Des brownies au cannabis, excellente idée !

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Quand j’ai vu cet article sur Bloomberg j’ai ressenti une bouffée de nostalgie. Je m’explique : lorsque je résidais à Port-Vila (Vanuatu) j’avais développé une petite entreprise avec un ami local pour produire de l’huile de tamanu (Calophyllum inophyllum) à partir des amandes préalablement séchées au soleil comme le coprah puis pressées avec une petite presse à coprah artisanale. Lorsque les exportations de cette huile déclinèrent dangereusement car Madagascar avait mis en place la même production à des prix incroyablement modiques j’entrepris de produire des petits sablés contenant un extrait lyophilisé des racines de kava (Piper methysticum), une succédanée très puissante du Vallium et aussi une boisson traditionnelle apaisante répandue dans tout le Pacifique.

Des kava-bars s’étaient d’ailleurs ouverts à Amsterdam, Berlin ou Paris, or boire cette horreur dans un nakamal, l’abri traditionnel dédié à cette cérémonie, tenait du supplice car ce liquide grisâtre est franchement infect. En remplaçant une partie de la farine utilisée pour fabriquer des petits-sablés par l’extrait lyophilisé de kava et avec la présence de beurre l’effet était assuré en quelques minutes. Mes petits sablés remportèrent un vif succès auprès des touristes et également auprès des ni-Vans, les Mélanésiens locaux. D’après la vieille Anglaise qui tenait la petite boutique d’articles pour touristes et à qui j’avais réservé l’exclusivité de ma production certaines ni-Vans, qui ne sont pas autorisées à participer à la dégustation des bolées de kava dans les nakamals, des endroits strictement réservés aux hommes, appréciaient particulièrement mes petits-sablés. Comme je connaissais précisément la teneur en matières actives – 50 milligrammes de kavaïnes – des petits gâteaux il n’y avait pas de risques d’overdose mais une sensation de bien-être instantanée et durable. Je disposais en effet de tout l’équipement analytique dernier cri pour mesurer très précisément la teneur de mes extraits en les différentes kavaïnes, chromatographie liquide haute pression en phase inverse et détecteur à réseau de diodes, le nec plus ultra à l’époque.

Pour la marijuana la démocratisation (légalisation) à usage récréatif aux USA a ouvert la porte à tous les excès. Avec les élections présidentielles il y eut aussi des myriades de « votations » comme on dit en Suisse. La marijuana est donc ainsi devenue légale en Californie, dans le Maine, le Massachusetts et le Nevada. Au total 8 Etats américains dont quatre ont légalisé le « pot » depuis 4 ans comptent parmi les paradis du joint. Or selon certains Etats américains la dose limite doit correspondre à un joint, soit une dizaine de milligrammes de cannabinoïdes par exemple dans l’Etat de Washington mais en Californie il n’y a pas encore de limites pour les barres chocolatées au cannabis. La société Spot de Seattle a donc préféré produire des brownies contenant seulement 5 milligrammes de cannabinoïdes et ça se vent comme des petits … gâteaux !

Source : Bloomberg et illustration http://www.spotseattle.com/spot-products/?age-verified=0e2dd69247

Alzheimer (suite) : une intéressante découverte !

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À l’aide d’une lignée cellulaire établie à partir d’une tumeur cérébrale humaine qui permet d’étudier directement au laboratoire le comportement intime des neurones l’équipe du Docteur David Schubert du laboratoire de neurobiologie du Salk Institute à La Jolla en Californie a pu enfin ( ! ) apporter quelques éclaircissements précieux pour la compréhension du mécanisme d’apparition de la maladie d’Alzheimer. Dans un long article paru dans le périodique Aging and Mechanisms of Disease les remarquables travaux de cette équipe en pointe dans la recherche des causes premières de cette maladie redoutable (et que je redoute) précisent le mécanisme initiateur intime qui va déclencher une auto-amplification du processus de destruction des neurones au cours du développement de cette maladie.

