Des OGMs au climat en passant par les vaccins …

Des OGMs au climat en passant par les vaccins …

Un climat d’inquisition et de chasse aux sorcières se met progressivement en place aux USA pour tenter de réduire au silence tous les dissidents à la cause écologiste. L’organisation US Right To Know, (USRTK) qui peut se traduire en français par « nous avons le droit de savoir » bien que cette interprétation soit de mon cru et j’en prends la pleine responsabilité, a pris le taureau par les cornes en assignant devant les tribunaux l’ensemble du Département de Biotechnologie de l’Université de Californie à Davis (voir le lien) sous couvert de la loi de liberté de l’information (Freedom of Information Act) afin d’avoir accès aux dossiers d’une dizaine d’universitaires de haut rang pour prouver qu’ils ont des liens avec la firme Monsanto dans le cadre de leurs programmes de recherche liés aux plantes génétiquement modifiées. Le but on ne peut plus évident d’USRTK est de prouver sur la place publique que ces chercheurs de très haut niveau travaillent main dans la main avec l’industrie et qu’il est impératif de discréditer leur travail et leur réputation.

Le Guardian avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2015 à ce sujet en dénonçant (voir le lien) les agissements obscurs de ce groupe de lobbying qui amalgame les OGMs, le climat et les vaccins … sous le prétexte que le droit de savoir (Freedom of Information Act) l’autorise à ordonner des investigations judiciaires dans le seul but de discréditer des institutions académiques de réputation mondiale. L’UC Davis est en effet l’Université leader mondial dans le domaine de la biologie végétale et pas seulement en ce qui concerne les plantes génétiquement modifiées.

La stratégie utilisée au cours des années 1990 pour culpabiliser et rançonner au passage l’industrie du tabac est utilisée maintenant d’une manière encore plus agressive contre des universitaires honnêtes et intègres sous prétexte qu’ils développent des OGMs dans le cadre d’une collaboration avec l’industrie privée, en l’occurence Monsanto.

Si on entre dans le détail de cette opération de chasse aux sorcières USRTK est financé en grande partie par des consommateurs gogos membres d’une autre espèce de secte, l’OCA (Organic Consumers Association) qui prône l’alimentation « vegan » pour préserver le climat et des traitements naturels contre le virus Zika. USRTK prêche également ouvertement contre la dangerosité des vaccins qui, selon ses « experts » provoque l’apparition de l’autisme chez les enfants. Pour les adeptes de ces sectes extravagantes – et il en existe en Europe, y compris en France et en Belgique – la grippe peut parfaitement être traitée par l’homéopathie ! Ben voyons …

La Fondation Westreich (voir le lien), également sponsor d’USRTK, amalgame tout et n’importe quoi pour semer le doute au sujet de la science et de la médecine sans jamais apporter de preuves scientifiquement reconnues des allégations formulées dans sa propagande. On baigne donc, du moins aux USA, dans le mensonge institutionnalisé et reconnu par les lois. Et ce ne sont pas seulement les OGMs, le climat, le CO2 ou les vaccins qui sont concernés mais aussi le vol MH17, les gaz utilisés par Assad, les armes de destruction massive de Saddam Hussein et le bellicisme de Poutine. Ce ne sont plus des faits tangibles qui orientent la politique et l’économie de ce pays mais le mensonge organisé à tous les niveaux sociétaux. Triste image d’un pays !

Source : Communication de Mark Lynas

http://www.davisenterprise.com/local-news/ucd/anti-gmo-group-sues-ucd-over-public-records-requests/

https://www.theguardian.com/environment/2015/mar/09/gm-opponents-are-science-deniers

http://thewestreichfoundation.org/

Zika : Monsanto est coupable !

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Depuis l’épidémie de fièvre provoquée par le virus Zika, un proche cousin de celui de la dengue, il ne se passe plus une journée sans qu’on soit abreuvé de nouvelles alarmantes en provenance d’Amérique latine. Les cas de microcéphalie répertoriés tant au Brésil qu’en Colombie font frémir d’horreur et très vite, trop vite, l’association avec la fièvre Zika a été immédiatement mise en avant sans qu’aucune preuve formelle ne soit encore apportée pour confirmer ce fait. Il faudra étudier au moins 5000 cas cliniques pour pouvoir entrevoir un commencement de preuve. Les fausses-couches provoquées par la fièvre ne sont pas un phénomène propre au Zika. Une grippe violente avec une forte fièvre peut tout aussi bien provoquer la mort du foetus en début de grossesse. Il faut donc étudier chaque dossier de microcéphalie en détail et c’est ce que finance actuellement l’OMS au Brésil.

