Billet d’humeur politique : la Crimée vs Mayotte

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Il y a quelques jours des navires de l’armée ukrainienne ont pénétré dans la mer d’Azov et ont été arraisonnés par la marine russe. Un certain nombre de marins ukrainiens ont été mis sous les verrous. La Russie a revendiqué une violation des eaux territoriales de la Crimée, donc de la Russie. L’affaire a terriblement préoccupé les chancelleries occidentales dans la mesure où, dans la foulée le Président ukrainien, marionnette notoirement fasciste mise en place par les USA à la suite des évènements de la Place Maiden, a immédiatement déclaré la loi martiale et un couvre-feu dans toutes les provinces de l’est du pays.

Il s’est avéré après enquête de la Russie que ces vedettes rapides étaient remarquablement équipées en électronique de surveillance et qu’elles n’étaient là que pour tester les réactions de l’armée russe qui a installé des équipements sécuritaires de surveillance du nouveau pont enjambant le détroit de Kerch, passage obligé des navires du port ukrainien de Marioupol.

L’argument toujours resservi par les « démocraties » occidentales est que la Russie a annexé la Crimée à la suite d’un référendum qu’elle avait organisé à cet effet. Voici une capture d’écran du site officiel France Diplomatie :

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Il est clairement indiqué que la Russie a annexé illégalement la Crimée. Or ces « démocraties » occidentales appuient leur jugement sur la légalité de ce référendum qui a été organisé par les Ukrainiens eux-mêmes sans intervention de Moscou, ce qui a été confirmé par des observateurs du Parlement européen venus sur place, en vertu du droit fondamental figurant dans la Charte des Nations-Unies stipulant que les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. Pour ce qui concerne cette légalité quand un Etat – l’Ukraine – supprime la cour constitutionnelle (à la suite des évènements de Maiden) et détruit en réalité la continuité de ses institutions il n’y a plus lieu d’invoquer le fait que ce référendum était légal ou non.

Je pose alors une question au Président français qui s’agite à l’encontre de la Russie en se pliant servilement aux décisions de Washington au sujet des sanctions économiques imposées à la Russie : quid de l’annexion de Mayotte, île faisant partie de l’archipel des Comores, un pays à qui la France avait récemment rendu sa souveraineté quand elle s’est retirée de Madagascar à la suite d’un référendum organisé par Paris en 1974 ? Seule l’île de Mayotte avait opté pour rester française et ce référendum d’auto-détermination avait été jugé illégal par le Conseil de sécurité de l’ONU. Pour y faire face la France avait pour la première fois usé de son droit de veto.

Aujourd’hui, dans cette île, nouveau département français, les Maorais sont submergés par des immigrants à tel point que plus de 60 % de la population est constituée d’Anjouanais, immigrés illégaux. Il en est de même pour la Crimée qui sert de tête de pont à tous les russophones d’Ukraine pour fuir l’état fasciste de Kiev. Un référendum a été librement organisé dans la péninsule de Crimée, faut-t-il le répéter, au plus fort du conflit opposant les Ukrainiens non russophones et majoritairement catholiques aux populations de l’est du pays et de la Crimée, chrétiens orthodoxes et russophones. Or la Crimée, craignant une invasion des bandes fascistes lourdement armées par Kiev (cf. le missile ayant abattu le vol MH17) n’a eu d’autres choix que d’organiser ce référendum d’auto-détermination pour se réfugier sous l’aile de Moscou.

Je réitère ma question : pourquoi deux poids, deux mesures entre Mayotte, île que je connais bien pour y être allé acheter des fleurs d’ylang-ylang, et la Crimée ? Avant de faire la leçon au Président Poutine il faudrait que les démocraties occidentales, dont en particulier la France, balaient d’abord devant leur porte. Et ce d’autant plus qu’il est écrit dans la Charte des Nations-Unies que les peuples ont le droit de disposer de leur liberté et d’éventuellement revendiquer leur indépendance, je le répète encore car il s’agit du fond du problème. C’est ce qui pourrait arriver par exemple dans le cas du Brexit si l’Irlande du Nord organise un référendum pour quitter le Royaume-Uni et se rapprocher de la République d’Irlande : elle aurait tout à y gagner … À l’instar de la France la Grande-Bretagne utilisera-t-elle alors son droit de veto pour s’opposer à ce référendum ? Ce serait une première qui remettrait les esprits en place au sujet de la Crimée …

