Peut-on se faire une idée de l’état de santé d’un pays en examinant les statistiques ? Le cas des USA

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Je me suis amusé à étudier les dix premiers médicaments par ordre de nombre de prescriptions aux USA datant de 2016. Ces statistiques sont disponibles sur le lien https://clincalc.com/DrugStats/Top300Drugs.aspx et elles sont très démonstratives de l’état de santé en général de la population nord-américaine.

La palme revient au Levothyrox, hormone thyroïdienne appellée T4 synthétique aussi dénommé thyroxine. On peut douter que des pans entiers de la population américaine souffrent de problèmes de thyroïde. Cependant l’administration quotidienne de thyroxine provoque un amaigrissement et c’est probablement pour cette raison que le Levothyrox est si abondamment prescrit malgré le fait qu’il peut induire des problèmes cardiovasculaires.

Le deuxième médicament est le Lisinopril. Il s’agit d’un inhibiteur de conversion de l’angiotensine et donc son utilisation première est de diminuer la tension artérielle et ainsi de réduire les risques d’accidents cardiaques. Le troisième médicament est l’Atorvastatin un médicament qui réduit le taux de « mauvais » cholestérol sanguin, il s’agit d’une « statine » que les médecins prescrivent à tort dès que le taux de cholestérol dépasse un certain seuil fixé par le lobby pharmaceutique en accord avec les autorités sanitaires nationales. Je n’en dirai pas plus.

Le quatrième médicament est la Metformine. On est toujours dans le même domaine. Il s’agit d’une molécule de la classe des biguanides qui inhibent, heureusement partiellement le complexe I de la chaine respiratoire mitochondriale provoquant ce que les spécialistes dans ce domaine particulier de la biologie appellent un découplage. Outre cette action les biguanides inhibent très fortement la gluconéogenèse, c’est bon pour le diabète non insulino-dépendant, et le découplage mitochondrial partiel provoque un amaigrissement. Lorsque je travaillais sur les mitochondries nous avions une très mauvaise opinion au sujet des biguanides que l’on considérait comme des poisons dangereux.

Le produit suivant est l’Amlodipine aussi appellé Norvasc. Il s’agit d’un médicament anti-hypertension dont le mode d’action est différent de celui du Lisinopril car il agit sur les flux de calcium dans les muscles et en particulier le muscle cardiaque sans toutefois provoquer de diminution du rythme cardiaque. Il s’agit aussi d’un médicament dangereux provoquant une vasodilatation généralisée à tout le corps. Passons au médicament suivant, le sixième de la liste. il s’agit du Metoprolol, encore une drogue pour combattre l’hypertension en bloquant les récepteurs beta-adrénergiques des cellules cardiaques, on a coûtume d’appeler ce produit un beta-bloquant qui est classé sur la liste noire du dopage sportif dans les disciplines de précision comme le tir à l’arc car il diminue le rythme cardiaque. Sans autre commentaire désobligeant de ma part.

Le septième produit est l’Omeprazole, un inhibiteurs de la sécrétion d’acide chlorhydrique dans l’estomac. Son utilisation est de combattre les ulcères de l’estomac. Il faut se rendre à l’évidence des millions d’Américains souffrent d’aigreurs d’estomac, peut-être boivent-ils trop de sodas …

Le huitième produit, la Simvastatine est aussi une « statine », ce qui renforce le fait que des millions d’Américains souffrent de problèmes de cholestérol. Le Losartan, le neuvième de la liste, est aussi classé dans la catégorie des produits abaissant la pression artérielle en inhibant le récepteur de l’angiotensine. Et enfin le dixième produit de cette sélection longue de 300 produits est l’Albuterol, aussi connu sous les noms de Salbutamol et Ventoline, qui n’entre pas dans les catégories listées plus haut puisqu’il s’agit d’un anti-asthmatique, un agoniste des récepteurs adrénergiques à l’inverse des beta-bloquants mentionnés plus haut, pour faire court. Il y a donc beaucoup d’asthmatiques aux USA.

