depuis la chute d’une météorite près de Chelyabinsk la grande peur de l’impact d’un astéroïde de la taille de trois stades de football de 100000 places qui pourrait avoir des conséquences sur le climat, bien entendu, mais aussi sur l’ensemble du monde vivant. Et comme le marché de la peur est payant c’est à coup de communiqués de presse et d’émissions de télévision que le Congrès Américain et la Maison-Blanche sont tenus en haleine pour débloquer de substantiels crédits afin d’assurer la surveillance des millions de cailloux de toutes les tailles qui se promènent quelque part dans l’espace. Même Hollywood s’est immiscé dans cette propagande grotesque avec le film Armageddon, c’est dire !

La météorite de Chelyabinsk représentait en énergie plusieurs fois celle de la bombe d’Hiroshima. Les scientifiques de la NASA font référence à la bombe larguée sur la ville d’Hiroshima en 1945 car c’est en quelque sorte une unité de catastrophisme. Heureusement que ce caillou s’est désintégré en plusieurs morceaux à quelques 20 kilomètres d’altitude et les plus gros d’entre eux, du moins ce qui en restait, sont tombés à trente kilomètres au sud de la ville russe. C’est surtout l’onde de choc qui a fait des dégâts matériels et humains. Cet événement cosmique comme il en arrive environ tous les 100 ans a été l’occasion pour la NASA de raviver la peur immémoriale du ciel qui peut nous tomber sur la tête. Mettant en avant le fait qu’on a recensé environ 180 cratères d’impact sur la Terre et que dans la plupart des cas, avec ce qu’il en reste, les études ont conduit à une bonne évaluation de la puissance dévastatrice de ces phénomènes cosmiques, ces données irréfutables confortent la NASA dans sa campagne de collecte de crédits de recherche. Par exemple la météorite qui tomba sur la France il y a 200 millions d’années près de Rochechouart en Haute-Vienne et créa un cratère d’une vingtaine de kilomètres de diamètre engendra une onde de choc ressentie à plus de 1000 kilomètres à la ronde et une onde thermique qui détruisit absolument tout dans un rayon de 200 kilomètres selon les simulations des géophysiciens. Autant dire que ça fait très peur et puisque la NASA n’est même pas certaine qu’il va y avoir un changement climatique, autant qu’elle affine tout de suite ses couteaux pour dépecer les contribuables afin de financer un programme grandiose de surveillance de tous ces trucs qui risquent de nous tomber un jour ou l’autre sur la tête.

Car il faut beaucoup d’argent pour suivre les quelques 10000 astéroïdes déjà répertoriés comme de potentiels géocroiseurs potentiellement dangereux mais les experts de la NASA considèrent prudemment qu’il y en a au moins 100 fois plus, peut-être même 1000 fois plus, non répertoriés tout simplement parce qu’ils sont invisibles en raison de leur couleur sombre. C’est dire à quel point la situation est préoccupante. Situation d’autant plus critique qu’on est incapable de prédire la chute d’un astéroïde de dix kilomètres de diamètre qui anéantirait presque toute vie sur la Terre, toujours selon la NASA, surtout si on ne l’a encore jamais observé parce qu’il est tout noir.

Il y a donc une urgence pour la construction et le lancement d’un téléscope qui pourrait être mis en orbite autour de la Terre pour détecter les rochers baladeurs invisibles mais visibles dans les longueurs d’onde infra-rouges et qui coûterait au bas mot un demi milliard de dollars uniquement pour sa construction. Le problème c’est que ni le Congrès Américain ni aucune fondation privée ne veulent débloquer le milliard de dollars pour mener ce projet à bien et encore moins dans celui tout aussi loufoque d’un système de missile pouvant éventuellement détruire un astéroïde menaçant à l’approche de la Terre y compris avec une prédiction de sa trajectoire sur 30 ans, de quoi pourtant se préparer à l’avance.

Les essais de modification en 2005 de la trajectoire de la comète Tempel 1 ont lamentablement échoué et laissé un amer souvenir auprès des bailleurs de fond de la NASA (330 millions de dollars partis en fumée) car cette comète, après sa rencontre avec l’engin spatial Deep Impact n’a pas dévié sa trajectoire d’un pouce. Le diamètre du cratère créé par l’homme sur cette comète (7 kilomètres de diamètre) était pourtant estimé à un peu plus de 100 mètres.

En conclusion si la probabilité d’un impact sidéral est très faible, même si ses effets dévastateurs peuvent être estimés avec précision, le changement climatique occupe encore trop les esprits et est déjà beaucoup trop coûteux pour qu’on s’intéresse de plus près aux cailloux baladeurs qui risquent de nous tomber dessus, la NASA attendra …

Sources : CBS News, illustration Comète Tempel 1 (Wikipedia) et

http://www.cbsnews.com/nasa-learns-of-dangerous-asteroid-on-twitter-youtube

Panspermie ?