Dans des conditions normales de culture de ces cellules neuronales il y a toujours une certaine accumulation intracellulaire de protéine amyloïde beta (Aβ) qui est prise en charge par des mécanismes appropriés pour être éliminée via les astrocytes vers la circulation sanguine. Cependant, dans des conditions de stress inflammatoire dû à l’âge avancé et très probablement à une déficience croissante avec cet âge du métabolisme énergétique (ce n’est pas écrit dans l’article du Docteur Schubert mais c’est une hypothèse toute personnelle) l’élimination du surplus de Aβ n’est plus correctement assurée. Il s’en suit une cascade d’évènements complexes conduisant à la mort des neurones. Brièvement et selon ces travaux de l’équipe de Schubert la protéine Aβ déclenche une sorte de cercle vicieux faisant intervenir des cytokines, des facteurs impliqués dans le processus inflammatoires, qui sont régulés partiellement par des molécules chimiques issues de l’acide arachidonique, un acide gras qui comme son nom l’indique est présent dans les cacahuettes mais pas seulement parce que cet acide gras particulier est aussi synthétisé par les cellules car il est aussi un précurseur de toute une famille de métabolites pseudo-hormonaux appellés prostaglandines.

Je sens que mes lecteurs vont décrocher car tenter d’exposer en termes simples et compréhensibles un processus biologique extrêmement complexe est difficile mais je vais m’y appliquer.

Donc cette accumulation de protéine amyloïde Aβ à l’intérieur des neurones induit une réaction inflammatoire. L’équipe du Docteur Schubert a disséqué étape par étape ce mécanisme en utilisant divers produits dont certains comme la fisétine, un proche parent du resvératrol, sont abondants dans certains légumes ou fruits communs comme les fraises ou les oignons. L’un des produits le plus efficace pour bloquer cet effet pervers de la protéine Aβ s’est trouvé être le tétra-hydro-cannabinol (THC), le constituant essentiel de la marijuana !

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Les neurones sont très riches en récepteurs de ce qu’on appelle des endo-cannabinoïdes, des dérivés de l’acide arachidonique, et le THC, que tous les fumeurs de joints connaissent, a un effet neurotrope directement ressenti. Le THC atteint donc les neurones et selon les travaux du Docteur Schubert ce composé est de toute évidence, du moins avec les résultats obtenus avec des neurones humains en culture in vitro, une molécule potentiellement capable de stopper la mort de ces neurones provoquée par l’accumulation de protéine Aβ bien avant que la maladie d’Alzheimer ne soit diagnostiquée médicalement.

J’en profite ici pour commenter mon précédent billet, un pâle commentaire d’une dépêche de Bloomberg. Tenter de bloquer la protéine amyloïde-beta à l’aide d’anticorps monoclonaux chimériques s’est révélé être un fiasco car cette protéine préexiste à l’intérieur des neurones avant qu’ils ne meurent. Faire de même avec la protéine tau conduira aux mêmes échecs. Ces approches ne peuvent pas être efficaces et sont vouées à un échec certain. Les travaux de l’équipe du Docteur Schubert sont là pour le prouver. Préconiser l’utilisation thérapeutique de la marijuana à titre préventif pourrait être une autre approche selon David Schubert … Il serait intéressant de réaliser une étude sur l’intégrité cérébrale de personnes déjà âgées ayant consommé ou consommant encore de la marijuana en suivant dans le liquide céphalo-rachidien la présence de protéine amyloïde, mais encore une fois ce n’est qu’un point de vue personnel.

Source : doi : 10.1038/npjamd.2016.12 en accès libre.

Note explicative de l’illustration. Aβ = protéine amyloïde-beta, AA = acide arachidonique, AEA = arachidonoyl-ethanolamide, 5HETE = acide 5-hydroxyicosatetraenoïque, un acide gras polyinsaturé dont le rôle est de signaler et amplifier les mécanismes inflammatoires, PG = prostaglandines, peut être remplacé ici par le THC (tétra-hydro-cannabinol, résultat central de cette étude), CASP3 = un enzyme induisant l’apparition de la Aβ à partir de son précurseur. Cet enzyme est activé par le 5HETE, RAGE = récepteur des produits finaux de la glycation des acides gras, NFkB = facteur d’activation des cellules immunitaires B impliquées dans les mécanismes inflammatoires, les réactions autoimmunes, joue probablement un rôle dans la plasticité synaptique. Le mécanisme d’apparition de la maladie d’Alzheimer est loin d’être simple mais il s’agit essentiellement d’une réaction inflammatoire à l’élimination défectueuse des déchets cellulaires.