Ce petit tour d’horizon fait ressortir que les Américains souffrent de surpoids pathologique et tous les moyens sont bons à prendre pour perdre du poids y compris en se faisant prescrire de la thyroxine, un non-sens déontologique médicalement parlant. Les Américains souffrent aussi de problèmes cardiovasculaires et c’est facile à comprendre. Imaginez que tous les jours vous portiez un pack de 10 bouteilles d’un litre et demi d’eau minérale dans chaque main que vous ne posez que quand vous allez dormir. À l’évidence le coeur se fatigue et avec un surplus de cholestérol provoqué par une dégradation des fonctions hépatiques en raison de ce surpoids et de la malbouffe industrielle alors il faut s’intoxiquer avec toutes sortes de produits tous aussi dangereux les uns que les autres. Quant aux anti-asthmatiques peut-être que la pathologie contre laquelle est dirigée l’Albuterol provient aussi d’une conséquence indirecte de l’obésité qui touche 60 % des Américains tous âges confondus. On touche du doigt le déclin sanitaire alarmant d’un peuple qui se targue d’être toujours le maître du monde.

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Note. En treizième position du classement cité se trouve l’hydrocodone associée à l’acetaminophene (paracetamol). L’hydrocodone est un opioïde dérivé de la thébaïne, un très proche parent de la morphine. Depuis 2014 la prescription d’hydrocodone est très étroitement rêglementée ce qui n’empêche pas des médecins complaisants de prescrire ce produit. Un autre dérivé de la thébaïne, l’Oxycodone, connue aussi sous le nom d’Oxycontin, fut jusque dans un passé récent le produit phare des Laboratoires Purdue Pharma qui organisèrent une publicité aggressive pour vendre ce produit à grande échelle dès 1990. Or il s’agit d’un opioïde encore plus puissant que la morphine dont la prescription a largement débordé les indications arrêtées par le législateur, c’est-à-dire le traitement des douleurs provoquées par des cancers en phase terminale. Progressivement l’Oxycontin est presque devenue accessible « over-the-counter » provoquant une aggravation de la crise des opioïdes aux USA, pays où environ 140 personnes meurent chaque jour de surdosage médicamenteux, en particulier d’opioïdes. La thébaïne est une molécule extrêmement difficile à synthétiser mais elle est très abondante dans le pavot. La culture du pavot en Afghanistan sous le contrôle de milices privées elles-mêmes contrôlées par la CIA est la principale source d’approvisionnement en thébaïne des laboratoires pharmaceutiques américains. Purdue Pharma est en faillite, croulant sous les plaintes de particuliers et des Etats mais le business du pavot se porte très bien …

Bref billet d’humeur politique

Je sillonne les titres du Figaro.fr ce matin et je suis saisi par l’un d’eux :

« Even et Debré interdits de médecine pendant un an ». Pourquoi cette rocambolesque décision de l’Ordre des médecins qui est une organisation corporatiste fasciste créée sous le régime de Vichy ? Parce que ces deux personnes ont osé publier un livre qui répertorie les médicaments inutiles ou dangereux dont les statines et certains anti-inflammatoires. J’ai moi-même dénoncé à de nombreuses reprises la prescription intempestive des statines dans mon blog considérant qu’on s’acheminait vers un scandale sanitaire de grande ampleur.

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Je suis solidaire de ces deux personnalités respectables qui ont osé soulever le voile dissimulant la collusion entre l’industrie pharmaceutique et le corps médical français et cette décision fait bien apparaître le caractère ambigu de la médecine française en général qui n’est en définitive qu’un business profitable comme un autre puisque ce sont les contribuables qui paient !