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L’année dernière, une météorite est tombée dans le désert californien pas très loin d’une ancienne mine d’or à Sutter’s Hill qui avait provoquée la ruée vers l’or de 1849 mais ce n’est qu’une coïncidence. La trajectoire repérée par des radars a permis de retrouver des fragments de cette météorite très rapidement, avant que le soleil ou l’humidité ne viennent altérer d’éventuels composés carbonés présents dans cette météorite. L’analyse chimique par spectrographie de masse et résonance magnétique nucléaire a permis à une équipe de chercheurs de l’Université de l’Etat d’Arizona d’identifier une multitude de molécules organiques oxygénées qui, pour partie, sont révélatrices de la présence antérieure de possibles formes de vie. Des composés chimiques similaires sont par exemple présents dans le pétrole, ce qui indique que le pétrole a une origine biologique associée à la lente fermentation des boues sous-marines ou lacustres qui ont ensuite été emprisonnées par des sédiments, la chaleur des profondeurs de la terre ayant fait le reste. Lors de l’arrivée d’une météorite dans l’atmosphère terrestre, celle-ci est naturellement chauffée à de hautes températures par friction avec l’atmosphère, mais avec un peu de chance il reste des fragments chimiques analysables comme ceux qui ont été trouvés en particulier dans la fameuse météorite carbonée d’Orgueil en France ou celle de Murchison. Mais dans le cas de celle de Sutter’s Hill la rapidité de l’identification de son point de chute et les précautions qui ont été prises pour la récupérer et enfin l’analyse chimique détaillée laissent la voie ouverte à de multiples questions compte tenu de l’identité des molécules chimiques trouvées. Sans vouloir faire un catalogue détaillé, on a détecté sans ambiguité des alcools et leurs esters propanoiques correspondants dont par exemple un ester assez complexe comme le propanoic, 2-methyl-,1-(2-hydroxy-1-methylethyl) 2,2-dimethoxypropylester (CAS 074367-33-2) qui provient sans doute d’une activité biologique bactérienne. Mais plus troublant on a aussi trouvé une série de composés aromatiques comme du benzoic acid methyl ester, ou de la benzophenone et plus troublant du benzothiazole, des terphényls, des phénanthrenes ou encore des pyrenes. J’arrête là cette énumération mais la présence de ces molécules complexes peut tout simplement indiquer que la vie existait quelque part autour de la grosse étoile qui donna naissance au soleil, ses planètes et les innombrables résidus solides qui gravitent autour du soleil jusqu’à une distance d’une année lumière (nuage de Oort) et aux confins du système planétaire du soleil, la ceinture de Kuiper au delà de l’orbite de Neptune. La composition isotopique des débris de comètes indique d’ailleurs une origine commune pour ces deux ensembles de résidus. Si on fait un peu de science fiction, supposons qu’une ou plusieurs planètes de l’étoile qui a donné naissance au système solaire après son explosion il y aurait environ 5 milliards d’années aient été habitées par des formes de vie susceptibles de produire des molécules carbonées et oxygénées complexes ayant laissé dans la météorite de Sutter’s Hill des résidus variés. Il faut garder présent à l’esprit que l’étoile existant avant le soleil a explosé en émettant de la matière mais aussi d’énormes quantités de chaleur et de rayonnements électromagnétiques variés. Puisqu’on ne peut pas exclure la présence d’une ou plusieurs planètes ayant gravité autour de cette étoile ancestrale ayant abrité certaines formes de vie, aujourd’hui, à l’évidence, près de 5 milliards d’années plus tard, il n’est pas surprenant qu’on ne retrouve que des molécules chimiques relativement simples mais pourtant suffisamment complexes pour se poser la question de la présence de vie avant même que le soleil et ses planètes, dont la terre, aient existé. C’est d’ailleurs ce genre de remarque qui avait conduit Francis Crick à émettre l’hypothèse de la panspermie. Mais il n’était pas le premier à y penser puisque cette idée d’une origine extra-terrestre de la vie avait été pour la première fois émise par le philosophe grec Anaxagoras cinq siècles avant notre ère et tout récemment Stephen Hawking reprit cette hypothèse en déclarant qu’après tout les comètes ou d’autres objets intersidéraux pouvaient répandre la vie de planète en planète. La démarche de Francis Crick, alors au Salk Institute était un peu différente puisqu’il tentait de concilier l’existence de la molécule d’ADN et ses codons de trois lettres et l’hypothèse d’une lecture plus simple de ces informations sans la nécessité de l’encombrante et complexe machinerie qu’est le ribosome. Crick était persuadé qu’avant l’apparition du ribosome il devait nécessairement exister un système simple, presque pré-biotique si l’on peut le dire ainsi, une idée fermement défendue par Leslie Orgel qui travaillait en voisin à l’Université de San Diego sur l’exobiologie et que j’ai eu d’ailleurs le privilège de rencontrer. A n’en pas douter un instant autant Crick qu’Orgel auraient été profondément intéressés par les résultats des analyses fournies par l’équipe de chimistes de l’Université d’Arizona avec la météorite de Sutter’s Hill.

Sources : PNAS et ASU