Il y a une année le Colorado légalisait l’usage de la marijuana …

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Le Colorado faisait figure de précurseur dans la légalisation de la marijuana mais c’était ignorer que le corps médical de cet Etat avait opté pour un usage contrôlé et limité du cannabis pour traiter des conditions médicales chroniques handicapantes dès la fin des années 2000. Il s’agissait surtout de soulager des patients souffrant de cancers, de sclérose multiple et d’épilepsie et l’utilisation de marijuana à des fins médicales faisait l’objet d’une autorisation délivrée par le gouvernement de l’Etat. Fin décembre 2008 il y avait déjà près de cinq mille médecins titulaires de cette licence. Un an après la légalisation de la marijuana on en compte près de 120000 ! De plus, aujourd’hui, parallèlement à l’usage récréatif de la marijuana, près de 300 centres para-médicaux proposent à la vente de l’herbe aux personnes désireuses d’atténuer leurs douleurs. L’amendement à la constitution de l’Etat du Colorado autorisant l’usage de marijuana permet à n’importe quelle personne majeure de détenir à des fins personnelles une once (28 grammes) d’herbe. Il y a cependant des restrictions comme par exemple fumer un joint en public et cette seule régulation a poussé de nombreuses personnes souffrant de douleurs récurentes à se procurer des extraits concentrés de tétrahydrocannabinol (THC) la principale substance active de l’herbe. Des incidents ont été répertoriés par les autorités en particulier chez des enfants. La quasi interdiction de conduire sous l’effet de l’herbe (5 microgrammes de THC par litre de sang) n’a pas encore pu être vérifiée par les statistiques de la police en regard des autres délits routiers.

Il reste cependant des effets secondaires inattendus de l’usage légal (jusqu’à une certaine limite) de la marijuana. Des petits apprentis chimistes ont cru judicieux d’expérimenter des techniques rudimentaires d’extraction du THC pour échapper de ce fait à la vigilence des autorités. Un solvent efficace pour extraire le THC est en effet le butane et cet hydrocarbure ne se manipule pas aisément avec un équipement mal adapté. Pour cette raison le nombre d’hospitalisations pour brûlures graves a considérablement augmenté ! Reste enfin le nombre d’enfants qui se sont essayé à l’usage de l’herbe et qui ont du être hospitalisés pour des troubles respiratoires ou de violentes douleurs abdominales. Mais les statistiques, encore une fois, n’ont pas comparé objectivement ces incidents à ceux, toujours alarmants en nombre, des intoxications d’enfants à l’aide de capsules de détergents qu’ils confondent avec des bonbons ou d’autres produits sanitaires souvent dangereux et présents dans toutes les maisons …

Source : http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2022370

Pourquoi ne pas légaliser la marijuana ?

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Après l’Uruguay c’est au tour du Colorado et de l’Etat de Washington de légaliser l’achat et l’usage de la marijuana et du cannabis dans des coffee shops à partir du premier janvier 2014. Tout le monde est content, à commencer par les sociétés déjà en place pour faire du business comme Telluride Bud Co qui commercialise du cannabis de qualité contrôlée pour un usage médical et aussi et surtout les fonctionnaires chargés de collecter les taxes pour l’Etat. La marijuana est un puissant analgésique et 19 Etats nord-américains ont légalisé son usage à des fins médicales ce qui a naturellement entrainé une tolérance et fumer un joint n’est plus un acte criminel comme l’était le fait de boire du whisky durant la prohibition.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2013 la marijuana à usage médical aura représenté un marché de 1,4 milliard de dollars qui est estimé à 2,34 milliards pour 2014. Rien que dans le Colorado qui compte dans ses montagnes à la neige d’une qualité exceptionnelle quelques unes des plus belles stations de ski du monde, 348 licences commerciales ont été accordées y compris pour de toutes petites échoppes qui sont autorisées à vendre jusqu’à 28 grammes d’herbe par personne. Dans l’Etat de Washington pas moins de 3746 candidatures ont été déposées pour 867 licences commerciales. C’est donc terminé, cannabis et marijuana sortent de la clandestinité et vont être la source de nombreux emplois parce qu’il va falloir faire face à la demande du marché et également la source de substantiels revenus fiscaux pour ces Etats.

En Uruguay, la culture de la marijuana à des fins commerciales ne pourra être faite que dans le cadre d’une licence délivrée par les autorités avec naturellement le paiement d’une patente et de taxes sur les ventes. Au niveau consommation, fumer un pétard en pleine rue à Montevideo est déjà toléré depuis de nombreuses années mais c’est la culture et la vente qui seront légalisées le Premier janvier 2014 pour le plus grand bien des finances du pays et également des vendeurs de serres éclairées pour tous les particuliers qui auront obtenu leur licence d’exploitation de l’herbe.

