Cancer de la prostate, fidélité et infidélités, rapprochement surprenant !

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Entre 2005 et 2009, dans le cadre d’une étude relative à l’apparition de cancers de la prostate en liaison avec l’environnement réalisée à l’Université de Montréal, 3208 hommes ont été sollicités pour répondre à un questionnaire détaillé comportant entre autres sujets une description aussi fidèle et objective que possible de leur activité sexuelle. L’étude s’est limitée géographiquement à la métropole de Montréal, la deuxième plus grande ville francophone du monde après Paris. Durant cette période 1590 d’entre eux furent diagnostiqués avec un cancer de la prostate. Il est important de préciser que les tranches d’âge se répartissaient ainsi : quarantaine 2 %, cinquantaine 24 %, soixantaine 50 %, et plus de 70 ans 23 % avec des pourcentages sensiblement identiques dans le groupe témoin non affecté par ce cancer. Il faut rappeler ici que la fréquence d’apparition du cancer de la prostate se trouve être vers la soixantaine. Tous les paramètres socio-économiques ou ethniques et les habitudes de chacun ont été statistiquement pris en compte comme la cigarette ou l’alcool ainsi que les maladies sexuellement transmissibles (MST) dont avaient souffert tant les individus contrôles (sans cancer de la prostate) que les autres.

Il est apparu tout de suite que les hommes ayant déclaré n’avoir que très rarement ou n’ayant eu aucune activité sexuelle avaient deux fois plus de chances de souffrir d’un cancer de la prostate. On le suspectait déjà mais cette dernière étude le confirme. Il pourrait s’agir d’une accumulation de substances toxiques dans le fluide prostatique stagnant dans la glande mais ce point précis ne constituait pas l’objet de l’étude. Aucune corrélation n’a pu être établie sur l’incidence de cancer et les MSTs, quelles qu’elles soient, ayant pu être contractées durant l’activité sexuelle, 12 % des hommes interrogés ayant déclaré avoir eu une ou plusieurs MSTs, on est au moins rassuré sur ce point !

Par contre cette étude a révélé des faits pour le moins surprenants. Les hommes hétérosexuels, mariés ou non, ayant déclaré avoir eu plus de 20 partenaires sexuelles (au féminin) différentes étaient significativement moins exposés au cancer de la prostate, 30 % de moins, ce qui est considéré comme significatif, par rapport aux lots contrôles fidèles à une seule partenaire, en général, selon l’étude, à leur épouse. Qui plus est, ce même lot (disons les hommes volages) étudié a montré que ceux-ci souffraient de formes moins agressives du cancer, au moins pour 20 % d’entre eux. Il apparaît d’ailleurs que cette étude a arithmétiquement montré que beaucoup d’hommes mariés étaient infidèles mais ce n’était pas son objet et il n’en a pas été fait mention dans les conclusions de l’étude, on est rassuré aussi !

L’étude a aussi englobé des homosexuels et là ce fut la surprise. Plus les homosexuels avaient eu de partenaires durant leur vie sexuellement active plus ils étaient exposés à un cancer de la prostate de forme peu agressive, certes, mais dans une proportion alarmante puisque le risque était accru de 500 %. Par opposition, les homosexuels fidèles au même partenaire n’avaient pas plus de risque de souffrir d’un cancer qu’un hétérosexuel n’ayant qu’une seule partenaire comme un homme marié fidèle à son épouse. Ce résultat a conduit les auteurs de cette étude à spéculer sur les causes éventuelles d’un tel résultat. L’hypothèse la plus vraisemblable serait que la prostate subit des traumatismes répétés lors des pénétrations anales.

Que faut-il en conclure ? Puisque les trois quarts des hommes hétérosexuels interrogés et ayant participé à cette étude étaient mariés, faut-il encourager une infidélité conjugale débridée pour prévenir, au moins partiellement, l’apparition de cancers de la prostate ? A contrario, faut-il encourager les homosexuels à être fidèles à un seul partenaire ? Faut-il enfin que les médecins conseillent une masturbation au moins hebdomadaire voire quotidienne aux solitaires ne manifestant aucun intérêt pour la « chose »* féminine ? La masturbation qui peut être considérée comme une pratique sexuelle en soi n’a curieusement pas été abordée dans cette étude. On peut douter que le corps médical prenne le risque de prodiguer de tels conseils décoiffants tant aux hétérosexuels qu’aux homosexuels et aux partisans de l’onanisme. Il ressort tout de même que les habitudes sexuelles des hommes sont très intimement, sans faire de jeu de mot, liées à l’apparition de cancers de la prostate.

Source : article paru dans le journal Cancer Epidemiology aimablement communiqué par le principal auteur de l’étude, le Docteur Marie-Élise Parent, vivement remerciée ici, article que je tiens à la disposition de mes lecteurs. Illustration : http://www.nouvelles.umontreal.ca/udem-news/

* Il n’y a aucune malice de ma part au sujet du terme « chose » utilisé ici, il ne s’agit que d’une figure de style.