Force est de constater que le monde politique a la mémoire courte. La Crimée fut cédée à l’Ukraine par l’URSS pour des raisons administratives plus que linguistiques ou religieuses. Les évènements de la Place Maïden, fomentés par les services secrets anglais et américains, ont eu pour résultat un conflit armé entre les communautés russophones et le reste du pays. Aujourd’hui l’Ukraine est au bord de la faillite et ne survit qu’avec le droit de passage du gaz russe sur son territoire en direction de l’Europe occidentale et les aides substantielles de l’Union européenne et des USA. L’industrie du pays est au point mort, la population ne peut plus se chauffer et les denrées de première nécessité se font rares. Plus de 3 millions d’Ukrainiens ont fui vers la Russie. La dérive fasciste que connait ce pays devrait logiquement conduire les pays de l’Union européenne à plus de fermeté et de retenue. Il n’en est rien car il faudrait alors que ces pays, dont en particulier la Grande-Bretagne et la France, reconnaissent leurs erreurs de jugement au sujet du Président Valdimir Poutine. Allons-nous nous battre encore une fois pour la Crimée ?

Si je dis « encore une fois » c’est tout simplement parce que mon arrière-grand-père paternel est allé se battre en Crimée en 1853, guerre expéditionnaire des Anglais et des Français, alliés de l’Empire Ottoman, pour repousser la Russie de cette péninsule. Si cette guerre occasionna la mort de près de 700000 combattants plus de la moitié d’entre eux moururent de choléra. Il faut noter qu’à l’époque l’Ukraine n’existait pas.

Les surprises de l’évolution

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L’homme fait partie de la famille des primates au même titre que le chimpanzé ou le gorille et les scientifiques qui ont découvert que notre génome était incroyablement proche des singes, nos cousins, se posent maintenant des questions presque existentielles sur les différences entre le gorille ou le chimpanzé et l’homme. Ces infimes différences génétiques, selon ces experts que je ne contredirai pas, sont le résultat de l’évolution naturelle. En quelques millions d’années nos lointains ancêtres se sont différenciés des grands singes à tel point que par exemple le volume et la complexité de notre cerveau nous a permis de parler et d’effectuer des raisonnements déductifs, peut-être la plus importante différence entre nous humains et le bonobo ou le chimpanzé. Quant au comportement social et son évolution il constitue encore une énigme que la génétique ne peut pas totalement expliquer. Ce billet est dédié à l’évolution sociale de l’homme, ce qui le différencie des grands singes et ce qui le différencie aussi de ces derniers au niveau de son comportement et de ses attributs sexuels. Que mes lecteurs ne croient surtout pas que ce genre de sujet me préoccupe compulsivement, je ne fais que relater un article paru dans The Conversation (voir le lien) qui tente de préciser la relation entre les caractères sexuels secondaires et le comportement social et ce qui à ce niveau différencie l’homme de ses plus proches cousins.

Cet article a été écrit par le Docteur Mark Maslin, Professeur de paléoclimatologie à l’University College de Londres et je me suis permis d’en reproduire ici de larges extraits. Les hommes ont un pénis beaucoup plus long et large que tous les autres grands singes. Même le gorille mâle qui arrive à peser en moyenne 200 kg est pourvu d’un pénis d’à peine 8 centimètres de long en pleine érection. De plus les testicules du gorille sont à peu près de la même taille que ceux ces humains, plutôt petits – sinon ridicules – si on les compare à ceux du chimpanzé. Les testicules du chimpanzé et du bonobo représentent en volume près du tiers de leur cerveau alors que chez l’homme ils atteignent péniblement 3 % du poids de ce dernier. Si comme le Docteur Maslin on en reste à ces observations anatomiques on peut spéculer sur la signification de l’évolution et de l’interdépendance entre les caractères sexuels, la poitrine des femelles (femmes) est également prise en considération, et le comportement social et sexuel.