Crédit photo : Figaro.fr

De l’honnêteté scientifique … à la malhonnêteté intellectuelle

Les lecteurs épisodiques ou fidèles de mon blog s’en sont aperçu, je m’élève à longueur de billets contre la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à partir d’un fait scientifique avéré et à déformer la réalité pour la servir au public, c’est-à-dire aux médias et aux politiciens. Par exemple, j’ai laissé de nombreux commentaires sur la mise sur le marché de nouveaux médicaments dont l’efficacité n’a été dûment démontrée que par une manipulation des essais cliniques qui ont été conduits dans la plus épaisse opacité. La dangerosité de certains d’entre eux et leurs effets secondaires néfastes voire mortels est savamment occultée par les firmes chimiques pour réaliser rapidement des profits quitte à voir ces médicaments retiré du marché deux ans et 2000 morts plus tard. Le même style de malhonnêteté intellectuelle se retrouve chez les opposants aux plantes transgéniques qui avancent pour étayer leur conviction de faux arguments qui n’ont jamais été prouvés scientifiquement, comme par exemple, pour n’en citer qu’un seul, des allergies provoquées par les produits alimentaires issus de cultures transgéniques. Sans vouloir succomber au sensationnel, pour le coton (90 % du coton cultivé dans le monde est génétiquement modifié pour exprimer la toxine Bt) a-t-on observé une allergie aux denims et aux chemises de coton ? Non, jamais ! D’ailleurs les anti-OGM viscéraux n’ont jamais pensé à s’intéresser à cet aspect particulier du faux débat qu’ils animent. Dans une veine similaire, la négation du fait que les centrales électriques brûlant du charbon sont dangereuses tant pour la santé humaine et animale que pour l’environnement afin de dénigrer l’électro-nucléaire relève d’une imposture sans fondements scientifiques. La combustion du charbon relargue dans l’atmosphère, outre du CO2 et des oxydes d’azote, d’énormes quantités de radioactivité et ce fait est incontestable et prouvé scientifiquement. La malbouffe est aussi un de mes chevaux de bataille favoris, en particulier la malbouffe industrielle riche en sel, en sucre et en acides gras hydrogénés. C’est pour éliminer le rancissement que les industriels de l’agro-alimentaire ont entrepris d’hydrogéner les corps gras, certes, mais ils avançaient un autre arguments sans fondement scientifique, à savoir que les acides gras insaturés risquaient par oxydation (rancissement) de générer des peroxydes nuisibles à la santé. Résultat des courses : une augmentation des accidents vasculaires et un accroissement de l’obésité, l’organisme n’étant pas équipé pour prendre en charge les acides gras dits « trans » apparus au cours du processus d’hydrogénation. Et dans la rubrique malbouffe, il ne faut pas oublier les sirops de maïs enrichis en fructose qui ont un effet désastreux sur la régulation cérébrale du mécanisme de satiété et sur la glycémie en favorisant l’apparition du diabète de type II. Dans la même rubrique du détournement à des fins mercantiles ou idéologiques de faits scientifiques prouvés, la théorie du réchauffement climatique ou du changement climatique, comme on voudra, est basée sur des données scientifiques faussées à dessein afin de persuader les ignorants que le danger est bien là et qu’il faut absolument changer d’attitude à moins d’être transformé en toast à brève échéance comme le déclarait si joliment Madame Lagarde, Directrice du FMI, qui s’y connait en climat comme moi je m’y connais en tricot. D’ailleurs depuis cette déclaration fracassante de Madame Lagarde, celle-ci a perdu toute ma considération. La seule excuse qu’elle puisse trouver est qu’elle a été insidieusement formatée par des lobbyistes qui hantent les couloirs du FMI et sont téléguidés par des activistes de Greenpeace et d’autres groupuscules sectaires. Le simple fait d’avoir envisagé, sans aucunes preuves scientifiques, que le CO2 pouvait exercer un effet de piégeage de la chaleur solaire a déclenché cette hystérie planétaire qui ne cessera que lorsqu’on se rendra compte qu’en réalité on entre dans une période de froid glacial qui pourrait durer plusieurs dizaines voire centaines d’années car les variations de l’activité solaire n’ont jamais été prises en compte par les climatologues bien que de nombreuses évidences l’aient démontré par ailleurs. Je terminerai ce billet en rappelant le mauvais usage des statistiques ou des modélisations par ordinateur auxquelles on peut faire dire tout et son contraire, ce qui est une pratique courante dans l’industrie pharmaceutique comme dans la prétendue climatologie de prospective. Les faits scientifiques sont ignorés ou déviés et le résultat final de ce type d’agissement est au final toujours catastrophique.

Juste un rappel de mes derniers billets sur le climat :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/05/23/rechauffement-climatique-erreur-il-faut-dire-refroidissement-climatique/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/07/14/petite-etude-de-la-phlogistique-moderne/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/20/le-ver-est-dans-le-fruit/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/02/climat-une-banale-histoire-de-gulf-stream/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/10/leglise-de-la-planete-brulante-giec/

Vers une moralisation de l’industrie pharmaceutique ? On peut encore en douter.