Eloge de la masturbation (féminine)

A 85 ans (mais oui, il n’y a pas d’âge pour ça) Betty Dodson est de retour. Elle vient de rouvrir des classes de masturbation à New-York où elle vit dans un appartement en location depuis 1962 sur Madison Avenue. Arrivée dans la grande ville en 1950 depuis son Kansas natal, Betty Dodson avait décidé d’étudier l’art sous toutes ses formes mais finalement elle se mit à dessiner des trucs franchement érotiques (pour l’époque, voir l’illustration) dont elle décorait les murs de son logement et pour faciliter son inspiration d’artiste en herbe se livrait à des orgies en groupes sans nom durant lesquelles elle découvrit que les femmes, d’une manière générale, simulaient l’acte alors qu’elles auraient du le vivre intensément comme elle. C’était une féministe bien avant l’heure et ses observations la conduiront tout naturellement à écrire en 1973 « Sex for One », un best-seller vendu à un million d’exemplaires qui lui assura une fortune immédiate. Il s’agissait d’un opuscule ventant les bienfaits et les meilleures techniques de la masturbation à l’usage des femmes.

Betty Dodson in the 60s

Aujourd’hui Betty Dodson, à 85 ans, a repris l’enseignement et moyennant 1200 dollars par personne pour un week-end de « formation » en groupe, elle apprend à des filles de 18 à 25 ans à reconnaître leur corps et découvrir les bienfaits de l’onanisme. Et elle déclare sans aucun détour que la plupart de ses élèves n’ont jamais regardé leur sexe dans un miroir et si elles se sont osé à cette observation elles ressentent un certain dégout car elles n’en connaissent pas les secrets. L’une de ses principales approches lors de ses cours d’éducation spécialisée était et est toujours la prise de conscience du muscle pubococcygien où, pour elle, réside le secret d’un orgasme réussi. Il s’agit d’un exercice contraignant consistant à contracter puis relâcher consciemment ce muscle dix fois de suite avec des pauses de 30 secondes entre chaque exécution, puis de se livrer à la même gymnastique deux fois par jour en tentant d’arriver à une contraction du muscle durant 30 secondes et plus en arrivant à 20 minutes d’entrainement par jour, c’est imparable pour atteindre un bel orgasme, à condition de concentrer sa volonté sur ce seul endroit de son anatomie, le seul vraiment important pour une félicité sexuelle bien vécue.

Il ne faut pas oublier de mentionner que Betty Dodson obtint un Doctorat de psychologie et une licence de thérapeute de l’Etat de New-York qui lui permit d’exercer son talent d’éducatrice en toute légalité dans une Amérique puritaine jusqu’à la moindre petite trace de duvet … La devise de Betty était et est probablement toujours « masturbation, pot and raw garlic ». En français ça donne « masturbation, marijuana et gousses d’ail cru », tout un programme ! Il faut avouer que quand on voit à quoi ressemble cette prêtresse du plaisir féminin à 81 ans (la photo a été prise en 2010) on ne peut que constater l’efficacité de sa philosophie corporelle, sans autre commentaire.

Betty Dodson

Betty Dodson ne s’embarrasse pas de principes puisqu’elle a eu un amant de cinquante années son cadet, un de ses élèves, pendant dix ans alors qu’elle s’acheminait vers les 70 ans, qui, suivant ses conseils, a trouvé par son entremise une compagne mieux assortie à son âge lors de ces sessions très spéciales de thérapie de groupe. En 2010, Betty Dodson a osé écrire ses mémoires (My Romantic Love Wars) dans lesquelles elle avoue avoir du attendre d’avoir 37 ans avant de trouver le partenaire idéal après une première expérience matrimoniale plutôt désastreuse. Il s’agissait d’un professeur d’anglais de l’Université de New-York qui l’initia aux orgasmes électroniques. On était dans les années soixante et les premiers vibromasseurs s’arrachaient littéralement.

Pour Betty Dodson, l’amour et le plaisir sexuels sont comme des maladies que l’on doit assumer et vivre pleinement. Beaucoup de féministes considèrent qu’il s’agit d’une situation trop conflictuelle pour être appréhendée avec logique alors que son propre corps, dès l’instant où on en connait les secrets, est disposé à donner peut-être plus que ce que l’on pourrait espérer de son partenaire. Pour elle, les femmes en général sont complètement droguées à l’idée qu’elles rencontreront un jour le prince charmant et qu’avant cet événement, elles ne peuvent vivre qu’une romance, un amour platonique pur et sans plaisir épidermique. Cette attitude contre nature est génératrice des plus mauvaises décisions que puisse prendre une femme. Et enfin, pour être en conformité avec sa philosophie, le message destiné au femmes qu’elle formule sans ambages est le suivant : maintenez du sexe avec vous-même (en d’autres termes masturbez-vous chaque fois que vous en avez envie), cessez de faire ce que vous pensez que votre partenaire veut que vous fassiez au lit, et c’est d’autant plus un conseil important que la « pornification » de notre culture rend ces idéaux très difficiles à atteindre pour une femme consciente de son corps et des limites de ce dernier.

A scantily clad Miley Cyrus on stage in LA, hand on crotch

Belle aventure et belle leçon de savoir-vivre très personnel !

Inspiré d’un article paru dans le Guardian, ci-dessus groupe pop de Miley Cyrus