En ce qui concerne l’usage médical de la marijuana, un substitut du cannabis est disponible dans le commerce sous le nom de Marinol dont la matière active est le tétrahydrocannabinol pur. Or la marijuana contient plus de 60 alcaloïdes différents dont le cannabidiol qui prévient les convulsions chez les malades atteints de sclérose en plaques et le cannabichromène, un anti-inflammatoire considéré comme présentant de puissantes propriétés analgésiques recherchées par certaines personnes souffrant de névralgies récurrentes qui préfèrent de très loin fumer un joint pour calmer leurs douleurs.

En France, voir les banlieues devenir des zones touristiques où on pourra aller acheter son herbe en toute légalité dans des petites boutiques ouvertes 24 heures sur 24 relève de l’utopie, et pourtant tout le monde serait gagnant …

Source : Reuters et Associated Press

Nouveau billet d’humeur : Enfumage ? Oui !

Donc, la France a dépêché une frégate en Méditerranée orientale non pas pour faire bonne figure, on verra ça plus tard, mais pour encore une fois faire diversion après la mascarade honteuse sur la soit-disant réforme des retraites qui n’a abouti qu’à une augmentation des impôts et des taxes comme on pouvait s’y attendre. Là où la situation devient scabreuse c’est que la France doit emprunter sur les marchés financiers pour faire le plein de gasoil de la dite frégate et les taux (doublement en trois semaines), comme le prix du pétrole (Brent à 116 dollars/baril aujourd’hui), comme le chômage (on ne sait pas trop, les chiffres sont trafiqués), ne sont pas orientés à la baisse, je parle des taux à long termes des OAT. Et comme si l’enfumage ne suffisait pas, à l’approche de la « rentrée », scolaire pour les uns, fiscale pour les autres, ceux qui viennent de recevoir leur avis d’imposition et qui comptent leurs sous pour payer la note salée mais ce n’est qu’un avant-goût de celle de l’année prochaine, il faut trouver une autre diversion. L’autre mascarade pompeusement appelée « France 2025 » a fait psssschittttt pour reprendre une expression de papa Chirac qui n’en a plus rien à cirer de tout puisqu’il perd la boule, on a presque tendance à l’envier tant la catastrophe qui attend la France est immense. Enfumage pour enfumage, le capitaine de pédalo qui n’a malheureusement pas encore perdu la tête, on peut le regretter ou en douter, c’est selon, a convoqué comme bosco le clown Hulot pour le seconder dans sa navigation à courte vue, à la petite semaine. Et devinez de quoi ils vont parler, du réchauffement climatique et de la transition énergétique (j’attends toujours qu’un de mes lecteurs expérimenté me donne des précisions sur cette expression) avec le faucheur d’OGM ministre, peut-être bien José Bové et d’autres pseudo-écolos alors que de plus en plus de voix se font entendre pour dénoncer l’imposture planétaire organisée par le GIEC avec justement des écolos idéologues malthusiens derrière toute cette mise en scène théâtrale pseudo-scientifique. Comme si Hulot était un expert ! Il n’a jamais été capable de faire mieux que de baragouiner dans un laryngophone avec le vrombissement du moteur d’un hélicoptère en bruit de fond pour faire plus « nature ». Il s’est auto-proclamé expert en environnement comme tous les membres du GIEC, comme le ministre de l’environnement s’est auto-proclamé expert en OGM alors qu’il ignore ce que pourrait bien être un exon ou un operon. Comme le dit le proverbe, on n’apprend pas à un singe à faire la grimace, de même qu’on n’apprend pas à un imbécile à dire des imbécilités puisque comme le singe pour les grimaces, un imbécile ne peut dire que des imbécilités. Après le climat, quelles suggestions d’enfumages futurs pourrait-on faire au gouvernement … Organiser un débat national sur la légalisation de la marijuana avec des emplois aidés pour remettre en culture (de marijuana) les terrasses abandonnées du Gard et de l’Aveyron qui en d’autres temps fournissaient des amandes et de la vigne. Tous les ministres, députés, sénateurs et autres politiciens auraient droit à leur petit paquet d’herbe mensuel avec le label tricolore made in France pour la plus grande satisfaction du ministre du redressement lombo-sacré constructif car ils vont vraiment avoir besoin de se shooter pour gérer les calamités qui vont s’abattre sur la France !