En attendant, la théorie du complot bat son plein. Le dernier accusé en date est la firme Monsanto qui « commercialise » un larvicide appelé pyriproxyfen ajouté dans l’eau. Ce produit serait la cause des microcéphalies. C’est un vrai complot exposé véhémentement dans les lignes du Guardian ! D’abord il n’existe aucune évidence que ce produit présent dans l’eau potable provoque des microcéphalies. Selon les normes en vigueur, la teneur en pyriproxifen dans l’eau du robinet, que ce soit en Argentine, au Paraguay ou au Brésil, ne pourrait éventuellement provoquer des troubles que si on buvait 1000 litres d’eau traitée par jour ! D’autre part ce produit n’est ni fabriqué ni vendu par Monsanto mais commercialisé depuis une vingtaine d’années par Sumitomo Chemical dans le cadre d’une coopération sanitaire tout à fait officielle entre cette compagnie et certains Etats d’Amérique du Sud.

Il a donc suffi de la seule mention mensongère de Monsanto pour amplifier la peur du Zika d’un cran. Encore une fois ce genre de manipulation préméditée par un journaliste en manque de scoop va faire des dégâts dans le seul but de discréditer la société Monsanto. Suivez mon regard : il y a comme un relent d’idéologie anti-OGM dans cette histoire comme si on voulait attaquer les cultivateurs brésiliens qui utilisent des plantes génétiquement modifiées. Cette information entre dans le registre de la plus pure imposture journalistique téléguidée par des organisations non gouvernementales dont il est inutile de rappeler ici l’identité.

Sources : The Guardian et http://www.marklynas.org repris par Slate.com, illustration Slate.

OGM, semences (et semenciers), quel prochain combat ?

Encore une fois comme par un effet du hasard, j’écoute France inter l’excellente émission « Service public » consacrée aujourd’hui aux semences. Et quelques heures plus tard, au cours de ma revue de presse, je tombe par hasard sur une conférence de Mark Lynas donnée hier 3 janvier lors de l’L’Oxford Farming Conference.

J’espère que mes lecteurs anglo-phones pourront suivre l’exposé passionnant de cet ancien activiste de Greenpeace reconverti pro-OGM pour des raisons évidentes et scientifiques. Depuis 20 ans, il n’y a jamais eu de cas répertorié sur la santé humaine et animale, depuis 20 ans, on assiste à une désinformation systématique sans base scientifique orchestrée par une multinationale comme Greenpeace et d’autres ONG au financement tout aussi obscur en jouant sur la peur et l’ignorance de populations prêtes à admettre leur prêche comme une vérité. Comme le dit dans sa conférence Mark Lynas, c’est comme si le pape déclarait aujourd’hui que la terre est plate, qu’elle est immobile et que le soleil tourne autour d’elle. Pour Lynas, afin de faire face à l’accroissement de la population essentiellement du à une conjugaison de l’augmentation de l’espérance de vie et à une diminution de la mortalité infantile, il n’y a pas d’autres solutions que de développer encore les plantes génétiquement modifiées résistantes aux ravageurs, présentant de meilleures qualités nutritionnelles ou encore résistantes à la sécheresse. Il n’y a pas d’autre choix.

Certes, et cela fait partie d’un des arguments des ONG, la propriété industrielle du vivant et le contrôle des semences par les grandes multinationales devraient être revus et corrigés par les législateurs, et c’est là où l’émission de France inter vient à point nommé. Au cours de cette émission que mes lecteurs peuvent pod-caster en suivant le lien ci-dessous, il a été question des semences hybrides F1.

Les semences hybrides F1 sont le résultat d’un croisement entre deux variétés distinctes de lignées pures pour atteindre de meilleurs rendements. Or, pour un agriculteur, il ne lui est pas favorable de garder des semences issues de ces hybrides F1 pour semer l’année suivante car en vertu des lois de Mendel, le rendement de la récolte serait alors très inférieur. L’agriculteur n’a donc pas d’autre choix que de s’adresser chaque année à un semencier qui lui vendra des hybrides F1 obtenus au champ par ses soins en castrant l’une des lignées et en la fécondant à la main par l’autre lignée, ce que l’agriculteur lambda ne peut pas faire lui-même à l’évidence.

En ce qui concerne les semences génétiquement modifiées, on est dans la même situation puisqu’il s’agit aussi d’hybrides F1 à haut rendement issus du croisement de deux lignées dont l’une est génétiquement modifiée.

C’est à mon humble avis le seul point litigieux restant dans la lutte anti-OGM qui pourrait être élégamment résolu par des fermes appartenant à l’Etat (aux Etats) pour fournir à un coût raisonnable les semences hybrides F1 aux agriculteurs étant entendu que les soit-disants risques que comportent en leur essence les OGM ne s’appuient sur aucune donnée scientifique raisonnable.

http://www.franceinter.fr/emission-service-public-coup-de-semence-le-business-des-graines-le-champ-des-problemes

http://www.marklynas.org/2013/01/lecture-to-oxford-farming-conference-3-january-2013/

Source : Slate.com, Wikipedia, France inter