Billet d’humeur politique : La France vue d’Espagne

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Vus d’Espagne les évènements français de mai 2016 alimentent une certaine stupeur de la part de l’homme de la rue. L’Espagne a traversé depuis fin 2008 une très grave crise économique avec un chômage massif qui plombe toujours la reprise économique et une dette galopante pour faire face aux engagements « sociaux » mis en place par les gouvernements socialistes depuis près de 40 ans. Quelques mesures ont été récemment prises pour tenter de réduire le chômage, en particulier une profonde réforme de la législation relative au travail, aux indemnités de chômage et de maladie et enfin une très légère diminution des charges sociales des entreprises. Il faudra peut-être encore plusieurs années pour que le chômage régresse significativement et que le tissu industriel se restructure pour observer une embellie économique. Les syndicats ne font plus recette auprès de l’opinion publique qui considère à juste titre que leur idéologie n’est plus adaptée au monde moderne.

C’est exactement l’inverse en France. Le principal syndicat fauteur de trouble d’obédience marxiste pure et dure s’en tient toujours à la stricte doctrine léniniste de lutte des classes et de prise du pouvoir par « les travailleurs ». Les outils pour parvenir à prendre le pouvoir et bien décrits par Lénine dès 1905 sont un contrôle des transports, des communications et de l’énergie afin de paralyser le pays, ouvrant la porte toute grande à un état insurrectionnel initialement fomenté par des groupes violents et éventuellement armés. Les rares salariés affiliés à la CGT sont des nantis car ils sont tous payés par l’Etat. Il est donc urgent et vital pour ce syndicat de défendre ces fonctionnaires pour pouvoir survivre. Voilà le résultat encore une fois des ordonnances de 1946 qui ont institué les nationalisations, une toute puissance des syndicats, un état dans l’État qui bloque statutairement toute réforme et toute restructuration du tissu social. Une réforme profonde du code du travail remettrait en cause le rôle, le financement et le pouvoir des syndicats et c’est la seule raison expliquant le désordre social actuel en France.

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Si le gouvernement cède à la pression des syndicats la France s’enfoncera irrémédiablement dans la récession, la misère et la « tiers-mondisation » comme le Vénézuela avec la doctrine marxiste-léniniste de Chavez. C’est exactement ce que redoutent les Espagnols : voir le parti Podemos devenir un acteur de la vie politique madrilène incontournable lors des élections de juin prochain. Podemos, un ramassis de trotskistes ultra-gauchistes, s’inspire des idées de Chavez, en d’autres termes du système soviétique qui comme chacun sait a fait ses preuves dans le temps et n’a survécu qu’à la faveur du massacre organisé de millions d’opposants. Si l’Espagne bascule dans le « chavisme » le 23 juin prochain, alors les Espagnols montreront qu’ils ne peuvent être gouvernés que par un régime autoritaire comme du temps de Franco … Et la France avec un Mélenchon comme président, lui qui ne jure que par Chavez et Maduro ?

Illustrations : Lenine à Moscou en 1920, Philippe Martinez secrétaire général de la CGT, il y a une ressemblance n’est-il pas ?