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Le comportement sexuel des grands singes est très variable. Ils sont tout aussi bien polygames (on dit polygynes) que multi-partenaires, tant les mâles que les femelles. Le dimorphisme sexuel, les gorilles et les chimpanzés mâles sont très nettement plus lourds et trapus que les femelles, semble lié à l’occurence de sortes de harems du moins chez les gorilles et aussi les orangs-outans. Un gorille mâle vit avec plusieurs femelles et agit en sorte qu’aucun intrus ne vienne empiéter sur son territoire. Ce n’est pourtant pas le cas des chimpanzés : dans un groupe tous les mâles et toutes les femelles s’accouplent parfois plusieurs fois par jour sans discernement, une sorte de joyeuse communauté. Une femelle est donc par conséquent porteuse du sperme d’une multitude de partenaires sexuels ce qui constitue une compétition directe dans le processus de transmission des gènes. Le chimpanzé, au cours de l’évolution, s’est donc équipé de testicules presque monstrueux (photo ci-dessous) pour produire des quantités massives de sperme plusieurs fois par jour. Les gorilles qui vivent en harem, un mâle non disputé pour plusieurs femelles, sont pourvus de testicules d’une taille presque ridicule pour leur stature, à peu de choses près comme les hommes. Comme les gorilles d’ailleurs, quand l’homme éjacule deux fois en une journée le comptage des spermatozoïdes chute dramatiquement. Si on s’arrête à cette dernière observation il est possible d’en déduire que la monogamie ou l’activité sexuelle de l’homme est une conséquence de la petite taille de ses testicules.

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Venons-en à la taille du pénis et à son diamètre. Là encore il n’y a pas de règles générales chez les primates y compris l’homme. Par exemple le babouin mâle hamadryas endémique en Somalie et en Ethiopie est pourvu d’un pénis d’un longueur de 14 centimètres pour un poids moyen de 25 à 30 kg, soit à peu près la longueur moyenne d’un pénis humain … Mais pour nous une simple règle de trois laisse rêveur, imaginez-vous, chers lecteurs, munis d’un pénis de 40 centimètres de long ! En ce qui concerne les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans, nos plus proches cousins, l’homme est champion dans cette catégorie bien que son pénis ait un aspect plutôt simple. Le pénis humain n’est pas grumeleux, il est dépourvu de crêtes, de brides ou d’un gland de forme bizarre. En un mot il est plutôt banal.

Cette banalité de l’aspect du pénis se retrouve justement chez les primates comme le gorille qui sont polygynes. Les anthropologues en ont déduit que l’homme était initialement polygyne (polygame) avant d’évoluer vers la monogamie assez récemment au cours de l’évolution. Parmi 185 groupes ethniques humains étudiés 84 % d’entre eux pratiquent la polygynie. À notre époque moderne la polygamie reste le privilège d’hommes ayant un statut social élevé et disposant de revenus suffisants pour entretenir plusieurs femmes. Je suis allé plusieurs fois dans l’île française de Mayotte majoritairement musulmane. Seuls les hommes très riches peuvent entretenir plusieurs femmes comme par exemple « Papa » Abdou que j’ai rencontré plusieurs fois pour lui acheter des fleurs d’ylang-ylang et qui, propriétaire de magnifiques plantations, a quatre épouses vivant chacune dans une maison qui lui est dédiée, meublée avec tout le confort moderne … et les nombreux enfants qu’il faut nourrir (mais les générosités de la République Française sont heureusement là pour prendre en grande partie en charge les grosses charges de Papa Abdou, c’est aussi l’évolution !

Pourtant, si on se limite à des considérations purement physiologiques, il serait avantageux pour l’homme d’assurer une descendance avec le plus grand nombre de femmes afin d’avoir le maximum de chances de transmettre ses gènes. La taille du pénis ne présenterait alors plus d’avantage en terme d’évolution. Ce n’était probablement pas le cas lorsque l’homme a compris que la polygamie demandait un incroyable effort pour protéger ses partenaires et sa descendance inévitablement nombreuse pour les loger, les protéger et les nourrir. L’évolution vers la monogamie serait donc de ce fait un phénomène naturel accompagnée d’une taille du pénis satisfaisante, dans tous les sens du terme, pour sa partenaire. En réalité l’organe sexuel le plus important reste le cerveau qui finalement commande notre comportement social et intime.

Note : la femelle bonobo n’exhibe pas de seins qui puissent la distinguer des mâles sauf quand elle allaite. Le sexe de la femme a le même aspect anatomique que celui des femelles bonobo ou chimpanzé hors période d’ovulation pour ces dernières.

Source et illustrations : http://theconservation.com/why-did-humans-evolve-big-penises-but-small-testicles-71652