Une étude émanant de l’Institut de Recherche en Biomédecine de Barcelone a recensé parmi plus de 1600 effets secondaires de divers médicaments 1162 d’entre eux identifiés sur la base des structures chimiques de ces médicaments, et parmi ceux-ci 446 ont pu être clairement expliqués biologiquement, 68 chimiquement et pour les 648 autres biologie et chimie devaient être combinées pour expliquer ces effets souvent indésirables voire invalidants. Cette étude minutieuse a été conduite car les effets secondaires des médicaments sont l’une des premières causes d’hospitalisation dans les pays occidentaux.

Un exemple parmi d’autres est le syndrome buccoglossal, un désordre invalidant provoqué par des mouvements désordonnés. La cause très probable de cet effet secondaire est la présence d’un noyau pipérazine dans le structure du médicament interagissant avec le récepteur de la 5-hydroxytryptamine (sérotonine) un neuromédiateur important impliqué notamment dans la régulation de la température du corps ou encore du sommeil. Treize autres médicaments provoquent une xanthopsie, syndrome de la vision en jaune, ce dont souffrait peut-être Van Gogh, d’autres encore provoquent des insuffisances rénales graves ou un assèchement de la langue. Bref, on se demande pourquoi les laboratoires pharmaceutiques, pourtant informés des risques d’effets secondaires de leurs produits, n’alertent pas plus fermement le corps médical. Devant ces résultats publiés dans le numéro du 18 avril 2013 de Chemistry and Biology et dont j’ai glissé une illustration tirée de cet article dans le présent billet, on se demande quelle peut être la validité des essais préliminaires obligatoirement réalisés pour toute nouvelle molécule afin d’obtenir son autorisation de mise sur le marché. Ou bien les laboratoires pharmaceutiques biaisent volontairement les résultats de leurs études, ou bien ils cachent sciemment la vérité sur les effets secondaires parfois délétères de ces médicaments afin de réaliser le maximum de profits. On se souvient de l’affaire du Vioxx (Merck) un médicament supposé traiter l’ostéoarthrose mais qui s’est avéré provoquer des infarctus du myocarde chez des sujets n’ayant aucune prédisposition pour cette pathologie. Les laboratoires Merck ont mis ce produit sur le marché en 1999 et il ne fut interdit qu’en 2004 après des dizaines de milliers de morts alors que Merck savait depuis 2001 qu’il provoquait des infarctus. Belle illustration de la malhonnêteté des laboratoires pharmaceutiques. Inutile d’insister sur le Mediator et bien d’autres médicaments dont les effets curatifs sont moindres que les effets secondaires souvent mortels ! Patrick Aloy, l’un des auteurs de l’étude écrit : « Nous proposons à la communauté scientifique la liste des protéines (le plus souvent des récepteurs ou des enzymes interagissant avec ces médicaments) et les structures chimiques associées avec les effets secondaires. Nous les définissons comme des « alertes ». Elles peuvent être utilisées par les chimistes pour essayer d’éviter certaines interactions et/ou structures (chimiques spécifiques) afin de développer des drogues plus sûres ». (Les annotations entre parenthèses sont de mon cru).

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Mais il s’agit d’un vœu pieux. Comme à leur habitude les laboratoires continueront leur course effrénée au profit en procédant à de soit-disant essais cliniques en toute opacité, souvent sur des cobayes humains rémunérés ou non dans des pays dits pauvres, et en masquant soigneusement au monde médical les effets secondaires de leurs nouvelles molécules géniales. Il faut ici relater le cas des statines, ces produits supposés diminuer le taux de cholestérol sanguin, j’indique à mes lecteurs le lien ci-dessous pour se faire une idée de la quasi obscénité de la commercialisation des statines qui ne présentent qu’un effet thérapeutique statistique en regard des effets secondaires invalidants et reconnus. L’usage des statines est très probablement le prochain grand scandale sanitaire à l’échelle mondiale !

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Pt64YzmHlqg

Contact : http://www.irbbarcelona.org

Note : mon blog n’a aucune vocation lucrative, je n’ai jamais sollicité mes lecteurs pour une aide financière et je ne le ferai jamais contrairement à certains autres sites de la blogosphère, et l’utilisation de cette illustration tirée d’une préview de Chemistry & Biology sans la permission des auteurs ne peut que leur être favorable.